AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782203228641
336 pages
Casterman (04/05/2022)
4.65/5   33 notes
Résumé :
Un soir d'août 1976. JeanLouis a 18 ans. C'est le temps des vacances en famille, des grandes chaleurs et de l’insouciance... Mais un événement brutal va tout interrompre : Gilles, le frère de JeanLouis, est fauché par une voiture. Transporté à l'hôpital, le garçon succombe à ses blessures quelques heures plus tard. Pour JeanLouis, hanté par la culpabilité, un difficile parcours de deuil commence...
45 ans plus tard, l'auteur choisit de revenir sur cet épisode... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  30 mai 2022
Un grand merci à Babelio et aux éditions Casterman...
En ce mois d'août, JeanLouis, à 18 ans, passe ses vacances sur les routes de Bretagne, avec sa famille, en roulotte. C'est l'avant-dernier jour de leur périple et une halte est prévue à St-Herbot. Ils ont pris un peu de retard sur leur horaire car ils ont traîné dans l'après-midi à jouer au chairball, un jeu de leur invention, et se sont gavés de mûres ramassées sur le chemin. Ils ont également fait un détour pour aller voir un dolmen et se sont ainsi retrouvés sur la CD14. La route étant goudronnée, les roulottes collent au plus près du fossé pour laisser le peu de voitures circuler. JeanLouis conduit la seconde roulotte, bientôt rejoint par son frère, Domi, sa mère suivant le convoi derrière sur son vélo. Gilles est couché dans la roulotte, un gant humide sur le front, la faute à cette cocotte-minute qui lui est tombée sur la tête un peu plus tôt. Une fois levé, il rejoint ses deux frères, fait le pitre, se met à chanter du Fugain. Ce qui les fait bien rire tous les trois. Domi les abandonne et rejoint sa mère derrière. Au bout d'un moment, Gilles en a marre et veut continuer à pied. Mais à cet endroit-là, le fossé est trop profond et il décide de passer de l'autre côté. JeanLouis lui conseille de descendre d'abord sur le marchepied pour être sûr qu'aucune voiture n'arrive par derrière. Mais l'adolescent n'a même pas le temps de regarder qu'une voiture, arrivant de face, le percute violemment. le chauffeur continue sa route, abandonnant Gilles et toute une famille paniquée...
Ce 5 août 1976 aura marqué, à tout jamais, la vie de JeanLouis et toute sa famille. Un tragique accident aura coûté la vie de son petit frère, Gilles, âgé de 11 ans. Comme le souligne JeanLouis Tripp, dans sa postface, l'idée de cet album a pris naissance lorsqu'une de ses amies a perdu son frère âgé de 29 ans et lorsqu'il apprend qu'un chauffard de 20 ans, qui a pris la fuite, a tué, sur les routes de Bretagne, un enfant de 10 ans et laissé pour mort un autre de 7 ans. Un terrible drame qui a aussitôt fait écho au sien, survenu 43 ans plus tôt. S'il revient sur les événements tragiques (remémorés notamment grâce à sa maman), il dépeint, avec force et émotions, l'enterrement, la période de deuil, l'immense tristesse, le procès, la reconstruction, les séquelles, mais aussi ce profond sentiment de culpabilité, lui qui lui a lâché la main. Il entrelace ses souvenirs avec le présent, notamment ses échanges avec sa mère, en vidéo, avec son frère, Domi, et sa soeur, Cécile, née du second mariage de son père, qui n'a jamais connu Gilles mais a toujours ressenti sa présence au coeur de sa famille. Avec beaucoup de sensibilité, JeanLouis Tripp a trouvé les mots justes pour retranscrire toutes ses émotions. Aussi bien sur le fond que sur la forme. Son trait reconnaissable regorge de délicatesse, d'amour, d'émoi et de tendresse. Les pages muettes sont tout simplement saisissantes. Si le noir et blanc domine, les dernières pages en couleur témoignent sans nul doute d'une forme d'apaisement et d'acceptation.
