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ISBN : 2226258124
Éditeur : Albin Michel (14/05/2014)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 20 notes)
Résumé :
C'est en écrivain et romancier que David Treuer nous entraîne dans un voyage à la rencontre de l'une des faces cachées de l'Amérique contemporaine : celle des réserves indiennes. Il y en a plus de trois cents aux Etats-Unis : certaines ne font que quelques hectares, d'autres sont immenses. Quelques-unes sont prospères, la grande majorité connaissent une extrême pauvreté, mais toutes ont en commun d'être des lieux où vivent des communautés dynamiques et qui résonnent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Mahpee
  19 avril 2015
Les faits divers impliquant la population noire américaine sont légions et font régulièrement la une des journaux mais c'est oublier un peu vite la cause indienne. le livre de David Treuer, India Roads, a le bon sens de remettre en avant le toujours délicat problème de affaires indiennes et notamment celles des réserves. le réserves indiennes sont environ au nombre de trois cents, disséminées sur tout le territoire américain. Elles sont constituées d'une grande variété de territoires. D'immenses pour certaines, elles sont parfois réduites à un simple camp mais le dénominateur commun rime souvent avec misère et délinquance, trafic de drogues et meurtres. Cinq cent soixante-quatre tribus sont reconnues au niveau fédéral mais toutes n'ont pas leur réserve.
C'est avec un livre très documenté que David Treuer nous retrace le parcours qui a permis aux nations colonisatrices de refouler ces peuples premiers vers des territoires laissés-pour-compte. Mêlant sa propre expérience à l'histoire cruelle du peuple indien et en particulier les Ojibwé, tribu à laquelle l'auteur appartient, après que son grand-père, fuyant l'Autriche en 1938, se soit réfugié dans cette tribu avec sa famille ressentant pour la première fois de son existence une vraie sensation de sécurité. Sa filiation indienne est née des amours de son père avec une Ojibwé de souche. Son livre débute par son retour dans cette réserve qui l'a vu naître, où il vient assister à l'enterrement de son grand-père indien qui s'est tiré une balle dans la tête. Une fin tragique pour un homme secret qui s'était juré de ne jamais quitter sa réserve mais qui avait survécu au débarquement en Normandie et à la bataille des Ardennes.
Un bilan sans concession, qui ne peut laisser le lecteur insensible au sort cruel qui s'est acharné sur la nation indienne.
Mahpee qui veut dire ciel en langage Sioux.
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chriskorchi
  20 mai 2014
C'est un petit bijou que j'ai découvert et que je vais conseiller autour de moi. Mêlant l'autobiographie et le récit historique l'auteur nous livre un portrait sans concession de l'Amérique indienne. C'est passionnant, envoûtant, bouleversant et le fait que cela soit autobiographique en partie apporte beaucoup à la puissance de ce récit authentique.
La vie des indiens y est superbement décrite et expliquée, la plume de l'auteur est vraiment délicate et dure à la fois. En bref, je peux dire que j'ai adoré voyager sur les mots de l'auteur et que je me suis imaginée les personnages , les lieux et les situations sans peine. L'auteur s'est beaucoup documenté et cela se sent. Il existe 564 tribus indiennes reconnues en Amérique, et près de 310 réserves réparties sur plus de 30 Etats.
Il y a des passages vraiment émouvants comme l'arrivée des casinos dans les réserves et les dégâts qu'ils vont causés, les cultures et des langues indiennes, menacées de disparition.
Les 6 chapitres commencent tous par une expérience personnelle, une petite note… et traitent chacun d'un thème précis. Je suis encore touchée par les mots qui continuent de résonner et je pense que l'auteur pourrait écrire un livre sur sa famille tant elle est atypique . Je vais rattraper mon retard car c'est le premier roman de l'auteur que je lis et je ne veux pas passer à coté de quelques choses.
VERDICT
Ne faites pas l'impasse sur ce fabuleux roman d'aventure. Il n'est pas nécessaire de s'intéresser aux indiens pour l'apprécier. C'est un splendide moment de lecture !
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keisha
  19 mars 2015
David Treuer est l'auteur de Little et Comme un frère (entre autres); son père, juif autrichien, a émigré aux Etats-Unis en 1938, et sa mère est une amérindienne Ojibwé. Il a grandi dans la réserve indienne de Leech Lake, au nord du Minnesota. Rez Life parle bien sûr ... des réserves indiennes. L'auteur connaît le sujet de l'intérieur mais a aussi compulsé pas mal de documents, discuté avec des témoins. Partant fréquemment de sa propre vie familiale ou amicale il aborde des sujets plus généraux, ce qui donne une lecture plus aisée car j'avoue m'être parfois perdue dans tous les sigles. Il met à bas nombres d'idées fausses ou préconçues sur les indiens et les réserves.
Par exemple les traités entre européens et indiens, qui justement étaient des traités -à respecter.
Au cours du 19ème siècle, "les tribus indiennes renonçaient à certaines de leurs terres et se réservaient les autres pour leur propre usage. Ces portions restantes furent appelées 'réserves'. En ojibwé, cela se dit 'ishkonigan', qui signifie 'les restes'. En plus de ces terres réservées sur lesquelles les Indiens étaient censés pouvoir vivre à leur guise sans être inquiétés, les accords comprenaient diverses clauses leur accordant des droits particuliers ou 'droits garantis par traité'. Ces droits - de chasse, de pêche, de cueillette, d'exploitation forestière - étaient nombreux."
Les problèmes accablant les réserves - "criminalité, gangs, chômage, suicide et faible taux de réussite scolaire"- ne sont pas écartés mais évoqués sans misérabilisme; parfois des solutions fonctionnent.
Et les casinos, qui ont vraiment changé la donne dans la seconde partie du 20ème siècle?
"Pourquoi les Indiens ont-ils le droit d'avoir des casinos et pas nous? Cette question revient souvent, et il est facile d'y répondre : c'est à cause des Cherokees, et à cause d'un mobile-home à Squaw Lake dans les Minnesota." Les détails forment une bonne partie d'un chapitre, je ne détaille donc pas.
David Treuer est indien et fier de l'être. Son plaidoyer pour la culture -et la langue- est à prendre en considération. Je recommande ce livre à ceux qui veulent en savoir plus sur les réserves indiennes (histoire, vie actuelle, futur).
Pour le plaisir, un bon passage de l'introduction, au sujet des Ojibwés versus autres indiens.
"Nous étions des teigneux, des 'preneurs de noms' ayant vaincu les Iroquois, les Sauks et Fox et les célèbres Sioux, et pourtant, nous ne sommes pas très connus pour cela. D'ailleurs, les Sioux, qui sont sans doute les guerriers indiens les plus réputés, occupaient autrefois le territoire où nous vivons, dans les forêts du nord du Minnesota, du Wisconsin et du nord-ouest de l'Ontario. Mais nous les avons chassés vers les plaines où ils ont prospéré en chassant le bison. Peut-être que le problème est là. Les Sioux chassent le bison à cheval et nous, les Ojibwés, posons des collets pour piéger les lapins, chaussés de raquettes. Les Sioux ont monopolisé le marché du cool version indienne. C'est également vrai pour les noms." ( une des exemples donnés, Crazy Horse -cheval fou- face à Mouse Dung - crottes d'orignal)
En un sens, c'est peut-être une bénédiction. Nous avons globalement évité que des tiers écrivent sur nous; (...) Nous avons aussi évité d'être envahis par ceux qui rêvent d'être indiens et les 'fanas de la culture' parce que, en fin de compte, personne ne souhaite être un Indien sans chevaux, qui vit dans des marais, piège des castors et n'a pas développé de saisissants motifs géométriques en perles ou des coiffes de guerre du plus bel effet."
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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LN
  06 août 2014
David Treuer a grandi sur une réserve au nord du Minnesota et c'est donc de l'intérieur qu'il nous livre son expérience. Mais il reste dans la mesure et adopte les points de vue alternativement des indiens et des blancs de façon à mettre à jour les logiques et origines de la difficile cohabitation.
"Les opinions sont présentées comme des opinions, et les faits comme des faits. Lorsque la frontière entre les deux devenait floue, je me suis efforcé de faire la part des choses au mieux."
"Comme les réserves elles-mêmes; ce livre est hybride. Il contient des éléments journalistiques, historiques et autobiographiques. A ce titre, il se veut plus évocateur qu'exhaustif. Son but est de saisir une part d'histoire et une part de vérité que la vie des réserves - phénomène multiple et non unique; qui dépend de l'angle de vue et des personnes auxquelles on parle."
Ainsi David Treuer entremêle ses propres souvenirs à des données historiques, à des expériences précises, des situations concrètes qui permettent de comprendre les enjeux. Son analyse est éclairée, intelligente. Les idées reçues volent en éclat.
Il aborde des sujets variés comme le fonctionnement du gouvernement tribal, les réticences et méfiances des nombreux indiens face au gouvernement américain, la violence qu'elle soit due à la drogue ou pas. Mais il s'attache surtout à ce qui fonde l'identité des indiens, le lien parents/enfants indiens et la recherche de ce que sigbifie une appartenir à une culture. En effet, les cultures indiennes se meurent malgré l'accroissement démographique des indiens, preuve en est dans la disparition des langues :
"La mort culturelle est une chose grave, car si la culture meurt nous aurons raté l'occasion non seulement de vivre selon les termes que nous avons choisi (et nos ancêtres se sont battus longtemps, avec acharnement pour cela), mais aussi de vivre nos propres termes."
Il faut être un militant de la langue et comprendre que si l'assimilation a été forcée il y a nécessité de fonder son identité.
"Si la langue meurt, nous perdrons quelque chose de personnel, un degré de compréhension qui, pour les locuteurs qui parlent couramment, relève de l'inconscient. Nous perdrons la perception que nous avons de nous-mêmes et de notre culture."
"Quand des cultures disparaissent, nous perdons avec elles la pluralité de l'Amérique, le délicieux malaise productif qu'apporte une authentique conscience."
David Treuer présente un livre intelligent qui cherche à démeler l'écheveau des rivalités, la logique des conflits, sans s'arrêter aux préjugés, il expose globalement la situation, les tenants, les aboutissants et éclaire ainsi cette histoire indienne d'un oeil neuf et spirituel. Parce que "Comprendre les Indiens d'Amérique, c'est comprendre l'Amérique."
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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estrella_oscura
  23 mai 2014
David Treuer est connu en France pour son travail de romancier (Little, Comme un frère et le manuscrit du docteur Apelle sont publiés en France par albin Michel). Il est également professeur de littérature à l'université de Californie du sud (le mec a deux thèses, dont l'une a été dirigée par Toni Morrison : paye la classe) et essayiste. Il travaille enfin activement avec son frère aîné Anton à compiler le plus de documents oraux possibles en langue ojibwée afin d'en écrire la première grammaire pratique.
Car David Treuer est ojibwé, donc, et membre de la réserve de Leech Lake dans le Minnesota. C'est de son expérience en ce lieu, du vécu de sa famille qu'il part pour rédiger le présent livre - document hybride, à la manière des amérindiens d'aujourd'hui, qui mélange autobiographie, réflexions personnelles, histoire et mise en perspective. le tout, brodé par sa plume de romancier, donne un ouvrage inclassable mais surtout passionnant sur le quotidien d'une réserve au vingt-et-unième siècle. le titre original est d'ailleurs Rez Life - plutôt intraduisible certes, mais qui affiche bien plus clairement le propos de l'ouvrage que cet Indian Roads qui ne dit rien du tout ; qui invite au contraire à se méprendre sur le sujet (bien qu'il ait l'avantage de claquer un peu plus sur les étals de librairie).
La suite ici : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2014/05/11/indian-roads-de-david-treuer-5367458.html
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critiques presse (1)
Telerama   09 juillet 2014
Jamais ennuyeux, David Treuer décrypte les bouleversements historiques, s'attarde sur les transformations du paysage aussi bien que sur les diverses méthodes de pêche sur un lac glacé, les méfaits de l'alcool ou la douleur d'enterrer un grand-père qui s'est suicidé.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MahpeeMahpee   19 avril 2015
L'histoire de l'Amérique autochtone, telle qu'elle est le plus souvent traitée, peut être représentée sous forme de bilan avec, d'un côté, les apports positifs des Indiens et, de l'autre, les crimes et transgressions des Blancs :
Indiens
Ont fourni nourriture et abri aux Pères pèlerins.
Ont fait découvrir le maïs, les courges, les tomates et le chocolat aux Européens.
Aiment la Terre-mère.
Défendent l'esprit de communa et de solidarité.
Ont été contraints à vivre sur des réserves.
Ont signé des traités de bonne foi.

Anglo- Américains
Ont donné aux Indiens des couvertures Contaminées par la variole
Ont fait découvrir "l'eau de feu" aux Indiens
Blessent la Terre-Mère
Défendent le capitalisme et l'individualisme
Ont été obligés de vivre dans les banlieues
Ont rompu les traités de mauvaise foi
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ElectraElectra   12 octobre 2016
Les Sioux ont monopolisé le marché du cool version indienne. Ils des avaient des chefs appelés Crazy Horse (Cheval Fou), Sitting Bull (Bison Assis) et Red Cloud (Nuage Rouge). Les nôtres s’appelaient Mouse Dung (Crottes d’orignal), Little Frenchman, Flat Mouth (Bocuhe Plate), Yellow Head (Tête Jaune) et Hole in the Day (Trou dans le Jour).
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exbrayat-wexbrayat-w   02 décembre 2018
Beaucoup s'étonneront de découvrir qu'il existait un "problème indien" - comme il existe des problèmes d'humidité et de moisissure, des invasions d'insectes et autres infestations pernicieuses -, mais à l'évidence, il y avait un.
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exbrayat-wexbrayat-w   02 décembre 2018
Si vous voulez évaluer la santé d'une communauté, d'une nation, cherchez du côté des femmes. Si elles subissent des menaces de violences, si elles souffrent de la peur, de mauvaise santé physique, mentale ou spirituelle, si elles n'ont pas accès à l'éducation , qu'elle soit traditionnelle ou scolaire, alors c'est que quelque chose ne va pas.
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exbrayat-wexbrayat-w   02 décembre 2018
Mise en place à l'époque coloniale, l'américanisation visait à créer un corps social uniforme partageant les mêmes valeurs, le même mode de vie, mettant le même accent sur le travail, l'épargne, l'esprit d'entreprise et l'accumulation du capital.
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Videos de David Treuer (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  David Treuer
David Treuer - Et la vie nous emportera .À l'occasion de la 8ème édition du festival America, le festival de littératures et cultures d'Amérique du Nord, David Treuer vous présente son ouvrage "Et la vie nous emportera" aux éditions Albin Michel et traduit en français par Michel Lederer. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/1565197/david-treuer-et-la-vie-nous-emportera Notes de Musique : "TENNESEE HAYRIDE" by Jason Shaw - Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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