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ISBN : 2413010262
Éditeur : Delcourt Littérature (22/08/2018)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 29 notes)
Résumé :
C’est le jour sans doute où un vieil Indien lui a confié Dan, un chiot. Lorsque Benoît Lévesque est rentré à Montréal ce jour-là, il a fermé pour la vie son cabinet dentaire et les volets de son grand appartement. Ce n’est pas un endroit pour Dan, alors Benoît décide de s’installer pour de bon dans son chalet du Saguenay, au cœur du parc national.

Il y mène une vie solitaire et tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
calypso
  22 août 2018
Un jour, Benoît a compris. Compris que toute sa vie passée dans le cocon luxueux de son quotidien n'était qu'un leurre, une illusion confortable. Une existence bien réglée, longtemps organisée de la manière suivante : au travail, la plupart du temps, à exercer son métier de dentiste ; au coeur du parc national, dès que possible, avec son groupe d'amis, « docteurs, ingénieurs, boss d'usines » comme lui, autant de miroirs complices de ses absences et de ses dépenses accumulées, en huîtres ou bouteilles hors de prix. Un comportement de célibataire égoïste pour un homme marié et père. « Odieux », c'est le jugement qu'il porte sur l'homme qu'il a été pendant de nombreuses années. Il a délaissé sa femme, qui a fini par le quitter, il a oublié sa fille, qui souffrait d'un véritable mal être. Mais un jour donc, Benoît a compris. le temps qui passe, la maturité et Dan, ce chien qu'on lui a confié et dont il n'a pas pu se défaire, vont éveiller sa conscience. Dan en particulier, par sa force tranquille et sa fragilité, va lui faire comprendre que la vie est aussi fugace que précieuse.
J'aurais vraiment aimé avoir un avis plus tranché sur ce roman, mais je dois reconnaître qu'il m'a un peu déçue et ce n'est pas exactement ce à quoi je m'attendais. La réflexion sur la mort et tout ce qui il y a à régler avant de partir, avec les autres, avec soi-même, est intéressante et elle est, finalement le coeur du roman. Les relations avec le clan des chasseurs ne sont qu'esquissées. Ils sont là, en toile de fond, comme une présence menaçante pour la nature aussi bien que pour l'homme, il n'était effectivement peut-être pas nécessaire d'en dire plus. Il n'y a rien à dire sur le personnage de Benoît que je trouve intéressant, il a complètement gommé ce côté « odieux » qui est évoqué dans le premier chapitre et apparaît plutôt comme un homme bienveillant, presque un sage, apaisé par le temps et par cette liberté que lui offre la vie à Saguenay. Rien à dire non plus sur le rapport qu'il entretient avec Dan, sur la présence essentielle de ce « personnage » au sein du roman, il est un compagnon de route et au-delà, un appui, un passeur. En revanche, j'attendais qu'un autre élément – je n'ose écrire « personnage » mais l'idée est là pourtant –, soit plus présent : la nature. C'est un élément mis en avant sur la quatrième de couverture : « ce roman au décor grandiose ». Eh bien, non, vraiment, je n'ai pas trouvé que cette nature dans laquelle Benoît puise son bonheur était si présente. Il n'y a véritablement pas de pause qui nous permette d'en profiter. La nature est évoquée certes, mais à travers le discours des personnages. Elle est mentionnée par le narrateur, qui n'est autre que Benoît lui-même, mais à chaque fois que l'on pourrait s'attendre à un passage contemplatif, un changement de ton intervient, sorte de retour à la réalité privant le lecteur de l'évasion promise. Par exemple au premier chapitre : « J'avais besoin de marcher. J'ai pris le bord de chez Mina, ça me ferait longer le lac. La lumière était magnifique. Il ne me faut que quelques minutes près du lac pour que tout rentre dans l'ordre. Je ne pouvais plus grand-chose pour Carole, et lorsque j'aurais pu faire quelque chose, je ne l'ai pas fait. » La lectrice que je suis aurait bien aimé profiter davantage de ce lac… Dommage !

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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Zakuro
  12 novembre 2018
J'ai comme un gros coup de blues, le roman fini. Ce n'est pas le blues cajun de la Louisiane mais le blues silencieux et pénétrant des hautes montagnes forestières de Saguenay au Québec.
Dans ma jeunesse, j'avais adoré Maria Chapdelaine de Louis Hémon et le film éponyme avec la talentueuse Carole Laure. C'est donc avec plaisir que j'ai renoué avec la langue et la culture de cet immense pays que l'été indien pare de ses plus beaux atours.
C'est l'automne et la chasse va bientôt commencer avant l'arrivée du grand froid. Tandis que les hommes au village se préparent, la présence d'un loup sème le trouble et réveillent de fortes animosités . C'est aussi l'automne dans le coeur d'un homme, le narrateur. Pris au piège de ses propres filets qu'il s'est tendu et confronté à la maladie de son vieux chien Dan, le vieil homme est comme un loup acculé à se regarder en face sans détour et sans complaisance : ‘J'avais été heureux, comblé et odieux ».
Il se rêvait d'être Jack London, les regrets s'amassent en tas de feuilles depuis l' époque où il n'a pas voulu ou su comprendre sa fille Carole.
C'est incisif, atrocement mélancolique et profondément humain. Un western canadien où le décor du chalet perdu dans la forêt renforce de manière vertigineuse le sentiment de finitude malgré quelques amitiés certaines. le moment du livre est un présent déstabilisant, une rupture entre le passé qui n'est plus et un avenir qui s'échappe. le présent est à construire dans la perte malgré le manque de repères.
Le texte m'a touché parce qu'il parle des choses de la vie, le quotidien simple mais bien rempli d'hommes et de femmes, Rémi, Odette, Mina, vivants ou disparus, ils sont la sève dont nous avons besoin pour exister.
Les paroles sont brèves, les regards disent tout, ce peu dans l'économie des mots fabrique prodigieusement ce plein d'émotions qui m'a traversé tout au long du roman. le temps paraît figé mais inéluctablement l'univers n'arrête pas sa course. le ponant est là, dans les yeux de cet homme que des nuits d'insomnies renforcent la capacité à se voir en lui-même aussi nettement que s'il se regardait dans les eaux d'un lac gelé.
Merci à Babelio et aux éditions Delcourt pour ce très beau moment de lecture.

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BonoChamrousse
  22 août 2018
L'HABITUDE DES BÊTES de Lise Tremblay
Éditions Delcourt
******** C O U P d'E C O E U R ********
Lorsque #Léatouchbook a proposé un double partenariat avec les éditions #Delcourt sur le #PicaboRiverBookClub, "L'habitude des bêtes" s'est immédiatement imposé à moi rien que par le titre... et bien m'en a pris puisque j'ai eu un énorme COUP DE COEUR pour cette lecture.
Ce livre s'apparente plus à une longue nouvelle qu'à un roman, mais peu importe car ces 124 pages m'ont bouleversée, du début à la fin, à tel point qu'il m'est difficile d'en parler car je n'arrive pas à mettre des mots sur mes émotions... En terme de couleur, je dirais que ce livre décline toutes les nuances des bleus existants sur la palette d'un peintre...
C'est un texte subtil, tout en finesse qui parle de la vulnérabilité de la vie face à la mort et du voyage intérieur que certains êtres humains accomplissent, souvent malgré eux, pour acquérir un peu plus de sagesse.
Le seul drame de ce livre est celui de la vie, il n'y a pas d'action spectaculaire sinon celle du quotidien mais Lise Tremblay est le genre d'auteur qui vous chuchote à l'oreille pour mieux parler à votre coeur... et je remercie les éditions Delcourt pour me l'avoir fait découvrir.
Un gros COUP DE COEUR pour cette lecture et pour l'auteur dont je vais très vite me procurer les livres précédents.
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LadyDoubleH
  16 octobre 2018
Au festival America le mois dernier, j'ai assisté – entre autre – à une conférence très intéressante sur les paysages canadiens. Trois auteurs étaient invités, Emma Hooper, D.W. Wilson et Lise Tremblay. Après avoir écouté leurs échanges pleins d'âme, j'ai vraiment eu envie de les lire. Je suis donc repartie les poches pleines des premiers romans d'Emma Hooper, Etta et Otto (et Russell et James) et de D.W. Wilson, Balistique, ainsi que du tout dernier paru en France de la québécoise Lise Tremblay, L'habitude des bêtes (avec en plus une charmante conversation lors d'une dédicace dans l'après-midi).
Grand bien m'a pris de vouloir découvrir ce court roman ! Je l'ai lu d'une traite, sous le charme. Dépaysant, pour moi qui ne connais pas le Québec. La vie dans un village reculé du nord, au bord d'un fjord (l'auteure est originaire de ce bout-là du monde), la montagne, les bois, les lacs, les orignaux, la vastitude. le narrateur, quand il chassait, plus jeune, possédait un Beaver, un hydravion ! Diantre. Et la langue aussi, légère, ciselée, simple. Mais qu'est-ce qu'un rang, une pourvoirie (Google, mon ami) ? Et les dialogues, icitte. J'ai savouré.
Quelques mois dans la vie de Benoit, dentiste à la retraite, de son chien Dan et de ses voisins, Mina et Rémi, sur fond de querelles entre villageois et garde-chasses causées par une prolifération inhabituelle de loups, qui risque de nuire à la saison de chasse imminente. le ton est juste de bout en bout du livre, les personnalités pleines et entières, l'histoire souvent touchante. Des réflexions sur les existences qui changent et les vies qui se transforment, sur la vieillesse et aussi la mort, mais sans rien de plombant. Cela m'a rappelé mon grand-père, qui parlait avec tranquillité et naturel de son futur emplacement au cimetière, carré 8, allée 9, et toi, c'est lequel déjà, à son voisin, entre la pluie et le beau temps. La mort c'est la vie, aussi. Et là on l'effleure et on y plonge. Dan, le chien, est vieux et malade et Benoit repense à sa vie d'avant.
Il fut un père et un mari exécrable et absent, égoïste mais généreux. Seuls comptaient son travail et ses loisirs, la chasse, la pêche. La bonne conscience de pourvoir avec largesse aux besoins de sa famille, pour mieux rester toujours plus loin des graves problèmes psychologiques de sa fille et de son couple qui, à force de se déliter, a fini par imploser. Benoit fut cet homme suffisant et arrogant, jusqu'au jour d'orage où un vieil indien lui mit un chiot dans les mains. Dan. « Un jour, on m'avait donné un chien et j'avais changé. » Il quitte les ors de la ville, vend son hydravion et s'installe dans son chalet, avec son chien. « Depuis que je vivais en permanence au chalet, j'avais peu de vie sociale. Je n'en souffrais pas. le lac, la montagne me suffisaient. Je ne savais pas si mon monde s'était rétréci ou agrandi. »
Je n'en dis pas plus, sinon que L'habitude des bêtes est vraiment une heureuse découverte, merci le Festival America !
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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belette2911
  18 novembre 2018
Voilà un roman qui fait comme une petite bulle de calme entre deux lectures, un petit roman qui se lit trop vite, où à peine après avoir fait connaissance des personnages, on les quitte déjà car 124 pages, ça fait comme une grosse nouvelle (ou un petit roman).
Pourtant, dans ces 124 pages, il y a des choses qui nous sont habituelles, comme ces chasseurs qui deviennent un peu fous avant la chasse, comme ce petit village où tout se sait, où tout se murmure, où même après 20 ans, vous n'êtes toujours pas d'ici…
Et surtout ce qui est vieux comme le monde : un homme qui fait sa loi et qui intimide tellement les autres que tout le monde s'écrase et la ferme, de peur des représailles.
Non, ce type n'a pas une mèche blonde peroxydée… Mais si on mettait ce potentat local à la tête du pays, m'est avis qu'il se comporterait comme le rustre qui a élu résidence à la White House.
Dans ces montagnes, tout va moins vite qu'à la ville, on prend le temps de vivre, de se laisser aller et notre ancien dentiste, Benoît Lévesque, qui vivait à 200 à l'heure avant, a trouvé agréable de regarder le temps d'écouler sans courir derrière lui.
Le moment le plus pénible de ma lecture fut pour l'agonie du chien de Benoît car je ne sais que trop bien ce que c'est de voir son vieux compagnon dépérir, n'être plus l'ombre que de lui-même alors qu'il fut l'ombre de votre ombre.
J'ai perdu mon chien il y a 8 ans et dernièrement, ce fut la grande chienne de chez mes parents qui était, elle aussi, toujours dans mes pas. Heureusement, l'auteure n'a pas trop épilogué sur la fin du chien, ce qui m'a évité les chutes du Niagara.
La souffrance et le vide ressentit par Benoît, je l'ai ressenti aussi dans mon être car je sais que l'on peut s'attacher un peu trop à nos bêtes.
De plus, pour Benoît, ce chien l'avait changé, avait fait de lui un autre homme, un homme plus attaché aux autres, alors qu'avant, il se fichait des autres, autant de sa femme que de sa fille, qui en a souffert et en souffre encore.
Dans ce roman, on dirait qu'il ne passe pas grand-chose, pourtant, de manière sous-jacente, l'auteure nous invite à la réflexion sur ce Monde qui va trop vite, sur ces gens qui ne vivent plus selon le rythme des saisons, qui ne vivent que pour le superficiel, sur ceux qui pensent que tout leur est dû et qu'ils doivent être les seuls prédateurs dans ces montagnes, quitte pour cela à faire souffrir les loups.
Non, il ne se passe pas grand-chose dans ce petit roman, si ce n'est la vie qui passe et des portraits à la serpe des habitants de ce village perdu et qui ont l'accent du Québec.
Un roman qui fiche tout de même un sacré petit coup de blues à la fin de sa lecture, surtout qu'on a l'impression qu'il y avait encore tant à dire, tant à apprendre d'eux.
Un roman trop vite terminé…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   09 octobre 2017
Écrivaine de talent célébrée au Québec et à l’étranger — particulièrement en Scandinavie — Lise Tremblay explore les forces solaires et les forces de l’ombre qui s’opposent dans les bois et les petits villages du Saguenay dans son nouveau roman, L’habitude des bêtes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AifelleAifelle   28 novembre 2018
J'ai pris par chez Mina, mais j'ai laissé Dan au chalet. Il passait son temps couché. Visiblement, ça n'allait pas fort. L'assistante d'Odette m'avait dit que je n'aurais pas de nouvelles avant une semaine. La veille, avant de me coucher, j'avais commencé des recherches sur Internet à propos des lymphomes canins. J'ai arrêté très vite. Je ne supportais pas les images et j'avais du mal à lire tellement je tremblais. J'ai fermé ma tablette, attrapé mes écouteurs et je me suis endormi sur la voix de Kiri Te Kanawa. Ça m'arrivait souvent. Le matin, je trouvais les écouteurs dans mon lit. Je ne me rappelais jamais les avoir enlevés. La musique m'est venue tard. Peut-être en même temps que la bonté.
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calypsocalypso   16 août 2018
Je n'avais jamais eu de chien à moi. A la pourvoirie, les chiens, c'était l'affaire des guides. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas le jeter sur la piste devant tout le monde. Le vol vers le sud avait été mouvementé. J'avais peur que le chiot vomisse ou pisse sur moi. Ce n'est pas arrivé. J'ai gardé Dan.
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oktaokta   26 juillet 2018
J'avais été heureux, comblé et odieux. Je le savais. En vieillissant, je m’en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n’avais pas su être bon. La bonté m’est venue après, je ne peux pas dire quand exactement.
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   20 octobre 2018
Le jour se levait, le lac apparaissait et les épinettes dessinaient à nouveau ses contours. Je savais que tout ça me serait enlevé et je me révoltais. Je me jugeais aussi. Ce n’était pas la peur de la mort, c’était l’incapacité à accepter de ne plus pouvoir admirer le lac, de ne plus voir sa couleurs changer, de ne plus le regarder se figer pendant l’hiver et de ne plus surveiller le moment de sa libération au printemps. Et tout ça m’était atrocement douloureux. Plus douloureux que tout ce que j’avais vécu.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   16 octobre 2018
Dan avait été un accident de parcours, un vrai accident qui change la direction d’une vie. J’en étais conscient et j’en avais vaguement honte. […] Un jour, on m’avait donné un chien et j’avais changé.
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Lise Tremblay - L'habitude des bêtes
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