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Caroline Lepage (Traducteur)
ISBN : 2710331497
Éditeur : Quai Voltaire (22/10/2009)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Le club des Amis du crime parfait réunit périodiquement, dans un café madrilène, un groupe hétéroclite d'amateurs de romans policiers. A son programme, des discussions animées sur les grandes figures du genre et, surtout, l'élaboration collective d'un chef-d'oeuvre, la mise au point d'un crime parfait. Chaque " ami " est désigné par le nom de son héros fétiche : Poe, Maigret, Nero Wolfe, Perry Mason, ou encore Sam Spade, le narrateur, de son vrai nom Paco Cortés. Da... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
chocobogirl
  14 février 2011
Madrid, fin des années 80. Paco Cortès, écrivain de roman policier, termine sa dernière oeuvre avec passion.
"Les dernières phrases résonnèrent dans la tête de leur créateur comme les accords d'une symphonie proche de l'apothéose, juste avant que la salve d'applaudissement n'éclate."
Mais Paco est plutôt un looser. Sa femme l'a quitté à cause de son infidélité et il croit dur comme fer pouvoir la récupérer à base de fleurs et de pension alimentaire. Il ne comprend pas que sa passion pour le roman policier fait obstacle à tout réconciliation.
Car Paco est passionné par le crime. Il pond des intrigues à la pelle dans des intrigues pleines de clichés.
" Tout doit parfaitement coller dans un roman policier, sinon, on s'arrange pour que ça colle. Un roman policier est comparable à une comptabilité scrupuleusement tenue : au bout du compte, il faut que ça tombe juste. Or, pour obtenir un tel résultat, le bon auteur de littérature criminelle a des as dans sa manche. Un peu comme un tricheur."
"A Madrid, on commettait un assassinat à la fois, tous les trente-six du mois. Pas l'ombre de cette merveille d'hécatombe où quinze ou vingt bonhommes clamsaient, truffés de balles, dans le bon décor, avec le bon mobile, les bons suspects, comme savait si bien le faire le maitre des maitres, Raymond Chandler. Vingt morts dans un bled de cinq mille habitants, le rêve ! Ici, il fallait se décarcasser pour arriver à tirer quellque chose des passages à tabac dans les bureaux de la Guardia Civil avec leur crucifix flanqué de la photo du Caudillo et de celle de Primo de Rivera, l'Absent... Soporifique au possible. "
Auteur bas de gamme, il se contente de publier en série des romans convenus chez un éditeur plus intéressé par leurs ventes que par leur qualité littéraire...
" Alors Paco, qu'est-ce que tu en dis ? Tu me fais un polar et un roman à l'eau de rose, en attendant que je trouve quelqu'un. Après tout, pour toi, torcher une merde noire ou une merde rose, c'est du pareil au même."
De plus, sa passion l'a conduit à animer un club fermé d'amateurs : Les amis du crime parfait où ces derniers débattent théorie policière et construisent de faux crime parfait (c'est à dire dont on n'aurait pas assez de preuves pour accuser l'assassin ). Chaque membre y porte le surnom d'un héros de la littérature policière : Maigret, sherlock Holmes, Miss Marple, Perry mason,...
Nous allons donc suivre ce petit groupe pendant une période agité de l'Espagne, lors de la tentative de coup d'état qui rappellera à certains la guerre civile.
Leur quotidien se déroule lentement, ponctué de quelques accros : la brouille de Paco avec son éditeur et sa décision de devenir détective, ses tentatives pathétiques pour retrouver sa femme, la fidélité de Modesto, en admiration devant son oeuvre, l'assassinat de son beau-père dont il va être soupçonné, la passion de l'un pour les armes à feu, celle de l'autre pour une jeune femme,...
Bref rien de bien enthousiasmant...
En effet, il faudra attendre la page 230 sur 363 ( ! ) pour que l'action bouge quelque peu. Paco décide de retrouver l'assassin de son beau-père et se lance dans une enquête digne des intrigues qu'il créait. Pistes, déductions, indices, témoignages des prévenus,... Paco se croit dans un de ses romans.
Alors le crime sera-t'il parfait ? je vous laisse le découvrir !
Je dois dire que cette lecture ne m'a pas vraiment emballée... Beaucoup d'ennui face à une histoire qui ne décolle pas. L'idée de départ me paraissait originale mais je ressors déçue de ma lecture.
On y trouve pourtant de bons passages humoristiques où les éditeurs et les policiers en prennent pour leur grade.
