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ISBN : 274277310X
Éditeur : Actes Sud (02/06/2008)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Elle était si bien, Nana, chez ses grands-parents, à Sainte-Maria-de-Saskatchewan, avec ses deux soeurs cadettes... Mais voici que sa mère, qui vit maintenant à Montréal, veut qu'elle la rejoigne... On est en 1913, on se déplace en train... Nana se rendra d'abord à Regina, où elle couchera chez sa tante Régina. Elle arrêtera ensuite à Winnipeg, chez sa tante Bebette. Puis elle passera une nuit à Ottawa chez la cousine Ti-Lou à la réputation douteuse... Elle découvri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  03 janvier 2017
Michel Tremblay est un incontournable de la littérature québécoise et, de ce fait, je crois que j'ai lu trop de ses romans à une certaine époque. Tellement que j'en ai fait une écoeurantite aigüe ! Mais bon, il faut en revenir alors je me suis replongé récemment dans son univers et sa dernière saga, commencée par La traversée du continent, m'a tout de suite enthousiasmé. L'auteur a mélangé histoire et fiction dans cette histoire qui a pour sujet sa propre mère alors qu'elle était toute jeune, au début des années 1900…
La petite Rhéauna, dix ans, ne connaît que Sainte-Maria-de-Saskatchewan, un petit patelin au fin fond d'une province de l'Ouest canadien. Elle habite chez ses grands-parents et ses deux soeurs cadettes. Son univers se résume à quelques livres et des champs de maïs à perte de vue. Assez enchanteur comme décor, n'est-ce pas ? En tous cas, c'est ce que pensent les jeunes demoiselles. Je trouve un côté roman initiatique à ce bouquin qui se lit trop rapidement (je l'ai dévoré en une soirée !)
Malheureusement, son univers s'effondre quand la famille reçoit un appel de Maria Desrosiers, la mère des jeunes demoiselles : elle demande à ce que son ainée vienne la rejoindre à Montréal. Rhéauna sera donc arrachée à ses soeurs et à son petit paradis sur terre. C'est alors que le roman se transforme en récit d'un voyage. D'un très long voyage car, même en train, il faut plusieurs jours pour traverser d'ouest en est cet immense pays qu'est le Canada. Et il lui faudra effectuer des arrêts où elle sera prise en charge par divers membres de sa famille.
Premier arrêt : Régina, la capitale de la Saskatchewan. C'est la première fois que la petite voit une grande ville avec des édifices de huit étages ! Elle est reçue par sa grande-tante Régina, une femme sèche et acariâtre mais, dans la soirée, elle est témoin d'un moment magique. Ladite tante ouvre les fenêtres et joue du piano (du Schubert et du Mozart) pour les gens dans la rue. Rhéauna découvre la vraie musique.
Deuxième arrêt : Winnipeg, la capitale du Manitoba. Cette ville est encore plus grande que Régina. Elle y est accueillie par son autre grande-tante Bebette, une femme de démesure, et une ribambelle de figurants. Après tout, il faut faire bonne impression ! Dans sa maison, un banquet en suit un autre et la petite Rhéauna y restera plus longtemps que prévu afin qu'on puisse célébrer son anniversaire en grand. Elle mange des plats nouveaux et découvre des goûts dont elle ne soupçonnait même pas l'existence.
Troisième arrêt : Ottawa, la capitale du pays. La petite n'a pas l'occasion de la visiter car la Louise, dite Ti-Lou, la garde dans sa chambre du Château Laurier, où elle reçoit des politiciens et hommes d'affaires importants. Ça ne pourrait être un roman de Michel Tremblay sans qu'il y ait au moins une prostituée… *Soupir* Mais bon, Rhéauna y reste peu longtemps (juste assez pour que Ti-Lou raconte son histoire et lance son réquisitoire contre l'hypocrisie des hommes.
Puis, enfin, c'est le terminus : Montréal. Une surprise de taille attend Rhéauna mais, pour la savoir, il faudra lire le roman. Et les tomes suivants aussi, car l'émotion est au rendez-vous. Je recommande vivement la lecture de la Saga des Desrosiers. Au-delà du voyage émerveillant d'une petite fille qui découvre le monde (et à laquelle je me suis vraiment attaché), j'ai beaucoup apprécié les brèves histoires divertissantes de tous ces personnages colorés et de la façon dont ils ont laissé leur empreinte dans l'imaginaire de Tremblay. À suivre.
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bilodoh
  12 février 2016
Au début du vingtième siècle, la petite Nana, habite en Saskatchewan avec ses grands-parents lorsqu'une lettre de sa mère lui demande de venir la rejoindre à Montréal. Elle entreprendra donc un long voyage en train, pour traverser le Canada d'ouest en est.

