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EAN : 9782859408947
224 pages
Phébus (27/03/2003)
3.48/5   29 notes
Résumé :
Le « Kilomètre 51 », au bord de la piste Transchaco, est loin d'être un paradis. Et moins encore un Eldorado. Ont débarqué là. il y a onze ans, un couple de Français et leur gamin, qui se sont essayés à l'élevage sans grand succès. et auxquels le climat commence à monter à la tête. Le père ne parle plus. Le fils s'est trouvé une vocation de brute accomplie : saouleries chez les putes, parties de chasse sanguinaires. chevauchées sans fin en compagnie des mauvais garç... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Le prix Interallié 1994 est un roman du désespoir. Il est écrit à la 1ère personne du singulier par un homme mais le « Je » est une femme (j'y reviens). Cette femme, c'est Ida, française d'une soixantaine d'années, arrivée dans le Chaco paraguayen onze ans plutôt avec son mari et son fils, pour exploiter un élevage de bovins. le Chaco est un enfer tropical ; la nature, le climat y sont insupportables et les hommes y deviennent monstrueux. L'expérience a tourné au fiasco. D'une écriture sèche, faite de phrases courtes, l'auteur nous décrit l'espoir qui s'est enlisé, puis a pourri sur place jusque la tragédie. Mais ce qui est le plus étonnant pour moi, c'est donc ce choix narratif. Marc Trillard écrit « je », il se met « à la place » d'Ida Etchegarray, et je me suis posé la question : Est-ce que ce texte aurait été écrit de la même façon avec une sensibilité (dans tous les sens du terme) de femme ? Et est-ce que l'histoire (surtout son épilogue) aurait été la même ? Alors pourquoi ce choix ? En tous les cas voila un roman sombre et dur, qui ne laisse pas indifférent, un texte qui, pour moi, vaut 4*. Allez salut.

P.S. : On n'est pas obligé de répondre à ces questions, elles peuvent n'être que des sujets de réflexion. Je pense néanmoins « ouvrir » une liste babéliesque sur le sujet : « Je » est Une autre.
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Eldorado 51. Paraguay. le long de la Transchaco, au kilomètre 51 vivent Joseph, Ida, et leur fils Jean-Baptiste. A l'instar d'allemands, canadiens, mennonites, ils sont éleveurs. Mais les promesses d'une fortune et d'une expansion ne sont pas au rendez-vous. La désolation a pris place non seulement dans les terres, dans les finances, au coeur du cheptel mais surtout au sein de cette famille. Un père dont la raison s'en est allée, un fils rugueux, brut ; une brute. Une mère, Ida, qui essaye de sauver le peu qui lui reste alors que tout lui échappe.
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J'ai aimé cette histoire grâce à l'auteur, qui, outre décrire merveilleusement bien la déliquescence de cette famille, de ce pays, rend compte de la dureté à vivre dans ces espaces stériles comme les bêtes qui les occupent, comme les coeurs des hommes. L'amour, l'empathie, semblent avoir été piétinés sous ces sabots.
Marc Trillard sait par ailleurs nous mener doucement mais fermement vers une tension et un suspense.
Ce roman est noir, amer et s'assombrit à un point que je n'aurais imaginé.
Amateurs de poussière, de grands espaces, d'espoirs, de ténacité, de violence qui sourd, croît, cette histoire est pour vous.
Un vrai coup de coeur.
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L'Eldorado n'est que poussière, misère et langueur.
Il s'insinue dans la peau, rentre dans les yeux, suinte partout.
51, n'est pas du pastis, mais le nom d'une route qui se perd en jungle.
L'Amérique du Sud, comme si vous étiez.
Vous voulez sentir l'humidité, la puanteur des animaux qui se décomposent ? La tristesse des efforts qui ne servent à rien ? Vous voulez sentir l'épaisseur de la nuit au milieu de la forêt ? Vous voulez vous retrouver à mille lieux de chez vous sans bouger ? Alors Eldorado 51 est pour vous.
Trillard à ce don là, nous faire rentrer dans le décor.
Mais je n'étais pas près pour ce voyage. Pas disposé ? Pas le moment. Je suis passé à côté, sans toutefois perdre de vue que ce que je lisais était remplis de force et de puissance.
Quelques images sont restées gravés, comme des tatouages. Comme si je les avais moi-même vécu.
Que peut-on demander d'autre à un grand écrivain ?
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Une sorte de "Voyage au bout de la nuit" sans répit, puissant, cruel. Je viens de refermer les pages de ce roman qui m'a énormément plu. Peut-être contrairement à d'autres lecteurs, j'ai l'habitude de rédiger mes critiques "à chaud" car je suis convaincu que le "parfum" qu'un livre nous laisse au moment de l'avoir fini est le plus fidèle. La mémoire nous joue des mauvais tours et les émotions s'estompent rapidement. C'est donc à vif que vous transmets mon ressenti. J'ai lu le roman en une journée, sans pouvoir le lâcher. Je voulais absolument connaître la fin de cette descente aux enfers de cette famille d'expatriés. Étant moi-même expatrié dans plusieurs pays, j'ai ressenti exactement les mêmes déceptions, le même sentiment de gâchis et d'anéantissement que la narratrice. La longueur du roman est parfaite...assez pour suivre cette débâcle familiale ainsi que les illusions de la narratrice sans détours inutiles. Plus de pages auraient peut-être rendue l'histoire moins puissante. Un livre fort et qui fait méditer sur la place que nous donnons dans nos vies à nos illusions et à nos projets...et qui finissent le plus souvent par se fracasser face aux mille et une forces contraires que nous ne pouvons pas maîtriser.
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Rarement un roman ne donne à voir le fond de l'abyme. La narratrice décrit sans fard le cheminement vers le fond du désespoir. Désespoir de sa vie professionnelle (illusion de repartir “à zéroˮ à l'autre bout du monde, désenchantement du monde, des relations humaines, proches et lointaines, de ses collègues disséminés dans le vide sud-américain. L'auteur réussit à nous emmener et à faire partager les souffrances de sa narratrice sans tomber ni dans le glauque ni dans le sordide, un équilibrisme au bord du précipice avec vue sur l'enfer. Un grand roman que l'on pourrait ranger dans le registre “histoires moralesˮ, il me semble.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Sur les bas-côtés de la piste nous ramenant au kilomètre 51, on observe les traces du passage des farouches pionniers blancs du Chaco et des Asunceños qui bravent les esprits de la steppe lors de leurs week-ends de chasse : boîtes de bière, douilles de cartouche, paquets de cigarettes froissés, carcasses de mammifères touchés en pleine course. Ils baissent la vitre de leurs 4x4 climatisés, épaulent et tirent. Ils ne s'arrêtent que pour relever les pièces nobles, les grands carnassiers dont ils offriront le trophée car les murs de leurs propres demeures en sont assez pourvus.
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La douleur reflue lentement, revient tout à coup, se retire pas à pas, resurgit de nouveau. La douleur n'est pas la souffrance. La douleur hurle quand la souffrance parle.
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