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EAN : 9782378911751
176 pages
Editions Nil (14/03/2024)
4.17/5   26 notes
Résumé :
Une mère écrit à son fils. Serge a trois ans, la grâce espiègle d'un petit qui découvre la vie, la marche et le rire, les bonbons et le cache-cache, les comptines et la danse. Mais il a un grand frère "spécial", atteint d'un autisme sévère. Comment alors grandir dans une fratrie singulière ? Comment dire son amour, en jonglant avec les catastrophes ?
Le handicap déclenche tant d'hostilités et de préjugés qu'il faut une force plus que spéciale pour lutter con... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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En ouvrant cet ouvrage vous trouverez une lettre écrite par une maman à son fils.

La collection "les affranchis" propose aux auteurs et autrices d'écrire une lettre qu'ils n'ont jamais écrite.
Un défi aussi compliqué que complexe.
En ouvrant cette collection, vous savez d'avance que vous aurez face à vous le vrai, l'intimité.

Cette maman pour qui le quotidien est compliqué, explique à son fils Serge, à travers cette lettre qu'il a un frère qui requiert beaucoup d'attention. Son frère, Paul (Polo) est autiste.
L'autrice arrive avec brio à avoir une plume subtile et délicate pour expliquer les beautés et difficultés de son quotidien de maman d'un enfant autiste. Car il ne peut rien faire seul et il faut toujours quelqu'un pour veiller sur lui.
Elle présente Polo d'une manière tellement magnifique : "Spécial, différent, exceptionnel, extra-ordinaire.... Il y a bien des mots pour qualifier Polo dont on a poli les contours, les arêtes et les angles, afin d'éviter que quiconque s'y blesse."

La couverture résume parfaitement le ressenti de cette maman :
"Ton frère m'a enseigné l'indulgence, le chagrin et la douceur ; toi, la gratitude".

"Je voudrais également que tu saches déjà, qu'il n'y ait rien à dévoiler, à révéler, à formuler, je voudrais ne pas avoir à chercher les mots devant toi qui attends, et c'est également pour cela que je t'écris, pour repousser les ombres, les déposer sur le papier comme s'il pouvait les enfermer, tandis qu'à toi je ne dis mot, puisque tu es trop petit, qu'il n'est pas temps encore, et qu'on vaut mieux me concentrer sur ton allégresse qui forme au-dessus de nous une cloche protectrice."

L'autrice partage avec ses enfants et avec nous lecteurs, quelque chose de fort et de très touchant.

Serge n'est pas un remplaçant, il permet à ses parents de vivre ce qu'il ne pourra jamais vivre avec Paul.
"Nous pouvons tant pour toi, et si peu pour lui, mon Serge. Et sans doute est-ce plus dur à vivre: le sentiment de son impuissance face à son enfant qui souffre. Se dire qu'on n'y peut rien, qu'on n'y pourra jamais rien, quand il se débat sous vos yeux."

Une maman qui partage également son histoire familiale, son passé et son enfance.

J'ai trouvé cet ouvrage émouvant et d'une grande beauté. C'est un livre rempli d'amour et de tendresse.
Mais pas seulement. C'est également cri d'indignation.

A savoir, il faut en moyenne 4 à 5 ans pour diagnostiquer un enfant autiste en France, contre 18 mois en moyenne aux États-Unis.
"C'est cinq ans de colère, de honte, de rage, d'incompréhension, de patience, de visites médicales. C'EST CINQ ANS VOLÉS À L'ENFANT ET SA PRISE EN CHARGE".

Il y a d'autres chiffres... il y a plus de 9000 autistes français placés en Belgique faute de places et de personnels formés.

- Je remercie chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Robert Laffont pour cet envoi lors d'une Masse Critique Privilégiée.

