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ISBN : 2742785671
Éditeur : Actes Sud (15/08/2009)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 161 notes)
Résumé :

Anna Song, `la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler", laisse derrière elle une œuvre discographique sans précédent.

Malgré la maladie, et clans un engagement du corps et de l'âme proche de la ferveur, elle a voué ses dernières années à arpenter, avec une indéfectible justesse, un territoire musical des plus vastes.

Gardien du temple et architecte de la légende : Paul Desroches, son mari et produ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
12 octobre 2014
C'est complètement pas hasard que j'ai rencontré cette auteure qui offrait une séance de dédicaces lors des dernières "Correspondances" de Manosque (04) et j'avoue que je l'ai trouvé vraiment captivante, tout comme cet ouvrage d'ailleurs. Inspiré d'une histoire vraie qui a fait un gros scandale dans le monde de la musique classique en 2007. Dans cet ouvrage, le lecteur découre d'un côté est l'histoire d'une jeune fille d'origine vietnamienne, Anna Song, qui a une véritable prédisposition, semble-t-il, pour jouer du piano. le chemin de cette dernière semble donc tout tracé : devenir une virtuose célèbre et reconnue. de l'autre, celle de Paul Desroches, un jeune orphelin et narrateur par la même occasion, qui a été privé de ses parents trop tôt et qui vit dorénavant seul avec sa grand-mère. Ces deux protagonistes vont se rencontrer dès leur plus tendre enfance et, sitôt que Paul entendra Anna jouer du piano, il ne pourra plus jamais s'enlever cette douce mélodie de la tête, tout comme il ne pourra d'ailleurs plus jamais effacer de sa mémoire ce visage angélique. Une amitié qui ne va pas tader à tourner à l'obsession pour Paul car lorsqu'Anna sera obligée de quitter la France pour s'installer aux Etats-Unis avec ses parents, Paul, lui, aura sans cesse l'impression de la voir partout, de l'imaginer et de ne plus penser qu'à une chose : leurs retrouvailles...
Cependant, même si celles-ci sont décrites à merveille dans ce roman, avec un mariage à la clé, les choses ne sont pourtant pas toutes roses. Anna étant atteinte d'une grave maladie qui lui paralyse les doigts dès qu'elle s'installe devant un piano, les choses commencent à se compliquer car, même si, elle, aurait tendance à baisser les bras, Paul, lui, ne l'entend pas de la même façon et n'aspire qu'à une chose : faire découvrir au monde entier le talent de celle qu'il n'a pas cessé d'aimer et d'idolâtrer alors qu'il n'était encore qu'un enfant, qui, à l'époque, n'y entendait rien en question de musique.
Un roman poignant, vraiment très bien écrit et qu je ne peux que vous conseiller de lire jusqu'à la dernière page (voir même de relire) car, en ce qui me concerne, je me suis prise une très grosse claque. Je ne vous en dis pas plus et vous laisse le soin de juger par vous-mêmes. Pour ma part, mon opinion est déjà faite et cela ne m'a donné qu'une envie : faire des recherches plus approfondies sur ce qui s'est réellement passé concernant le destin de la femme dont cette histoire est inspirée !
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Malaura
01 septembre 2011
Jusqu'où peut-on aller par amour ?
Pour l'amour d'Anna Song, sa femme, Paul Desroches a édifié un mythe.
Alors qu'une dystonie et plus tard un cancer incurable des ovaires ont mis un terme à la carrière de pianiste d'Anna, Paul produit le dernier travail de son épouse : l'enregistrement en studio des plus grands classiques du répertoire. En tout 102 CD, d'une époustouflante maîtrise musicale.
Mais après de dithyrambiques critiques, le culte d'Anna Song s'effondre.
Tous les enregistrements seraient faux, intégralement pillés à d'autres musiciens..

Si le roman est largement inspiré par l'affaire véridique de la pianiste Joyce Hatto, il ne tarde pas à égrener ses propres notes, à jouer sa propre partition et faire entendre sa propre musique, un lamento amoureux que viennent rythmer, comme des accords plaqués, les coupures de presse (fictives) qui scandent le récit de Paul Desroches.
Mélodie pure et cristalline, douce et mélancolique, "La double vie d'Anna Song" est une chanson triste, un chant tout entier dédié à la musique, au Viêtnam, pays des origines, et à la puissance absolue d'un amour fantasmé.
Nul doute que la petite musique aux notes accrocheuses de ce très beau roman, saura apposer sa touche délicate et profonde chez le lecteur qui voudra bien l'écouter.
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l-ourse-bibliophile
30 janvier 2013
L'histoire : Anna Song décède à l'âge de 49 ans en laissant derrière elle une collection impressionnante de disques d'une qualité exceptionnelle reprenant tout le répertoire classique (Mozart, Chopin, Debussy, Ravel…). le succès est fulgurant, les éloges dithyrambiques, on assiste à la naissance d'une « Songmania » : on parle de « la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler » Un mythe se crée. Mais lorsqu'un fan a voulu transférer un de ses disques, sur son iPod, le logiciel iTunes a indiqué que ces Variations Diabelli de Beethoven étaient interprétées non pas par Anna Song mais par Mario Cojazzi ! On découvre alors peu à peu que tous les morceaux ont été enregistrés par d'autres pianistes, souvent obscurs et peu connus, étrangers, jamais édités en France, mais bien réels…
Pour ce roman, Minh Tran Huy a reçu le prix Peléas qui récompense annuellement un livre consacré à la musique pour ses qualités littéraires et le prix Drouot 2010 prime une oeuvre de fiction qui fait référence à l'univers de l'art.

« Un étonnant roman autour du faux qui sonne drôlement juste. » (ELLE)
Qu'est-ce qui est faux dans ce roman ?
L'intrigue. D'autres mensonges, d'autres illusions que se racontent les personnages au coeur de l'histoire, des mensonges sur eux-mêmes, sur la vérité, sur ce l'histoire : c'est le cas d'Anna, mais aussi de Mme Thi, sa grand-mère maternelle. Et enfin, la fin du roman qui amène un mensonge plus énorme que tous les précédents. Je ne dirai rien car cette chute est des plus saisissantes et la dévoiler en gâcherait l'intérêt, mais à la fin, on se demande pourquoi tout a semblé si vrai, si crédible.
Comment enrober tant de mensonges pour que l'on puisse y croire ? Comment un roman qui n'est finalement qu'un mensonge, peut-il paraître si vrai ?
Ponctué de nombreuses références musicales (compositeurs, interprètes, morceaux…), ce roman est une sorte de biographie détournée de Joyce Hatto auxquels s'ajoutent des éléments autobiographiques par rapport à l'auteur (voir plus bas). Ce qui ancre le récit dans la réalité, c'est l'omniprésence des références à l'histoire du Vietnam qui transparaît à travers les parcours familiaux des personnages (les guerres, la voie Doi Moi (« changer pour faire du neuf »)…) A ceci s'ajoutent des descriptions géographiques, des paysages, des coutumes tout au long du livre. Minh Tran Huy dit d'ailleurs que ses livres se jouent sur trois étages : l'histoire individuelle (celle des personnages), l'histoire comme fiction (notamment les légendes vietnamiennes qui ponctuent ses livres) et l'Histoire avec un grand H (à travers les parcours familiaux qui permettent de tracer l'histoire du Vietnam).
La construction joue également : le récit est entrelacé avec des articles de presse qui rendent le tout très réaliste car, Minh Tran Huy étant journaliste, elle maîtrise parfaitement ce type d'écriture. de plus, certains renvoient à de réels articles de presse français à propos de Joyce Hatto, articles cités dans ses sources à la fin du roman. Elle reprend par exemple les expressions « la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler » et « pianistiquement l'arrière-petite-fille de Liszt et la petite-fille de Busoni et Paderewski, poétiquement la nièce de Rachmaninov ».
J'ai beaucoup aimé ce livre qui pose des questions sur le plagiat et le droit d'inventer sa vie. Il amène une réflexion sur le vrai et le faux, sur l'importance que ce que l'on croit, sur la réalité de l'irréel en quelque sorte.
