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ISBN : 2742770992
Éditeur : Actes Sud (29/10/2007)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Germaine Lauzon, ménagère de Montréal, a gagné un million de timbres-primes. Une bonne occasion pour inviter parentes et amies à une soirée de “collage de timbres”. Mais les 15 femmes entassées dans la cuisine n’en restent pas longtemps aux civilités : jalousies, vengeances et haines personnelles éclatent, venant gâcher la fête. Dans ce huis clos parfait, difficile de ne pas se sentir un peu voyeur. Voyeur comblé par la densité d’un texte qui crache les petites mis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
patatipatata
  29 octobre 2012
Dès les premières répliques, j'ai été gagnée par l'enthousiasme de Moan à qui je dois la découverte de cette pièce de Michel Tremblay.

Nous sommes transportés dans les années 1965, au coeur d'un quartier modeste d'une petite ville canadienne, où les femmes, mères de famille sans emploi, étouffées par la routine des taches ménagères ingrates, n'ont pour seul espace de rêve qu'un catalogue. Pas un catalogue de bijoux, de fanfreluches, non ! un catalogue d'objets du quotidien, une sorte de Complainte du Progrès à la Boris Vian.
Pour obtenir un poêle, un frigidaire, un set de cuisine «pis toute la patente», il leur faut donc patiemment collectionner des timbres. Or, Bingo ! l'une d'entre elles gagne un concours. Tout le catalogue d'un coup et un million de vignettes à coller. Pour se faire, elle invite ses soeurs, belles-soeurs et voisines à une «party». Mais tout va partir en vrille assez rapidement. Jalousie, médisance, hypocrisie vont poindre leur nez.
«MARIE-ANGE BROUILLETE . Moé, chus pas contre les timbres, c'est bien commode. Si Y'avait pas les timbres, j'attendrais encore après ma patente pour hacher la viande. Mais chus contre les concours, par exemple !
LISE DE COURVAL . Pourquoi, donc ? Ça rend une famille heureuse !
MARIE-ANGE BROUILLETTE . Peut-être, peut-être, mais ça fait chier les familles qui vivent alentours, par exemple !»
On prie, on récite des neuvaines mais on envie, on se place au-dessus des autres, on se met en colère. On assiste là, à une belle démonstration des sept péchés capitaux !
Les mères se plaignent de leurs filles qui ne pensent qu'à niaiser avec des nonos aux vues (entendez à s'amuser au cinéma avec des gars qui n'ont pas inventer la poudre -je ne garantis pas la traduction-).
Quant aux hommes, les grands absents de cette pièce, on en parle, on en parle ...
La pièce écrite en joual s'entend plus qu'elle ne se lit. Comme si l'auteur avait composé un livret d'opéra. Chaque femme aura droit à son Aria, des monologues où le coeur s'épanche sur les désillusions, la solitude, les drames, les regrets, les rêves déçus, pour venir ensuite se replacer dans le choeur des petites bassesses.
Si on laisse un peu de côté l'exotisme savoureux de la langue et l'humour très présent dans ce texte, on pourrait presque penser que cette pièce est une tragédie déguisée en comédie.
Encore merci à Moan pour ce grand plaisir de lecture.
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bilodoh
  29 novembre 2013
Difficile de rendre justice à une pièce de théâtre comme les Belles-soeurs en faisant seulement la lecture, car la mise en scène innovante d'André Brassard a très bien servi le texte et beaucoup contribué à son succès initial, tout comme le talent des grandes comédiennes qui ont incarné les personnages.
C'est une pièce qui marque un moment charnière du développement du théâtre québécois. En rupture d'abord avec la linéarité du théâtre habituel, elle intègre des monologues qui arrêtent l'action et même des choeurs comme dans les tragédies antiques.
Rupture aussi par l'usage du joual, la réhabilitation de la langue populaire qui jusque-là n'avait pas sa place dans le milieu élitiste du théâtre. La scène devient un reflet de société, qui autorise alors des gens ordinaires à s'exprimer et cette prise de parole à l'affirmation de l'identité québécoise. Il faut dire que la pièce a été jouée pour la première fois en 1968, dans le contexte de la révolution tranquille et à une époque d'effervescence internationale.
Rupture aussi par la présence exclusive des femmes, de quinze femmes en même temps! Des femmes à la limite de la caricature, qui racontent, avec un humour tragique, leurs misères, misère de la pauvreté, de l'esclavage d'une vie monotone et sans espoir.
