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ISBN : 2760928292
Éditeur : Actes Sud (01/01/2008)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Octobre 1912, à peine arrivée à Montréal depuis le Rhode Island, Maria Desrosiers a l'intention de faire venir de l'Ouest sa fille Nana pour l'aider à prendre soin d'un bébé qui naîtra bientôt.

Août 1914, un an après avoir traversé le continent canadien pour rejoindre sa mère, Nana frémit en entendant les rumeurs de la guerre: comment pourrait-elle retrouver son paradis perdu, ses plaines de la Saskatchewan?

A deux ans d'intervalle, mè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  12 janvier 2017
Maria Desrosiers, indépendante, a toujours mené sa vie comme elle l'entendait. Quand son mari a disparu, elle a envoyé ses trois jeunes filles chez leurs grands-parents en Saskatchewan et elle a continué à travailler à Providence, en Nouvelle-Angleterre. Mais voilà qu'elle est à nouveau enveinte. Son frère et ses soeurs la convainquent de s'établir à Montréal et elle accouche du petit Théo. Mais comment concilier un emploi et la charge d'un bébé ? En délégant cette dernière responsabilité à son aînée qu'elle fait revenir auprès d'elle. Avec ce bref retour en arrière, Michel Tremblay explique la génèse de sa Saga des Desrosiers.
On retrouve alors la petite Rhéauna, dix ans, héroïne du premier tome, La traversée du continent. Au cours de son voyage en train de la Saskatchewan rurale vers Montréal, elle a vu du pays, fait des découvertes qui l'ont émerveillée et, surtout, elle a fait des rencontres intéressantes. Mais le monde a changé. Les femmes qu'elle a connues étaient autrefois cantonnées à des rôles traditionnels bien précis (la vieille fille ou la religieuse ; la femme au foyer qui s'occupe d'une ribambelle d'enfants ; la prostituée). Mais, à Montréal, les choses en vont autrement, les femmes peuvent occuper un emploi et c'est la raison de sa venue.
La traversée de la ville se divise en deux trames narratives qui se succèdent en alternance. D'abord les péripéties de Maria, une veuve sans le sou qui tente de joindre les deux bouts, qui espère se faire une nouvelle vie dans le Montréal des années 1910. Un monde très anglophone. Elle arrive au centre-ville, où cette fameuse gare Windsor sert de point de départ à toutes les aventures. Elle retrouve son frère dans l'ouest, passé Atwater, puis elle se trouve un emploi sur la Main et un logis dans l'est, sur la rue Montcalm.
En tant que lecteur, on la comprend même si, personnellement, je ne me suis jamais vraiment attaché à elle. Parenthèse, j'ai beaucoup aimé la scène dans le train avec l'auteur américain HP Lovecraft, laissant supposer qu'elle serait l'inspiration de sa nouvelle The French Lady on the Train. Mais non, toute ma sympathie allait à la pauvre et naïve Rhéauna. Bon, elle n'est pas Cosette mais c'est tout comme.
L'autre trame narrative, c'est justement celle de Rhéauna. Elle découvre (et, par la même occasion, nous fait visiter) sa ville d'adoption mais, essentiellement, elle s'occupe de son petit frère et attend avec impatience la venue toujours reportée de ses soeurs Béatrice et Alice. Convaincue qu'elles ne viendront jamais la rejoindre et que sa mère se débrouille difficilement à Montréal, sans oublier la Première Guerre mondiale qui fait rage et qui en effraie plus d'un (Montréal est une vielle portuaire), elle élabore le projet de retourner en Saskatchewan. Cette fugue en préparation, on peut en rire avec paternalisme mais je ne pouvais m'empêcher considérer la jeune fille courageuse, débrouillarde et touchante.
Michel Tremblay est tellement un merveilleux conteur, qui sait donner vie à des personnages marquants. Ce deuxième tome de la saga des Desrosiers ne peut que m'encourager à continuer à lire.
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bilodoh
  29 mars 2016
Montréal 1914. La jeune Rhéauna traverse la ville pour aller acheter des billets de train pour ramener sa mère en Saskatchewan afin de la protéger de la guerre qui fait rage en Europe et pourrait bien venir au Canada.
Traverser la ville, cela peut sembler bien banal, mais prend une dimension épique sous la plume de Michel Tremblay.
Ainsi, on suit la petite Nana qui s'émerveille de ce qu'elle voit, mais qui échappe aussi au vieux gardien qui est peut-être un dangereux pédophile. Elle rencontre une compagne de classe qui fait partie de celles qui lui ont mené la vie dure à l'école parce qu'elle réussissait trop facilement, elle se promène au marché en découvrant de nouvelles saveurs, elle reçoit de l'aide ou des reproches des passants…
En parallèle se raconte l'histoire de Maria, la mère de Nana, son retour des États-Unis, son arrivée à Montréal, veuve sans le sou et enceinte. Les retrouvailles avec son frère et ses soeurs, la vie qu'elle s'est bâtie peu à peu.