C'est le coeur serré et les yeux au bord des larmes que l'on referme cet album terriblement poignant et bouleversant...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          758
sylvaine
  20 mai 2022
Le petit frère
Jean-Louis Tripp
Une date est gravée en lettres de feu dans la mémoire de Jean-Louis Tripp celle du 5 août 1976 . C'est celle où il a du lâcher la main de Gilles, son petit frère , fauché par une voiture… le chauffeur a pris la fuite.Il avait18 ans, Gilles 11 ans.
Pendant des années Jean-Louis Tripp a revécu cet instant… Il a cependant mené son chemin de vie, utilisé son crayon et conquis sa place dans l' univers exigeant des graphistes de bande dessinée.
Le décès brutal du frère d'une amie proche, un fait divers en tout point similaire à celui qui a coûté la vie à son frère 43 ans plus tôt, ont servi de catalyseur à sa décision , «raconter l'histoire de la mort de mon frère et de ce que ça m'a fait. Mes autres projets attendront.»
Confinement aidant, il s'est mis à la tâche . C''est ainsi qu'est né cet album poignant et émouvant . Un dessin, des textes, un récit qui ne peut que parler à tous ceux qui ont vécu la perte d'un proche .Déni, colère, et enfin résilience, des étapes que chaque endeuillé traverse à son rythme, comme il peut ..
Le graphisme est à l'image du ressenti, les traits sont ravagés, déformés , hurlent leur peine. le noir domine chaque page jusqu'au moment où la lumière se fait, l'accalmie après la tempête.
Un magnifique cri d'amour pour ce petit frère parti trop tôt et que personne n' a oublié .
Un grand merci aux éditions Casterman et à Babelio pour ce partage lors de la dernière masse critique graphique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
Josephine2
  10 juin 2022
J'en ai entendu parlé, j'ai écouté l'émission « La Librairie Francophone ». Je me suis précipitée à la librairie pour acquérir cette BD.
Je l'ai commencé, j'ai pleuré, beaucoup pleuré, et ne l'ai plus lâché, jusqu'à la dernière planche. Jean-Louis Tripp a vraiment mis ses tripes dans ce livre (et ce n'est pas péjoratif).
D'abord, il y a l'horreur du drame, la prise de conscience de la mort du petit frère, les obsèques poignantes, la vie qui continue.
Jean-Louis Tripp parle de lui, de ses ressentis à la suite de ce drame, mais également, ce que sa famille en a perçu et comment elle l'a vécu. Les parents inconsolables, la culpabilité qui ne lâche pas Jean-Louis et son frère Dominique (il l'avouera tardivement à son frère), la lettre de sa maman, adressée à celui qui a causé le drame, est tragique mais aussi sublime…
Même la petite soeur, qui est venue après, en a subit les conséquences. « Il était partout et… toute monde était triste ! Tout le temps… Alors moi, dans ma tête de petite fille, je comprenais qu'il fallait être triste… » « Je réalise que, finalement j'en arrivais à être triste de ne pas me sentir triste ! Mmh… d'où ma culpabilité…
On passe par tous les sentiments, le tragique, la folie qui vient vous frôler, la tristesse, la colère, le ressentiment, plus parce que le chauffard et sa famille n'ont jamais adressé de regrets à la famille, alors qu'il a pris la fuite, et n'a pas prévenu les secours… le poids de cet accident sur Jean-Louis qui le porte dans sa peau, enfin les thérapies, l'apaisement… Non, pas l'oubli, certainement pas l'oubli. Simplement la continuité de la vie, avec le petit frère à côté de soi.
Les planches sont en noire et blanc, tout comme la couverture, pour bien appuyer la tragédie. On est tout de suite happée par l'histoire, le tragique. seules les dernières pages sont en couleur.
Jean-Louis TRIPP a consacré deux ans et 5 jours à l'écriture de ce livre qu'il portait en lui depuis le décès de son frère. « Il y a eu des moments d'intenses émotions, bien sûr. Mais pas les abîmes d'il y a quarante ans. Au contraire, ce fût plutôt un baume apaisant sur les douleurs du passé. Et même comme une douceur d'avoir fréquenté mon petit frère pendant 2 ans. »
Une histoire toute en sensibilité, en tendresse, forte en émotion, pleine de pudeur, qui restera longtemps dans mon coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
Miss_Blandish
  12 juin 2022
Ce roman graphique vient de paraître aux Editions Casterman. J'en avais entendu parler à la radio, en captant un extrait d'interview de son auteur, JeanLouis Tripp sur France Culture. Puis, sans faire le lien, je l'avais repéré dans le dernier magazine « Canal BD ». Donc je l'ai lu.
