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EAN : 9782070361830
320 pages
Gallimard (17/10/1972)
3.85/5   189 notes
Résumé :
La nature a beaucoup donné à Martine, les hommes peu. Elle est belle, elle a le rare don d'aimer. Mais à notre âge de nylon, elle est venue au monde dans des condtions de l'âge de pierre. Aussi le confort moderne, le cosy-corner, seront-ils son premier idéal, et le métier de manucure parmi les miroirs et les parfums d'un salon de coiffure suffit à ses rêves de beauté. Elle est en cela semblable à des millions d'êtres.
Daniel Donelle, l'amour de Martine, est d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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IreneAdler
  20 février 2014
"Le plastique c'est fantastique" dit la rengaine. Il est surtout la marque du progrès, et surtout de la propreté, du lisse, du conformisme. Tout ce dont reve Martine, née dans la fange et la misère. Elle sera manucure ("Luxe, calme et volupté") et épousera Daniel, horticulteur dont elle est amoureuse depuis petite fille. Mais cet amoureux des roses et delà campagne se laissera-t-il enfermer entre 4 murs à crédit ?
C'est tout une époque qui reprend vie sous nos yeux : la découverte du confort moderne pour tous ou presque au sortir de la Deuxième guerre mondiale. Et pour ceux qui ne peuvent pas payer tout de suite, autre innovation : les crédit, sur tout pour tout ! Pour votre plus grand bonheur ! Vraiment ? Quand on voit à quelles fins fut réduite Martine, il nous est permis d'en douter.
C'est le début de ce sur quoi beaucoup essay de revenir : trop d'accumulation, trop de nourriture, trop de plastique. Trop de trop. L'enfermement, l'encerclement des choses. L'oubli des sentiments humains pour des questions bassement matérielles. C'est triste à mourir et c'est peut-être aussi une sorte d'avertissement...
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Miette-de-Pomme
  12 août 2016
Tant que j'en suis à lire du Aragon, autant lire du Elsa Triolet: j'ai trouvé sur un marché Roses à crédit, que je me suis empressée d'acheter, bien évidemment.
Alors je l'ai lu en une journée et... je ne sais pas trop quoi en penser, du fait sans doute de la simplicité de l'intrigue qui laisse un vague sentiment de fatalité à la fin de la lecture. Cela se lit très facilement et très rapidement, le style n'est pas marquant mais tout à fait appréciable au fil de la lecture.
C'est l'histoire de Martine, une jeune fille qui a tout pour elle, mais qui habite dans une vieille cabane au fond des bois avec sa mère, son père adoptif et ses nombreux frères et soeurs. Dégoûtée par ce milieu, elle décide d'aller vivre chez sa meilleure amie, Cécile, dont la mère, Mme Donzert, est un peu comme une mère adoptive pour elle.
Elle travaille alors dans le salon de coiffure familial, jusqu'à ce que Mme Donzert se marie et parte à Paris avec les deux filles. Là, Martine se fait employer le prestigieux Institut de Beauté. Martine semble réussir sa vie sous tous points de vue, d'autant qu'elle se marie avec Daniel, l'homme qu'elle a toujours aimé.
Mariée, Martine va habiter un petit appartement, mais seule car Daniel préfère rester à la campagne pour s'occuper du domaine familial, une roseraie renommée, afin de créer de nouvelles roses. Commence alors la décadence pour Martine, car, pendant que sa vie sociale et amoureuse s'effiloche, elle succombe à l'émergence de la société de consommation et au fameux "crédit" qui permet de tout acheter et de rembourser sur le long terme, alors même qu'elle n'en a pas les moyens...
J'ai été assez sceptique au début de ma lecture, car j'y voyais une sorte d'apologie de la femme parfaite, de la beauté, de l'intelligence. En vérité, c'est tout justifié par cette trame de l'oeuvre qui est celle du conte de fée qui tombe en miette. Martine a tout de la princesse (M. Georges, le mari de Mme Donzert la compare à la princesse au petit pois, et, par sa folie maniaque, c'est ce qu'elle est), elle a tout pour vivre un conte de fée, mais elle s'autodétruit d'une façon qui m'horripile assez, au point que je n'ai eu aucune compassion pour elle. C'est pour moi un personnage qui se situe entre Emma Bovary et Scarlett O'Hara, sauf qu'elle ne procure pas cet attachement que l'on peut avoir pour des personnages pourtant désagréables (comme Scarlett O'Hara ou Catherine Earnshaw).