Un roman qui raconte la vie et les espoirs, les malheurs et la survie, avec des touches d'humour souvent surgies de la naïveté des personnages. Une bien jolie lecture, deux cents pages d'un regard sur la vie du début du vingtième siècle…
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VALENTYNE
  17 novembre 2015
Après "Bonbons assortis" et "La traversée du continent", je suis repartie en compagnie des doux mots de Michel Tremblay. L'action se déroule en 1912 et 1914.
Ce roman est le tome 2 d'une saga qui en comporte 6.
Dans le premier tome, " la traversée du continent", on suivait Rhéauna, 10 ans, dans sa traversée du Saskatchewan vers Montréal pour rejoindre sa mère qui l'avait laissée 5 ans auparavant chez les grands-parents ; jeune veuve, elle ne pouvait pas subvenir à leurs besoins.
Dans ce deuxième tome, on suit en parallèle deux époques : en 1914 avec le ressenti de Rhéauna, qui reste une petite fille adorable, et en 1912 les sentiments de sa mère quand elle décide de partir des États-Unis pour retourner au Canada natal, enceinte et sans ressources.
Incompréhension entre les deux, la mère faisant tout son possible pour que sa fille soit heureuse mais toujours aussi pauvre elle ne peut faire venir ses deux autres filles restées au Saskatchewan. L'adaptation de Rhéauna à la grande ville après des années à la campagne est très dure.
Michel Tremblay excelle dans sa description des sentiments et de la mère (confrontée au problème d'élever seule Rheauna plus son petit garçon de dix huit mois) et Rhéauna qui, entendant les rumeurs de la guerre en Europe, entreprend une folle équipée dans la ville de Montréal.
J'ai eu une préférence pour la voix donnée à la petite fille mais les chapitres ou l'on suit la mère sont également très captivants.

En conclusion : j'adore cet auteur, sa façon de dire simplement la complexité des sentiments et de se mettre dans la peau d'un enfant.

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Errant
  02 février 2016
Ce 2e tome de la Diaspora des Desrosiers m'a convaincu de lire éventuellement toute cette saga. Tremblay a le don de faire vivre ses personnages tout en nuances, par petites touches, au travers d'un quotidien qui n'a rien de spécial, mais réussit malgré cela à nous rendre empathique à leurs destins et curieux de suivre leurs évolutions. Dans ce tome, la condition de la femme au début des années 40 au Canada y est remarquablement décrite, de même que le règne des anglophones sur la métropole. L'adaptation de Nana à sa nouvelle vie et la découverte du clan des Desrosiers m'ont charmé.
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Malice
  17 mars 2013
À la fin de la Traversée du continent, nous quittions Nana, enfant d'une dizaine d'année, arrivée à Montréal en 1914. Elle apprend qu'en Europe la guerre est présente, cela l'effraie. Elle prend plaisir à être auprès de son petit frère mais elle a qu'une envie c'est de retrouver le cocon douillet, ses grands-parents, le rire de ses soeurs Alice et Béatrice en Saskatchewan, pour cela, elle casse sa tirelire souhaite réaliser son rêve.
Montréal est la grande ville du grand méchant loup, un passage d'une pure merveille, dans le grand magasin référence à l'enfance au grand classique de la littérature jeunesse : entre autre à Alice au pays des merveilles.En parallèle, un retour en arrière dans le temps en 1912, Maria, la mère de Nana, quitte la Providence, Rhode Island pour Montréal rejoindre le reste de sa famille, ses soeurs, son frère. Elle est enceinte, elle souhaite revoir la plus jeune de ses filles Réhauna alias Nana. Elle est toujours aussi attachante et délicieuse. C'est un roman plein de profondeur sur la vie. Elles vivent donc toutes les trois sans homme dans une société où c'est plutôt al vu (la religion catholique tient un rôle capital !) : Teena ne s'est jamais mariée malgré le grand nombre de cavaliers qui lui ont tourné autour - on parle à mots couverts d'un enfant qu'elle aurait eu dans sa jeunesse, mais c'est un sujet tabou que personne n'oserait jamais aborder avec elle- Maria est peut-être veuve mais ce n'est pas sûr, et Tititte, sans être divorcée parce que sa religion le défend, est revenue de Londres toute seule en jurant qu'elle ne voulait plus rien savoir des hommes.
Trois femmes qui courent après le bonheur qui essayent de l'attraper pour avoir droit à une vie paisible et harmonieuse mais elle n'y arrive pas. On retrouve toute l'ambiance l'atmosphère des Chroniques du Mont-Royal, on se chicane beaucoup. Avec ce roman, Michel Tremblay signe un très bel hommage à Montréal, ville coupé en deux d'un côté il y a les francophone et de l'autre les anglophones. Mais , à la littérature comme ne pas penser à Zola, dont la filiation avec Tremblay paraît selon moi comme évident "Au Bonheur des Dames". Un bel hommage à l'enfance et son monde merveilleux, au cinéma naissant des passages très drôles autour de Quo Vadis. Ah ! et la saveur exotique de l'ananas que découvre Nana dans cette traversée de la ville, traversée merveilleuse mais au combien semée d'embuches !