Dans la postface, JeanLouis Tripp a écrit qu'il lui avait fallu deux ans et cinq jours pour concevoir et dessiner cet album dont le point de départ est la mort tragique de Gilles, son jeune frère âgé de onze ans. Survenue le 6 août 1976, cette mort accidentelle l'a poursuivi toute sa vie, comme tous les membres de sa famille, marquant très profondément leurs existences. Comment parvenir à exprimer le cortège d'émotions -stupéfaction, colère, tristesse- et de schèmes de pensées post-traumatiques -culpabilité, ressassement, désespérance, compulsivité… ? L'alternance de tout cela, son étrange chevauchement, sa dissimulation partielle… L'auteur y est remarquablement parvenu en tissant un récit entremêlant ses propres souvenirs avec des informations collectées en mode reportage. On trouve ainsi des expressions justes, des situations vécues, des décors d'époque, une reproduction de lettre poignante. A plusieurs reprises, les oublis et les approximations de la mémoire, voire les incongruités, sont évoqués dans le souci de coller au plus près de la vérité des faits et des ressentis. le graphisme est très travaillé, documenté, réfléchi, dominé par le noir et blanc. le choix de la couleur est parcimonieux. Il sert uniquement dans certains passages comme par exemple, pour souligner la coloration apportée par les mûres sur le pourtour des lèvres. Les textes (bulles et récitatifs) sont rares, courts et percutants. le résultat de tout ce travail de pro est absolument bouleversant.
Le petit frère sera incontestablement un incontournable de l'année 2022.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          31
marietjf
  11 mai 2022
Cette journée-là, le 5 août 1976, Jean-Louis ne l'oubliera pas. Il a 18 ans et passe ses vacances en famille sur les routes de Bretagne, en roulotte… il se souvient de l'accident, des gendarmes, l'hôpital.
45 ans plus tard, Jean-Louis Tripp raconte la mort de Gilles, son petit frère alors âgé de 11 ans. A partir de souvenirs, de documents, photos, d'échanges avec sa mère, il revient sur ce deuil qui a changé sa vie. Il nous livre un album bouleversant et parvient à rendre l'intime universel.
Un récit chronologique, de l'accident au procès de celui qui a pris la fuite après avoir percuté Gilles, de l'enterrement au retour sur les lieux de l'accident au printemps 2020…
Des grandes cases silencieuses, des gros plans sur les visages marqués et si expressifs, les larmes qui coulent, autant de moments poignants qui accompagnent les réflexions profondes sur la culpabilité, la perte, la solitude, la justice…
Après « Extases », Jean-Louis Tripp se livre encore sans jamais tomber dans l'impudeur. Il partage avec sincérité et finesse ce drame qui a marqué sa famille…
Un livre personnel qui résonnera néanmoins en chacun de nous, une claque émotionnelle qui fait de la lecture de ce livre un moment rare d'intensité et d'émotion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60


critiques presse (6)
Telerama   07 juin 2022
Avec “Le Petit Frère”, Jean-Louis Tripp poursuit sa quête autobiographique commencée avec “Extases”. Il nous raconte la genèse de cet album poignant, entièrement réalisé sur iPad, qui évoque la mort brutale de Gilles, voilà quarante-quatre ans.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox   07 juin 2022
Quarante-cinq ans après les faits, Jean-Louis Tripp raconte dans un long et poignant récit en bande dessinée la mort de son jeune frère, un jour de l'été 1976.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama   07 juin 2022
Avec “Le Petit Frère”, Jean-Louis Tripp poursuit sa quête autobiographique commencée avec “Extases”. Il nous raconte la genèse de cet album poignant, entièrement réalisé sur iPad, qui évoque la mort brutale de Gilles, voilà quarante-quatre ans.
