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ISBN : 2742706372
Éditeur : Actes Sud (04/06/1999)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 183 notes)
Résumé :
Au coeur du Plateau-Mont-Royal, ce quartier populaire de Montréal qui prend des allures de véritable microcosme social, une femme de quarante-deux ans, enceinte de sept mois, devient le centre d’un monde réaliste et fantasmagorique. L’histoire se passe dans la journée du 2 mai 1942. Alors que tourbillonnent émotions et drames de la vie privée, le romancier met en place, avec un grand bonheur d’écriture, les acteurs du premier tome du puissant cycle romanesque des Ch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
paroles
  01 mars 2015
Tabarnac, comme j'me chus régalée à lire c'te bouquin !
C'est qu'il s'en passe dans le quartier Mont-Royal de Montréal, en cette année 1942.
D'abord, y'a toutes ces femmes, bien grasses, bien grosses et bien enceintes. Et puis l'une d'elle a quarante ans passés. Vous vous rendez compte, avoir un enfant à quarante ans ! C'est sûr ça fait jaser. Les mauvaises langues y disent que c'est pour que son chum (gars) et ceux des autres y'aillent pas à la guerre de l'aut' côté de l'océan. Mais ça c'est que des mentiries, des dires de langues de vipères. Parce que là-bas, tout se sait, tout le monde surveille tout le monde. Même le chat Duplessis y va partout et y sait tout. Et pis, y'a encore les tricoteuses, toujours au courant de tout, même de l'avenir. C'est-y étrange ça, non ?
Cette traversée de Mont-Royal fut un vrai régal. J'ai pu observer ses habitants, même par le trou de la serrure. J'ai pu constater bien des vices et des vertus, la rivalité et la solidarité, la haine et l'amour, la joie et la tristesse... Bref, tout ce qui fait le sel d'une vie, des vies si merveilleusement contées par Michel Tremblay, célèbre auteur canadien, mais que je rencontre ici pour la première fois.
Et puis, j'ai savouré ce petit goût de mystère apporté par Josaphat-le-Violon et par les tricoteuses aux prénoms colorés, Rose, Mauve et Violette. Enfin, j'ai éprouvé une vraie tendresse pour la grosse femme d'à côté enceinte, clouée sur sa chaise pour pouvoir mener à terme sa grossesse, mais dont l'esprit vagabonde hors des frontières et dont le coeur est aussi vaste que le corps.
J'chus tombée en amour avec Michel Tremblay...
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AquinER
  26 mars 2013
Avec ce premier volet des chroniques du Plateau Mont-Royal, Michel Tremblay, véritable ambassadeur de la littérature québécoise, entame un précieux travail de mémoire et croque la vie d'un quartier populaire de Montréal le temps d'une journée, le samedi 2 mai 1942. Ailleurs, c'est la guerre ; là, c'est le printemps avec un nombre affolant de femmes enceintes, grossesse qui épargne bombes et tranchées aux futures pères. Diverses générations se croisent tout comme les commérages et les pseudos drames toujours à la limite du tragi-comique.
La force de ce roman réside dans l'infini détail des évènements transcrit essentiellement dans le parler populaire québécois : le joual. Pour qui ne connait pas ce parler, il faut bien sûr s'accrocher. Sinon, c'est un véritable festin de références entre réel et imaginaire avec quelques bons fous rires garantis. Quand Victoire raconte le sort de la gondole dont l'arrivée est attendue en grande pompe au plan d'eau du Parc Lafontaine, il s'agit tout simplement d'un délicieux morceau d'anthologie. A lire et à relire.
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Neneve
  08 février 2017
Mai 1942. Seuls quelques hommes ont réussi à échapper à l'enrôlement, les femmes s'occupent de la maison et des p'tits, les familles partagent des appartements et les coupons de rationnement. Victor Hugo est mis à l'index, y'a un crucifix dans chaque pièce et des tramways partout en ville. Michel Tremblay nous dépeint dans cette première chronique un Plateau Mont-Royal populaire, plein de petites ruelles et de chats errants. le lecteur suit une famille nombreuse, deux prostitués et des vieilles filles. du monde ben normal, simple… Mais c'est ce qui fait la force de Tremblay, la simplicité de ces récits et la photo exacte d'une époque, sans flafla…
Du Michel Tremblay, c'est du Michel Tremblay. Cet homme est un monument de la culture populaire du Québec. Une oeuvre magistrale ; théâtre, roman, scénariste, adaptation. Il est lu au Québec et ailleurs. Ce qu'il y a de bien avec lui, c'est qu'on sait qu'on va y parler du Québec, qu'on y lira le jouale, que ces personnages seront haut en couleurs, que toi, moi, et n'importe qui se reconnaîtra. Michel Tremblay, c'est un oeuvre simple, mais pas simpliste, tragique, drôle, émouvante, vibrante. Lire du Michel Tremblay, c'est se lire un peu soi-même.
Et cette oeuvre n'y fait pas exception… Encore un très grand livre !
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Dirlandaise
  06 avril 2013
Avant toute chose, je tiens à souligner la belle couverture du livre (édition Babel). Il s'agit d'une toile du grand peintre québécois Alfred Pellan intitulée « Jeune fille au collier vert » peinte en 1941. Ce livre constitue le premier tome de la série « Chroniques du Plateau Mont-Royal » chef-d'oeuvre de Michel Tremblay. L'auteur nous plonge au coeur de la vie d'un quartier ouvrier francophone du Montréal des années 1942, date à laquelle s'ouvre cette histoire. Plus qu'un roman, cette oeuvre foisonnante de vie et de personnages truculents constitue une remarquable analyse sociologique et politique de ces années de guerre et des terribles conditions de vie auxquelles les Québécois francophones peu instruits et confinés dans des emplois subalternes étaient assujettis. Les hommes jeunes et célibataires sont partis tandis que les pères de famille triment dur toute la semaine pour, durant la fin de semaine, se saouler à mort afin d'oublier leurs chagrins et leur misère. Les femmes enceintes foisonnent car mettre sa femme enceinte constitue une garantie contre le départ à la guerre. Les familles doivent partager leur logement car leur salaire est insuffisant pour leur permettre d'habiter chacun chez soi. La promiscuité est difficile à supporter mais comporte de bon moment particulièrement aux repas qui se passent la plupart du temps dans la joie et la bonne humeur. Car, afin de pouvoir supporter leur misère, les gens ont développé un remarquable sens de l'entraide et de l'économie. Les enfants pullulent et leur éducation laisse à désirer. L'éveil des sens se fait dans la plus parfaite ignorance et les expériences sexuelles se passent souvent très mal et sont décevantes. le mariage n'apporte que bien rarement le bonheur espéré : les femmes se retrouvent prisonnières de leur logement bien souvent en compagnie d'un mari paresseux, porté sur la boisson.
Il y aurait tant à dire sur ce roman. le génie de Michel Tremblay s'y déploie en toute liberté et comme toujours avec lui, les sentiments dominent malgré le fait qu'à cette époque, le clergé condamnait toute manifestation de tendresse en public. Mais ce qui est remarquable de la part de cet écrivain québécois dont le talent ne cesse de m'éblouir, c'est d'avoir su intégrer à son récit un côté surnaturel. Il a aussi intégré à ses personnages un chat et nous connaissons toutes les pensées et les réflexions du félin. C'est savoureux !
Un chef d'oeuvre absolu, un roman remarquable, un cri d'amour d'un écrivain aimant ses personnages à la folie et décrivant leur milieu de vie avec une justesse poignante qui laisse le coeur en miettes.
« « Des fois, tu penses avoir oublié tes malheurs, pis la chienne de vie vient toujours te les rappeler en les multipliant par cent huit. » « Vous parlez tu-seule, à c't'heure ? » Rose se tenait dans la porte, la bouilloire à la main. « J'ai toujours parlé tu-seule parce que j'ai jamais rencontré parsonne d'assez intéressant pour y parler vraiment. » »
« Et maintenant, cette porte close entre sa solitude qu'elle n'avait jamais réussi à combler, mal mariée qu'elle était, mal baisée, vite écoeurée d'un mari malhabile et égoïste, et le bonheur de son frère qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de trouver grotesque, cette porte close sur des rires enfantins et des soupirs complices l'insultait comme une injure cuisante. »
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Alodia
  23 mai 2015
Au début j'ai eu peur de la langue : on ne parle pas tous les jours en France métropolitaine le québécois. Et pourtant j'ai bien eu dû mal dans les 20 premières pages : tous ces personnages regroupés dans le quartier plateau royal à Montréal ça peut donner le tournis !
Néanmoins, au fil des pages, je me suis faite à ce langage populaire, cette utilisation nouvelle qu'en fait Michel Tremblay en défendant sa langue comme une langue à part entière. Un microcosme social, un chassé croisé de vie autour de la grosse femme qui attend un enfant et de son mari Gabriel. La vie le 2 mai 1942 ( date de naissance de l'auteur d'ailleurs ... ).
On se fait à ce début de séries, à ces registres dramatiques, l'humour ou le fantastique avec le chat Duplessis qui parle ou ces trois étranges filles Rose, Violette et Mauve, qui tricotent sur leur terrasse et observent leurs voisins.