J'ai trouvé que c'était un livre qui rejoignait son premier roman La princesse et le pêcheur. On y retrouve des thèmes similaires : le Vietnam, la recherche de ses origines, les parcours familiaux (la fille est née en France de parents qui ont fui la guerre, une famille dévastée…), l'importance de la grand-mère (celle du personnage principal dans La Princesse et le pêcheur et celle de Paul Desroches, ces deux personnages qui, dans leur enfance, vont vérifier la nuit qu'elle vit encore, dans leur grande peur de la perdre)…
Ces livres sont plutôt des romans sur la mélancolie. Une expression japonaise revient d'ailleurs souvent dans les romans : « mono no aware, disent les Japonais pour désigner la poignante mélancolie des choses, leur beauté éphémère et précieuse, sitôt éprouvée, sitôt perdue. Sentiment qui naît de la chute des feuilles en automne, d'un être aimé qui disparaît au détour d'un chemin, de ce qui a fait votre bonheur et qu'on est obligé d'abandonner sans retour. » (La princesse et le pêcheur)
La construction se retrouve également : elle n'intercale plus le récit à la première personne avec des articles de presse, mais avec une légende vietnamienne qui est racontée petit à petit.
De plus, j'ai vu – à tort ou à raison – dans ce premier roman (La princesse et le pêcheur) des ponts vers Anna Song, notamment une possible explication du prénom, Anna : « Je m'imaginais en Anna, l'héroïne du Marin de Gibraltar, dont le yacht sillonnait les océans à la recherche de l'homme qu'elle avait aimé et perdu, qui avait disparu, qui était mort, peut-être, à moins qu'il n'ait jamais existé. » le personnage principal dit également : « Il m'est arrivé de chérir profondément des êtres que j'ai perdus, et c'est peut-être pour cela qu'on écrit, pour les retrouver et cheminer, l'espace d'un instant à leurs côtés. » Et ces phrases s'appliquent tout à fait à Anna Song. Si vous voulez mieux comprendre pourquoi je dis ça, lisez ce livre magnifique !

(Petite) parenthèse sur Joyce Hatto :
Cette pianiste britannique, née en 1928 et morte en 2006 à l'âge de 77 ans, a vécu enfermée chez elle pendant les dix dernières années de sa vie à cause d'un cancer des ovaires. Son mari, qui possédait son propre label, a publié des disques (119) à son nom alors qu'ils étaient les oeuvres d'autres pianistes, en prétendant qu'elle n'était pas au courant. (Elle a toutefois fait des déclarations à propos des disques et a gagné ainsi beaucoup d'argent, son ignorance semble peu probable…)
Les critiques furent dithyrambiques. Comme pour Anna, des louanges et un entretien ont été donnés à la presse, les soi-disant journalistes qui en seraient les auteurs étant morts à ce moment-là. le plagiat fut découvert après sa mort, également grâce au logiciel iTunes. Son mari avoua dans une lettre adressée au magazine Gramophone comme Desroches, le mari d'Anna, qui avait l'intention d'envoyer son manuscrit (l'histoire qu'il nous a racontée) à un magazine. Mais contrairement à Anna, elle n'était pas une jeune prodige dans son enfance, ses concerts ont reçu un accueil mitigé.
Autre parenthèse sur Minh Tran Huy :
Française d'origine vietnamienne, née en région parisienne, elle est, comme ses personnages, considérée comme une Viet Kieu lorsqu'elle retourne au Vietnam. Viet Kieu désigne les Vietnamiens qui sont partis à l'étranger (ou qui y sont nés dans une moindre mesure). La double culture est l'un des thèmes centraux de ses livres. de plus, les histoires familiales que l'on retrouve chez Anna Song sont également vraies : ses parents ont fui dans les années 60 pour échapper à la dictature communiste et finir leurs études, son grand-père et arrière-grand-père ont été assassinés. Sa famille a souffert pendant la guerre d'Indochine, puis la guerre du Vietnam et une bonne partie habite encore là-bas. Minh Tran Huy reste tout de même très discrète, mais on sent que ces histoires familiales lui tiennent vraiment à coeur. Elle se sert d'ailleurs d'Anna Song pour déclarer : « Les auteurs ne parlent jamais que d'eux, de ce qu'ils ont vu, vécu et entendu, quand bien même l'histoire qu'ils racontent semble à dix mille lieues de la leur. »
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girafe83500
07 août 2015
Ce livre est une rencontre particulière. L'histoire est très originale. Les deux protagonistes ont chacun leur passion. Anna la passion du piano et Paul la passion d'Anna. Comme toute passion elles s'achèveront dans le drame.