Avec elle, on découvre les plaines de l'Ouest avec les cultures de céréales à perte de vue, des champs qui ondulent comme un océan. Puis c'est l'étonnement devant les villes, avec toutes les commodités, des maisons où on peut même prendre un bain sans faire chauffer l'eau sur le poêle à bois…

On y fait aussi une série de rencontres avec des personnages typés : un beau jeune homme dans le train, une grand-tante amoureuse de la musique, un oncle pachyderme ou une cousine dont les charmes règnent sur Ottawa.

Dans ce premier volet de la Diaspora des Desrosiers, le dramaturge québécois présente le portrait d'une époque, celle des familles canadiennes-françaises qui ont essaimé jusque dans l'Ouest canadien et y ont survécu malgré les conditions difficiles.
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Myriam3
  30 avril 2016
Michel Tremblay, dans ce roman, se met merveilleusement bien dans la peau de Rhéauna, une petite fille de dix ans qui quitte ses grands-parents qui les ont élevées jusqu'ici, elle et ses soeurs, pour rejoindre seule en train sa mère qu'elle ne connaît qu'à peine, à Montréal.
Elle laisse ainsi derrière elle les immenses champs de maïs du Saskatchewan - au Nord du Montana et du Dakota, côté Canada pour ceux qui comme moi ne situent pas! - et sa petite ville francophone et catholique, mais surtout une famille affectueuse et aimante - pour partir vers un avenir incertain et une grande ville où les gens se moqueront sans aucun doute de son accent, ses vêtements et son ignorance. La route est longue, et elle est accueillie tour-à-tour par deux grand-tantes, l'une à Regina, l'autre à Winnipeg, et enfin par sa petite-cousine à Ottawa avant de reprendre le train pour l'étape ultime: Montréal, sa mère.
Ce voyage est un moyen pour Michel Tremblay de rendre hommage à sa mère Rhéauna, héroïne de ce récit et de ce voyage qu'elle lui aura raconté, comme elle a dû souvent évoquer cette grande maison dans laquelle elle a passé les premières années de son enfance, mais également d'écrire sur le Canada des années 1900, la rusticité rurale, la modernité des grandes villes, la triple influence des croyances cris (une des tribus amérindiennes, canadiennes,) catholiques et protestantes et les hypocrisies citadines, la misère, la forte influence de la société.
Tout au long de son voyage, la petite fille, angoissée mais curieuse, ne demandant qu'un peu d'affection de la part de celles qui l'accueillent et acceptant d'être rassurée sans croire vraiment en ce qu'on lui promet de bonheur, rencontre des personnes qui, au fond d'eux-mêmes, cachent une souffrance,bien souvent une profonde solitude mais aussi une vie secrète, telle cette vieille tante acariâtre qui le soir joue merveilleusement du piano face aux voisins qui viennent l'écouter en silence sous la fenêtre, ou Ti-Lou, vivant dans le luxe grâce à son travail de femme indépendante de nuit (vous l'aurez compris bien sûr, mais pour Rhéauna, tout cela reste bien obscur).
J'ai lu ce roman un peu comme un conte, la maison, si rassurante, qu'on quitte, le voyage initiatique, les rencontres et les épreuves qu'elles induisent, l'apprentissage de la vie que fait Rhéauna au cours de ce voyage, sa sagesse finalement et sa très grande générosité d'enfant, et le but du voyage, enfin. Tout au long du récit, c'est l'arrivée et la rencontre avec la mère qu'on attend, inquiète comme elle, mais espérant un heureux dénouement. Comment est cette maman qu'on connaît si peu et qui réclame soudain cette aînée qu'elle avait laissée à ses propres parents? Pourquoi, soudain, veut-elle qu'elle vienne vivre avec elle, si loin de ceux qu'elle aime?
J'ai été émue par la justesse avec laquelle Michel Tremblay écrit l'enfance et ses questionnements, mais aussi par ces chapitres consacrés à ces adultes incompréhensibles qu'elle rencontre. Un beau livre sur l'enfance, et un beau voyage dans ces grandes villes lumineuses et bruyantes ou le long du magique Lac Supérieur.
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kathy
  31 octobre 2011
La Traversée du Continent – premier tome de "la diaspora des Desrosiers" - évoque le voyage initiatique de Rhéauna, dite Nana. Voyage de trois jours, au terme duquel, elle aura gravi un échelon de plus dans la connaissance des autres, du monde et de soi. Bref, elle arrivera à destination transformée.
Nous sommes en 1912.
Rhéauna, 10 ans, doit quitter Maria (Saskatchewan), petite enclave francophone et catholique de 200 âmes, plantée d'infinis champs de blé d'Inde que l'on entend pousser la nuit. Rhéauna y a grandi, entourée d'amour distillé par ses grands-parents et ses deux soeurs. Mais sa mère souhaite l'avoir près d'elle à Montréal.