C'est en effet un personnage totalement vide, qui ne sait pas aimer, une pure égoïste qui ne suscite pas la moindre compassion. Ce passage résume bien tout le personnage et sans doute tout le roman lui-même:
"Sur le papier glacé, lisse, net, les images, les femmes, les détails étaient sans défauts. Or, dans la vie réelle, Martine voyait surtout les défauts... Dans cette forêt, par exemple, elle voyait les feuilles trouées par la vermine, les champignons gluants, véreux, elle voyait les tas de terre du passage des taupes, le flanc mort d'un arbre déjà attaqué par le picvert... Elle voyait tout ce qui était malade, mort, pourri. La nature était sans vernis, elle n'était pas sur papier glacé, et Martine le lui reprochait".
On voit bien ici que le personnage de Martine est rongée par son caractère manique: tout doit toujours être parfait, mais le revers de cette perfection, c'est que tout n'est que façade (comme son appartement). le point intéressant dans cette description, c'est que Martine se faisait appeler Martine-perdue-dans-les-bois car, petite, elle avait disparu dans la forêt et tout le village était parti à sa recherche pour finalement la trouver endormie au pied d'un arbre, absolument pas paniquée. Une vraie petite princesse (on se souvient de Blanche-Neige qui chante avec les animaux de la forêt). Mais en vérité, elle n'est jamais sortie et ne sortira jamais de ces bois, des bois de la société de consommation, des bois du crédit.
Martine est une jeune femme qui ne lit pas, parce que "les histoires des autres [l']embêtent, [elle a] déjà assez de mal avec la [sienne)" (ce qui est assez ironique car sa vie est un conte de fée, ce qui prouve qu'elle met l'idéal si haut qu'elle ne pourra jamais l'atteindre). Finalement, il lui manque sans doute cela: le romanesque. Si Emma Bovary succombe au rêve d'une vie romanesque, au moins a-t-elle un monde intérieur riche, bien qu'elle passe à côté de sa vie; Martine passe à côté de sa vie, et n'a rien pour elle: elle est vide. Cela me fait penser à ce passage que je trouve assez drôle: Daniel l'emmène dans un musée (car lui aime l'art), et lui demande ensuite ce qu'elle a aimé: "Rien, dit Martine, j'aime mieux la toile sans peinture dessus, propre...". A l'image de ce qu'elle aime, j'ai le sentiment que Martine est une toile sans peinture, et c'est pourquoi je n'ai pas réussi à établir de lien avec elle.
En fait, je dirais que le lecteur se retrouve dans Daniel, car il essai de l'aimer, mais la personne de Martine est tellement hermétique, fermée, qu'on se heurte à un mur, et on finit par la délaisser sans peine. Daniel et Martine n'ont rien en commun: Daniel a pour passion la rose, et il cherche de toutes ses forces à créer une nouvelle rose (c'est-à-dire quelque chose d'après tout éphémère, de vivant), mais Martine ne comprend en rien cette passion et refuse de le soutenir dans cette entreprise (d'où le fait qu'ils vivent séparément), car pour elle, seuls les biens matériels qui font d'elle une petite bourgeoise exemplaire ont de la valeur. En somme, elle met toute sa vie dans des objets monstrueux là où Daniel comprend qu'il ne faut pas grand'chose pour vivre, et que la création et l'amour suffisent à l'Homme.
"[...] lui, ne souhaitait qu'une chose: la voir heureuse. Et c'était incompréhensible qu'un bonheur qui dépend d'objets inanimés, que l'on peut simplement acheter, fût disputé à qui que ce soit... Daniel se sentait mesquin, pauvre de générosité. Et en même temps révolté de voir le bonheur à la merci d'un frigidaire. Qu'est-ce qu'il y pouvait, mais qu'est-ce qu'il y pouvait!
Que pouvait-il contre l'idéal électro-ménager de Martine? C'était une sauvage devant les babioles brillantes, apportée par les blancs. Elle adorait le confort moderne comme une païenne, et on lui avait donné le crédit, anneau magique des contes de fées que l'on frotte pour faire apparaitre le démon à votre service. Oui, mais le démon qui aurait dû servir Martine l'avait asservie. Crédit malin, enchantement des facilités qui comble les désirs, crédit tout puissant, petite semaine magicienne, providence et esclavage.
Daniel se sentait battu, bêtement battu par des objets. Sa Martine-perdue-dans-les-bois convoitait follement un cosy-corner".
