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Jacques Outin (Traducteur)Kjell Espmark (Préfacier, etc.)Renaud Ego (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2070317102
Éditeur : Gallimard (30/09/2004)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 61 notes)
Résumé :
C'est avec une perception aiguë, méticuleuse, que Tomas Tranströmer parcourt la zone limitrophe des terres habitées, comme si cette étendue en marge s'apparentait à un réservoir de visions simples suscitées au bord du réel. Les livres qu'il publie depuis 1954 suggèrent une quête obstinée, accomplie sans emphase et pas à pas, qui affronte l'opacité des signes, l'irréductibilité des choses, l'ombre des actes. Une tension singulière se développe qui souligne le doute, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  10 mai 2016
A travers ce recueil, Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004, découvert grâce à des citations de babeliotes, j'ai rencontré un poète et un auteur que je ne connaissais pas (et oui ! bien qu'il est reçu le prix Nobel de littérature en 2011…)
J'ai été fascinée par sa poésie (de vers en prose aux haïkus) toute en image qui dit le quotidien et l'instant, notre voyage intime et personnel, et invite aux grands voyages, des espaces enneigés aux contrées ensoleillées …
Un authentique plaisir à lire.
Mais je laisse la parole à Tomas Trantrömer pour présenter son univers  par le biais de l'un de ces poèmes :
Las de tous ceux qui viennent avec des mots, des mots
mais pas de langage,
je partis pour l'île recouverte de neige.
L'indomptable n'a pas de mots.
Ses pages blanches s'étalent dans tous les sens !
Je tombe sur les traces de pattes d'un cerf dans la
neige.
Pas de mots, mais un langage.
« En mars-79 »
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Malaura
  11 avril 2012
Après la lecture du récit « Les souvenirs m'observent », prose poétique autobiographique dans lequel Tomas Tranströmer, poète majeur de la Suède et Prix Nobel de Littérature 2011, relatait ses années d'enfance, nous pénétrons plus avant dans l'univers poétique de l'auteur avec « Baltiques », un recueil de poésie qui rassemble des poèmes et des textes poétiques publiés entre 1954 et 2004.
La poésie de Tomas Tranströmer est éminemment originale, sa voix singulière, son chant à nul autre pareil, une poésie dans laquelle on entre à petits pas, un peu troublé par l'utilisation si peu poétique d'objets techniques et usuels, saisi par le pouvoir de mots à la fois simples, sobres et concis mais s'ouvrant cependant sur un imaginaire dont les rivages ne sont pas toujours aisément abordables.
Il ne faut pas être étonné alors de découvrir au gré des rimes, des quais de gare, des trains, des chambres d'hôtel, des téléphones, des ascenseurs, des machineries de bateaux…une accumulation de choses très urbaines dont le poète se sert pour mieux les dévoyer et les détourner, afin de nous faire sortir du cadre du réel et, brusquement, nous faire accéder au monde de l'imaginaire.
Ainsi, chaque objet de la vie quotidienne est propice à une vision onirique.
Une tasse de café, un journal abandonné, un agenda, un arbre décharné….toutes ces choses auxquelles habituellement nous ne faisons plus attention et que nous ne regardons plus, le poète nous invite à les observer de nouveau avec attention car ils sont le lien, la frontière invisible entre rêve et réalité.
« Là-bas sur le terrain vague, non loin des immeubles / il y a depuis des mois déjà un journal oublié, truffé d'événements. / Il vieillit durant les nuits et les jours de soleil et de pluie / en passe de se muer en plante, en chou pommé, de s'unir à la terre. / Comme un souvenir qui peu à peu en nous se transforme. »
Poète de l'ordinaire et du quotidien parsemés d'éclats métaphoriques, Tomas Tranströmer offre une poésie de la sobriété, baignée d'allégorie et d'onirisme, la recherche de la langue dans ce qu'elle a de métaphysique, le mot décomposé et révélé dans ce qu'il possède d'infini et d'illimité, une quête d'absolu dans le dépouillement, la naissance de l'atemporel dans les marques du temps, la compréhension de la valeur de l'instant dans ce qu'il a à la fois d'éphémère et de suspendu, de fugace et d'éternel.
« Il y a un monde muet / il y a une fissure / où les morts passent la frontière / en cachette. »
Métissage entre le réel le plus tangible et le rêve le plus absolu, déploiement de descriptions très urbaines entrelacées à la quête d'un ailleurs, c'est une poésie qui tangue comme un grand bateau ivre, qui se perd dans des vagues tempétueuses pour rejoindre un pays de mythologies et de fables, une contrées de marins et de mers déchaînées, un territoire qui s'expose dans les beautés de la nature, au rythme des saisons, des longs hivers et des étés secs, et qui reflète l'instabilité et l'évanescence de toute vie sur terre.
« Il arrive au milieu de la vie que la mort vienne / prendre nos mesures. Cette visite / s'oublie et la vie continue. Mais le costume / se coud à notre insu. »
Une poésie moderne et symbolique, débordante d'authenticité, entre rêve et réalité.
Une lente et longue dérive au fil de la vie.
« On marche longtemps et on écoute et on arrive au moment où les frontières s'ouvrent ou plutôt, où tout devient frontière. »
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ay_guadalquivir
  24 novembre 2011
On trouve de tout sur le quai d'une gare.
En attendant mon train, c'est dans une enseigne de gare que j'ai acheté ce recueil des oeuvres complètes de Tomas Tranströmer. le caissier habitué à vendre Ouest France et Voici s'en est étonné. Et pourtant, les premières lignes prises au hasard dans ce livre manifestent la pertinence qu'il y a à le trouver en ces lieux. Poésie du réel, du quotidien, du climat, des saisons, de la nature, des bateaux et des voitures. Alors sans doute, Tranströmer a bien sa place sur un quai de gare.
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Philippe67
  29 juillet 2012
je suis encore en train de digérer cette lecture...
On lit des mots et on voit des images devant ses yeux, on écoute des sons, des bruits de la ville ou de la nature.
Il y a de la magie dans ces poëmes, et beaucoup de sensibilité.
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Wozniaksandy
  21 février 2018
Maître de la métaphore, Tomas Tranströmer est une figure essentielle de la poésie contemporaine.
Fasciné par les poètes classiques, notamment latins, les poèmes de Tranströmer sont fortement situé. Ce qui donne au lecteur le sentiment d'être toujours dans un espace inédit, parfois imaginé et que les différents espaces et le temps se télescopent ou se répondent.
Ses textes brillent par leur sobriété, la délicatesse de leurs perceptions sont d'une grande richesse métaphorique.
L'ordinaire devient extraordinaire dans la langue du poète. le singulier devient universel.
A la suite d'un accident vasculaire cérébral qui le laisse en partie paralysé et aphasique en 1990, les silences dans sa poésie s'agrandissent, la lumière devient plus intense et grave.
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critiques presse (1)
LeFigaro   19 octobre 2011
Tomas Tranströmer signe des textes accessibles et simples, d'ailleurs, ils parlent souvent de la vie quotidienne pour, parfois, glisser vers le rêve [...]. Ses poèmes sont très descriptifs, urbains. Tranströmer possède la magie de la concision, cet art dire les sentiments de l'existence en quelques mots.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (102) Voir plus Ajouter une citation
ParataxeParataxe   24 mai 2019
Des hommes-oiseaux.
Les pommiers étaient en fleurs.
La grande énigme.
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mesrivesmesrives   05 avril 2016
La clairière