Petite parenthèse :
Je ne sais pas si c'était voulu, mais l'email du résultat ne pouvait pas mieux tomber qu'en cette journée du 2 avril, journée mondiale de la sensibilisation à l'autisme.
C'est également le jour où j'ai été diagnostiqué TSA sans déficience intellectuelle (anciennement appelé Asperger) ainsi que TDA. Et c'est un grand soulagement... car il m'a fallu 32 ans pour connaître l'explication de mon fonctionnement. Des aménagements sur mon lieu professionnel vont pouvoir être fait et je vais enfin mieux vivre. J'ai dû faire mon diagnostic ailleurs qu'en France car c'est encore malheureusement compliqué.
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Minh Tran Huy porte en elle la grâce et,par ricochet,la fait toucher du doigt ou devrais-je dire,elle rejaillit sur nous par ses mots à la fois simples et précis pour expliquer à son petit garçon la différence de son grand frère, le quotidien bouleversé,l'histoire familiale et paradoxalement tout ce que cela lui a apporté. Une force de vie qu'elle déploie au fil des pages,une métamorphose. Cette lettre est une offrande,les mots sont des bulles ou des akènes de pissenlit qui donnent prises au vent et sont porteurs de douceur et d'espérance.En utilisant comme image le kintsugi,cet art de restaurer les céramiques cassées,elle nous donne une leçon de vie et de sagesse,de résilience et d'acceptation et l'on ressent aussi tout l'amour qui " transcende la douleur en beauté, la fêlure en lumière." Merci Madame

Merci également à Babelio pour l'envoi de ce livre dans le cadre de la masse critique privilégiée.
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Ton frère est un livre absolument magnifique.⠀

C'est une mère qui s'adresse à son fils, Serge, qui n'a pas trois ans, pour lui parler de « son frère » de dix ans, Paul, autiste sévère. Cette mère, c'est l'autrice : elle n'en est pas à son premier livre, elle a publié de la fiction mêlée d'éléments tirés de son histoire familiale, et un témoignage avec un premier livre qui parlait de Paul, Un enfant sans histoire.⠀

Ton frère, c'est la lettre que Serge lira quand il sera grand, pour comprendre ce qu'il est encore trop petit pour comprendre ; et c'est aussi le livre que Paul ne lira jamais.⠀

C'est un témoignage : celui d'un quotidien pour lequel l'autrice trouve des trésors de mots qui nous font comprendre que quand elle dit que sa famille a été « essorée », l'image électroménagère que le terme fait surgir est la bonne. Ce témoignage anticipe les questions que posera Serge le moment venu : car pour l'instant, lorsque Paul est en crise, Serge insiste pour le rejoindre en disant « c'est Polo, c'est mon frère ! ».⠀

Mais c'est aussi une réflexion. Celle d'une femme qui est l'héritière d'une lignée venue du Vietnam, dont la famille a survécu à des horreurs, auprès desquelles devoir se faire discrète dans une société qui regarde de haut des immigrés transfuges de classe, ce n'est rien. Ce n'est rien ? Oui, mais un enfant comme Paul pulvérise toute velléité de discrétion : alors est-ce l'enfant que cette lignée attendait pour pouvoir enfin se défaire du carcan de la transmission intergénérationnelle de traumatismes que l'autrice décode très finement ? Pour pouvoir accueillir Serge sans lui faire porter le poids de ces traumatismes, mais en lui rappelant : « Il me semble que toi et Paul constituez tous deux à parts égales ce mélange qui nous offre aujourd'hui de tenir ensemble, de tenir debout, de tenir bon ». Paul et lui, et pas juste lui, et pas juste Paul.

Et ce livre est enfin un message qui nous concerne toutes et tous. Non, un enfant handicapé ne devrait jamais être considéré comme un malheur qui frappe une famille en permettant aux autres, au passage, de se féliciter de ne pas avoir été touchées. Nous sommes toutes et tous concernés, c'est une partie de notre commune humanité, et nous devons considérer qu'en prendre soin relève de la solidarité collective. « Paul est un révélateur du monde dans lequel nous vivons, mon Serge. Il m'a révélée à moi-même, comme il révèle à eux-mêmes tous ceux qui croisent son chemin, pour le meilleur et pour le pire ».⠀

