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ISBN : 2207124282
Éditeur : Denoël (19/02/2015)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Mille regrets : une femme réfugiée à Nice pendant la guerre glisse dans la misère, les privations et, pour finir, la mort.Henri Castellat, c'est le portrait d'un homme lâche : en amour, en politique, en tout.Le destin personnel raconte un drame, à la campagne, sous l'Occupation, un drame qui démasque la fausse apparence du bonheur.La belle épicière, mariée à un homme-serpent, va se perdre dans les amo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Aaliz
  24 février 2015
Il y a certains grands auteurs de la littérature française dont on a malheureusement beaucoup de mal à trouver les oeuvres aujourd'hui car elles ne sont plus éditées. Vient alors la chasse aux occasions chez les bouquinistes ou sur la toile mais les prix souvent exorbitants refroidissent considérablement le pauvre lecteur qui n'a plus qu'à se morfondre de frustration.
Elsa Triolet, la non moins talentueuse compagne du célèbre Aragon, fait partie de ces auteurs difficilement trouvables mais pour notre plus grande joie les éditions Denoël rééditent son recueil de nouvelles Mille regrets paru à l'origine en 1942 chez le même éditeur.
Ce recueil se compose de 4 nouvelles que j'ai toutes aimées sans préférence particulière. Trois d'entre elles mettent en scène une femme et la deuxième dans l'ordre du recueil, la plus longue, est entièrement consacré à un homme. Quatre portraits donc, d'un homme et de trois femmes confrontés à leur destin, aux affres de l'amour et du mariage. Et ce que j'ai adoré chez Elsa Triolet c'est sa capacité à faire abstraction de son propre sexe et de pouvoir mettre en scène aussi bien des hommes que des femmes avec leurs propres désirs, soucis, inquiétudes sans que jamais cela ne sonne faux. Elsa n'est pas comme ces auteures qui ne savent/ veulent pas sortir de la littérature de genre. Ses propos sont unisexes et elle évoque des thèmes qui parlent à tous. Elle ne fait pas de favoritisme et est aussi dure avec les femmes qu'avec les hommes. Les portraits qu'elle brosse ne sont donc pas toujours flatteurs. Bien au contraire. Les destinées qu'elle imagine sont empreintes de nostalgie, de mélancolie, de souffrance et de tragique.
La première nouvelle porte le titre du recueil. le personnage principal qui est aussi la narratrice et dont on ignore le nom se trouve en zone libre à Nice. Elle est seule, l'homme qu'elle aime est apparemment mort, elle n'ose pas demander confirmation car il était marié à une autre. Sans famille, ni amis vers qui se tourner, elle doit se débrouiller pour survivre dans un contexte de guerre où la nourriture et les vêtements sont un luxe. La misère et les privations impriment leurs marques sur ses traits et son corps. Une curieuse rencontre l'aide momentanément à mieux vivre. Une autre, qu'elle cherchait pourtant à éviter, va bouleverser sa vie.
J'ai adoré cette nouvelle. J'aimerais vous dire en détails pourquoi mais je serais obligée de spoiler et ce n'est pas concevable. Cette nouvelle m'a beaucoup touchée et émue. L'atmosphère y est très mélancolique et Elsa Triolet parvient incroyablement bien à rendre l'état d'esprit de son personnage.
La deuxième nouvelle, intitulé « Henri Castellat » nous emmène à Paris peu avant la guerre. Henri est écrivain et est en âge de se marier, sa mère ne cesse de l'y pousser. Il rencontre une jeune femme magnifique Annabelle avec laquelle il s'entend à merveille au tout début. Mais la belle commence à avoir quelques exigences, de ces exigences qui font fuir les hommes. Un lâche, voilà ce qu'est Henri pour elle. Il fuit l'amour et ses responsabilités. Conscient de l'approche de la guerre, Henri cherche à quitter l'Europe. Une nouvelle assez cocasse avec un personnage qui refuse tout engagement quel qu'il soit. Ses rapports avec les femmes, sa mère ou ses fréquentations, sont l'occasion de scènes amusantes qui peuvent paraître « cliché » mais qui reflètent néanmoins la réalité. Elsa Triolet y montre tout son humour et n'hésite pas à tacler les petits travers féminins … et masculins.