Il y a, au milieu de la forêt, une clairière insoupçonnée qui ne découvre que celui qui s'égare.
La clairière est cernée par une forêt qui étouffe peu à peu . Des troncs noirs, à la barbe cendrée des lichens. Ces arbres vissés très près sont morts jusqu'à leur cime, où quelques branches vertes effleurent la lumière. En dessous : l'ombre qui couve de l'ombre, la tourbe qui s'étend.
Mais l'herbe est étrangement vivante sur cette place ouverte. Où gisent de grandes pierres qui semblent alignées. Sans doute les fondations d'une maison, mais je me trompe peut-être. Qui a vécu ici ? Personne ne peut nous renseigner. Les noms sont quelque part, dans des archives que nul n'ouvre plus (seules les archives gardent leur jeunesse). La tradition orale se perd et, avec elle, les souvenirs. Le clan tzigane se souvient, mais ceux qui savent écrire oublient. Noter pour oublier.
Un bruissement de voix dans la chaumière, c'est le centre du monde. Mais ses habitants meurent ou s'en vont, et la chronique prend fin. La chaumière reste à l'abandon pendant bien des années. Et elle se change en sphinx. A la fin, tout s'en est allé, si ce n'est les fondations.
Je suis déjà venu ici, d'une certaine façon, mais je dois repartir maintenant. Je plonge dans les taillis. On n'arrive à les traverser qu'en faisant un pas en avant et deux pas sur le côté, comme un cavalier d'un jeu d'échecs. Mais la forêt s'éclaircit peu à peu et la lumière revient. Mes pas s'allongent. Un sentier vient se blottir contre moi. Je suis de retour dans le réseau de communication.
Sue le pylône bourdonnant d'une ligne à haute tension, un scarabée s'est mis au soleil. Sous ses élytres luisants, les ailes reposent, aussi judicieusement repliées qu'un parachute empaqueté par un spécialiste .
+ Lire la suite
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MalauraMalaura   11 avril 2012
Je suis sur la montagne et contemple la baie.
Les bateaux reposent à la surface de l'été.
« Nous sommes des somnambules. Des lunes à la dérive. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

« Nous errons dans une maison assoupie.
Nous poussons doucement les portes.
Nous nous appuyons à la liberté. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

J'ai vu un jour les volontés du monde s'en aller.
Elles suivaient le même cours - une seule flotte.
« Nous sommes dispersées maintenant. Compagnes de personne. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.
+ Lire la suite
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mesrivesmesrives   13 avril 2016
I

Une lamaserie
et ses jardins suspendus.
Des tableaux de bataille.

*

Le mur de la désespérance...
Les pigeons vont et viennent
sans visage.

*

Les pensées sont à l'arrêt
comme les carreaux de faïence
de la couleur du palais.

*

Suis sur le balcon
dans une cage solaire ---
tel un arc-en-ciel.

*

Fredonne dans la brume.
Au loin un bateau de pêche ---
trophée sur l'eau.

*

Des villes miroitantes;
tons, légendes, mathématiques ---
bien que différentes.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   05 décembre 2014
CIEL À MOITIÉ ACHEVÉ (1962)

IV LE PALAIS


Nous entrâmes. Rien qu’une salle immense
silencieuse et vide, où la surface du sol miroitait
comme la glace d’une patinoire abandonnée.
Toutes portes fermées. L’air était gris.

Des peintures aux murs. Où l’on voyait
grouiller des images sans vie : des boucliers, des plateaux
de balance, des poissons, des silhouettes de guerriers
dans un monde sourd et muet de l’autre côté.

Une sculpture était exposée dans le vide :
seul, au centre de la salle, se dressait un cheval,
que nous ne remarquâmes tout d’abord pas
tant le vide nous captivait.

Plus faiblement que les murmures d’un coquillage,
on percevait les bruits et les voix de la ville
tournoyant dans cet espace désert et
bourdonnant à la recherche du pouvoir.

Autre chose encore. Quelque chose d’obscur
vint se poster aux cinq entrées de nos
sens mais sans les franchir.
Le sable s’écoulait dans les verres du silence.

Il était temps de bouger. Nous nous approchâmes
du cheval. Il était gigantesque,
noir comme du métal. Une image du pouvoir
restée là après le départ des princes.

Le cheval nous dit: «Je suis l’Unique.
J’ai désarçonné le vide qui me chevauchait.
Voilà mes écuries. Je grandis peu à peu.
Et je mange le silence ici répandu.»

p.98-99
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