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Critique de Pois0n


Pois0n
  14 janvier 2018
Si la quatrième de couverture présente L'aile d'airain comme le quatrième tome d'une série, à la lecture, on pourrait très bien croire qu'il s'agit d'un one-shot. Si références il y a à des tomes précédents, alors celles-ci sont très bien intégrées, car je n'y ai vu que du feu. Un bon point, donc.

Tân, accompagné de son ami Dinh, revient dans son village natal tant qu'il en a encore la possibilité. La situation politique de la région est en effet assez tendue, le seigneur local gagnant en influence et risquant à tout moment de s'affranchir du pouvoir de la capitale. Mais, loin de renouer avec d'agréables souvenirs de jeunesse, il va surtout découvrir que les secrets bien gardés ne manquent pas dans cette minuscule bourgade isolée...

Malgré le cadre très bucolique du roman, où l'auteure fait la part belle aux beaux paysages (qu'il s'agisse du village, de la jungle, des rizières, du temple abandonné...), celui-ci se déroule donc en huis-clos. Même si, comme l'annonçait le résumé, les enjeux dépassent largement le cadre de la province, les intrigues de l'histoire reposent toutes sur la petite communauté. Je dis bien « les » intrigues, car, au delà du meurtre auquel Tân et Dinh sont confrontés, se dessinent rapidement deux mystères liés au passés, ainsi que le spectre d'un complot plus contemporain. Un récit à multiples facettes donc, même si tout s'avère naturellement être lié. Tran-Nhut parvient ainsi sans mal à mêler l'intimiste (le passé personnel de son héros) à l'enquête de proximité, jusqu'à la menace de grande ampleur et ce, de façon parfaitement cohérente. de ce côté-là, il n'y a absolument rien à redire. Même si l'on devine sans mal et très rapidement certains éléments (comme l'identité de la con tinh), le fin mot de l'histoire est en revanche tellement bien ficelé qu'il faut un certain temps pour commencer à entrapercevoir la vérité. En encore, tout ne sera vraiment éclairci qu'à la toute fin. Bref, les rouages de l'intrigue sont parfaitement huilés.

Là où le bât blesse cependant, c'est dans le rythme du récit. La torpeur des gens du sud, accablés par l'écrasante chaleur, nous semble presque palpable. L'enquête se déroule, lentement, étape par étape. Ici, aucun suspense, aucune révélation fracassante tenant les lecteurs en haleine. le roman possède un côté très contemplatif, où les choses suivent leur cours, ponctuées de nombreuses descriptions posant certes une ambiance, mais ralentissant encore plus le schmilblick. Heureusement, on ne s'ennuie à aucun moment. L'auteure a très bien su doser lesdites descriptions pour éviter la lassitude. Néanmoins, la lecture est très calme. Et ce ne sont pas les quelques scènes d'action, très « too much » et absolument pas crédibles (quoique drôles à lire), ni les quelques tentatives d'humour (notamment des paragraphes entiers à double-sens, relativement savoureux), qui parviennent à contrebalancer le manque de rebondissements. Déjà qu'il faut attendre environ quatre-vingt pages pour que l'histoire démarre réellement...

Pour certain.e.s, il s'agira sans doute d'une caractéristique de la narration et non pas d'un défaut en soi. Mais pour moi, c'est hélas LE point faible qui a empêché l'immersion, à la fois dans l'histoire et dans l'univers du livre. A ce titre, la note est, plus que jamais, particulièrement subjective.
Car, en soi, L'aile d'airain a été une lecture somme toute agréable, dépaysante, intéressante... mais hélas, jamais transcendante.
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