" Modesto revint à 10 heures le lendemain matin (...), comme l'inspecteur le lui avait indiqué. C'était l'heure à laquelle le commissaire divisionnaire chargé de l'enquête (...) prenait son service. Effectivement, il arriva à 11h30. "
"...la police, composée en fin de compte de fonctionnaires ayant un faible pour la bureaucratie, n'est jamais pressée, elle aime les détours autant que les délinquants aiment les raccourcis"
mais ces séquences ne suffisent pas à amener un peu d'action dans une histoire qui en manque cruellement. Quel paradoxe pour un texte qui se veut pencher vers l'univers du roman policier !
Le club des amis du crime parfait ne nous donne finalement qu'assez peu d'éléments de leurs discussions et seules quelques pages nous laisse entrevoir leur travail théorique sur le crime, très intéressant ceci dit. L'intrigue, au final, ne tourne pas autour de ce fameux club qui ne sert que de point de départ.
Ce roman n'est d'ailleurs pas à prendre comme un polar mais aussi comme le témoignage d'une époque.
C'est peut-être ce qui rattrape quelque peu le reste : les tensions politiques sont exacerbées et la tentative de coup d'état fait ressurgir dans la tête du peuple les traumatismes de la guerre civile. On y découvrira aussi que les conséquences restent importantes pour les bourreaux comme pour les victimes, même bien des années plus tard, et que l'esprit de vengeance ne s'est pas apaisé devant l'immunité de certains activistes.
Bref c'est un roman qui aurait pu être très original dans son traitement du crime et par l'humour incisif qui point régulièrement dans les dialogues mais qui est, à mon goût, complètement plombé par la lenteur et l'inaction de l'intrigue. Dommage...

Lien : http://legrenierdechoco.over..
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pdupaty
  29 janvier 2019
En 1982, l'Espagne n'en finit pas de panser les plaies du franquisme, qui a pris fin il y a seulement six ans. En cette période de transition démocratique, la police demeure un bastion des partisans du Generalisimo, la droite fait comme si les crimes de la dictature n'avaient jamais existé tandis que la gauche demande la reconnaissance de ces mêmes crimes. Un coup d'Etat de militaires nostalgiques est en préparation et le pays ne sait pas encore vraiment où il va. Dans ce cadre politique assez trouble, une bande d'amateurs de romans policiers se réunit régulièrement au Comercial, un café de Madrid où ils discutent des personnages de littérature noire, de style littéraire, d'enquête... et surtout, du fantasme ultime du crime parfait. Ils sont amis sans vraiment se connaître pour la plupart, s'appelant par des surnoms de personnages ou d'auteurs de fiction policière. le personnage principal, Paco Cortes, est un écrivain de polars médiocres parus chez un éditeur de romans de gare non moins médiocre, avec qui il se brouille. Lorsque son beau-père (un flic franquiste détesté par tout le monde et notamment par lui) est retrouvé assassiné et qu'il est interrogé par la police, il décide de mener sa propre enquête.
J'ai adoré ce bouquin, qui est présenté comme un polar mais n'en est pas vraiment un à mon sens. Sur un peu moins de 400 pages, le meurtre et l'enquête n'en font qu'une centaine. L'intérêt, c'est surtout les personnages qui sont tous des anti-héros dans un climat post-dictature assez pesant, des Espagnols lambda qui ont subi une époque bien particulière. On se laisse rapidement prendre dans ce livre, à l'écriture parfois un peu déroutante mais toujours juste.
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Fantine
  13 juillet 2010
J'avoue m'être régalée à la lecture de ce roman.
Il s'agit d'une réflexion sur l'écriture, la littérature, et, notamment sur les romans policiers ... ... par le biais d'un club tout à fait atypique : les Amis du Crime Parfait (A.C.P.).
En fait, chaque membre de ce club décortique de fond en comble le polar qu'il a choisi en soulignant ses qualités et ses défauts.
C'est le moyen pour l'auteur de brosser le portrait d'une Espagne meurtrie par le franquisme, d'un pays qui n'arrive pas à oublier des années de terreur, de repression par l'intermédiaire de ses héros. Ces derniers sont des personnages paumés, à la recherche d'eux même, et, surtout traumatisés, comme la majorité de leurs compatriotes, par la dictature franquiste.
En fait, ces différends personnages sont plus des anti héros, recherchant un exhutoire au travers de "l'étude" des romans policiers, et, surtout l'étude du crime parfait.
Il y a bien une intrigue policiere, mais cette dernière n'est que le pretexte pour décrire, pour en apprendre plus sur un pays, une societé en pleine mutation, partagé(e) entre ses rêves d'avenir, son passé douloureux, et, aiguillé(e) en sous main par les nostalgique du franquisme.
Les différents personnages possédent chacun, un caractère bien trempé. Ils sont, également émouvants, attachants, y compris, pour certains, dans leurs lâcheté et hypocrisie.
Je recommande vivement ce roman.
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zembla
  13 novembre 2009
Ce livre a été offert par "blog'o'book" et les éditions "le quai voltaire" dans le cadre de lecture en partenariat. Les amis du crime parfait est un club de férus de littérature policière dans l'Espagne de l'après Franco quand la démocratie est encore fragile. Dans ce club ,qui se réunit une fois par semaine dans un café, on y discute des livres policiers, des auteurs et on cherche à définir et a élaborer de manière ludique un crime parfait . L'instigateur de ce club s'appelle Paco Cortés, c'est un écrivain de roman policier de gare qu'il publie pour une maison d'édition de troisième zone. Il est divorcé , vient de se fâcher avec son éditeur et décide d'arrêter d'écrire pour ouvrir une officine de détective privé et de se réconcilier avec son ex. Jusqu'au jour où son beau-père ,qu'il déteste, est assassiné et que la police s'intéresse de plus près aux activités " des amis du crime parfait".
Ce roman n'est pas un roman policier, il est plus que cela. D'abord il nous plonge dans cette Espagne d'après Franco où la démocratie toute neuve est encore chancelante et où le coup d'état du 23 février 1981 a faillit la rejeter dans le chaos. Tout l'histoire est imprégné de cet atmosphère électrique et du passé très lourd de la guerre civile .
La première partie du livre nous raconte la vie de tous les membres de ce club, une vie difficile pour la plupart qui grâce au club on trouvé un dérivatif a leurs soucis. La deuxième partie commence a la mort du beau père de Paco Cortés quand les membres du club sont soupçonnés d'avoir participé au meurtre ce qui provoque l'éclatement et la fin "des amis du meurtre parfait". Paco décide de tirer l'affaire au claire et de trouver le coupable.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui ,avec humour et tendresse, nous dresse un portrait attachant de cette bande d'allumées qui dans un contexte compliqué trouve refuge dans la littérature policière. L'écriture est fluide, chaleureuse et pleine d'une douce ironie.
Ce livre est un vrai coup de coeur , ma note sera de 8.5/10 et je remercie Blog'o'book et les éditions "du quai voltaire" de m'avoir fait découvert un auteur et un livre .
A noter que ce livre a eu le Prix Nadal en 2003.
Lien : http://desgoutsetdeslivres.o..
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GribouilleChat
  26 décembre 2009
Je sors d'une lecture qui m'a beaucoup plu : Les Amis du crime parfait, roman écrit en 2002 et traduit seulement cette année. Trapiello est un auteur que je ne connaissais pas encore mais dont j'ai bien envie de découvrir d'autres oeuvres.
À Madrid, un groupe d'amis se réunit régulièrement dans un café pour y parler de romans policiers. Ils aiment tellement cela qu'ils ont pris comme pseudonymes les noms de leurs héros.
(la suite sur mon blog)
Lien : http://artetlitterature.blog..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
GribouilleChatGribouilleChat   26 décembre 2009
Mon enfer, c’est de ne pas pouvoir écrire un roman rien qu’à moi ; mon purgatoire, c’est de le savoir, et mon pauvre ciel, c’est d’en avoir écrit trente-trois qui ont rendu heureux d’autres que moi. J’ai suggéré à Paco d’allier les deux, le roman policier et le sien. Quel est le rapport entre les chevaliers errants et Cervantès ? m’a-t-il répondu. Moi je ne suis pas Cervantès et, pour faire ce que tu demandes, il faudrait être un génie, ce que je ne suis pas davantage. Ni moi ni personne. Les romans policiers sont cérébraux, alors que le roman procède de la vie, pas d’une équation. Il y a eu de très grands auteurs policiers, mais le messie du genre est encore à naître. (p.290-291)
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GribouilleChatGribouilleChat   26 décembre 2009
Dans les romans de crime parfait, tout commence en général par la découverte inattendue d'un cadavre, puis il faut enquêter pour savoir de qui il s'agit, et qui est l'assassin. Nous, il nous est arrivé l'inverse: nous sommes tombés sur un cadavre à la fin des A.C.P., et en plus, c'était quelqu'un que nous connaissions tous. Il y avait des années que nous cherchions en alchimistes un crime véritablement parfait. En vain. Et maintenant que nous en avons un, il ne nous sert à rien, parce que nous ne pouvons pas faire participer les autres à notre découverte. (p.362)
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ElianorElianor   03 novembre 2016
L'assassinat d'un assassin peut nous réjouir, mais il ne profite à personne, de même que le monde n'est pas meilleur parce qu'il y a un rat de moins.
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Video de Andrés Trapiello (1) Voir plusAjouter une vidéo

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Depuis un café à Madrid, Olivier BARROT s'entretient avec Andrés TRAPIELLO au sujet de son roman intitulé "Les cahiers de Justo Garcia" dont l'histoire se déroule durant la guerre civile espagnole.
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