L'histoire est menée tout le long sur fond de musique au rythme du travail acharné d'Anna pour atteindre la perfection en tant que pianiste. Paul est spectateur dans un premier temps et découvre la musique. Sa passion le conduit à devenir un spectateur chevronné puis un acteur très actif pour défendre la passion d'Anna. Les références musicales sont nombreuses, le lecteur a l'impression d'écouter les airs de piano joués par Anna tout au long du livre.
L'auteure a su transmettre de l'empathie au lecteur pour comprendre la conduite de nos deux héros. En effet, le lecteur a parfois du mal à se situer dans le récit, mais la fin du livre est le révélateur de toutes les pages précédentes. le cheminement est très habile car sous la plume de l'auteure le lecteur a finalement été guidé, tout comme les personnages, tout le long du récit.
Le style d'écriture m'a parfois gênée mais l'auteure écrivant bien mieux que moi je ne critiquerais pas.
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brigittelascombe
08 juillet 2011
Un amour fou entre un mythe et un mythomane. Un livre mystificateur qui nous mène en bateau.Une envolée de notes cristallines qui tintent encore lorsque s'inscrit le mot fin. Voilà ce que j'ai ressenti en fermant "La double vie d'Anna Song" très joliment écrit par Minh Tran Huy qui a par ailleurs publié "La princesse et le pêcheur", un recueil de contes et légendes du Vietnam, et "La princesse est née cette nuit".
Le récit se mèle d'interviews et articles de journaux ce qui donne de la vie au texte.
L'auteur nous livre ici la rencontre entre deux enfants de huit ans dont les grands mères sont amies,la musique qui les lie puis leur amour.
Anna Song est une virtuose précoce qui joue du piano. "Ses doigts minuscules couraient sur les touches noires et blanches. Sol,ré,mi,sol,sol,la,fa,ré,si,sol. Magie tantôt sombre et perfide, enveloppante comme une mer, tantôt haute, céleste presque et lumineuse comme une goutte de rosée."
Paul Desroches, orphelin, tombe en extase face à la grace innée du corps et de l'esprit d'Anna. "Sa musique l'exalte, sa voix l'apaise".
En parfaite osmose, il comprend qu'elle porte un secret venu d'ailleurs.
Un grand père vietnamien spolié de ses terres et de son domaine. Un piano à queue démembré, sur lequel sa femme jouait avec passion.
C'est en hommage à ce monde échoué que la musique d'Anna s'imprègne d'absolu.
Chaque enfant, de son côté, cultive ses morts avec ferveur, les chérit, restaure à sa manière les fastes du passé.
Séparation. Peine. Chagrin. Lettres entre deux continents pour maintenir le lien.
Retrouvailles et amour fou. Fou car la maladie s'en mèle, les doigts d'Anna se paralysent lui enlevant son génie et s'en suit un gros, très gros mensonge, celui d'un mythe monté de toutes pièces par un mari aimant dans un studio d'enregistrement.
Beau et triste, comme une tige de bambou balayée par le vent qui frissonne épuisée,comme l'histoire de ces boat people qui ont tout perdu mais dont on voudrait redorer le blason, comme le conte d'une petite virtuose devenue simple femme et transformée en princesse par son prince charmant.
A découvrir!
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Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
genieblancgenieblanc27 décembre 2010
Je songe à l'histoire d'un homme qui pour pénétrer à l'intérieur d'une cité étrange et miraculeuse, peuplée de licornes au pelage doré, où il sait trouver une immense bibliothèque- contenant, au lieu de livres, les enregistrements de la mémoire de milliers d'êtres, dont la sienne, autrefois perdue- se voit contraint d'abandonner la seule présence amie qui l'ait toujours suivi, son ombre. Car c'est la règle au sein de cette cité que d'y entrer entièrement neuf, en solitaire, vierge de toute trace du passé, alors même qu'on désire se retrouver et faire surgir son identité cachée au milieu de tant d'autres rangées les unes à coté des autres dans la tour hélicoïdale de la bibliothèque. Tour dont le sommet est gardé non par un cerbère ou un monstre aux mille yeux, mais par une délicate et mystérieuse jeune femme, qui bien que souriante, amicale même, n'a pas d'autre choix que de laisser vos questions sans réponse... A l'illusion de pouvoir découvrir qui il est, l'homme sacrifiera son ombre, et n'aura en retour qu'une conscience plus aigüe de l'énigme qui le ronge, et s'étend devant lui comme un désert où rien n'a survécu, à part sa conscience.
