AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782896944361
144 pages
Éditeur : Alto (17/09/2019)
3.6/5   34 notes
Résumé :
Samuel ne sait rien de la femme qu’il va épouser. Depuis des années, son père n’a ménagé aucun effort pour rendre son fils attirant, pour l’engraisser comme une volaille en vue du grand jour. La famille se réjouit, Madame est riche et les problèmes financiers se régleront bientôt. Samuel doit simplement se donner du temps pour l’aimer.

Sur l’île où habite Samuel, l’homme obéit à sa femme. Gare à celui qui tente de s’émanciper, car des vigiles armés su... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
mumuboc
  26 novembre 2019
Inversons les rôles, les dominants deviennent dominés, le sexe (dit) fort devient le sexe (dit) faible. Dans ce court roman, fable, dystopie, l'auteur propose tout cela et fichtre que cette lecture est déstabilisante, dérangeante alors qu'elle devrait être finalement qu'une option de société autre que celle où nous vivons, qui ne choque que certain(e)s et qui perdure depuis des siècles.
Là, dans cette île, les femmes dominent, elles ont le pouvoir, tous les pouvoirs. Samuel va en faire la triste expérience mais non seulement lui mais aussi le Vieux, le premier mari de Madame, puis le Jeune, son éventuel successeur. En de courts chapitres, Larry Tremblay peint une fresque qui nous paraît terrifiante mais qui n'est finalement que le miroir inversé de notre société dominée par les hommes.
L'homme est devenu esclave dans tous les sens du terme : domestique, sexuel, sans aucun droit autre que le bon vouloir de la femme, chef d'entreprise, plus très jeune  (reprenant l'idée du couple où l'homme est plus âgé que sa compagne) aucune liberté autre que celles accordées par Madame, femme vieillissante, peu sympathique, autoritaire et amorale. Cela vous choque et pourtant l'inverse est souvent accepté ou tout du moins passé sous silence actuellement.
Le ton monte progressivement, la pression s'accentue, les événements sont à la limite de la cruauté, de la perversion. J'ai trouvé parfois les scènes assez crues mais pouvait-il en être autrement pour atteindre le but : faire des opprimées des tyrans, des dominants des esclaves, des sous-hommes, presque des animaux.
"Ces comités de vigilance créés pour tuer dans l'oeuf tout mouvement de rébellion, ont vu le jour dans le foulée des revendications de groupes d'hommes stériles ou atteints d'une maladie grave dont les femmes ont voulu se débarrasser. En parallèle, d'autres groupes d'hommes se sont organisés pour avoir le droit de poursuivre leurs études.(p87)"
Je referme ce livre très mal à l'aise, avec presque l'envie de ne pas aimer ce que j'ai lu mais me rendant compte que c'est cette inversion qui m'a gênée, peut-être pas habituée à une telle situation alors que l'inverse est intégré dans nos vies, pas forcément accepté mais intégré, assimilé..... Pourquoi cela me choque-t-il tant alors que nos sociétés en acceptent bien plus. Alors oui j'ai aimé l'audace de l'auteur, qu'il bouscule tout, qu'il ose....
Une écriture épurée, allant à l'essentiel, de courts chapitres qui alternent des moments pesants, lourds, déstabilisants et d'autres empreints d'un peu d'humanité en particulier sur l'attachement en fin de récit de Samuel au Jeune, celui qui sera la limite à ne pas franchir.
Pourquoi en tant que femme suis-je si mal à l'aise, alors que je devrais me réjouir d'une telle situation : et bien comme certaines choses dans notre société me choquent, m'interpellent, l'inverse me choque également. Là est tout la nécessité d'un tel livre, faire prendre conscience aux indifférents, les mettre dans le contexte pour faire bouger les lignes.....
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          201
argali
  20 novembre 2019
Je sors de ce roman avec un sentiment de malaise. J'ai aimé la plume de Larry Tremblay et pourtant le récit m'a ébranlée. Samuel est encore un ado innocent et naïf qui a dû abandonner l'école, quand il apprend qu'il va se marier. Toute sa famille se réjouit de ce mariage car sa future épouse est riche. Samuel, lui, rêve d'une princesse, jeune, douce, tendre… Il est bien loin d'imaginer ce qui l'attend.
Dans ce roman, Larry Tremblay dénonce les préjugés de notre société en nous mettant face à nos acceptations muettes et nos aveuglements volontaires. A travers un miroir déformant, il nous fait spectateur de la domination des sexes. Et cela grince, percute, dérange. On se dit que la situation décrite n'est pas normale, est glauque et inadmissible. Et on réfléchit à ce qui se passe dans le monde ; ce qui s'est toujours passé. Pourquoi l'a-t-on accepté ? Pourquoi s'y est-on habitué ?
Cette fable romanesque intemporelle qui inverse les rôles se déroule dans un pays imaginaire afin d'éviter les habituels clichés. Et cela fonctionne. Cette région, cela pourrait être ici. Ou là. L'accent est simplement mis sur la domination d'un sexe sur l'autre et sur le pouvoir tout simplement. Celui qu'on a parfois sur les autres, celui qu'on aime avoir dans certaines circonstances, celui qui asservit certains et rend puissants d'autres.
Samuel passe, au fil des années, par diverses phases : désespoir, révolte, déni, acceptation, remise en cause, soumission... Avec finesse, Larry Tremblay brosse l'évolution de la psychologie de son héros et les insidieuses répercussions que sa situation anxiogène aura sur son mental.
D'un bout à l'autre, je me suis sentie inconfortable dans cette lecture qui nous rend voyeur et complice à la fois. L'atmosphère y est lourde et même si l'auteur, par le choix de la fable, tente à nous mettre à distance, on ne peut s'empêcher de se sentir concerné.
Avec une efficacité redoutable et sa plume, fine et aiguisée, il immerge le lecteur dans ce huis clos étouffant où aucun des mécanismes de la domination d'un sexe sur l'autre ne sera occulté.
Ce roman critique éveille les consciences à un moment où, dans l'actualité, les dominés semblent enfin se révolter contre les dominants. Mais l'égalité des sexes sera-t-elle jamais totalement acquise ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Shaynning
  08 novembre 2019
Voici un livre qui ne vous laissera pas indifférent(e). Chassez-croisé entre "la servante écarlate" de M.Atwood, le système patriarcal chrétient et la charia des Talibans, vous entrez dans un univers où l'homme est entièrement soumis à la femme.
Désormais, les hommes n'ont plus de droits. Condamnés à être cachés sous de grands vêtements qui couvre leur visage et surtout leur barbe, qui prête trop à un dévoilement sexuel ( c'est ce qu'on reproche aux femmes concernant leur chevelure dans le monde musulman extrémiste, d'ailleurs), les hommes ne peuvent conduire, ne peuvent pas boire de l'alcool et ne peuvent pas travailler. Ils s'occupent des tâches domestiques et servent aux plaisir sexuel de leur épouse. Dans cet univers dystopique, les hommes ne font donc pas de grandes études et seront choisis pour leur beauté , leur musculature et leur capacité d'érection. On leur fait subir une pression énorme à se "préserver" pour leur épouse. Par conséquent, les adolescents ne peuvent pas se masturber et seront punis s'ils ont des érections précoces la nuit. C'est la façon de les garder "puceaux". Un homme qui n'obéit pas peut être jeté à la rue sans autre forme de procès et peut être battu par la faction extrémiste des femmes anti-hommes, qui les exécutent à coup de bâtons cloutés. Les plus avertis d'entre vous auront comprit que tout ce qui compose cet univers anti-homme est simplement l'inverse de l'univers anti-femme de notre réalité.
Ici, c'est l'histoire de Samuel, un jeune homme né dans une société où les hommes ont moins de valeur que les femmes. Vendu par sa famille à une femme qui a déjà un premier époux et qui aime particulièrement le sexe, Samuel commence sa vie conjugale avec beaucoup de dépit. Il fait une croix sur les études qu'il aurait aimé poursuivre et ses rêves d'amour. Madame n'est pas une épouse aimante et généreuse, elle est même mesquine et castrante. Malgré la gentillesse de Monsieur, Samuel ne voit en lui qu'un homme vieux, gros et inutile, raisons pour lesquels il se met à le mépriser et l'humilier. Samuel cherche un sens à cette vie dénué d'opportunités, d'amour et de justice. Et puis, un jour, Madame ramène un adolescent, son troisième mari...
Faire l'inventaire des inégalités sociales et de genre dans ce livre serait bien long, mais au final, nous n'avons qu'à penser aux nombreuses injustices déjà vécues par les femmes au quatre coins du monde. L'auteur a fait un beau travail dans ce livre, car on se représente bien cette société anti-homme et on se sens d'emblé concernés. Lorsque Madame ramène le jeune homme, son troisième mari, ça me rappelle les hommes qui épousent des jeunes filles à peine ou non-pubères. Lorsqu'on voit les hommes trop couverts, on pense à la burka chez les musulmans extrémistes. Lorsqu'on voit la dominance des épouses, on revoit le système patriarcal ( dans ce cas-ci matriarcal) qui date de la Renaissance ( renaissance pour les hommes, dégringolade pour les femmes) et que l'on a aussi vu au Québec.
Il y a un beau travail de psychologie dans ce livre, concernant les pulsions refoulés freudiennes, au rôles sociaux, aux rôles perçus, à la relation entre même genre, au rôle parental, et bien d'autres.
C'est le genre de livre qui marque, qui ne laisse pas indifférent et qui prête à la réflexion. le genre qui se lit dans un cour de sociologie, de psychologie ou même de sexologie. Bien que ce soit "divertissant" de voir un monde où , pour une fois, les femmes ne sont pas dominées, réduites à un trophée de chasse ou même condamnées à devoir finir avec un homme pour réussir sa vie ( contrairement à la vaste majorité de la lecture Arlequin, New Romance et même Jeunesse de nos jours), reste que pour ma part, c'est profondément révoltant de voir le genre masculin opprimé, pour la féministe que je suis. Personne ne mérite d'être traité avec moins de considération qu'un animal. Un bon livre à faire lire à tous les mâles alpha, machos et imbéciles de ce monde, qui plus est, mais aussi aux "féministes extrémistes, qui semblent croire que les femmes valent mieux que les hommes. On ne gagne rien à déséquilibrer les genres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
CathRoy
  23 septembre 2019
Extraordinaire ! J'ai dévoré et adoré ce nouveau roman particulier de Larry Tremblay. L'auteur nous plonge dans un monde où les femmes sont maîtres et bourreaux, où les hommes, insignifiants et sans valeur au yeux de la société, n'ont qu'à se taire et obéir à leur femme.
Larry Tremblay inverse les « rôles habituels » de façon très habile et crée un malaise encore plus grand face à la dominance d'un sexe sur l'autre. Est-ce le fait d'être « habitué » de voir la femme dominée et non l'inverse qui nous frappe encore plus ? qui rend la situation encore plus absurde et inacceptable ? Quoi qu'il en soit cette réalité inversée est merveilleusement présentée dans ce roman juste assez dérangeant !
Commenter  J’apprécie          80
Pixie_dust
  15 janvier 2021
Un petit roman dystopique dans lequel les femmes règnent en maîtresses et les hommes sont opprimés. Cet ingénieux retournement de situation, ainsi que les scènes de sexe malaisantes qui en découlent, illustrent bien toute l'absurdité de la domination d'un sexe sur l'autre.

L'histoire se laisse lire facilement et porte à réfléchir. Cependant, je dois dire que je n'ai pas été tout à fait convaincue. Les rouages du sexisme et de l'aliénation sont subtils et complexes, et je crois qu'il aurait valu la peine d'élaborer davantage pour qu'on puisse vraiment y croire.

Le concept demeure intéressant et le résultat, captivant.
Commenter  J’apprécie          81


critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   23 septembre 2019
Bien nourri, musclé, surveillé de près par sa famille, puis marié de force à une femme beaucoup plus âgée que lui, Samuel découvre avec stupéfaction qu’il occupe la fonction de deuxième homme de la maison. Larry Tremblay, écrivain brillant, décrit ce que ce jeune homme doit subir dans une fable romanesque cinglante et audacieuse, Le deuxième mari.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
mumubocmumuboc   26 novembre 2019
Ces comités de vigilance créés pour tuer dans l'œuf tout mouvement de rébellion, ont vu le jour dans le foulée des revendications de groupes d'hommes stériles ou atteints d'une maladie grave dont les femmes ont voulu se débarrasser. En parallèle, d'autres groupes d'hommes se sont organisés pour avoir le droit de poursuivre leurs études. (p87)
Commenter  J’apprécie          30
rkhettaouirkhettaoui   08 août 2020
Il n’est pas dupe, le bonheur brille comme un mirage vite évanoui, mais il existe sûrement des endroits sur la terre où la vie ne se réduit pas à un poids qu’on traîne jusqu’à sa mort. Un endroit où les femmes ne possèdent pas sur les hommes un pouvoir injuste et injustifié. Baignant dans sa sueur, il retourne vers Madame qui, soulevant mollement ses paupières alourdies par la chaleur et l’alcool, le toise d’un air abruti. Ils ne quittent la plage qu’après le coucher du soleil, le moment de la journée qu’elle préfère. Elle sort de sa torpeur pour s’extasier sur les derniers spasmes du couchant qui brisent la mer en milliers d’éclats.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   08 août 2020
Elle ne supporte pas d’être interrompue. Ce qu’ont pu faire ses deux maris pendant la journée ne l’intéresse pas. Son seul souci, dès qu’elle met le pied dans la cuisine, concerne le bien-être des perroquets : ont-ils été bien nourris ? La cage a-t-elle été nettoyée ? A-t-elle été transportée au jardin pour permettre aux oiseaux de profiter du soleil de l’après-midi ? Toute sa tendresse – le peu dont elle est capable, croit Samuel –, elle la réserve aux inséparables à qui elle s’adresse de façon puérile : « Comment vont mes tout-petits ? Alors, on a bien chanté aujourd’hui ? On a mangé toutes ses graines… Oui, oui, vous êtes contents de me voir, oui, vous m’avez manqué, oui, vous êtes adorables… »

Si elle rentre de la fabrique irritable et vidée, il ne faut pas en conclure qu’elle n’exigera pas son dû le soir venu. Ses appétits ne connaissent pas de répit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   08 août 2020
Il envie les femmes qu’il voit en maillot sur la plage. Certaines nagent avec une audace qu’il admire. Il les observe qui disparaissent dans le scintillement de la mer tant elles s’éloignent de la côte. La plupart passent des heures à se prélasser au soleil, couchées sur de larges serviettes. Elles s’enduisent de crème solaire, boivent de la bière fraîche que de jeunes serveurs leur apportent. Jamais il n’a vu autant de jeunes filles désirables, aussi peu vêtues. Il n’arrive pas à contrôler ses pensées. La plupart des hommes mariés qu’il remarque autour de lui, il en est certain, dissimulent les mêmes raideurs insistantes que les siennes, piteusement cachées dans les plis sombres de leur vêtement. Pour calmer ces ardeurs importunes, Samuel se replonge dans la contemplation de l’incessant mouvement des vagues.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   08 août 2020
Lui qui a rêvé de jeunes filles de son âge, de gestes tendres entre deux amants, il a succombé à de pauvres clichés. Il s’est raconté des histoires insipides sur l’amour et ses consolations apaisantes. La réalité n’a rien à voir avec ses fantasmes. Et il se demande à quoi peuvent bien lui servir, dans sa situation, les élans du cœur et les sentiments qui les adoucissent.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Larry Tremblay (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Larry Tremblay
Larry Tremblay - L'oeil soldat
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
3705 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre