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ISBN : 2351781678
Éditeur : Gallmeister (02/11/2017)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 48 notes)
Résumé :
À l’été de 1914, Jean-Marc Montjean, jeune médecin tout juste diplômé, revient s’installer à Sallies, petit village du Pays basque dont il est originaire. Rapidement, il est appelé à soigner Paul Treville dont la jolie sœur jumelle, Katya, l’intrigue de plus en plus. Bien accueilli chez les Treville, le jeune homme devient un ami de la famille, qu’il fréquente assidûment en dépit d’une certaine ambiguïté dans leurs relations. Et même s’il devine derrière leurs hospi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  24 avril 2018
Avant de lire L'été de Katya, j'ignorais tout de l'existence de Trevanian, et a fortiori du mystère éditorial fomenté autour de son identité et à vrai dire, je m'en fiche un peu et même beaucoup, car cette énigme baptismale n'a en rien pollué mon excellente découverte littéraire.

En 1938 juste avant la seconde guerre mondiale, 24 ans après les événements estivaux qui ont modifié son existence, le Docteur Jean-Marc Montjean revient à Salies-les-Bains, station thermale où il a commencé sa carrière médicale comme assistant du Docteur Gros, et croisé Katya, une parisienne exilée au pays basque en compagnie de Paul, son frère jumeau et de son père, doux-dingue-rêveur enfermé dans un monde médiéval qu'il explore sans répit au point d'être déconnecté de la réalité. Les faits amoureux et néanmoins platoniques se sont déroulés au cours de l'été 1914, décrit par de nombreux écrivains européens comme une excellente saison, une explosion hellénique d'exubérance désespérée, à la fois fin et présage avant la mort d'une civilisation et de millions de jeunes gens sacrifiés dans les tranchées et alentour. Jean-Marc en sait quelque chose puisqu'il a combattu durant toute la durée de la première guerre mondiale. Et survécu.

L'amour instantané qu'éprouve Jean-Marc pour Katya peut paraître irréaliste, mais les particules dont l'amour est fait sont trop fines pour être subdivisées et analysées, tout comme la globalité d'un amour est trop vaste pour être perçue en un instant particulier et sous un seul angle du coeur. Bien sûr, Katya et Paul révéleront en cours d'intrigue les nombreux squelettes cachés par leur famille dans les placards et ayant justifié leur éloignement de la capitale désormais olympique, puisque ce roman est publié par Gallmeister.

Si l'intrigue n'est pas trépidante, entre thé et pique-nique, trajets en calèche sous la pluie ou par temps sec, le style de l'auteur vaut à lui seul le détour des lecteurs : classique, très XIXème siècle, duquel Trevanian a ôté la boursouflure, la pédanterie, la condescendance, pour réussir ce tour de force de rendre les imparfaits du subjonctif agréables et confortables à lire, voire inévitables, tout comme une concordance des temps irréprochable que personne ne connaît plus (pas moi en tout cas !). Merci à Emmanuèle de Lesseps, révisée par Marc Boulet pour leur travail de traduction, de toute évidence excellent. Les dialogues sont d'une finesse rare. Certaines saillies verbales du Docteur Gros devant son apéritif anisé en terrasse, cyniques et salutairement méchantes, ne seraient pas, à mon sens, reniées par Pierre Desproges. C'est dire le plaisir que j'ai pris à découvrir cet ouvrage de Trevanian, même si ce n'est pas son vrai nom.
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Bazart
  16 janvier 2018

Connnaissiez vous la légende du romancier américain Trevanian? En effet, celui ci est un des auteurs sur lequel les rumeurs les plus incroyables ont circulé et qui a attisé la plus folle curiosité du monde littéraire.
Un écrivain sans visage dont les livres se sont vendus à plus de cinq millions d'exemplaires et on,été traduits en près de quinze langues sans qu'il ait jamais fait de promotion dont le célèbre La Sanction en 1972, succès planétaire qui sera adapté au cinéma trois ans plus tard par Clint Eastwood.
En 1983un article du Washington Post révèle qui se cache derrière Trevanian, et l'éditrice du Who's Who in America renchérit : elle indique que le véritable auteur s'appelle Rodney Whitaker, qu'il est né au Japon en 1925, est titulaire d'un doctorat en communication et a été professeur à l'université du Texas. Bien que l'auteur véritable ait été découvert, cela n'empêche pas le mythe de perdurer au rythme des parutions sporadiques de Trevanian.
Parmi elles, L'été de Katya, paru initialement en France aux éditions Denoël en 1983, a été ressorti fin 2017, par Gallmeister l'éditeur habituel de Trevanian.
Ressorti ou plutot ré exhumé tant ce roman, assez éloigné des oeuvres précédentes de son auteur avait été un peu oublié depuis. Il faut dire que cet auteur mystérieux qu'est Trévanian, décédé en 2005 est plus célèbre pour ses thrillers d'action comme la Sanction adapté par Clint Eastwood en personne dans les années 80.
L'été de Katya est un roman assez classique dans sa forme, plus proche du drame romantique historique ( l'histoire se déroule en France en 1914) pas très loin d'un univers à la Daphné du Maurier, que du thriller psychologique bourré d'adrénaline.
Si on connait finalement peu de choses sur Trévanian on sait qu'il a passé pas mal d'années au Pays Basque du coup on n'est pas étonné de voir que son intrigue se déroile pendant un été caniculaire dans ce même Pays basque en août 1914 .
On aime la plume toute en élégance et délicatesse de l'auteur qui parvient à faire virer sa romance assez classique au début en une sorte de roman sombre, troublant et assez maléfique , flirtant même avec le fantastique et les esprits.
Une découverte assez formidable que la toujours épatante maison d'édition Gallmeister a eu l'excellente idée de faire connaitre à ses fidèles lecteurs.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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artemisia02
  17 novembre 2018
Un roman qui se déroule entièrement dans le pays basque si cher à Trevanian et que j'ai aperçu dans Shibumi.
Un bel hommage aux basques, à leurs caractères et à leurs traditions.
Un roman d'ambiance au cours de l'été 1914, à la veille de la grande guerre, une ambiance qui alterne légèreté et tension, sauf qu'au fur et à mesure c'est la tension qui prédomine et la légèreté qui s'éloigne.
L'auteur souffle le chaud et le froid, il passe de la bonne humeur aux mises en garde, de l'ironie à la bienséance, de l'amour naissant aux fins de non recevoir. Et les rumeurs qui courent sur cette famille parisienne les Treville, "en vacances " dans le village n'offrent pas la sérénité recherchée.
Les dialogues sont toujours aussi piquants, tout en finesse entre les parisiens, surtout le frère, imbu de lui-même, et notre pauvre héros, médecin d'origine basque, qui a tout fait pour cacher son accent lors de ses études à Paris. de belle joutes verbales que j'avais déjà appréciées dans Shibumi.
La tragédie s'annonce lentement mais sûrement, elle ne viendra pas de là où on l'attend mais elle sera bien là.
Une très belle histoire sur fond de pays basque, peut être pas le roman le plus connu de l'auteur mais je continue ma découverte avec plaisir.
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JIEMDE
  21 novembre 2017
Que la langue de Trevanian est belle... Et heureusement ! Car L'été de Katya traîne un peu en longueur.
Au coeur du Pays Basque, à l'aube de la Grande guerre, les vies de Jean-Marc, jeune médecin remplaçant et de Katya, Parisienne débarquée en province vont se croiser le temps d'un court été.
Il est conquis, amoureux, prêt à ferrailler contre Paul Le frère de Katya, imbu de lui-même, condescendant et méprisant, qui s'oppose à ce rapprochement annoncé. Elle est belle, légère, insouciante, mystérieuse, gaie et, a priori, prête à se donner.
Sauf que les choses apparaissent rapidement plus compliquées et qu'un secret semble plomber cette famille Tréville, dont la fuite régulière semble être inéluctable.
Dire que l'intrigue m'a passionné serait exagéré : c'est assez lent, assez long, assez convenu et même le twist final ne fait plus effet. Dommage...
Mais l'atmosphère récréée par Trevanian, tout comme la langue maniée à propos - mention particulière à la traduction d'Emmanuèle de Lesseps - sauvent cette lecture jusqu'à la rendre plaisante. Trevanian vient ici puiser dans la culture française, celle de Proust et de Flaubert, pour recréer l'atmosphère désuète de la province de la belle époque, où l'on fait la cour, discute et médit au café, danse à la fête, pique nique sur l'herbe au cours d'une excursion en cabriolet... Insouciance délicieuse et décalée alors que les canons s'affutent dans les pays voisins.
Et même si la campagne est belle, le drame n'y est pas pour autant absent.
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mollymon
  30 octobre 2017
Par un bel été, le dernier avant la Première Guerre mondiale, Jean-Marc rencontre Katya, une jeune aristocrate parisienne arrivée depuis peu dans la station thermale où il travaille La demoiselle est ravissante et pleine d'esprit, il tombe immédiatement sous son charme.. .
Pour la courtiser, il se rend chaque jour dans la villa isolée qu'elle occupe avec son père et Paul, son frère jumeau. La famille semble un peu curieuse; Katya voit un esprit dans le jardin, son érudit de père n'a pas l'air d'être bien en phase avec la réalité, son frère se montre agressif et demande constamment à Jean-Marc de ne pas se montrer trop intime avec la jeune fille.
Il semblerait que quelque chose ne tourne pas tout à fait rond dans cette famille. Mais quoi ? Ce que Freud appelait l'inquiétante étrangeté, peut-être....
Entre roucoulades amoureuses avec la jeune fille, joutes oratoires avec le frère arrogant et les élucubrations du père, l'histoire se languit jusqu'à ce que s'insinue une touche de mystère, quand est enfin révélée la raison qui a poussé cette famille à vivre recluse loin de Paris.
Il ne se passe pas grand chose entre l'apéritif, le thé, le café et le cognac. Ah si, un pique-nique quand même ! Pour avoir de l'action, il faut attendre les toutes dernières pages.
En bref, c'est un roman curieux à la tonalité légèrement gothique qui se déroule dans une atmosphère quasi proustienne... C'est fort agréable au début mais ça finit par devenir un peu lassant.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   08 mai 2018
Ah oui, écrire. A cette époque, je me sentais capable de tout. N’ayant rien entrepris, je n’avais aucun sens de mes limites. N’ayant rien osé, je ne connaissais pas de bornes à mon courage. Pendant mes années besogneuses et grisâtres à l’école de médecine, j’avais rêvé d’un avenir constitué de deux carrières : celle d’un médecin brillant et dévoué, et celle d’un poète inspiré et inspirateur. Pourquoi pas ? J’étais un lecteur vorace et sensible, et je commettais l’erreur habituelle de déduire de ma réceptivité en tant que lecteur un talent latent d’écrivain, comme si le fait d’être gourmand prédisposait au métier de cuisinier. En effet, à l’origine, mon intérêt pour l’œuvre pionnière du Dr Freud avait jailli non d’une préoccupation pour les êtres tourmentés dans leurs rapports avec la réalité, mais de ma curiosité personnelle au sujet de la nature de la créativité et des ressorts de la motivation.
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somsom   05 mars 2018
p. 152 Le froid et l’obscurité sont les constantes du vaste univers, la lumière et la chaleur n’existant que dans le voisinage privilégié de minuscules étoiles. De même, la solitude et le renoncement sont les constantes de la vie humaine, tandis que la jeunesse et l’amour sont des moments fugaces sont la valeur réside dans leur fragilité même. Il n’y aurait pas de mal à s’accrocher à la rassurante fiction que ces bonheurs éphémères représentent les conditions habituelles de la vie, si ce n’est qu’une fois qu’ils sont passés, comme c’est leur sort inévitable, il ne nous reste plus qu’à vivre dans l’amertume d’avoir été, en quelque sorte, trompé par le destin. Nous finissons par ne plus subir que des tortures de l’envie et du vain espoir, lesquelles nous détournent des plaisirs modestes mais durables, de la sérénité et de la résignation.
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artemisia02artemisia02   13 novembre 2018
Sa renommée, justifiée, d'être l'homme le plus laid de Gascogne, voire de toute la France, lui épargnait de faire des envieux. Sa laideur était unique et complète,concernant aussi bien le général que le particulier : une laideur dont la globalité était plus grande que la somme des parties, une laideur à laquelle chaque trait apportait sa contribution, depuis le nez bulbeux et veiné jusqu'à la peau grêlée, semée de marbrures et de verrues, en passant par la bouche épaisse et flasque, les bajoues tremblantes, les oreilles noueuses, enfin le menton en galoche, surplombé d'un front proéminent. Seuls ses yeux vifs et pétillants, échappaient à l'holocauste esthétique.
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sevm57sevm57   18 février 2019
Tous les écrivains qui ont décrit le dernier été précédant la Grande Guerre ont cru devoir commenter la perfection inhabituelle de la saison: les jours sans fin aux ciels d'un bleu ardent traversés d'indolents nuages de beau temps, les longues soirées lavande rafraîchies de brise douce, les petits matins chantants jaunis de rayons obliques. D'Italie en Ecosse, de Berlin à mes vallées natales des Basses-Pyrénées, l'Europe entière jouissait d'un temps exceptionnellement clair et délicieux. Ce fut la dernière chose qu'elle eut en commun pendant quatre terribles années - hormis la boue et l'angoisse, la haine et le mort de cette guerre qui marqua la frontière entre le XIXème et le XXème siècle, entre l'Age de la Grâce et l'Ere de l'Efficacité.
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sevm57sevm57   15 février 2019
Vous me demandez ce que je sais des Tréville? J'en sais ce que la ville en sait. Tout et rien. Les Tréville ont été particulièrement insensibles aux questions détournées des femmes de ménage et des commerçants auxquels ils ont eu affaire pendant l'année qu'ils ont passée parmi nous. Donc, le bon sens paysan s'est senti libre d'élaborer - non, s'est senti obligé d'élaborer - une biographie adaptable aux minces faits connus. Les vieilles commères de Salies sont sujettes à penser qu'il est de leur devoir de créer et de propager des légendes et rumeurs pleines de détails croustillants afin de protéger les Tréville de cancans par trop fantaisistes.
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