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Zazette97Zazette9711 février 2012
Elle avait beau arpenter cette terre, elle semblait vivre sur une autre, bien plus riche et poétique que celle que je connaissais, et qu'elle me faisait entrevoir chaque fois que nous nous retrouvions.
C'était comme un secret qu'elle portait en elle et que, me semblait-il, j'étais toujours sur le point de pénétrer lorsque ma grand-mère et Mme Thi nous rappelaient à elles pour rentrer à la maison.
C'était ce secret, j'en étais intimement persuadé, qui donnait à la musique créée par ses mains ce caractère absolu. Derrière la délicatesse des nuances et le toucher assuré, on décelait quelque chose d'autre, comme une soif d'exister, une aspiration inextinguible dotant chacune des notes jouées par Anna d'une vibration particulière; elle partait du ventre pour parcourir tout l'organisme, dans un fourmillement irradiant coeur, poumons, muscles, peau, avec une intensité telle qu'il me semblait parfois que j'allais imploser.
Que mon corps, semblable à une prison de chair, était trop étroit pour contenir tout ce que je ressentais en écoutant Anna. p.47
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cicou45cicou4512 octobre 2014
"Il arrive que la vérité soit tissées d'impostures, que les creux aient autant l'importance des pleins, que les choses tues comptent autant, sinon plus, que celles qui sont dites."
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michelekastnermichelekastner15 janvier 2013
Quelque chose émanait d'elle qui me la rendait terriblement proche. J'éprouvais à ses côtés une sensation de bien-être ; une vague tiède m'envahissait la poitrine et me soulageait du poids qui ne me quittait pas depuis la mort de mes parents. Je n'étais pas malheureux à proprement parler, engourdi plutôt, et Anna me sortait de ma léthargie, ou plus exactement en changeait la nature : mon regard sur ce qui m'entourait n'était plus le même du fait de sa seule présence. Elle avait beau arpenter cette terre, elle semblait vivre sur une autre, bien plus riche et poétique que celle que je connaissais, et qu'elle me faisait entrvoir chaque fois que nous nous retrouvions. C'était comme un secret qu'elle portait en elle et que, me semblait-il, j'étais toujours sur le point de pénétrer lorsque ma grand-mère et Mme Thi nous rappelait à elles pour rentrer à la maison. C'était ce secret, j'en étais intimement persuadée, qui donnait à la musique créée par ses mains ce caractère absolu. Derrière la délicatesse des nuances et le touché assuré, on décelait quelque chose d'autre, comme une soif d'exister, une aspiration inextinguible douant chacune des notes jouées par Anna d'une vibration particulière : elle partait du ventre pour parcourir tout l'organisme, dans un fourmillement irradiant coeur, poumons, muscles, peau, avec une intensité telle qu'il me semblait parfois que j'allais imploser. Que mon corps, semblable à une prison de chair, était trop étroit pour contenir tout ce que je ressentais en écoutant Anna.
+ Lire la suite
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PersepolisPersepolis10 juillet 2010
Nous autres interprètes, a-t-elle fait observer dans une de ses rares interviews, que sommes-nous sino d'humbles courroies de transmission? Quand quelqu'un vous dit: "Quel merveilleux morceau!" c'est là le vrai compliment. Notre tâche consiste à donner à ressentir l'essence spirituelle de l'existence telle qu'elle s'incarne dans une harmonie ou un contrepoint. Rien ne nous appartient. Se souvenir de Bach, de Mozart, de Liszt, oui, c'est important, et même fondamental. Mais se souvenir de moi... A quoi bon? A la fin, seule la musique survivra.
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Videos de Minh Tran Huy (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Minh Tran Huy
La riposte de Minh Tran Huy : l'auteur répond aux questions des Explorateurs .Les Explorateurs de la rentrée de lecteurs.com ont plébiscité son livre, Voyageur malgré lui (Flammarion) parmi les dix préférés de la rentrée littéraire. Minh Tran Huy répond aux questions de ses lecteurs".
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