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ISBN : 2413010262
Éditeur : Delcourt Littérature (22/08/2018)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 12 notes)
Résumé :
C’est le jour sans doute où un vieil Indien lui a confié Dan, un chiot. Lorsque Benoît Lévesque est rentré à Montréal ce jour-là, il a fermé pour la vie son cabinet dentaire et les volets de son grand appartement. Ce n’est pas un endroit pour Dan, alors Benoît décide de s’installer pour de bon dans son chalet du Saguenay, au cœur du parc national.

Il y mène une vie solitaire et tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
calypso
  22 août 2018
Un jour, Benoît a compris. Compris que toute sa vie passée dans le cocon luxueux de son quotidien n'était qu'un leurre, une illusion confortable. Une existence bien réglée, longtemps organisée de la manière suivante : au travail, la plupart du temps, à exercer son métier de dentiste ; au coeur du parc national, dès que possible, avec son groupe d'amis, « docteurs, ingénieurs, boss d'usines » comme lui, autant de miroirs complices de ses absences et de ses dépenses accumulées, en huîtres ou bouteilles hors de prix. Un comportement de célibataire égoïste pour un homme marié et père. « Odieux », c'est le jugement qu'il porte sur l'homme qu'il a été pendant de nombreuses années. Il a délaissé sa femme, qui a fini par le quitter, il a oublié sa fille, qui souffrait d'un véritable mal être. Mais un jour donc, Benoît a compris. le temps qui passe, la maturité et Dan, ce chien qu'on lui a confié et dont il n'a pas pu se défaire, vont éveiller sa conscience. Dan en particulier, par sa force tranquille et sa fragilité, va lui faire comprendre que la vie est aussi fugace que précieuse.
J'aurais vraiment aimé avoir un avis plus tranché sur ce roman, mais je dois reconnaître qu'il m'a un peu déçue et ce n'est pas exactement ce à quoi je m'attendais. La réflexion sur la mort et tout ce qui il y a à régler avant de partir, avec les autres, avec soi-même, est intéressante et elle est, finalement le coeur du roman. Les relations avec le clan des chasseurs ne sont qu'esquissées. Ils sont là, en toile de fond, comme une présence menaçante pour la nature aussi bien que pour l'homme, il n'était effectivement peut-être pas nécessaire d'en dire plus. Il n'y a rien à dire sur le personnage de Benoît que je trouve intéressant, il a complètement gommé ce côté « odieux » qui est évoqué dans le premier chapitre et apparaît plutôt comme un homme bienveillant, presque un sage, apaisé par le temps et par cette liberté que lui offre la vie à Saguenay. Rien à dire non plus sur le rapport qu'il entretient avec Dan, sur la présence essentielle de ce « personnage » au sein du roman, il est un compagnon de route et au-delà, un appui, un passeur. En revanche, j'attendais qu'un autre élément – je n'ose écrire « personnage » mais l'idée est là pourtant –, soit plus présent : la nature. C'est un élément mis en avant sur la quatrième de couverture : « ce roman au décor grandiose ». Eh bien, non, vraiment, je n'ai pas trouvé que cette nature dans laquelle Benoît puise son bonheur était si présente. Il n'y a véritablement pas de pause qui nous permette d'en profiter. La nature est évoquée certes, mais à travers le discours des personnages. Elle est mentionnée par le narrateur, qui n'est autre que Benoît lui-même, mais à chaque fois que l'on pourrait s'attendre à un passage contemplatif, un changement de ton intervient, sorte de retour à la réalité privant le lecteur de l'évasion promise. Par exemple au premier chapitre : « J'avais besoin de marcher. J'ai pris le bord de chez Mina, ça me ferait longer le lac. La lumière était magnifique. Il ne me faut que quelques minutes près du lac pour que tout rentre dans l'ordre. Je ne pouvais plus grand-chose pour Carole, et lorsque j'aurais pu faire quelque chose, je ne l'ai pas fait. » La lectrice que je suis aurait bien aimé profiter davantage de ce lac… Dommage !

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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BonoChamrousse
  22 août 2018
L'HABITUDE DES BÊTES de Lise Tremblay
Éditions Delcourt
******** C O U P d'E C O E U R ********
Lorsque #Léatouchbook a proposé un double partenariat avec les éditions #Delcourt sur le #PicaboRiverBookClub, "L'habitude des bêtes" s'est immédiatement imposé à moi rien que par le titre... et bien m'en a pris puisque j'ai eu un énorme COUP DE COEUR pour cette lecture.
Ce livre s'apparente plus à une longue nouvelle qu'à un roman, mais peu importe car ces 124 pages m'ont bouleversée, du début à la fin, à tel point qu'il m'est difficile d'en parler car je n'arrive pas à mettre des mots sur mes émotions... En terme de couleur, je dirais que ce livre décline toutes les nuances des bleus existants sur la palette d'un peintre...
C'est un texte subtil, tout en finesse qui parle de la vulnérabilité de la vie face à la mort et du voyage intérieur que certains êtres humains accomplissent, souvent malgré eux, pour acquérir un peu plus de sagesse.
Le seul drame de ce livre est celui de la vie, il n'y a pas d'action spectaculaire sinon celle du quotidien mais Lise Tremblay est le genre d'auteur qui vous chuchote à l'oreille pour mieux parler à votre coeur... et je remercie les éditions Delcourt pour me l'avoir fait découvrir.
Un gros COUP DE COEUR pour cette lecture et pour l'auteur dont je vais très vite me procurer les livres précédents.
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LadyDoubleH
  16 octobre 2018
Au festival America le mois dernier, j'ai assisté – entre autre – à une conférence très intéressante sur les paysages canadiens. Trois auteurs étaient invités, Emma Hooper, D.W. Wilson et Lise Tremblay. Après avoir écouté leurs échanges pleins d'âme, j'ai vraiment eu envie de les lire. Je suis donc repartie les poches pleines des premiers romans d'Emma Hooper, Etta et Otto (et Russell et James) et de D.W. Wilson, Balistique, ainsi que du tout dernier paru en France de la québécoise Lise Tremblay, L'habitude des bêtes (avec en plus une charmante conversation lors d'une dédicace dans l'après-midi).
Grand bien m'a pris de vouloir découvrir ce court roman ! Je l'ai lu d'une traite, sous le charme. Dépaysant, pour moi qui ne connais pas le Québec. La vie dans un village reculé du nord, au bord d'un fjord (l'auteure est originaire de ce bout-là du monde), la montagne, les bois, les lacs, les orignaux, la vastitude. le narrateur, quand il chassait, plus jeune, possédait un Beaver, un hydravion ! Diantre. Et la langue aussi, légère, ciselée, simple. Mais qu'est-ce qu'un rang, une pourvoirie (Google, mon ami) ? Et les dialogues, icitte. J'ai savouré.
Quelques mois dans la vie de Benoit, dentiste à la retraite, de son chien Dan et de ses voisins, Mina et Rémi, sur fond de querelles entre villageois et garde-chasses causées par une prolifération inhabituelle de loups, qui risque de nuire à la saison de chasse imminente. le ton est juste de bout en bout du livre, les personnalités pleines et entières, l'histoire souvent touchante. Des réflexions sur les existences qui changent et les vies qui se transforment, sur la vieillesse et aussi la mort, mais sans rien de plombant. Cela m'a rappelé mon grand-père, qui parlait avec tranquillité et naturel de son futur emplacement au cimetière, carré 8, allée 9, et toi, c'est lequel déjà, à son voisin, entre la pluie et le beau temps. La mort c'est la vie, aussi. Et là on l'effleure et on y plonge. Dan, le chien, est vieux et malade et Benoit repense à sa vie d'avant.
Il fut un père et un mari exécrable et absent, égoïste mais généreux. Seuls comptaient son travail et ses loisirs, la chasse, la pêche. La bonne conscience de pourvoir avec largesse aux besoins de sa famille, pour mieux rester toujours plus loin des graves problèmes psychologiques de sa fille et de son couple qui, à force de se déliter, a fini par imploser. Benoit fut cet homme suffisant et arrogant, jusqu'au jour d'orage où un vieil indien lui mit un chiot dans les mains. Dan. « Un jour, on m'avait donné un chien et j'avais changé. » Il quitte les ors de la ville, vend son hydravion et s'installe dans son chalet, avec son chien. « Depuis que je vivais en permanence au chalet, j'avais peu de vie sociale. Je n'en souffrais pas. le lac, la montagne me suffisaient. Je ne savais pas si mon monde s'était rétréci ou agrandi. »
Je n'en dis pas plus, sinon que L'habitude des bêtes est vraiment une heureuse découverte, merci le Festival America !
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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TheBookCarnival
  22 août 2018
L'habitude des bêtes de Lise Tremblay est un court roman d'une intensité incroyable. Un coup de coeur pour ce récit percutant qui nous emmène dans le parc national de Saguenay, dans la forêt, là où se cachent les loups...
Benoît Lévesque était dentiste à Montréal. Un jour, après avoir prodigué des soins dans une réserve, un homme lui donne un chien, Dan. La rencontre de Benoît avec son chien va créer un déclic, il va tout quitter pour partir s'installer à Saguenay au coeur du Parc National. Les habitants qui craignent tout ce qui leur est étranger, se montrent rudes avec lui et lui prêtent des opinions qu'il n'a pas ou plutôt qu'il n'a plus. Benoît s'est lié d'une étrange amitié avec son voisin Rémi, un homme taiseux et rustre qui vit avec sa soeur dans la ferme familiale. Quand la saison de la chasse s'ouvre, la tension monte dans la petite ville, faisant rejaillir les vieilles rancoeurs et sortir les loups du bois…
Quel livre époustouflant ! Sur une centaine de pages Lise Tremblay nous offre une réflexion tout en subtilité sur nos vies modernes, sur la société dans laquelle nous vivons doublée d'un roman d'atmosphère captivant.
Le personnage de Benoît est un personnage très touchant, c'est un repenti de l'individualisme qui s'offre une deuxième chance, et même une deuxième vie, grâce à son chien, Dan. Dan est le déclencheur d'un éveil aux autres, Benoît fait preuve d'écoute, de patience et de compassion avec son voisin Rémi et avec Mina, une vieille dame à qui il rend visite régulièrement, ce dont il était incapable auparavant, même avec ses proches, égoïste dans toute sa splendeur il ne vivait que pour lui, ignorant les souffrances de son entourage.
L'atmosphère du roman est un élément majeur, on sent sous des apparences calmes, sans éclats et sans heurts, les drames passés refaire surface. Benoît tente de tisser de nouveaux liens avec sa fille après des années d'incompréhension et de relations tumultueuses. Rémi, quant à lui, est déstabilisé par le retour des loups à Saguenay, et l'ouverture de la chasse amène sur son territoire une famille qui a plongé la sienne dans le désespoir il y a quelques années de ça.
Sans artifice, Lise Tremblay nous saisit complètement et parvient à nous faire ressentir la rudesse de ce monde où la nature donne la mesure et impacte la vie de nos protagonistes. Avec la saison de la chasse, les vieux souvenirs et les terribles histoires reviennent.
J'ai trouvé ce roman magnifique également dans ses diverses façons d'aborder la perte, notamment à travers le chien Dan, avec une grande subtilité et avec une idée forte de renaissance impulsée par cette nature souveraine qui suit son cours, imperturbable.
L'habitude des bêtes est un texte court d'une profondeur extrême. Je pense que c'est un roman qui a un écho différent à chaque relecture. Lise Tremblay nous parle de réactions et de sentiments humains avec beaucoup de pudeur et de perspicacité. Elle nous offre un regard d'une sincérité désarmante sur nos sociétés et sur l'inconstance humaine, ne dit-on pas que l'homme est un loup pour l'homme...
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l-ourse-bibliophile
  20 octobre 2018
Ce sera, je pense, une courte chronique pour un livre bref – 125 petites pages – mais qui touche au coeur. Je me suis installée sous mon plaid et je n'ai pas pu le lâcher avant de l'avoir fini. C'est une histoire de vie qui se lit d'un souffle. C'est une histoire humaine qui peut parler à tout le monde. La vie, la mort, la vieillesse. Une poignée de personnages autour d'une histoire de chien mourant et de loups trop envahissants pour certains.
J'ai été émue par la vieille Mina qui refuse l'hospice et clame sa volonté de choisir sa fin. Par Rémi le taiseux, en retrait de la société pour ne pas, pour ne plus être blessé. Par Odette la vétérinaire en plein doute sur le perron de la retraite. Par Ben dont la vie et le caractère fut bousculée par un chien. Par la sensible Carole aux problèmes incompris de sa famille dont le bonheur nouveau m'a enchantée. Par ce chien qui a tout changé, qui a appris à son maître à aimer même s'il ne comprenait pas. Les portraits sont délicats, lentement esquissés au fil des chapitres.
Et puis, tout autour, la nature canadienne. La forêt peuplée d'orignaux et de loups. le lac se métamorphosant selon les saisons. L'été tardif, l'automne, la neige. Les grands espaces et cette sensation de liberté et de solitude apaisante.
Les premiers chapitres sont déstabilisants. Lise Tremblay va droit au but par son écriture, mais je me suis interrogée en même temps quel était ce but justement avant de me laisser porter, bercée par la plume de l'autrice. L'écriture est précise, les mots disent tout ce qu'il faut savoir, rien de plus rien de moins. C'est étrange, j'ai envie de dire que ce texte m'a semblé réconfortant. Même si l'atmosphère est tendue dans ce village canadien sur lequel règne une famille de chasseurs, la cabane au bord du lac m'est apparue comme un cocon.
C'est une histoire banale. Finalement, il ne se passe rien à l'échelle du monde ou du pays, pas grand-chose à celle de la région. Mais ces événements bouleversent les protagonistes, et nous avec. La vieillesse qui prend de la place, les ailes de la mort qui frôle une octogénaire, la perte d'un chien adoré, l'inimitié entre deux familles. Les doutes, les peines, les joies toutes simples, les rancunes, les regrets. Les habitudes des bêtes donc, qu'elles aient deux ou quatre pattes.
Un texte simple, doux et rude à la fois. Une respiration.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   20 octobre 2018
Le jour se levait, le lac apparaissait et les épinettes dessinaient à nouveau ses contours. Je savais que tout ça me serait enlevé et je me révoltais. Je me jugeais aussi. Ce n’était pas la peur de la mort, c’était l’incapacité à accepter de ne plus pouvoir admirer le lac, de ne plus voir sa couleurs changer, de ne plus le regarder se figer pendant l’hiver et de ne plus surveiller le moment de sa libération au printemps. Et tout ça m’était atrocement douloureux. Plus douloureux que tout ce que j’avais vécu.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   16 octobre 2018
Dan avait été un accident de parcours, un vrai accident qui change la direction d’une vie. J’en étais conscient et j’en avais vaguement honte. […] Un jour, on m’avait donné un chien et j’avais changé.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   16 octobre 2018
Depuis que je vivais en permanence au chalet, j'avais peu de vie sociale. Je n’en souffrais pas. Le lac, la montagne me suffisaient. Je ne savais pas si mon monde s’était rétréci ou agrandi.
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calypsocalypso   16 août 2018
Je n'avais jamais eu de chien à moi. A la pourvoirie, les chiens, c'était l'affaire des guides. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas le jeter sur la piste devant tout le monde. Le vol vers le sud avait été mouvementé. J'avais peur que le chiot vomisse ou pisse sur moi. Ce n'est pas arrivé. J'ai gardé Dan.
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oktaokta   26 juillet 2018
J'avais été heureux, comblé et odieux. Je le savais. En vieillissant, je m’en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n’avais pas su être bon. La bonté m’est venue après, je ne peux pas dire quand exactement.
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Lise Tremblay au Festival America 2018.
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