Pour la rejoindre, elle traverse le continent en train, en faisant escale successivement à Regina, Winnipeg et Ottawa.
Dans chacune de ces villes, elle fait la connaissance de trois femmes. La vieille fille Régina, dont la seule distraction est un piano dont elle joue merveilleusement bien; Bebette, à la fois mère - manipulatrice et tyrannique-, et épouse -aimante et dévouée-, d'un homme atteint d'un cancer, dont l'ultime souhait est de mourir heureux en engraissant, au lieu de partir à petit feu en maigrissant; Ti-Lou, prostituée, dont le destin de Marguerite Gautier (« La Dame aux Camélias ») devint l'exemple à suivre, et la prostitution un but à atteindre.
Trois femmes, trois « rôles » - vieille fille ou religieuse, mère de famille, guidoune - assignés aux femmes en ce temps là, car le reste, appartenait aux hommes….
Lors de ce voyage, Rhéauna croisera, en outre, Jacques, qui avouera à la petite fille, à la faveur de l'intimité du train, ce qu'il n'a jamais dit à personne, à savoir son amour pour les hommes.
Au fil de ses rencontres, Rhéauna découvre le monde...
Roman agréable à lire. Tous les personnages sont attachants, et particulièrement la tante Regina, qui m'a particulièrement procuré un vrai moment de plaisir.
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Malice
  17 mars 2013
Voilà, quelques mois plus tard , j'ai enfin lu ce roman, ce voyage initiatique, c'est merveilleux de retrouvé Nana enfant. Nana est un des personnages centrales des Chroniques du Mont Royal. C'est aussi la mère de Michel Tremblay, il lui invente une enfance, on sent tout l'amour que Michel Tremblay porte à sa mère car Nana est une enfant de onze ans terriblement attachante. L'histoire se passe en 1913, Rhéauna dit Nana habite à Maria en Saskatchewan (l'ouest Canadien, petite enclave francophone catholique au milieu d'un monde anglophones protestants) chez ses grands-parents. Elle va rejoindre sa mère, qu'elle ne connaît pas à Montréal. Il lui faudra quitter cette famille d'adoption où, en compagnie de ses soeurs Béa et Alice, elle grandit entourée d'amour, au milieu d'infinis champs de maïs. Durant trois jour, elle va traverser le continent. Une fois arrivée à destination elle sera comme transformée. Car c'est un voyage initiatique, c'est un univers très féminin, lors de sa première étape elle s'arrêtera à Regina chez sa tante Regina. J'ai beaucoup aimé ce passage, cette tante qui vit seul, un peu aigri, un peu terne. Quand, elle se met au piano elle se transforme c'est une autre Regina et là par magie Nana est complètement transporté dans une autre dimension. Pour aller jusqu'à Winnipeg, elle est en compagnie de Jacques, il lui explique vaguement son homosexualité à elle ne comprendra pas bien sûr, elle n'est encore qu'une enfant.
L'arrêt suivant est Saint-Bonniface, la tante Élisabeth Roy est marié à Rosaire un vrais ogre, il a été chef de chantier du chemin de fer qui traverse désormais le canada ! Bebette pour les intimes est une femme envahissante (oh! oui c'est exact) avec ses nombreux SAPERLIPOPETTE (un peu trop nombreux à mon goût). Dernier arrêt à Ottawa, elle est accueillit par la cousine Ti-Lou . Elle incarne , la luxure, l'envie et la honte, bref la prostituée ou la guidoune dont la famille est loin d'être fière.
J'ai été comme happé par ce livre je l'ai lu en une journée en faisant quelques pauses. C'est un roman qui se lit tout seul avec plaisir, j'aime le côté conte ( référence la petite sirène, Peter Pan, Alice au pays des merveilles,les contes de fées, les romans de la comtesse de Ségur) qui se dégage à la lecture de ce dernier roman de Michel Tremblay. Ce livre est magnifique car c'est un hommage au Canada francophone, et comme ne pas faire autrement on pense à la magnifique Gabrielle Roy (originaire du Manitoba).
Lien : http://www.blogger.com/blogg..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   27 avril 2016
La légende veut que lorsque le Grand Manitou a eu terminé de dessiner la Saskatchewan à l'aide d'un morceau de fusain - quelques coups de crayon en guise d'horizon plat, une élévation ou deux pour briser la monotonie, un groupe de nuages dans le ciel parce que c'est plus joli - , il se serait rendu compte que tout ça était bien vide et aurait décidé d'inventer les céréales. Pour ajouter de la couleur et du mouvement. Le blé, l'avoine, le seigle et les autres graminées seraient donc apparus et, en dernier, le majestueux blé d'Inde qui peut monter jusqu'à huit pieds de haut à la fin août et, avec l'aide du vent, imiter à s'y méprendre le bruit de la mer qu'il n'a pourtant jamais connue.