Un petit bol d'air qui donne envie de savoir la suite !!! et de lire les 5 autres tomes.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
parolesparoles   07 mars 2015
"Le dernier mois d'habitude les femmes restent chez eux" et c'était vrai. Plutôt que de subir les reproches muets qu'elles pouvaient lire dans tous les regards qu'elles croisaient, les femmes restaient chez elles pendant les dernières semaines de leur grossesse. Elle-mêmes finissaient par ressentir une certaine gêne d'être déformées et bousculées par ce paquet d'énergies, cette vie si puissante qui se préparait à sortir d'elles. Écrasées par cette religion monstrueuse qui défendait toute sorte de moyens de contraception, cette religion fondée sur l'égoïsme des hommes pour servir l'égoïsme des hommes qui méprisait les femmes et en avait peur au point de faire de l'image de la Mère, la Vierge Marie, Mère de Dieu une vierge intacte et pure, inhumaine créature sans volonté et surtout sans autonomie, qui s'était retrouvée un jour enceinte sans l'avoir désiré, par l'opération de l'Esprit-Saint et qui avait enfanté sans avoir besoin de mettre au monde, insulte ultime faite au corps des femmes ; gavées par les prêtres de phrases creuses autant que cruelles où les mots "devoir" et "obligation" et "obéissance" prédominaient, ronflants , insultants, condescendants, les femmes canadiennes-françaises, surtout celles des villes, avaient fini par ressentir une honte maladives d'être enceintes...
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CielvariableCielvariable   05 avril 2013
Édouard et Thérèse s’étaient levés en même temps. Leurs chambres se faisaient face, aussi étaient-ils tombés nez-à-nez en ouvrant leur porte. «Vous vous levez ben de bonne heure, à matin, mon oncle Édouard ? C’est pourtant samedi !» «Les envies de pipi ont pas de jours, ma p’tite fille !» Ils avaient tous deux couru jusqu’à la salle de bains qui se trouvaient tout à fait à l’arrière de la maison, après la salle à manger et la cuisine. Thérèse était arrivée la première mais elle avait cédé la place au frère de sa mère. Marcel, le frère de Thérèse, tellement petit pour ses quatre ans qu’on lui en donnait à peine deux ans et demi ou trois, avait entendu la course et lorsque Thérèse et Édouard étaient passés près de lui il avait zézayé un timide bonjour mais les deux coureurs ne l’avaient pas entendu. Marcel couchait dans la salle à manger dans un lit qu’on déguisait le jour en sofa, beaucoup trop grand pour lui et qu’il détestait. Il était donc témoin de toutes les allées et venues de la maison et Dieu sait s’il y en avait. Quand son oncle Gabriel, qui travaillait le soir, arrivait vers les deux heures du matin, Marcel lui envoyait la main. Mais Gabriel, absorbé, fatigué, la tête basse, regardait rarement dans la direction de l’enfant. Il entrait en hâte dans sa chambre qui donnait sur la salle à manger, où l’attendait la grosse femme enceinte, sa femme. Quand Albertine, la mère de Marcel et de Thérèse, se levait la nuit pour se faire un thé pour calmer ses nerfs, Marcel se glissait hors de son lit et la suivait à la cuisine. Elle le prenait dans ses bras en attendant que l’eau bouille et Marcel, immanquablement, s’endormait, la tête appuyée contre l’épaule grasse de sa mère. Albertine berçait son petit dernier en fixant le canard d’eau chaude. Parfois elle s’endormait debout, appuyée contre le poêle…
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AquinERAquinER   26 mars 2013
La religion catholique, en un mot, niait la beauté de l'enfantement et condamnait les femmes à n'être jamais dignes puisque la mère de leur Dieu, l'image consacrée de la Maternité, n'avait été qu'un entrepôt temporaire d'où l'Enfant n'était ni entré ni sorti.
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parolesparoles   06 mars 2015
"Ça sent la crotte de cheval !" Chaque fois qu'il passait devant cette épicerie, Marcel en profitait pour dire cette phrase qu'il préparait depuis qu'il etait sorti de la maison car c'était la seule occasion où on acceptait qu'il emploie le mot "crotte". Et il le savourait plusieurs minutes à l'avance et plusieurs minutes après, le mot étant trop court pour qu'il le savoure en le disant.
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AquinERAquinER   22 mars 2013
Et Ti-Lou lui avait demandé : "T'aimes pas les hommes ?" ce à quoi Rose avait répondu : "Y'a rien que les guidounes qui peuvent les aimer, nous autres, on les endure."
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Vidéo de Michel Tremblay
Moment décisif aujourd?hui : les séries des libraires prennent fin avec un ultime duel qui oppose deux monuments de la littérature québécoise? et deux merveilles de la librairie indépendante. D?un côté, c?est Michel Tremblay, auteur chouchou de notre littérature, et son roman Un ange cornu avec des ailes de tôle qui est défendu par la Superbe de Trois-Rivières, la rayonnante Audrey Martel de la librairie l?Exèdre. de l?autre, c?est la bien-aimée des lecteurs, Anaïs Barbeau-Lavalette, auteure du méga-succès La femme qui fuit, qui compte sur les arguments-chocs de la Menace de Saint-Jean-sur-Richelieu, le passionnant Denis Gamache de la librairie Au carrefour.
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