La troisième nouvelle « le destin personnel » s'ouvre sur un monologue désabusé de Charlotte, femme mariée à un homme qu'elle n'aime pas. La guerre l'oblige à accueillir chez elle la famille de son beau-frère ainsi que sa mère. Son beau-frère ne travaille pas, sa belle-soeur est convalescente, son neveu un véritable chenapan. Charlotte s'use la santé à gérer sa maisonnée et trouve une bouffée d'oxygène lorsqu'elle peut enfin s'échapper à l'occasion d'une invitation à rejoindre un couple d'amis à la campagne. Là encore les conditions de vie sont difficiles mais Charlotte trouve son bonheur dans cette grande maison dépeuplée et ces paysages envoûtants. Magnifique nouvelle avec des descriptions courtes mais somptueuses qui invitent vraiment au rêve. On se prend à envier les escapades champêtres de Charlotte. Mais Elsa Triolet nous mène par le bout du nez et les apparences sont trompeuses.
Quatrième et dernière nouvelle « La belle épicière » me fait penser à un mélange de Madame Bovary, L'Assommoir et Nana. Madame Louise est l'épicière du quartier. Aimée de tous ses voisins, son commerce ne désemplit pas et malgré un mauvais mariage et un garnement qui n'en fait qu'à sa tête, tout va plutôt bien. Madame Louise est une belle femme, en témoigne les visites quotidiennes et ponctuelles de « L'amoureux », visites attendues et accompagnées des éclats de rire des voisins. Oui, Madame Louise est une belle femme, elle ne s'en rendait pas compte jusqu'à maintenant, prisonnière qu'elle était de son quotidien. Mais dorénavant, elle en est consciente, elle a du « sex-appeal », une révélation qui va complètement chambouler la vie de cette brave épicière. Une nouvelle qui tient presque de la fable, j'ai adoré encore une fois.
Sublime découverte que la plume d'Elsa Triolet. Son style concis, efficace, sans fioritures ni artifices dégage une grande force qui exacerbe les sentiments de ces personnages. Les descriptions sont sublimées par des métaphores bien choisies et d'une grande poésie. le ton est libre, parfois familier sans être vulgaire, je ne m'attendais pas à ça venant d'une femme de l'époque, j'avais parfois l'impression que c'est un homme qui écrivait !
J'ai beaucoup aimé la façon dont Elsa aborde les sujets de la solitude, de la lâcheté, de la souffrance sentimentale. C'est triste, mélancolique, désespéré. Elle est directe mais le fait avec beaucoup de pudeur et de tact. La guerre est toujours là, son ombre plane sur chaque récit, non pas à travers la présence de l'occupant mais à travers la vie quotidienne, des petites choses qui semblent, en dehors des grands malheurs, insignifiantes ou banales.
Bref, je suis complètement conquise ! Je crois bien avoir enfin trouvé l'auteurE qui me corresponde par son style et les sujets qu'elle aborde. Elle me parle.
Et puis me voilà réconciliée avec le genre de la nouvelle.
J'espère vraiment que les éditions Denoël continueront leur travail de réédition des oeuvres d'Elsa Triolet.

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yv1
  20 mars 2015
Quatre nouvelles écrites en 1940 et 1941. Quatre histoires de femmes et d'hommes, entre Nice et Paris, à l'époque où la ligne de démarcation existait. Curieusement, le contexte de la guerre qui s'annonce ou qui débute est peu présent, au second plan, latent. Les éditions Denoël rééditent ces histoires d'Elsa Triolet dans la collection Empreinte, une belle idée qui permet de remettre en rayonnages cette écrivaine sans doute un peu oubliée, morte depuis 45 ans et qui dans l'esprit de beaucoup, est avant tout la femme de Louis Aragon.
Trois nouvelles assez égales en nombres de pages : Mille regrets, le destin personnel et La belle épicière qui parlent de femmes. L'autre nouvelle, la plus longue, presqu'un roman de 120 pages, est consacrée à un homme Henri Castellat ; titre de l'histoire éponyme.
- Mille regrets : Une femme plus toute jeune mais pas encore vieille, veuve, apprend que son amant, Tony est mort. Elle vivote dans un meublé minable de Nice jusqu'au jour où elle rencontre un vieil homme étrangement riche, Oléonard, qui lui propose de l'argent en échange de son manteau de vison.