Pour conclure - et parce que je ne veux pas donner le sentiment que je n'ai pas aimé ce livre, ce n'est qu'envers Martine que j'ai développer une certaine répulsion - je dirais que c'est un livre à lire, trop peu connu sûrement, ce qui est fort dommage car c'est un livre simple, accessible à tous, dont la thématique de la société de consommation permet d'expliquer une époque (les Trente Glorieuses) mais permet aussi de réfléchir sur notre propre époque qui ne permet guère aux individus de faire mieux que Martine. C'est agréable aussi, de retourner vers une écriture simple qui pose simplement l'intrigue: l'Homme a tout pour être heureux, mais la société est un obstacle propice à sa chute. En outre, c'est un livre que l'on peut aisément utiliser dans une dissertation de lettres, de philo, d'histoire selon le sujet, et je pense que la simplicité de l'oeuvre est ici un avantage pour la démonstration. Par conséquent, je recommande!
Lien : http://miettedepomme.blogspo..
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FredMartineau
  24 octobre 2015
Jusqu’ici, l’œuvre d’Elsa Triolet restait un territoire inexploré, la résonance de son nom me ramenait aux années « lycée », à sa rencontre avec Aragon, qui m’avait plus marqué que sa production littéraire. En considérant sa biographie, j'ai réalisé que le français n’était pas sa langue maternelle, ce qui ne l’empêchera pas de recevoir un Goncourt. Quel mauvais élève je fus ! Quel fossé d’auteur, un abime que le temps ne suffirait à combler ! L’histoire de Roses à crédit se lit sans faim même si la fin se fonde sur ce besoin primaire, un lit de misère crasse et de rongeurs qui y font leur nid. Là où tout commence, tout finit, cette parabole biblique, l’auteur la nourrit de la peinture d’une société de consommation naissante, de son avatar le plus sournois, le crédit. À ce titre, la description de ce mal qui se propage inéluctablement parmi les couches ouvrières, m’a rappelé les réalités contemporaines du surendettement des ménages et les drames sociaux qu’il provoque. Elsa Triolet, témoin de son époque pressentait déjà la déréliction qu’entraînera la consommation compulsive comme remède au mal-être social ou à la souffrance des plus fragiles. Le destin de Martine. Daniel, lui, rêvera d’une rose, amalgame entre le passé et la modernité. Une réussite que la science lui offrira. Presque soixante-dix ans plus tard, où en sommes-nous ?
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ATOS
  18 août 2020
« Mon frigidaire, mon armoire à cuillères , mon évier en ferre et mon poêle à mazout..mon cire-godasses, mon repasse-limaces, mon tabouret à glace… et mon chasse-filous » . 1956. Boris Vian soufflait sa complainte du progrès à la gueule du monde.
« Depuis longtemps ils en rêvaient ,de la ville et de ses secrets ; du formica et du ciné…. »
chantait Ferrat.en 1964.
..1953...1957...1959 publication de « roses à crédit » .
La France d'après guerre. le monde d'après…Après la guerre mais toujours en galère , en misère. L'âge de nylon, comme l'âge d'un enfer .
La France rêve plastique, pense plastique, bouffe pastique.
Avoir, avoir, à force de ne jamais pouvoir être…
Partir vers les lumières de la ville..S'écraser, se brûler dans le halo-vitriol des vitrines débordantes d' incandescentes chimères .
Crédit consommation, aliénation…Rappelez vous, les bons de la Semeuse de la Samaritaine..et le crédit Sofinco en 1951...
Elsa Triolet avait déjà tout compris. Les trente glorieuses...mais pour qui ont-elles été glorieuses ?
Oui certaines, certains en rêvaient durant ces hivers des années 50.
L'hiver 54 avait le cri du désespoir.
Oui bien évidemment, la montagne est belle, mais les périph, les faubourgs de nos villes, les bans de nos villages, et nos banlieues, leurs caves, leurs bidonvilles, n'avaient pas, et n'ont toujours pas, les couleurs de belles chaumières pour celles et ceux qui n'avaient jamais vu la mer, jamais vu les Alpes, à peine vu le ciel…
Oui Elsa Triolet avait bien vu ce désespoir cette quête illusoire, ce chemin perdu, cette folie, cette course qui pour certaines et certains avaient toujours été perdue d'avance…
Il fallut attendre dix ans, soit 1969, pour que le personnage de Marie, dans le film de « la fiancée du pirate », de Nelly Kaplan venge le destin de Martine Donelle, personnage de roses à crédit. Mais 1968 avait fait son oeuvre.
« “Les barricades n'ont que deux côtés.” déclarait Elsa Triolet….C'est toujours vrai.
Roses à crédit est le premier opus de la trilogie « l'âge de Nylon ».
Suivront « Luna Park » et « l'âme », qu'il me tarde de découvrir.
Astrid Shriqui Garain
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Kenehan
  02 septembre 2013
"Roses à crédit" m'a semblé être plus qu'un roman. Au fur et à mesure que j'en parcourais les pages, j'ai eu le fort sentiment d'être devant un vieux documentaire mais qui reste cruellement d'actualité.
