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Florence Trébaol (Éditeur scientifique)
EAN : 9782745600004
651 pages
Éditeur : Du Carrousel (30/11/-1)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
D'Alexandre Dumas à Brillat-Savarin, de Proust à Colette, des hommes et des femmes de plume passent à table pour rendre hommage à la chair ventrue, aux manières des bonnes et grandes tables avec les mots aromatiques, les mots rôtis à point ou goûteux leur montant à la bouche à la force des papilles gustatives.

voici donc une anthologie de la gastronomie qui, comme au Pays de Cocagne, fera défiler sur la desserte avec des mots au bon coup de fourchette... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
  12 juillet 2012
Gastronomie et littérature font bon ménage… Lorsque les mises en bouche culinaires semblent avoir révélé aux papilles toutes leurs subtilités, un texte éclairé sur un mets ou la description d'un festin permettent au lecteur d'appréhender différemment ce qu'il croyait avoir acquis en certitudes sur le goût et les techniques de préparation.
Cette anthologie littéraire se présente sous la forme d'un pavé apte à impressionner le plus vorace des lecteurs. Toutes les différentes facettes de la gastronomie –considérée comme l'art de faire bonne chère- sont abordées et triées en chapitres thématiques : qu'il s'agisse des comportements alimentaires (« de la Gourmandise »), de l'art de bien recevoir (« du bon usage de la table », « du savoir-faire »…), des aspects socio-historiques (« Des traditions », « Des origines »…) ou des catégories substantielles d'aliments (« du bon usage du poisson », « de la charcuterie », « Des légumes du potager »…), rien ne semble avoir été oublié. On peut éventuellement regretter la place trop importante accordée aux descriptions de repas ou de fêtes qui s'attardent sur des scènes présentant les enjeux dramatiques pouvant parfois s'établir entre commensaux : hors contexte, ces extraits n'ont pas vraiment de pertinence et peinent à susciter l'intérêt.
De même, on pourra regretter le peu de diversité des références littéraires invoquées dans cette anthologie pourtant considérable. Les siècles traversés s'étirent du XVIe avec Rabelais jusqu'au début du XXe siècle. Pas de dépaysement non plus car l'origine ethnique des références ne s'éloigne guère de la France. Disons qu'on se limite ici à de la gastronomie traditionnelle : pas d'exotisme ni de cuisine moléculaire, mais que des valeurs sûres à base de ragoûts, de patates (pommes de terre à la maître d'hôtel, pomme de terre à la parisienne, pommes de terre à l'italienne, pommes de terre au lard…), de sangliers et de lièvres… N'oublions pas les quelques douceurs qui sauront ravir ces dames et les quelques messieurs au tempérament douillet…A défaut de voyage à travers d'autres cultures, ou d'ouvertures sur l'avenir de la gastronomie, cette Anthologie permettra de faire le point sur nos traditions culinaires et de savourer quelques délicieux textes aussi savamment mijotés qu'un rôti d'Alexandre Dumas
Lien : http://colimasson.over-blog...
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ccherrierdaffe
  20 mai 2015
super bouquin sur la culture culinaire française essentiellement des XVIII-XIXe siècle. En dit beaucoup sur la culture tout court.
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   28 mai 2012
« Un peintre ou un poète eût fait de cette truite au beurre de Montpellier frappé de glace un portrait enchanteur, dit le chanoine. Voyez cette charmante petite truite, à la chair couleur de rose, à la tête nacrée voluptueusement couchée sur ce lit d’un vert éclatant, composé de beurre frais et d’huile vierge, congelés par la glace, auxquels l’estragon, la ciboulette, le persil, le cresson de fontaine ont donné cette gaie couleur d’émeraude ! Et quel parfum ! Comme la fraîcheur de cet assaisonnement contraste délicieusement avec le haut goût des épices qui le relèvent ! Et ce vint de Sauternes ! Quelle ambroisie si bien appropriée, comme dit ce grand homme de cuisine, au caractère de cette truite divine qui me donne un appétit croissant ! »

Un déjeuner de chanoine d’Eugène Sue
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colimassoncolimasson   10 juillet 2012
« En général, je pense qu’on pourrait souvent trouver quelque indice du caractère des gens dans le choix des aliments qu’ils préfèrent. Les Italiens, qui vivent beaucoup d’herbages, sont efféminés et mous. Vous autres, Anglais, grands mangeurs de viande, vous avez dans vos inflexibles vertus quelque chose de dur et qui tient de la barbarie. Le Suisse, naturellement froid, paisible et simple, mais violent et emporté dans la colère, aime à la fois l’un et l’autre aliment, et boit du laitage et du vin. Le Français, souple et changeant, vit de tous les mets et se plie à tous les caractères. Julie, elle-même, pourrait me servir d’exemple ; car, quoique sensuelle et gourmande, dans ses repas, elle n’aime ni la viande, ni les ragoûts, ni le sel et n’a jamais goûté de vin pur : d’excellents légumes, les œufs, la crème, les fruits, voilà sa nourriture ordinaire ; et sans le poisson, qu’elle aime aussi beaucoup, elle serait une véritable pythagoricienne. »

Jean-Jacques Rousseau, la Nouvelle Héloïse
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colimassoncolimasson   23 juin 2012
« Les tripes furent copieuses, ainsi que je vous l’ai dit, et si succulentes que chacun s’en léchait les doigts. […] Le bonhomme Grandgousier y prenait un plaisir bien grand et ordonnait que l’on servît dans des écuelles. Il recommanda toutefois à sa femme qu’elle en mangeât le moins possible, vu qu’elle approchait de sa délivrance et que cette tripaille n’était pas viande très favorable. « Celui-là, disait-il, a grande envie de manger merde, qui en mange jusqu’au sac. » Nonobstant ces remontrances, elle en mangea seize muids, deux tonneaux, et six pots. Ô la belle matière fécale qui devrait boursoufler en elle. »

François Rabelais, Gargantua
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colimassoncolimasson   05 juin 2012
« Une conversation animée, pendant le repas, n’est pas moins salutaire qu’agréable : elle favorise et accélère la digestion, comme elle entretient la joie du cœur et la sérénité de l’âme. Elle est donc sous le rapport moral, comme sous le rapport physique, un double bienfait, et le meilleur repas, pris en silence, ne saurait faire du bien au corps, ni à l’esprit. »

Grimod de la Reynière, Manuel des Amphitryons
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colimassoncolimasson   07 juillet 2012
« Le psychologue profond avait parfaitement calculé son effet ; ces âmes raffinées dégustaient une double allégresse ; elles étaient délivrées du noir souci qui les obsédait et l’exaltation des sens leur apportait l’épanouissement joyeux de ce régal inattendu. Les chaînes de l’angoisse tombaient définitivement à cette heure précise où la chaleur et la vertu des vins inclinaient à la vie pleine et à l’abandon. Maintenant, l’ardeur intime se donnait libre cours. Plus d’ombres. On était rassuré. On pouvait en toute béatitude se livrer au plaisir de savourer et à cette douce amitié confidente qui sollicite les hommes bien nés à la fin des repas dignes de ce nom. »
Marcel Rouff, la Vie et l’œuvre de Bodin-Bouffant, gourmet
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