Rupture encore par les thématiques : pas de grands sentiments ou d'émois mystiques, mais la jalousie et la honte, les déchirements et les chicanes mesquines. La pièce aborde aussi des sujets tabous à l'époque comme la sexualité et l'avortement.
Malgré le pathétique des thèmes, ce n'est pas une pièce triste, mais pleine d'humour, avec beaucoup de rythme. Il faut croire que la spécificité du contexte québécois n'empêche pas de toucher l'universel, car l'oeuvre a été traduite dans une vingtaine de langues et jouée un peu partout.
Un classique du théâtre à lire ou encore mieux, à voir sur scène…
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Moan
  18 septembre 2012
Les Belles-Soeurs est une pièce de théâtre de Michel Tremblay écrite en joual ( langue française issue de la culture populaire québécoise urbaine de la région de Montréal) . Parler joual signifiait parler comme un cheval!
La pièce vient d'être jouée à Paris au mois de mars.
Germaine Lauzon vient de gagner un million de timbres à coller sur des livrets. Ce qui lui donnera le droit d'acheter un tas de choses dans un catalogue pour refaire entièrement sa maison. Elle invite donc ses soeurs et ses voisines à venir lui donner un coup de main . Quelle soirée!!!!
J'ai lu cette pièce bien souvent à voix haute. C'est savoureux . Je pense que c'est un bon remède contre les coups de blues!!!
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MissG
  23 février 2013
Créée le 28 août 1968 au théâtre du Rideau-Vert à Montréal, la pièce "Les belles-soeurs" s'intéresse à la confrontation entre quinze femmes réunies pour coller un million de timbres-primes.
Cette pièce en deux actes se déroule exclusivement dans la cuisine de la gagnante.
Bien vite, les rivalités vont surgir : la jalousie, les envies des unes et des autres, leurs rancoeurs, à tel point que cette réunion qui se voulait conviviale va tourner au pugilat, parfois aux règlements de compte mais surtout à une joyeuse cacophonie : "Ah ! faites-la taire un peu, on s'entend pus coller !".
A les entendre parler, elles ont leur opinion sur tout et tout le monde, notamment les hommes et le mariage : "Qu'une femme soye obligée d'endurer un cochon toute sa vie parce qu'a l'a eu le malheur d'y dire "oui" une fois, c'est pas assez intéressant, ça !", les médecins : "Les docteurs, les docteurs, j'te dis que j'les ai loin, à c't'heure ! Ca pense rien qu'à la piasse, les docteurs ! Ca égorge le pauvre monde, pis ça va passer l'hiver en Califournie !", l'avortement, les fille-mères et même les français ne sont pas épargnés.
Ce qui ressort de tout cela c'est au final une pléthore de sentiments, beaucoup d'envie car aucune de ces femmes n'a vraiment eu de chance dans sa vie ni même beaucoup d'argent : "J'ai-tu l'air de quequ'un qui a déjà gagné quequ'chose ?", envie qui s'accompagne de jalousie, mais aussi de sentiments exacerbés sans doute par la promiscuité dans la cuisine, je retiens notamment l'histoire de ces deux amies ou l'une met leur amitié dans la balance pour que celle qu'elle appelle son amie arrête de sortir le soir dans des clubs pour rencontrer d'autres personnes : "Y faut qu'tu m'promettes, sans ça, j'te parle pus jamais ! Choisis ! C'est l'club, ou c'est moé ! Si tu savais la peine que tu me fais ! Une amie d'toujours !", voilà une drôle de demande émanant de quelqu'un qui se dit son amie.
Les relations mère-fille sont également tendues, tout comme les relations familiales, ainsi Germaine Lauzon n'est pas très tendre avec sa fille Linda, mais elle ne l'est pas plus avec sa soeur Pierrette qui pourtant sera l'une de seules personnes à ne pas la voler et lui tourner le dos.
Cette pièce décortique de façon intelligente les relations humaines, particulièrement celles entre femmes, et propose à chacune des femmes leur moment de gloire sous la forme d'un monologue avec une lumière les éclairant.
Ce sont des passages que j'ai beaucoup appréciés ainsi que la diversité des personnages et de leurs caractères. J'avais déjà remarqué cela dans d'autres livres de Michel Tremblay, mais il peint toujours avec justesse les caractères humains et tisse des relations fortes entre ses personnages.
La lecture de cette pièce est extrêmement visuelle et la mise en scène y a une grande importance.
