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EAN : 9782370710000
350 pages
Éditeur : Le Temps des Cerises (09/05/2014)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
A sa parution, en 1947, ce roman fit scandale. "Les uns ne voulaient y voir qu'un invraisemblable tissu d'histoires de haute fantaisie, d'autres n'y trouvaient que trop de vraisemblance Ce roman où j'essaie de dire la drôle de paix que nous vivions. Ce roman qui raconte la vie quotidienne de l'époque devrait me rappeler que rien n'est jamais gagné, ni tout à fait ni pour toujours". Anne-Marie est retournée aux îles, mais son mari et ses enfants lui sont devenus des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
josdoit44
  16 juin 2014
Je tiens tout d'abord à remercier les éditions "Le temps des cerises" qui m'ont envoyé le livre dans le cadre "Masse critique".
Le livre est de qualité, en papier gros grain et la police est bien choisie. Une belle réédition de ce livre, Merci .
L'auteure de ce livre est Elsa Triolet, née à Moscou le 11 Sept 1896 et morte à St Arnout en Yvelines le 16 Juin 1970.
Issue de la bourgeoisie russe, Elsa Triolet née Ella Kagan apprend le français dès 6 ans.
Elle quitte son pays natal pour la France en 1918, elle épouse l'officier André Triolet qu'elle quittera dès 1921.En 1928, elle rencontre Louis Aragon qui sera son grand amour. Résistante pendant la seconde guerre mondiale, elle militera à sescotés pour le communisme.
"Les fantômes armés" sont la suite de "Anne-Marie, personne ne m'aime" et se situe à la fin de la seconde guerre mondiale.
Anne- Marie est retournée aux îles mais son mari est ses enfants lui sont devenus étrangers. Elle revient alors sur Paris et le redécouvre en pleine ébullition lors de la libération.
Elle prend un amant "pour s'amuser ", le colonel de Chamfort (Célestin ) qui la présente aux yeux des autres comme reporter photographe.
A l'automne, elle apprend sérieusement la photo dans le Paris du froid et des restrictions. Elle essaie de reconstruire sa vie, voit beaucoup de gens de tous les milieux mais ne se se sent d'aucun milieu.
Elle retrouve Avignon invitée par Célestin, elle y est bien mais cela ne dure pas longtemps. Elle prend alors le train pour rentrer sur Paris mais les conversations qui s'y déroulent , les français parlant des allemands avec le même enthousiasme comme auparavant la perturbe beaucoup.
Désespérée, elle va au petit bourg où elle a passé de longs mois pendant l'occupation. Là, des intrigues se sont noués et elle va y participer.
Ecrit avec finesse, ce livre dépeint bien la fin de la guerre et la libération avec toutes ses intrigues dissimulées et la place qu'Anne Marie peine à trouver dans cette France devenue libre mais encore dévastée par tous les petits arrangements avec les collaborateurs.La France qui malgré la libération est encore sous le choc avec toutes les restrictions de toute sortes est bien décrite. Les difficultés qu'a Anne Marie à se trouver une place dans cette France nouvelle sont bien dépeintes.
Le style d'ElsaTriolet est abondant, spontané et familier. Il y a beaucoup de descriptions. Pour l'époque, son style était nouveau et direct.
Juste un bémol en ce qui me concerne, les répétitions voulues par l'auteure m'ont lassée je l'avoue. J e me suis un peu ennuyée mais que cela ne gâche pas votre envie de le lire, il y a l'atmosphère de la fin de la guerre qui est formidablement bien dépeinte.
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Claire45
  15 juin 2014
Elsa Triolet évoque la situation en France et en Allemagne après la Libération à travers un personnage complexe, Anne-Marie. Madame François Bellanger pour les uns, Ammamie pour les autres, elle est aussi appelée la Demoiselle par les membres de la Résistance dont elle a partagé les convictions ( FTP) et l'action à sa sortie de prison.
1945 : de retour à Paris après la guerre et un séjour aux colonies dans sa famille , elle se retrouve seule et désemparée : "que sont mes amis devenus ?" Installée dans l'appartement d'une Américaine, elle fréquente la haute bourgeoisie dont elle est issue et retrouve Jacquot, résistant communiste influent et lucide. A travers les conversations et ses questions naïves, on comprend les dissensions entre gaullistes et communistes, le danger représenté par les membres de la Cagoule, le fascisme latent , les haines sous-jacentes et les complots ourdis dans l'ombre par ces "fantômes armés" tant en France qu'en Allemagne.
Les personnages rencontrés reflètent cette époque : les profiteurs comme le commandant Lebeau, les ouvriers et petites gens victimes de l'anticommunisme comme Joseph, les militaires, comme Célestin qui désoeuvré maintenant peut devenir dangereux. Quelques femmes aussi : la lingère enrichie par le marché noir, l'aristocrate Mme de Fonterolles qui reçoit de nouveau dans son salon le jeudi malgré la pénurie de nourriture et l'absence d'électricité, la plantureuse Mme Doyen qui a perdu beaucoup des siens et son château, la frivole Colette toujours en quête d'amants.
La romancière plante le décor : Paris au quotidien, un village allemand, Avignon, le village natal où Anne-Marie a mené son action de résistante. Elle utilise souvent des métaphores empruntées au théâtre dans ses descriptions. Chacun y a joué son rôle et il n'est sans doute pas facile de faire la part entre réalité et illusion ?
Pourtant elle s'inspire de faits réels, de témoignages et de sa propre expérience : visite dans l'Allemagne vaincue, dans les prisons où des résistants sont arrêtés pour des vols commis au profit du maquis alors que les collaborateurs sont petit à petit relâchés.
Admirable roman pour tous les amateurs de littérature et d'histoire contemporaine. La préface de Marie-Thérèse Eychart en fait une présentation claire et précise qui facilite l'entrée dans la lecture. A lire ou à relire pour comprendre aussi la société actuelle.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Claire45Claire45   16 juin 2014
Vous rappelez-vous, Madame, la vague d'allégresse qui a déferlé sur le pays, bousculant tout ce qu'elle rencontrait sur son chemin ? Même quand elle se fut retirée, il restait encore des rigoles de joie où se reflétait le soleil... [...]
Il n'y avait plus sur terre que des frères, la grande famille humaine s'était reconnue ...[...]
Un monde comme on le rêve, l'ordure balayée pour toujours ! p.64
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Claire45Claire45   15 juin 2014
Aujourd'hui les hommes se sentent seuls parce que, après la chaleur humaine de ces dernières années, le froid glacial de l'indifférence est arrivé comme un trop brusque changement de saison. Ils n'avaient pas cherché la solitude, ceux-là, au contraire, elle était venue comme un grand malheur. Doublement seuls ceux qui ont perdu les leurs : la famille humaine et la leur. Personne, il n'y avait personne...p.140
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Claire45Claire45   16 juin 2014
Il fallait une autre victoire, qui ne serait peut-être à nouveau pas la bonne [...]
Parce que rien n'est jamais gagné ni tout à fait, ni pour toujours.
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