C'est le récit d'une vie, celle de Martine, jeune fille qui grandit dans l'insalubrité, la pauvreté et les moeurs douteux de sa mère dont les nombreux enfants sont le fruit. L'école, théâtre d'une rencontre cruciale avec Cécile, la sauvera de cette misère.
Sous l'aile protectrice de Mme Donzert, qui petit à petit l'extirpera de son milieu, elle finira par monter à Paris pour travailler dans l'univers de la beauté. Tout va pour le mieux, elle y retrouve même l'homme qu'elle aime, Daniel et l'épousera.
Ses bienfaiteurs lui offrent un appartement pour son mariage et très vite elle sombre dans une addiction : fièvre acheteuse la poussant à acheter sans cesse et à se couvrir de dettes.
Elle reste à flots un certain temps, trouvant de nouvelles sources de revenues, parfois inattendue, mais elle finit par être dépassée et termine là où tout a commencé, dans la cabane insalubre de sa mère et connait une horrible et cruelle fin.
"Roses à crédit" est un roman froid, brutal apportant une vision acerbe et réaliste sur la société de consommation de l'après-guerre (1950-1960). Société de consommation très actuelle et finalement le roman ne prends pas beaucoup de ride dans le fond.
Elsa Triolet fait une critique cinglante de son personnage principal dont l'amour du confort, de la propreté et de la modernité causeront sa perte. Martine sombre dans la superficialité, et les objets qu'elle se procure ne lui apportent qu'un bref plaisir, elle est dans un cycle sans fin.
Son mari Daniel, lui, est au contraire un homme simple, amoureux de la nature et notamment des roses dont il rêve d'y ajouter une nouvelle espèce. L'antagonisme entre les deux époux provoquera leur séparation, déjà effective depuis un certain temps puisque lui vit dans sa ferme et elle préfère son appartement moderne.
Bref, Elsa Triolet met en avant les pièges et la face sombre de la société de consommation, de l'endettement par les crédits et de cette addiction moderne qu'est l'achat compulsif.
Un roman dur et les âmes sensibles doivent se préparer à une conclusion, que moi-même je n'ai pu oublier depuis ma lecture de ce livre durant mon adolescence.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
ssstellassstella   28 novembre 2012
Lorsque Martine vit pour la première fois la baignoire, et que Cécile lui dit de se tremper dans toute cette eau, elle fut prise d’une émotion qui avait quelque chose de sacré, comme si elle allait y être baptisée… « Le confort moderne » lui arriva dessus d’un seul coup, avec l’eau courante, la canalisation, l’électricité… Elle ne s’y habitua jamais tout à fait, et chaque fois que M’man Donzert lui disait : « Va prendre ton bain… » elle éprouvait une petite émotion délicieuse.
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Miette-de-PommeMiette-de-Pomme   12 août 2016
[...] lui, ne souhaitait qu'une chose: la voir heureuse. Et c'était incompréhensible qu'un bonheur qui dépend d'objets inanimés, que l'on peut simplement acheter, fût disputé à qui que ce soit... Daniel se sentait mesquin, pauvre de générosité. Et en même temps révolté de voir le bonheur à la merci d'un frigidaire. Qu'est-ce qu'il y pouvait, mais qu'est-ce qu'il y pouvait!
Que pouvait-il contre l'idéal électro-ménager de Martine? C'était une sauvage devant les babioles brillantes, apportée par les blancs. Elle adorait le confort moderne comme une païenne, et on lui avait donné le crédit, anneau magique des contes de fées que l'on frotte pour faire apparaitre le démon à votre service. Oui, mais le démon qui aurait dû servir Martine l'avait asservie. Crédit malin, enchantement des facilités qui comble les désirs, crédit tout puissant, petite semaine magicienne, providence et esclavage.
Daniel se sentait battu, bêtement battu par des objets. Sa Martine-perdue-dans-les-bois convoitait follement un cosy-corner.
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SelenachtSelenacht   10 juin 2017
Rien ne peut se comparer à l'éclatement qui se produisit dans le petit appartement, lorsque Daniel vint très simplement demander le divorce à Martine. Il y avait surgit un grand oiseau noir. Il se débattait, se cognait contre les murs, renversait de ses ailes des meubles, des objets, se faisait mal... Non, pas un oiseau, une chauve-souris ! Le vol désordonné d'une chauve-souris aveuglée par la lumière, les ailes tranchantes, sinistre, infernale, épouvantable comme une araignée, comme les fils poussiéreux de ses pièges mous, comme la prise définitive des crampons crochus dans les cheveux des mortels ; ni oiseau, ni bête, vivant à l'orée d'un monde noir peuplé d'animaux fantastiques, rampant, volant, crachant du feu et des glaires, piquant, mordant, mâchant menu ou avalant d'une pièce leur proie, montant leurs dards, claquant des mâchoires, les gueules ouvertes.. les chauve-souris tournent, cisaillent l'air à l'entrée des ténèbres, n'osant ni rester, ni quitter ce monde pour l'abîme, là-bas...