Mais il serait trop réducteur de dire que cette pièce est en quelque sorte un lavage de linge sale en famille, il y a aussi beaucoup d'humour, des passages très drôles, ainsi l'ode au bingo est un moment follement drôle, et des dialogues savoureux : "Moé j'aime ça l'bingo ! Moé ya rien au monde que j'aime plus que l'bingo !".
Du point de vue de la lecture, j'ai eu un peu de mal au début, ne serait-ce que parce que l'écrit retranscrit le parlé et des expressions dont nous français n'avons pas l'habitude, ainsi que des tournures de phrases particulières, il s'agit en fait du joual, forme populaire du français québécois.
Passé un petit temps d'adaptation la lecture devient agréable et j'ai fini par ne plus me rendre compte de cette grammaire parfois différente.
"Les belles-soeurs" est une pièce de théâtre de Michel Tremblay devenue culte, jouée et traduite dans plusieurs langues et qui dépeint avec justesse la réalité de la vie des femmes dans les années 60 à Montréal, constituant ainsi un éclairage drôle et savoureux sur cette époque.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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TyJecyka
  06 juillet 2012
14 femmes invitées par Germaine Lauzon, se retrouvent dans sa cuisine pour l'aider à coller 1 million de timbres-prime qu'elle a reçu en cadeau. La convoitise, l'envie vont transformer la soirée en tragédie. Nous sommes en 1965 à Montréal. Toutes ces femmes se connaissent et font partie du quartier. Commérages, ragots, lieux communs, illustrent l'ambiance « café du commerce » de la pièce.
Voilà une caricature salée de la vie ordinaire québécoise des années 60, en pleine « révolution tranquille ». Tous ses aspects sont balayés : la condition de la femme, la place de la religion, le travail, le célibat, l'avortement, le mariage, la sexualité, les enfants… Toutes ces femmes ont quelque chose à dire de leur condition, de celle de leur famille, de leur voisin…Tous les âges sont présents dans la cuisine et la vision des jeunes n'est guère plus reluisante que celle des anciennes.
On sait qu'on est en Amérique du nord, puisque la soirée est arrosée de Coca-Cola mais aussi qu'on est au Québec car les regards sont attentifs à la France qui reste l'éternel souvenir collectif d'une traversée déjà lointaine bien que ces femmes parlent de Canada et pas de Québec.
Ecrite et montée pour la première fois en 1968 à Montréal, cette pièce est contemporaine et traite de façon acérée de l'époque bouillonnante du milieu des années 60. On y voit poindre la société de consommation, le rêve matérialiste du confort accessoirisé et futile pour les gens simples des milieux ouvriers. Mais on y observe aussi les réflexes et référentiels sociaux et culturels très ancrés comme lorsque les femmes s'agenouillent devant le poste de radio, chapelet à la main, dès qu'elles entendent l'appel radiophonique de l'abbé ou bien, réconciliées par l'hymne national canadien Ô Canada !
La particularité de cette pièce en deux actes est qu'elle est écrite en joual (langue vernaculaire du Québec). C'est ce qui la met au rang de pierre de l'édifice du patrimoine francophone.
La lecture est ralentie par les contractions, expressions, transcriptions du joual mais aussi par son vocabulaire spécifique dont la compréhension n'est pas naturelle pour un lecteur français ou francophone non québécois. On se surprend parfois à lire à haute voix comme pour dompter la syntaxe et percevoir le sens des phrases, on s'entend rire tout haut, et sourire tout bas… Car elles sont comiques dans leurs malheurs ces Québécoises tricotées serrées !

« Les Belles-Soeurs » est une pièce classique du répertoire théâtral québécois, connue et reconnue sur les scènes internationales, puisqu'elle a été traduite dans 30 langues.
Cependant je n'arrive pas à imaginer comment on peut traduire cette pièce sans la dénaturer et n'en faire qu'une pièce sur une scène de la vie quotidienne.
Mais ceci n'est pas mon propos.
J'ai aimé cette pièce pour plusieurs raisons : c'est une façon de découvrir la culture québécoise à travers sa littérature mais aussi en imaginant ses moeurs.

Ma lecture n'a pas été trop gênée pour ce qui concerne la compréhension du vocabulaire ou de la syntaxe, ni même des expressions puisque vivant au Québec, tout cela fait partie de mon quotidien .
Par contre en me mettant à la place d'un lecteur francophone non-québécois, il semble que quelques phrases doivent rester nébuleuses voire mystérieuses.
Par ailleurs, mon rythme de lecture a été freiné par les contractions visant à transcrire la phonétique québécoise.