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kathykathy   31 octobre 2011
C'est donc ça la musique?
C'est donc vrai que ça peut être beau?
Ca commence en douceur, on dirait une berceuse murmurée par une grand-mère qu'on adore, on dirait surtout qu'on connaît cet air-là depuis toujours - il semble familier dès la première fois qu'on l'entend -, mais aussitôt que la musique est bien imprimée dans le cerveau et qu'on est convaincu qu'on ne pourra plus jamais s'en débarrasser, au moment où on commencerait à souhaiter que ça reste comme ça, sans variantes, parce que c'est parfait, ça change de rythme, tout à coup, ça se développe, ça monte et ça descend comme quand on rit, ça gronde, aussi, ça menace et ça tire les larmes parce qu'un grand malheur se cache là-dedans autant qu'une immense joie, puis, tout aussi soudainement, ça redevient mélancolique et le si bel air du début fait un retour en force, plus magnifique que jamais dans sa grande retenue. C'est ça qu'on veut conserver, d'ailleurs, c'est ça qu'on veut transporter pour le reste de sa vie, ce petit air tout simple du début et de la fn qui va pouvoir vous soulager dans les moments difficiles de l'existence et décorer les moments de bonheur d'un ravissement de plus. Ca ne se termine pas, non plus, on dirait plutôt que ça s'efface, que ça s'estompe, jusqu'à ce qu'on ne l'entende plus. Ca continue, il faut que ça continue, ça ne peut pas s'arrêter, mais on ne l'entend plus, c'est tout. Les mains ne se promènent plus sur le claiver, aucune vibration ne surgit de l'instrument, et cependant ça se perpétue dans le silence qui lui succède.
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bilodohbilodoh   07 février 2016
C’est drôle, au milieu du danger, comme ça, alors qu’elle devrait trembler de peur, c’est plutôt une espèce ce paix qui lui est tombée dessus. Est-ce que ça veut dire que le danger, au coeur de lui-même n’existe plus? C’est donc quand on en est éloigné qu’il impressionne tandis qu’en sa présence, alors qu’on devrait trembler, pleurer et demander grâce, on le trouve ridicule?
(p. 59)
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VALENTYNEVALENTYNE   09 septembre 2014
Rhéauna n’a pas le temps de répondre. Ils viennent de franchir une porte de métal et débouchent dans une grande rue, plus animée encore que celle de Régina, devant une file de magnifiques bogheis, brillants comme des sous neufs, spacieux, de toute évidence confortables. On dirait qu’ils viennent de sortir du magasin général de Winnipeg et qu’ils vont faire leur première course à travers la ville pour fêter son arrivée.
Bebette soulève déjà sa longue jupe.
– Le mien, c’est le premier en avant. Y est beau, hein ? J’viens de le faire arranger. J’te dirais bien que c’est en ton honneur, mais y en avait juste besoin. Viens, les autres vont nous suivre."
Elles se retrouvent seules toutes les deux dans un énorme machin fleurant bon le cuir neuf, la graisse de roue et le crottin de cheval. Il part comme une flèche lorsque Bebette produit un sifflement qui, pour le cheval bai, doit faire office de saperlipopette ou de coup de fouet, et Rhéauna, ravie est clouée au dos de son siège.
Si les rues de Régina l’ont étonnée, celles de Winnipeg lui coupent le souffle. Une guerre ouverte semble s’être déclarée entre trois moyens de locomotion : les automobiles nombreuses et rugissantes, les tramways et les voitures tirées par les chevaux. Le pandémonium qui en résulte est indescriptible.. Du monde partout, de la poussière, du bruit, d’étranges odeurs, aussi, très différentes de celles du crottin de cheval auquel elle est habituée dans l’unique rue de Maria, des effluves âcres qui prennent à la gorge et donnent envie de tousser. Quand elles ne sont pas simplement encombrées, les avenues autour de la gare sont bloquées, tout le monde crie parce que personne ne peut plus avancer, les chevaux prennent peur, hennissent, ruent, les enfants courent partout en piaillant et les policiers ne savent plus où donner du sifflet.
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SachenkaSachenka   30 décembre 2016
Sa petite enfance s'est passée à l'autre bout du continent, dans un pays qui s'appelle les États-Unis, dans un état qui s'appelle le Rhode Island, dans une ville au bord de la mer qui s'appelle Providence. Mais ses souvenirs sont comme une grande mare d'eau trouble où flottent à peine quelques vagues images. La mer, quand elle y pense, c'est surtout une odeur. De sel et d'humidité.
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