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ISBN : 2330093063
Éditeur : Actes Sud (15/11/2017)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 12 notes)
Résumé :
À soixante-seize ans, Marcel a passé le plus clair de sa vie à l’ombre – enfermé à vingt-trois ans dans l’étrange asile de Nominingue, au fin fond des Laurentides, il est toujours au pied de ses mystérieuses et menaçantes montagnes, plus de cinquante ans plus tard, bien qu’on l’ait laissé sortir. Ces montagnes, il les peint, avec beaucoup de ciel. Il peint aussi la mer, qu’il n’a jamais vue « en vrai ». Et comme dans une tardive tentative de libération, le voilà qui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  25 juillet 2018
Un auteur québecois, qui se trouvait depuis longtemps dans mes écrivains à découvrir. !..
Ce premier texte, très émouvant... mettant en scène un homme, enfermé tout jeune dans un asile...On le retrouve cinquante ans plus tard, libre [l'asile ayant été fermé] dans une petite maison, à proximité [grâce à la bienveillance d'un de ses médecins ]
Il conjure ses crises, et son mal-être entre les médicaments et la peinture...il confie ses toiles à une galiériste, qui l'a pris en affection...En fait, il a été interné à la suite d'une agression envers sa mère, alors qu'il avait une vingtaine d'années... S'en est suivi un enfermement dans un asile, avec prise intensive de médicaments...jusqu'au jour où un psychiatre plus bienveillant lui conseillera de peindre pour juguler la venue de crises et de ses hallucinations... et se trouver un espace d'expression, rien quà lui !
Puis Il décide à 76 ans d'écrire un journal ... mais ce n'est pas une mince affaire de "se raconter"...Après sa familiarité avec la peinture, l'aquarelle... l'exercice des mots se révèle au début, peu aisé...et puis, Monsieur Marcel [comme on l'appelle ] finit par prendre un plaisir aussi intense avec la plume... qu'avec ses pinceaux...
Au quotidien, si il omet de prendre son traitement, des visions viennent le hanter , comme la présence de sa mère et de son chat, décédés...
Il peint avec délectation ses montagnes au milieu desquelles il a toujours vécu...et même la mer , qu'il imagine, ne l'ayant jamais approchée !...
" La mer, c'est un rêve. Je n'ai jamais vu la mer. (...)
J'imagine, j'invente un mer d'un bleu qui n'existe sans doute pas, toujours calme et apaisante, sans gros rouleaux, sans ressac, sans danger. Et chaude. J'aimerais que chaque personne qui regardera éventuellement
mon tableau ait envie de s'y baigner. Sous ce ciel infini. Et de ne jamais en ressortir. (p. 14)
Un roman très émotionnant d'une vie volée, qui me laisse toutefois...fort perplexe...je ne peux m'empêcher de songer à toutes les vies volées, amputées entre création et solitude absolue...
Je pense très fort à Robert Walser, Camille Claudel, et tant d'autres !.
Une rapide parenthèse...: les établissements psychiatriques au Québec... dans les années 50, ne semblaient pas mieux lotis qu'en France ...
L'anti-psychiatrie fera son apparition bien plus tard, dans les années 70 !
Le roman de Marcel, notre poète-aquarelliste est illustré, au demeurant... d'aquarelles...
Qui sont celles de qui ??? de l'auteur ?? Je ne sais....En tout cas, l'illustration de couverture , très réussie, est bien de Michel Tremblay...
La solitude, la folie, un homme à l'écart de toute vie sociale...avec des rêves, des élans, des questions sans réponse...Un beau texte...dérangeant !!
"Je n'aime pas qu'on me touche, le moindre frôlement me fait frémir, j'ai peur, oui j'ai peur, je l'avoue des contacts physiques. Parce qu'ils demandent un investissement, une implication dont je ne me sens pas digne ? "(...) Un mort-vivant qui n'a pas faim des autres. (p. 136)
J'attends la lecture d'un deuxième roman de Michel Tremblay... pour me faire une idée plus précise... là, je reste dans une sorte de perplexité, de frustration, de sentiment d'inachevé, de douleur inguérissable...et en même temps d'une certaine douce et terrible fatalité...qui domine certaines existences !
Un texte de qualité...qui me laisse cependant sur ma "faim" !!!
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bilodoh
  10 août 2018
Un septuagénaire enfermé dans un hôpital psychiatrique au coeur des Laurentides il y a plus de cinquante ans. Seule la bienveillance d'un médecin lui a permis d'en sortir et d'apprendre à s'exprimer grâce à l'aquarelle.