Je suis curieuse de connaître la façon dont un québécois a réussi à lire ce texte. Car parler n'est pas lire. Nulle doute qu'un québécois n'ait aucun problème de compréhension par contre la lecture ne doit pas être forcément très fluide.
Finalement, le texte n'est pas si caricatural que cela parce que si je me promène dans les rues de la ville de région où j'habite, et que je croise des dames de 60 ou 70 ans, j'entends Germaine Lauzon et ses belles-soeurs…C'est sans doute que la pièce est fidèle à la réalité et qu'elle n'a pas vieilli…
C'est un excellent moment de lecture qui dépayse complètement. C'est une découverte culturelle et linguistique à faire absolument si l'on est un aventurier littéraire !
(des liens et extraits sonores sur le blog)
Lien : http://ecrireenplus.canalblo..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   03 mai 2013
(Les cinq femmes se lèvent et se tournent vers le public. L’éclairage change.)

LES CINQ FEMMES, ensemble – Quintette : Une maudite vie plate ! Lundi !
LISETTE DE COURVAL – Dès que le soleil a commencé à caresser de ses rayons les petites fleurs dans les champs et que les petits oiseaux ont ouvert leurs petits becs pour lancer vers le ciel leurs petits cris…
LES QUATRE AUTRES – J’me lève, pis j’prépare le déjeuner ! Des toasts, du café, du bacon, des œufs. J’ai d’la misère que l’yable à réveiller mon monde. Les enfants partent pour l’école, mon mari s’en va travailler.
MARIE-ANGE BROUILLETTE – Pas le mien, y’est chômeur. Y reste couché.
LES CINQ FEMMES – Là, là, j’travaille comme une enragée, jusqu’à midi. J’lave. Les robes, les jupes, les bas, les chandails, les pantalons, les canneçons, les brassières, tout y passe ! Pis frotte, pis tord, pis refrotte, pis rince… C’t’écoeurant, j’ai les mains rouges, j’t’écoeurée. J’sacre. A midi, les enfants reviennent. Ça mange comme des cochons, ça revire la maison à l’envers, pis ça repart ! L’après-midi, j’étends. Ça, c’est mortel ! J’haïs ça comme une bonne ! Après, j’prépare le souper. Le monde reviennent, y’ont l’air bête, on se chicane ! Pis le soir, on regarde la télévision ! Mardi !
LISETTE DE COURVAL – Dès que le soleil…
LES QUATRE AUTRE FEMMES – J’me lève, pis j’prépare le déjeuner. Toujours la même maudite affaire ! Des toasts, du café, des œufs, du bacon… J’réveille le monde, j’les mets dehors. Là, c’est le repassage. J’travaille, j’travaille, j’travaille. Midi arrive sans que je le voye venir pis les enfants sont en maudit parce que j’ai rien préparé pour le dîner. J’leu fais des sandwichs au béloné. J’travaille toute l’après-midi, le souper arrive, on se chicane. Pis le soir, on regarde la télévision ! Mercredi ! C’est le jour du mégasinage ! J’marche toute la journée, j’me donne un tour de rein à porter des paquets gros comme ça, j’reviens à la maison crevée ! Y faut quand même que je fasse à manger. Quand le monde arrivent, j’ai l’air bête ! Mon mari sacre, les enfants braillent… Pis le soir, on regarde la télévision ! Le jeudi pis le vendredi, c’est la même chose ! J’m’esquinte, j’me désâme, j’me tue pour ma gang de nonos ! Le samedi, j’ai les enfants dans les jambes par-dessus le marché ! Pis le soir, on regarde la télévision ! Le dimanche, on sort en famille : on va souper chez la belle-mère en autobus. Y faut guetter les enfants toute la journée, endurer les farces plates du beau-père, pis manger la nourriture de la belle-mère qui est donc meilleure que la mienne au dire de tout le monde ! Pis le soir, on regarde la télévision ! Chus tannée de mener une maudite vie plate ! Une maudite vie plate ! Une maudite vie plate ! Une maud…
(L’éclairage redevient normal. Elles se rassoient brusquement.)
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MoanMoan   18 septembre 2012
GERMAINE, ROSE, GABRIELLE , THERESE ET MARIE-ANGE . Moé, j'aime ça le bingo! Moé, j'adore ça le bingo! Moé, y'a rien au monde que j'aime plus que le bingo! Presque toutes les mois, on en prépare un dans'paroisse! J'me prépare deux jours d'avance, chus t'énarvée, chus pas tenable, j'pense rien qu'à ça. Pis quand le grand jour arrive, j't'assez excitée que chus pas capable de rien faire dans'maison! Pis là, là, quand le soir arrive, j'me mets sur mon trente-six, pis y'a pas un ouragan qui m'empêcherait d'aller chez celle qu'on va jouer....
... On s'installe aux tables,on distribue les cartes, on met nos pitounes gratis, pis la partie commence! ...Là, c'est ben simple, j'viens folle! Mon Dieu, que c'est excitant, c't'affaire-là! Chus toute à l'envers,j'ai chaud, j'comprends les numéros de travers, j'mets mes pitounes à mauvaise place,j'fais répéter celle qui crie les numéros, chus dans toutes mes états! Moé, j'aime ça le bingo!
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iarseneaiarsenea   26 avril 2010
LES CINQ FEMMES (LISETTE DE COURVAL, MARIE-ANGE BROUILLETTE,YVETTE LONGPRE, ROSE
OUIMET, GABRIELLE DUBUC): Là, là, j'travaille comme une enragée, jusqu'à midi. J'lave. Les robes, les jupes, les bas, les pantalons, les canneçons, les brassières, tout y passe ! Pis frotte, pis tord, pis refrotte, pis rince... C't'écoeurant, j'ai les mains rouges, j't'écoeurée. J'sacre. À midi, les enfants reviennent. Ça mange comme des cochons, ça revire la maison à l'envers, pis ça repart ! L'après-midi, j'étends. Ça, c'est mortel ! J'hais ça comme une bonne ! Après, j'prépare le souper. Le monde reviennent, y'ont l'airbête, on se chicane ! Pis le soir, on regarde la télévision ! Mardi !
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jadziajadzia   09 février 2013
ROSE OUIMET. On sait ben, elle, a l’a la grosse étoile de vison !

LISETTE DE COURVAL. Moi je dis qu’il n’y aura jamais rien pour remplacer la vraie fourrure véritable. D’ailleurs, j’vais changer mon étole de vison, l’automne prochain. Ça fait trois ans que je l’ai, puis elle commence à être pas mal maganée… Ah ! est encore bonne, mais…

ROSE OUIMET. Farme donc ta grande yueule, maudite menteuse ! On le sait que ton mari se fend le cul en quatre pour pouvoir emprunter de l’argent pour te payer des fourrures pis des voyages ! C’est pas plus riche que nous autres pis ça pète plus haut que son trou ! J’ai mon verrat de voyage !
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CielvariableCielvariable   03 mai 2013
GERMAINE LAUZON – Ma sœur Pierrette, ça fait longtemps que j’l’ai reniée ! Après toute c’qu’a nous a faite ! Est’tait si fine, quand est’tait p’tite ! Pis belle ! Quand on dit, une vraie catin ! Ah ! on l’a ben aimée, moé pis mes sœurs ! On la gâtait sans bon sens ! Mais pour que c’est faire… J’comprends pas ! J’comprends pas ! Le pére, à’maison, l’appelait sa p’tite pourrite ! Y l’amait donc, sa Pierrette ! Quand y’a prenait sur ses genoux, là on sentait qu’y’était heureux ! Nous autres, on n’était pas jalouses…
ROSE OUIMET – On se disait : « C’est la plus jeune. C’est toujours comme ça, c’est les plus jeunes qui sont les préférés… » Quand all’a comencé à aller à l’école, on l’a habillée comme une princesse ! J’étais déjà mariée, moé, j’m’en rappelle comme si c’était hier ! Eh ! qu’all’était donc belle ! Une vraie Shirley Temple ! Pis all’apprenait donc vite, à l’école ! Ben plus vite que moé ! moé, j’ai jamais été ben bonne à l’école… J’étais la grosse comique d’la classe, c’était toute c’que j’pouvais faire, de toute façon… Mais elle, la p’tite bougresse, a vous-en a-tu décroché, des prix ! Prix de français, prix d’arithmétique, prix de religion… Oui, de religion ! C’était pieux comme une bonne sœur, c’t’enfant-là. C’est ben simple, les sœurs étaient folles d’elle ! Quand on la voit, aujourd’hui… Mon Dieu, au fond, j’ai un peu pitié d’elle. A doit avoir de besoin d’aide, des fois… Pis a doit être ben tu-seule !
GABRIELLE JODOIN – Quand all’a fini ses études primaires, on y’a demandé c’qu’a voulait faire. A voulait faire une maîtresse d’école. Est-tait pour commencer ses études… Mais y fallait qu’a rencontre son Johnny !
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