Lien : http://livresdemalice.blogsp..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   15 mars 2016
C’est un drôle de mot , succomber. C’est un mot qui fait honte après, qu’on trouve laid, mais qui est tellement différent pendant que ça se passe! Succomber quand t’es pas mariée, ça fait peur avant, t’as honte après, mais si t’es en amour, c’est tellement magnifique pendant!
(Actes Sud, p.150)
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SachenkaSachenka   01 janvier 2017
"Mon histoire est pas ben originale. C'est une histoire qui existe depuis que le monde est monde. Depuis que les hommes font des accroires aux femmes, que les femmes s'arrangent pour les croire. Mais c'est pas parce que c'est pas original que c'est pas triste."
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VALENTYNEVALENTYNE   17 novembre 2015
"Quand nous chanterons le temps des cerises, le doux rossignol, le merle moqueur seront tous en fê-ê-te." C'est une chanson qui fleure bon le foin frais coupé, la soupe aux légumes et le café qui percole. C'est une chanson qui a aussi une odeur de nostalgie, les souvenirs imprécis qu'on arrive pas à retrouver, un manque inexprimable là, dans la région du coeur, une privation cuisante qu'on soupçonne d'être définitive et qui vous rend inconsolable. Avant elle était privée de mère ; maintenant...
Où sont elles à cette heure ? Où sont ils tous, Béa, Alice, grand-papa, grand-maman ? Le blé d'Inde doit avoir fini de pousser, les foins vont commencer bientôt, les silos vont se remplir de céréales, la petite école de rang va ouvrir ses portes, Mademoiselle Patenaude va accueillir ses élèves sur le perron, droite et fière... Sa mère lui a dit que le soleil se couchait deux ou trois heures plus tard qu'à Montréal, là-bas en Saskatchewan, qu'il était plus tôt qu'ici, qu'ils prenaient leurs repas longtemps après eux, qu'ils dormaient encore quand elle partait pour l'école, qu'ils venaient de finir de souper quand elle se couchait... Est-ce que c'est possible ? Que le soleil ne se couche pas partout à la même heure ? Ou alors est-ce que c'est une invention de sa mère pour l'empêcher de trop penser à eux, d'imaginer qu'elle fait la même chose qu'eux en même temps, qu'elle est plus en symbiose avec eux qu'avec elle ? Rhéauna se rappelle que sœur Marie-de-l-Incarnation lui a dit qu'elle allait leur expliquer les ciseaux horaires l'année prochaine - c'est des ciseaux qui coupent le monde en vingt-quatre parties différentes, pour les vingt-quatre heures de la journée, à ce qu'il paraît ; c'est donc vrai, ce n'est pas une invention de sa mère. C'est loin de la rassurer parce qu'elle va devoir continuer de calculer quelle heure il est là bas chaque fois qu'elle va penser à eux.
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VALENTYNEVALENTYNE   28 juillet 2016
Elle tourne à gauche au coin de Montcalm et Sainte-Catherine. L’odeur du crottin de cheval et des déchets pas encore ramassés lui monte aussitôt au nez et elle sort son mouchoir de sa poche. Il y a des matins, comme ça, où c’est vraiment intolérable. Montréal n’est pourtant pas une si grosse ville. Qu’est-ce que ça doit être à New York, à Paris, où, du moins on le prétend dans les journaux et la tante Titine me le confirme au sujet de certains quartiers pauvres de Londres, les excréments d’animaux sont empilés aux coins des rues pour être ensuite vendus à des fermiers qui vont s’en servir comme fertilisant ! À moins que ce ne soient là que des légendes destinées à faire taire les enfants qui trouvent que ça pue dans la rue. Pour leur faire comprendre que c’est pire ailleurs. Elle se demande d’ailleurs souvent comment il se fait que le crottin sente si bon à la campagne et si mauvais en ville… En Saskatchewan, jamais elle ne se serait plainte de cette odeur qui parfumait les chemins, alors qu’ici elle la trouve insupportable. Peut-être qu’en ville les chevaux ne mangent pas la même chose ou ne digèrent pas de la même façon. Les oiseaux ne semblent pourtant pas s’en formaliser et picorent avec énergie et délectation les pommes de route, comme à Maria, à la recherche de graines pas digérées qu’ils s’arrachent à coups de becs furieux et avalent en pépiant de bonheur.
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ErrantErrant   02 février 2016
C'est une chanson qui fleure bon le foin frais coupé, la soupe aux légumes et le café qui percole. C'est une chanson qui a aussi une odeur de nostalgie, les souvenirs imprécis qu'on arrive pas à retrouver, un manque inexprimable là, dans la région du coeur, une privation cuisante qu'on soupçonne d'être définitive et qui vous rend inconsolable. Avant, elle était privée de sa mère; maintenant...
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