- le destin personnel : en 1940/41, Charlotte se voit contrainte d'héberger sa mère, ses beau-frère, belle-soeur et neveu pendant que son mari Georges est prisonnier. La cohabitation est plus que délicate entre les reproches de la mère, les jérémiades de la belle-soeur, les pitreries du neveu. Pour souffler, Charlotte accepte de passer l'été en zone libre chez des amis, Jean-Claude et Margot, en pleine campagne. Margot déprime. Jean-Claude se débrouille pour améliorer l'ordinaire de guerre.
- La belle épicière : Louise est l'épicière d'une petite rue parisienne. Mariée à Simon qui gagne sa vie en faisant l'homme serpent et maman de Michel, un garnement d'une dizaine d'années. Sa vie s'écoule paisible au comptoir de sa petite épicerie, sa gentillesse et son charme faisant la joie des clients et voisins. Louise qui entend dire à longueur de journée qu'elle est bien belle et attirante est sage et fidèle. Oui, mais Simon part pour trois mois, et Raymond, le nouveau serveur du café d'en face fait une cour assidue à la belle épicière.
- Henri Castellat : Henri est écrivain. Deux de ses romans ont eu un accueil très favorable quinze ans auparavant faisant de lui, le romancier du moment. Mais Henri n'écrit plus depuis. C'est un homme égoïste qui ne se soucie que de lui, aime briller dans les salons. Dans l'un d'eux il rencontre Annabelle Soriento, femme d'un peintre. Ils tombent amoureux et vivent des moments délicieux. La mère d'Henri voudrait qu'il épouse Jeanne, une jeune propriétaire terrienne de sa région natale, qu'il a mise enceinte deux ans auparavant. Henri répugne à régulariser la situation, Jeanne n'étant pas aussi séduisante qu'Annabelle ni sa région natale aussi attirante que Paris. C'est alors que les menaces de guerre se font de plus en plus fortes.
Je ne connaissais pas les écrits d'Elsa Triolet, et voici donc une belle découverte que ces portraits de femmes qui pour vouloir frôler la frivolité vont payer cash. Alors que Henri Castellat, homme dont l'intérêt unique est sa petite personne, s'en sortira par relations. Couard, veule, c'est un type assez minable qui se sert d'autrui pour lui et encore lui. Il y a 70 ans, on était encore très loin de l'égalité hommes-femmes (encore aujourd'hui me direz-vous), et Elsa Triolet le montre admirablement. Elle ajoute aussi une question de classe sociale, car H. Castellat est un homme du monde alors que les trois femmes dont elle parle sont d'un milieu populaire.
Étrangement, bien qu'écrites en 1940 et 1941, ces nouvelles ne font pas état de la guerre, elle n'est qu'un contexte lointain, même si elle peut être déclencheur de certains comportements. Mais sans doute est-il plus aisé d'écrire sur la guerre une fois qu'on en est sorti, avec un peu de recul.
La langue d'Elsa Triolet n'est point trop datée, elle se lit très bien. Une écriture simple, directe, de belles descriptions de paysages, de personnages : une écriture très visuelle et même odorante lorsqu'elle décrit certains lieux.
Une belle manière d'aborder l'oeuvre de cette écrivaine que ces nouvelles rééditées.
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djihane
  07 mars 2015
Il ne m'est pas possible de parler de ce recueil de nouvelles sans parler, d'abord, de son auteure : Elsa Triolet (1896-1970), compagne de Louis Aragon mais pas que. Elle a une production littéraire assez conséquente et surtout de qualité. Femme forte et engagée elle a participé activement à la seconde guerre mondiale.
Elsa Triolet nous offre avec Milles regrets un recueil de vies ordinaires qui se transforment en extraordinaire à travers sa plume. de ce fait, le premier élément que j'ai le plus apprécié, vous vous en doutez, est son écriture.
Un style d'écriture recherché mais accessible à tous, telle est la beauté de son écriture, elle ne voile pas ses idées d'élitisme. Elle se contente de laisser l'histoire se raconter d'elle-même, elle nous pousse à aimer ou à détester un personnage, à nous impliquer émotionnellement.
Quatre nouvelles composent donc le recueil et qui mettent en scène trois femmes et un homme. Ce qui m'a le plus frappée dans les portraits qu'elle dresse c'est la profonde tristesse de ses personnages, j'avais l'impression que tous portaient le poids du monde sur leurs épaules. Une noirceur quasi tragique rodait d'une nouvelle à une autre qui m'a profondément touchée.
La première nouvelle, Mille regrets, ma préférée d'ailleurs, l'histoire se passe en temps de guerre. J'ai trouvé bien curieux que le personnage n'ait pas de nom, une femme qui voit son monde s'écrouler en apprenant que son amant était mort, sans personne à qui demander d'accréditer cette mort, elle aire comme un fantôme, jusqu'à presque en avoir l'aspect par manque de nourriture, en zone libre, Nice. Elsa Triolet dépeint si bien la solitude et la nostalgie que c'est d'une beauté à vous couper le souffle.
Dans la seconde nouvelle, Henri Castellat, j'ai trouvé le personnage détestable, la lâcheté n'est pas un défaut que j'affectionne. L'histoire se passe avant le début de la guerre et dépeint un homme allergique à toute responsabilité, écrivain qui n'arrive plus à écrire et dont la mère essaye de marier, j'ai bien aimé le personnage de la maman qui apporte de l'humour au texte.
Troisième nouvelle, le destin personnel, la pauvre Charlotte, mariée à un homme qu'elle n'aime pas se retrouve obligée d'accueillir sa très envahissante famille chez elle à cause de la guerre. Elle s'use à la tâche mais trouve une échappatoire grâce à une invitation d'amis et les rejoint à la campagne, dans un décor de rêve, qui sait ce qu'elle pourra y trouver.
Je tiens à remercier les Éditions Denoël pour cette agréable lecture.
Quatrième et dernière nouvelle, La belle épicière, Madame Louise nous invite dans son épicerie, une dame d'une simplicité ! Aimée de tous mais elle a eu la malchance de faire un mauvais mariage. Un personnage attachant qu'on découvre et qui se découvre dans la nouvelle… mais que va-t-elle découvrir ?
Elsa Triolet aux doigts de fée nous dépeint l'âme humaine et ses circonvolutions, comment ne pas aimer un tel texte ? La tragédie y côtoie la nostalgie, la tristesse, l'amour et bien plus encore. Mille regrets, un recueil à découvrir pour les amoureux des lettres.
Un dernier mot, j'ai beaucoup aimé la très belle préface de Macha Méril qui parle avec beaucoup d'émotions d'Elsa Triolet.
Lien : https://www.facebook.com/153..
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mickaelinecuny
  21 mars 2015
Ce livre a été lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Denoël, je les remercie une fois de plus pour leur confiance.
Lorsque les éditions Denoël m'ont envoyé leur sélection de février, deux livres commençaient par le même titre, Mille Failles et Mille regrets, en temps ordinaire, je ne me serais posé aucune question et j'aurai d'emblée coché les deux titres plus le troisième, hors, je savais qu'au point de vue lecture, février, et mars serai compliqués, (pour être franche, ils sont même pires que ce à quoi je m'attendais.) Aussi ai-je joué la carte de la prudence, et sélectionné que deux titres.
Le hasard a voulu qu'une erreur se glisse dans la sélection, alors que je pensais avoir choisi Mille Failles, j'ai reçu Mille Regrets. Et le hasard a très bien fait les choses !
Mille regrets est un recueil de 4 nouvelles, dont la première a donné son titre au livre. Ces textes ont en commun la période de la Seconde Guerre mondiale, et le mal-être.
Avec une écriture fluide et précise, Elsa triolet sait nous embarquer dans les différents univers.
L'auteure nous parle de 4 personnages, 3 femmes et 1 homme. Comme je le disais plus haut, l'écriture est superbement travaillée. On ne se contente pas de lire, on visionne parfaitement ce que nous propose l'auteure, elle a ce petit plus qui nous permet de ressentir, les émotions de ses héros.
Dans Mille regrets : l'héroïne a tout perdu, le jour où, elle a perdu son amant, sa vie, son univers. " Tony était pour moi le monde entier". Elle erre comme une âme en peine. Laissant la mélancolie l'envahir. Et lorsque la vie lui donne la possibilité de s'en sortir avec deux voix différentes, c'est une troisième qu'elle choisira. J'ai presque envie de dire sans surprise, tant on s'y attend.
Henri Castellat : fils unique d'une mère possessive, qui préfère vivre sur Paris, plutôt qu'auprès de cette dernière. Son leitmotiv être libre, vivre libre, est plus une sorte de lâcheté, qu'autre chose. Pas de femme, pas d'enfant, aimer, mais surtout sans jamais dire "je t'aime". La vie lui fera payer au prix fort son attitude. Après une dernière ruse, alors qu'il croit fuir son quotidien et la guerre à venir en se réfugiant aux USA, il ouvrira les yeux, mais bien tard : "tout était vide. À New-York, il y aura une autre Mme Bézier... Soudain, le Coeur lui manqua, il eut l'impression de tomber dans un trou noir, sans fond... Henri s'assit sur le divan. Ce silence d'un cinquième sans voisins... Personne avec qui passer cette dernière soirée. Comme il était seul !"
S'il m'avait fallu choisir une préférence dans ce recueil de nouvelle, je l'aurai mis à cette dernière ex æquo avec la dernière, car elles ont un côté Henri Troyat bien plaisant.
Le destin personnel : Charlotte, la douce, la gentille, qui subit un mariage, pas vraiment désiré un mari qu'elle n'aime pas, et dont la famille de ce dernier est plus qu'envahissante. Cendrillon des temps modernes, ce n'est pas sa marraine la fée qui la sortira de cette vie morne, mais son amie Margot, qui l'invite en vacance à la campagne, dans la maison que son mari et elle retape.
La Belle épicière : Louise nous invite dans son épicerie, son cartier, là où tout le monde connaît tout le monde. Dans sa vie, avec un mari omniprésent et sans intérêt. Comme les papillons, elle veut quitter sa chrysalide, mais la transformation sera-t-elle à l'attente de ses espoirs ?
Cerise sur le gâteau ce recueil est préfacé par Macha Méril. Avec sensibilité, elle nous parle de l'auteure.
"Elsa a été aimée toute sa vie. Sa douce révolte a emporté plus d'un Coeur. Que des hommes de valeur, des amours sincères, des fidélités indéfectibles. C'est elle qui part, qui cherche quelque chose, un horizon plus clair, plus fort. C'est elle qui brise des équilibres trop terrestres pour elle. Elle vit et vibre dans le ciel de la poésie, de l'idéal politique, de la pureté, de la justice. "

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Felina
  24 avril 2015
Le nom d'Elsa Triolet vous dit sûrement quelque chose. Ce n'est autre que Madame Louis Aragon, grand poète et romancier. L'auteur, née à Moscou, eut une vie bien remplie, entre des rencontres intellectuelles enrichissantes, des hommes amoureux, la résistance et les livres. "Mille regrets" fut publié pour la première fois en 1942, et est réédité aujourd'hui par les Éditions Denoël. Il se compose de 4 nouvelles ayant pour contexte la seconde guerre mondiale.
La première, "Mille regrets", donne son nom au recueil, est la plus percutante de toutes. Elle dresse le portrait d'une femme belle, mais seule, en exil dans une ville du Sud de la France. le récit, fait à la première personne, recrée avec aisance et précision, la vie quotidienne de cette époque: les restrictions, le désoeuvrement, le froid, le rationnement alimentaire et ses tickets... Cette femme donc; voit son monde (et son train de vie) s'écroulé car elle a perdu l'amour de sa vie, prisonnier de guerre, et probablement mort. Cette nouvelle est comme un appartement, l'auteur prend le temps d'en décrire chaque pièce, de fureter de-ci, de-là; puis soudain la porte d'entrée claque et plus rien.
La seconde nouvelle s'intitule "Henri Castellat", ainsi se nomme le personnage principal; et seul homme vraiment présent dans ce recueil davantage peuplé de femmes. Cet écrit est moins bouleversant que le précédent, même si le lecteur ressent le désarroi et la lâcheté de cet homme, auteur talentueux de deux romans parus, et qui traîne sur l'écriture de sa nouvelle oeuvre par peur de l'échec. Sans jamais s'engager en amour comme dans la vie, il volette et papillonne, n'éffleurant que la surface des choses, des gens et des évènements.