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YannMarcDrieuYannMarcDrieu   19 juin 2021
Moins les gens ont de culture, moins ce sont des intellectuels, et plus facilement ils perdent la tête. Les fous, les folles hantent les villages, les campagnes, c'est là-bas que l'on rencontre les possédés, les innocents, les sorcières et sorciers. Des superstitions, ils se font un cercle de feu pour se protéger des loups du mystère. [...] p. 226.
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babycomeback44babycomeback44   22 novembre 2013
Maintenant il y avait marion et lui qui se cherchaient comme des prisonniers cherchent la liberté. Rien ni personne ne pourrait les convaincre qu'il était juste de rester derrière les barreaux du moment qu'on les y avait condamnés.
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SECONDE PARTIE TABLE RONDE Samedi 22 janvier 2022 14h30 - 17h30 Librairie A. Pedone - 13, rue Soufflot - Paris Ve
Les chefs-d'oeuvre de la littérature sont si divers qu'il paraît impossible d'en donner une définition générale pertinente. Outre l'intérêt durable qu'ils suscitent, la plupart partagent cependant au moins deux caractéristiques : leur lecture demande un effort et ils transforment la vie du lecteur. On n'est plus le même après avoir lu Proust, Musil ou Joyce. Arrêtés par l'effort à fournir, beaucoup passent à côté du plaisir qu'apporte cette expérience. Peut-on la faciliter en contractant ou en transposant l'oeuvre ? le sujet fait débat. Chaque fois qu'un grand classique est porté sur la scène ou à l'écran, on entend des voix s'insurger contre l'inévitable simplification de l'ouvrage. Et lorsque les mêmes chefs-d'oeuvre font l'objet d'une bande dessinée ou d'une édition abrégée, d'aucuns vont jusqu'à crier au sacrilège ! À l'occasion de la parution de la substantifique moëlle de l'Homme sans qualités – une version contractée par François de Combret du chef-d'oeuvre de Musil – et de Proust pour tous – une transposition par Laurence Grenier en 500 pages des sept tomes d'À la recherche du temps perdu –, les Éditions du Palio organisent une table ronde autour de la question : « Comment faciliter l'accès aux chefs-d'oeuvre de la littérature ? » * Introduction : « Pourquoi faciliter l'accès aux chefs-d'oeuvre de la littérature ? » Luc Fraisse, professeur de littérature française à l'université de Strasbourg Première partie : « Contracter un chef-d'oeuvre littéraire : est-ce le trahir ou le soutenir ? » Autour des auteurs de la substantifique moëlle de l'Homme sans qualités et de Proust pour tous, les intervenants s'interrogeront sur les bonnes pratiques à respecter quand on entreprend de simplifier ou traduire un chef-d'oeuvre de la littérature pour, selon l'expression de François de Combret, « mettre en appétit de lecture ». François de Combret, Laurence Grenier Marine Molins, professeure agrégée de lettres modernes, co-autrice de « Translatio : traduire et adapter les Anciens » (Garnier, 2013) Didier de Calan, ancien directeur de la pédagogie aux éditions Nathan Animation : Jean-Jacques Salomon, Éditions du Palio
Seconde partie : « Transposer un chef-d'oeuvre littéraire : est-ce le réduire ou le promouvoir ? » À partir d'expériences de transposition d'oeuvres littéraires à l'écran, sur la scène, en bande dessinée, etc., on se demandera comment conserver l'esprit d'un chef d'oeuvre quand on le déplace hors du champ littéraire. Valentine Varela, actrice et réalisatrice Frédéric Richaud, romancier et scénariste de bande dessinée Anne Armagnac et Bernard Dollet, membres de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet Hélène Waysbord, autrice de « La chambre de Léonie » (Le Vistemboir, 2021) Animation : Céline Mas, co-fondatrice de Love for Livres
Conclusion Hélène Waysbord *
Table ronde organisée en partenariat avec la librairie A. Pedone, l'Association des amis d'écrivains, organisatrice du Salon international des amis d'écrivains, et Love for Livres, initiative pour la promotion de la lecture par les émotions
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