Marcel peint et réussit ainsi à éviter les crises. Cependant, la tentation de ne pas prendre ses médications est toujours forte, car si les pilules stabilisent son état, elles engourdissent aussi ses émotions et sa créativité.

Ce que nous lisons, c'est le journal de Marcel, un nouveau moyen d'expression pour lui, grâce auquel il raconte son histoire. Il médite aussi sur rôle de la peinture ainsi que le plaisir de l'écriture qu'il découvre peu à peu.

Ce Marcel, c'est le petit frère de Thérèse (Thérèse pis Pierrette à l'école des Saints-Anges), le petit garçon qui avait un chat que personne ne pouvait voit et qui portait des lunettes fumées qui le rendait invisible. C'est donc un roman dans la lignée des Chroniques du Plateau-Mont-Royal, même s'il peut très bien être lu de façon indépendante.

J' y ai retrouvé avec bonheur l'écriture de Tremblay, mélange d'imagination poétique et de réalisme de la misère. Un bon moment de lecture malgré le thème tragique.
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manU17
  08 janvier 2018
Rencontrer un peintre et découvrir un écrivain. En lisant le peintre d'aquarelle, j'ai rencontré Marcel, et j'ai découvert la plume de Michel Tremblay.
Marcel, c'est un homme de 76 ans qui décide un jour de se mettre à l'écriture d'un journal intime. Et il en a des choses à dire. Une vie pas commune.
Enfermée à l'âge de 23 ans à l'asile de Nominingue, bourgade au coeur des Laurentides, il y passera la plus grande partie de sa vie. La peinture d'aquarelles et ses séances avec son psychiatre vont lui permettre d'apprendre à vivre avec sa schizophrénie. 53ans plus tard, il a quitté l'asile mais pas la ville. La vente de ses toiles l'aide autant à survivre que ce qu'il exprime à travers elles l'aide à vivre. Un jour, un besoin impérieux s'empare de lui, écrire son journal intime…
Le roman d'une vie. Un roman grave sur la maladie et sur la fin de vie qui n'est pourtant jamais plombant, au contraire. L'écriture sensible de Michel Tremblay en fait une histoire emplie d'humanité, un récit émouvant et Marcel est un des personnages les plus touchants qu'il m'ait été donné de rencontrer.
Un coup de coeur !

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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traversay
  23 juin 2018
Inlassablement, depuis des années, le maître québecois Michel Tremblay a peint des personnages d'extraction modeste aux vies tumultueuses, tout au long de l'histoire du XXe siècle, et plus particulièrement dans sa chère ville de Montréal. le meilleur de son oeuvre se trouve dans ses trois sagas : Les chroniques du plateau Mont-Royal, Les cahiers de Céline, La diaspora des Desrosiers. Bienveillance, sens du burlesque et du pittoresque, analyse fine des bouleversements sociaux qu'a connu le Canada : ses romans sont sources d'un plaisir sans cesse recommencé. Les livres "solitaires" qu'il a écrit par ailleurs, et qui n'appartiennent à aucune série, sont d'une toute autre trempe : plus modestes, moins denses mais tout aussi sensibles et touchants. Ainsi est le peintre d'aquarelles, confession d'un homme au crépuscule de sa vie, qu'il a passé, pour la plus grande part, dans un asile psychiatrique, bourré de médicaments qui l'empêchaient de connaître ces crises où apparaissaient sa mère disparue et son chat imaginaire. le récit, sous forme de soliloque, évoque une grande douleur contée avec une infinie douceur. Délicatesse de la plume de Tremblay avec quelques embardées humoristiques vite réprimées. Ce n'est pas le tout meilleur livre de l'écrivain québecois mais, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, une introduction possible au restant de sa délectable production.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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sweetie
  13 septembre 2018
Une autre belle incursion dans le monde de Michel Tremblay : nous sommes dans la tête de Marcel, enfant non désiré, perturbé mentalement, interné à vingt-trois ans dans un hôpital psychiatrique éloigné et rendu à une certaine vie grâce à la mansuétude d'un médecin, à la peinture et bien sûr aux inévitables médicaments. Et peut-être aussi grâce à l'écriture, salvatrice mais aussi dérangeante. Donc, un huis-clos en quelque sorte avec les pensées de cet être malmené, aux prises avec des visions cauchemardesques de sa mère à la chevelure en feu, de son chat, Duplessis, le sage oracle. Un bel imaginaire que celui de Michel Tremblay, véritable microcosme de la société québécoise de la première moitié du XXe siècle. Ses romans sont comme des bonbons que l'on suçote avec ravissement.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
manU17manU17   28 décembre 2017
La montagne, c'est ma réalité. Je suis entouré depuis mes vingt ans des plus vieilles montagnes du monde - du moins, c'est ce qu'on dit -, elles ont été mon premier sujet quand je me suis mis à pendre sur les conseils du docteur Bazin, qui prétendait que ça me ferait du bien - il avait raison. Sans doute parce qu'elles étaient là, omniprésentes, un rien étouffantes, pas trop parce qu'elles ne sont pas très hautes, et surtout à cause de l'incessante transformation de leurs teintes. Le nombre de verts que j'ai dû inventer pour leur rendre justice, le nombre d'heures que j'ai passées, au début, à essayer de dessiner chaque feuille, chaque branche, chaque nervure de branche ! Avec le temps, j'ai appris à m'éloigner de ce qui est vrai, de ce qui existe, de ce que j'ai sous les yeux pour me contenter - ce n'est peut-être pas le bon mot - de suggérer les choses : ce ne sont pas des portraits de la nature que je fais, mais des interprétations. Pour me faire du bien. M'éloigner des explosions de couleurs que j'ai en dedans de moi et qui ont déclenché tant de crises. Oui,le docteur Bazin avait raison. Je transfère mes explosions sur le papier et je m'en trouve mieux.
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fanfanouche24fanfanouche24   25 juillet 2018
J'ai mis plus de temps à écrire cette dernière entrée de mon journal. C'est comme...je cherche mes mots...et j'écris que je cherche mes mots, c'est curieux...C'est comme si en plus de comprendre maintenant à quoi ça peut servir- une espèce de confession sans pénitence, des aveux sans conséquence-, je commençais à l'apprécier. Je veux dire l'écriture. L'écriture elle-même. (p. 71)
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fanfanouche24fanfanouche24   22 juillet 2018
Savez-vous quoi, madame Dieudonné ? Des fois j'aurais envie d'arrêter de prendre mes médicaments. De sauter volontairement d'un monde que je trouve ridicule à un autre qui me rend malade, qui me rend fou, mais qui a la grande qualité de me faire vivre des choses que personne d'autre que moi peut imaginer. (p. 51)
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fanfanouche24fanfanouche24   21 juillet 2018
D'habitude j'attends une ou deux minutes avant de mettre de la couleur, le temps que le papier sèche un peu, mais aujourd'hui je veux produire un vrai lavis, donner à mon tableau une impression de brume, une imprécision, comme si l'oeil n'arrivait pas tout de suite à saisir ce qu'il regarde, comme si l'oeil avait à réfléchir avant de comprendre ce qu'il voit. (p. 13)
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fanfanouche24fanfanouche24   24 juillet 2018
Je n'aime pas qu'on me touche, le moindre frôlement me fait frémir, j'ai peur, oui j'ai peur, je l'avoue des contacts physiques. Parce qu'ils demandent un investissement, une implication dont je ne me sens pas digne ? (...)
Un mort-vivant qui n'a pas faim des autres. (p. 136)
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