Je suis pétrifiée d'admiration à l'idée que certaines familles trouvent des trésors de force pour faire face à l'arrivée d'un enfant qui balaye toutes les certitudes, dans un monde où il faut chercher l'aide qui est loin de venir spontanément et y consacrer toute son énergie. Je suis encore plus pétrifiée d'admiration à l'idée que ces familles trouvent aussi le temps de partager et de nous montrer que nous aussi, nous sommes tous concernés. Minh Tran Huy, à quelle source puisez-vous donc la force et le temps d'écrire ? Plus encore, d'écrire avec autant de finesse et de recul ?⠀

« On juge du degré de civilisation d'une société à la façon dont elle traite ses fous », m'a-t-on appris pendant mes études de psycho. Ses fous, ou disons, ceux qui « n'entrent pas dans les cases », dit Minh Tran Huy. Et pourtant... je lui laisse le merveilleux mot de la fin :⠀

« le monde n'aime pas Polo, mon Serge ; il le juge au pire monstrueux, au mieux pitoyable, méritant tout juste d'être parqué dans un coin avec ses semblables, ceux dont on ne peut rien faire, ceux qui ne sont littéralement bons à rien. Polo est improductif, donc inutile, de même que les vieillards, les malades, les démunis. de même que les nuages et les étoiles, la musique, l'art, la beauté, la poésie ».⠀

Minh : merci, tellement.⠀
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Reçu dans le cadre d'une opération Masse Critique Privilégiée, je remercie sincèrement Babelio et les Éditions Robert Laffont pour cette très belle découverte. J'ai été très émue par ce beau témoignage d'amour, car au fond, il ne s'agit presque que de cela... presque...

La collection "Les affranchis" demande aux auteur.ices d'écrire "la lettre que vous n'auriez jamais écrite". Minh Tran Huy répond parfaitement à la contrainte en rédigeant cet ouvrage à l'attention de son deuxième fils, son Serge. Elle lui raconte un peu de sa vie, un peu de celle de ses ancêtres (originaires du Vietnam), quelques contes asiatiques, mais surtout leur vie actuelle : famille française réunissant deux parents lettrés, Polo - son aîné autiste - et lui, Serge - le cadet en pleine santé.

L'autrice décrit si bien les difficultés d'être parent, a fortiori mère, augmentées par le trouble autistique de son premier fils. Elle rend compte avec rage et courage des embûches sur leur trajet pour apporter les meilleures conditions de vie à leur enfant, des renoncements nécessaires, des sacrifices incontournables, de l'organisation "PME" familiale. Elle nous confie ses frustrations, dont celles, immenses, liées au silence de son enfant, qui ne lira jamais ce que ses parents mettent tant de coeur à écrire. Elle livre aussi ses désillusions autour de la prise en charge des enfants "différents", mais surtout autour du principe de "méritocratie". J'y croyais aussi avec ferveur, mais à la lecture de ses mots, mon avis a changé : comment parler de méritocratie au regard de telles inégalités de classe, de genre, d'histoire, de santé...

J'ai dévoré ce livre, en quelques heures seulement, tant il est poignant, intelligent et bien écrit. le style de Minh Tran Huy est aussi délicat, tendre et émouvant que les messages qu'elle fait passer, à ses fils avant tout, mais aussi au lectorat. Les novices - dont je suis - y trouveront autant de sincérité que d'amertume et de réalisme que de belles citations à ancrer profondément dans nos esprits.

Je le conseille vivement à quiconque s'intéresse à la parentalité, à l'inclusivité et à la tolérance.
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« Il y a une faille en tout chose,
C'est par là qu'entre la lumière ». Leonard Cohen.

Minh Tran Huy dévoile son histoire personnelle de façon sensible, intime et sans fard. L'autrice raconte tout l'amour pour l'aîné de ses enfants, Paul, autiste, ainsi que l'impuissance et le désarroi vécus face à la situation de lourd handicap touchant Paul, elle s'adresse dans ce récit à Serge, son cadet, confiant cette histoire bouleversante.

Une volonté de mettre en lumière et sublimer les fêlures, de révéler au grand jour et en mots.
Enseignement, état des lieux, confidences, qui démontrent combien long reste le chemin à parcourir pour accompagner les familles et considérer les personnes souffrant d'autisme, de façon adaptée et digne.

L'autrice confie tout ce qu'être parent d'un enfant autiste induit, de responsabilité, d'indulgence, de difficultés dans notre société, de culpabilisation aussi – tristement, de vulnérabilité, de singularité.

Un témoignage intime, criant d'émotion, de douceur et de douleur, de justesse et de tendresse, de force et de chagrin ; pétri d'humanité, d'amour et de gratitude, porteur d'espoir.

(J'aime beaucoup la citation choisie en exergue de ce récit, elle fait partie des phrases notées dans mon carnet de citations, celles qui me touchent particulièrement).

Merci, pour l'envoi de ce livre, aux éditions Robert Laffont – collection « Les Affranchis » - et à Babelio – une lecture profondément touchante.
Une autrice dont j'avais apprécié la plume sensible et délicate lisant deux de ses romans : « Les inconsolés » et « La double vie d'Anna Song ».
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Non seulement nos enfants sont imparfaits, mais cette imperfection s'origine dans la nôtre, tandis qu'on n'interroge jamais aucun de nos conjoints, qui ne se voient pas davantage proposer des "séances d'accompagnement à la parentalité" et autres thérapies "parents-bébé". Nous devrions avoir honte de nos comportements, de notre histoire, de ce que nous sommes ; je devrais avoir honte, baisser la tête et me taire.
Mais, comme Bartleby le scribe, j'ai préféré ne pas.
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Le monde n'aime pas Polo, mon Serge ; il le juge au pire monstrueux, au mieux pitoyable, méritant tout juste d'être parqué dans un coin avec ses semblables, ceux dont on ne peut rien faire, ceux qui ne sont littéralement bons à rien. Polo est improductif, donc inutile, de même que les vieillards, les malades, les démunis. De même que les nuages, les étoiles, la musique, l'art, la beauté, la poésie.
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Ton frère m'a ouvert les yeux, mon Serge. Si tu étais né avant lui, j'aurais poursuivi ma route en demeurant sourde aux propos de ton père et à ce dont j'avait fait moi-même l'expérience : non seulement la méritocratie est un miroir aux alouettes, mais serait-elle une réalité que le monde n'en serait pas plus juste et plus doux, pour ton frère et pour tout un chacun.
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C'est qu'écrire ne servait pas à grand chose, de même qu'être courageux n'a pas servi à grand-chose. Que faire tout bien comme il faut, trouver une orthophoniste et un psychomotricienne formées à l'autisme, une place en maternelle spécialisée, puis en Institut médico-éducatif, le tout au sein d'une nation internationalement réputée pour son retard catastrophique dans le domaine du handicap, n'a pas servi à grand-chose. Polo demeurera toujours ce petit prince muet enfermé dans sa forteresse de silence contre laquelle j'ai lutté pendant dix ans, et dont j'ai tout juste fêlé une pierre.
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Condamnée six fois par le Conseil de l'Europe pour discriminations vis-à-vis des personnes autistes, la France attend avec sérénité la septième. Au fond, il faut bien le dire, on s'en fiche un peu, de ces handicapés. Ce sont des citoyens de seconde zone. De toute façon, ils ne votent pas et leurs parents sont trop épuisés pour faire du bruit. Et puis ils coûtent cher, trop cher, ça pèse sur la croissance ! L'inclusion, c'est comme l'immigration, ça va deux minutes, mais faut pas que ça prenne trop de temps, d'énergie ou d'argent.
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Videos de Minh Tran Huy (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Minh Tran Huy
A l'occasion du Festival "Le livre sur la place" 2022 à Nancy, Minh Tran Huy vous présente son ouvrage "Un enfant sans histoire" aux éditions Actes Sud. Rentrée littéraire automne 2022.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2640619/minh-tran-huy-un-enfant-sans-histoire
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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