Le destin personnel, est une nouvelle un peu plus piquante, plus forte en sentiments, en nature, en odeur, en vie. Charlotte, l'héroïne généreuse et bonne pâte, quitte son appartement, étouffé par la présence de sa famille, pour se rendre dans le sud de la France, dans la grande maison d'un couple d'amis: Margot et Jean-Claude. La plume d l'auteur retranscrit grâce à une multitude de détails, la lassitude de la jeune femme, et l'insatisfaction de sa vie.
Enfin la dernière, "La belle épicière", semble tout droit sortie d'une oeuvre d'Emile Zola, avec une pointe d'Emma Bovary à l'horizon. On ne peut s'empêcher de penser à Gervaise dans l'Assomoir, notamment. Ici encore, l'héroïne, Madame Louise (ça fait un peu maquerelle quand même, non?) est insatisfaite de sa vie tranquille et sans histoire, de son mari toujours absent pour raison professionnelle, de son enfant qui n'est qu'un enfant... Elle a envie de vivre, d'aimer, elle a bien le droit à un peu de bonheur, elle aussi; si droite, si fière (de sa tournure), seule dans sa petite épicerie.
Elsa Triolet, d'une plume magnifique et une peu désuète, fait partager au lecteur, l'amertume de ses personnages, dans un contexte dur, dans une France au coeur de l'Histoire. Sans accabler le lecteur de descriptions, l'auteur, à l'aide de menus détails, nous fait entrevoir un bout de ces vies, et nous fait réfléchir un peu sur la notre aussi. (...)
Lien : http://lillyterrature.canalb..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
AalizAaliz   24 février 2015
Je suis rentrée à l’aube. Dans les collines le vent vient me souffler au visage tous les parfums de la nuit. Il ne fait pas encore assez jour pour voir, mais je sais que les pierres qui roulent sous mes pieds et me fuient, sont rondes et jaune clair, si semblables aux pommes de terre qu’il faut les voir rouler et se rendre compte de leur poids pour croire que ce ne sont pas de vraies pommes de terre. On pense beaucoup aux pommes de terre de nos jours, à quoi voulez-vous qu’on pense ? A la dignité de l’homme, comme on disait dans le temps ?
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AalizAaliz   24 février 2015
Le temps de déjeuner, et l’eau s’était déjà retirée des rues. Sur les quais détrempés, des hommes enlevaient les galets que la mer avait laissés jusque devant les grands hôtels et les belles villas. Le soleil n’avait rien d’apaisant. La mer grondait et montrait ses dents blanches. La Promenade était presque vide à cause du temps et de l’heure. Soudain, je vois la mer qui se creuse, des vagues se cabrent comme des chevaux, queues et crinières blanches au vent, elles sautent par-dessus le parapet ! Je suis restée longtemps à regarder faire les vagues. Les balayeurs ont presque fini d’enlever les galets, remettent en place les fauteuils blancs renversés, trempés. Je suis bien dans mon manteau, je n’ai pas froid.
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AalizAaliz   24 février 2015
Il y eut des nuits d’orage. Ça commençait vers le soir par un grand vent. Les sorcières du pays arrivent sur leurs manches à balai, et mènent la danse au-dessus du plateau, avec une rapidité et un bruit d’hélices. Puis on voit dans le ciel une étincelle de court-circuit et c’est la catastrophe : le ciel a reçu le choc, se fend comme une tasse de porcelaine fine et s’écroule dans un énorme bruit de casse. Longtemps après on entend rouler les morceaux…
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MalauraMalaura   13 octobre 2011
Le silence est comme le vent : il attise les grands malentendus et n'éteint que les petits.
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djihanedjihane   07 mars 2015
Autrefois, quand je ne pouvais pas dormir, je m’inventais des histoires. Je n’ai plus besoin d’inventer, je n’ai qu’à me souvenir. Tout mon passé n’est qu’une histoire décousue, irréfléchie et merveilleuse.
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La chronique de Gérard Collard - Elsa Triolet & Lili Brik
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