Lire la critique sur le site : Telerama
BDZoom   16 mai 2022
Ce n’est que peu dire que l’émotion nous submerge à chacune des 334 pages de ce poignant témoignage.
Lire la critique sur le site : BDZoom
LigneClaire   13 mai 2022
Comment parler de réussite avec un sujet pareil, bouleversant ? Pourtant tout est juste dans ce que Tripp dit, raconte, montre. Les obsèques, les années qui passent, les parents à jamais marqué. Le lent retour à la vie, le souvenir d’une mort injuste qui restera ancrée dans la mémoire de tous.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
RadioFranceInternationale   13 mai 2022
Sur plus de 300 pages, JeanLouis Tripp raconte comment lui et sa famille ont vécu et continuent à vivre et à revivre cet événement du 5 août 1976, quand sous le cagnard breton, un chauffard emporta dans sa fuite la vie de Gilles son petit frère de 11 ans. Un récit haletant, précis et émouvant.
Lire la critique sur le site : RadioFranceInternationale
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   30 mai 2022
J'ai le sentiment que le deuil d'un enfant ne peut se partager qu'avec quelqu'un ayant vécu le même drame. On peut se projeter, imaginer et faire preuve de toute l'empathie de la terre, mais l'expérience de cette épouvantable douleur, la douleur de la perte contre-nature, l'amputation violente de la chair de sa chair... non, on ne peut pas savoir.
Commenter  J’apprécie          340
marina53marina53   30 mai 2022
À ce stade, je ne pensais pas que mon frère allait mourir. Je pensais – on pensait tous – qu'il n'était « que » gravement blessé... le terme consacré, c'est « grièvement blessé », mais quand on dit « grièvement », on sait que la mort n'est pas loin, qu'elle est possible et même probable, et cette idée ne m'avait pas effleuré. Non. On allait l'opérer, le soigner. On ne meurt pas en pleines vacances d'été quand on a 11 ans et demi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
marina53marina53   31 mai 2022
Puis ce furent les condoléances... les condoléances, c'est le rituel du réconfort qui ne réconforte pas, mais si, quand même un peu.
C'est le moment de ceux qui ne sont pas assez proches pour être venus à domicile et de ceux qui ne se lassent pas de les présenter.
À nos parents, à notre grand-mère ; ils disent ces mots convenus que tout le monde semble trouver justes. Les mots justes sont difficiles à trouver, ils se dérobent. Dans le fond, c'est à ça que sert ce rituel. À remplacer les mots justes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
marina53marina53   05 juin 2022
« J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends »
Guillaume Apollinaire
Commenter  J’apprécie          231
marina53marina53   30 mai 2022
Parfois, on est sidéré de constater que la vie – on ne sait comment – a continué. On croyait ne jamais sortir de l'abîme, mais doucement, sans qu'on s'en rende compte, ça change. Puis un jour, on réalise avec surprise qu'il y a longtemps qu'on n'y a pas pensé.
Commenter  J’apprécie          150

Lire un extrait
Videos de Jean Louis Tripp (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Louis Tripp
Après la saga "Magasin Général" co-dessinée avec Régis Loisel et après les deux premiers tomes de son introspection sur la vie sexuelle dans "Extases", Jean-Louis Tripp revient sur un épisode traumatique de son adolescence : la mort de Gilles, le "Petit Frère", qui a été fauché par une voiture sur une route de Bretagne à l'été 1976. Pour ce nouveau récit, il s'est replongé dans les archives familiales et a collecté les témoignages des membres de sa famille.
#BD #bandedessinée #FranceCulture _____________________ Prenez place à la Grande Table pour rencontrer d'autres personnalités qui font l'actualité de la culture https://www.youtube.com/watch?v=xJHbbKHstIM&list=PLKpTasoeXDrpsBVAaqJ_sANguhpPukaiT ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie
Suivez France Culture sur Facebook : https://fr-fr.facebook.com/francecult... Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : deuilVoir plus
Notre sélection Bande dessinée Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1315 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre