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ISBN : 2749143934
Éditeur : Le Cherche midi (27/08/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Années 1930. Dans un pays de l'Est indéterminé, un homme est arrêté et conduit à la prison d'État où il est interrogé sans ménagement. Il prétend s'appeler Greedich et être représentant de commerce, mais ses geôliers lui donnent du « monsieur Hortsman ». Il veut que l'on prévienne sa femme. Les bourreaux assurent qu'il n'est pas marié. Hortsman appartient à une organisation terroriste qui vise l'armée. Mais l'homme maintient qu'il n'est pas Hortsman, il est Greedich... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bologne
  08 février 2016
Cela semble commencer comme du Kafka. Dans un pays totalitaire, un homme est enfermé sans savoir pourquoi. Mais très vite, notre esprit cartésien baisse la garde. Il est né à Tilden, en 1908, et s'appelle David. le lecteur commence à imaginer un jeune juif arrêté dans l'Allemagne nazie. Fausse piste. On le prend pour un autre, un terroriste nommé Hortsman. Bon, le malentendu sera vite dissipé. Sa femme sera informée, viendra le délivrer. Il est en prison par erreur, et nous, par erreur dans un roman moralisateur qui nous mettrait en garde contre les dérives de la démocratie : « un pays comme le sien ne pouvait employer de semblables moyens », se console le protagoniste.
Pourtant, quelque chose cloche. L'officier chargé de l'interrogatoire refuse l'évidence. David tente de se rassurer. Il « fait son métier. Chacun joue le rôle qui lui fut confié, et mon métier, à moi, est de ne pas perdre la tête. » le lecteur dresse l'oreille. Un rôle ? Serions-nous dans un roman de Frédérick Tristan, qui joue volontiers sur le décalage entre ce que l'on croit vivre et ce que l'on joue ? le nom figure bien sur la couverture, mais nous avons appris à nous méfier des noms... Un médecin venu réconforter le prisonnier précise cette hypothèse. Il entre dans le jeu du prisonnier. Certes, sa femme existe, « nécessairement », puisqu'il l'imagine. « Et, au vrai, qui pourrait démêler le possible de l'impossible, la réalité du désir ? » Nous voilà soulagés, l'hypothèse était la bonne. Ni pastiche de Kafka, ni roman moralisateur, ni jeu gratuit de politique fiction, mais, entre les genres, une fable qui nous invite à réfléchir sur la frontière mouvante entre l'imaginaire et un prétendu réel, entre ce que nous croyons vivre et notre théâtre intérieur. Un album de photos où David est invité à reconnaître ses complices ne contient que dix portraits identiques, celui de l'officier qui lui fait face. Normal, mais il faudra encore cinquante pages pour comprendre le pourquoi. Un enfant traverse la cellule en poussant un cerceau ? Quoi de plus naturel ? N'allez pas tomber dans l'explication facile du rêve.
Et qu'importe, après tout, le degré de réalité de ce que nous lisons ? Nous sommes David Greedich, tout simplement, et comme lui nous ne vivons plus dans notre corps, mais dans le corps d'un autre. Comme lui, nous sommes dans un « tunnel de questions sans issue, de réponses sans objet », que l'on nomme la mort, et qui parfois est la vie. Telle est la conclusion à laquelle arrive David. S'il est prisonnier, c'est de sa faute, c'est parce qu'il a vécu comme un prisonnier et que sa soumission s'est matérialisée en quatre murs. « Avait-il vécu ? Pouvait-on appeler vie cette suite incolore d'heures fades, si semblables aux heures de tous les autres, avec un peu d'amour, un peu de peine, un peu de joie ? » Ce sont les pages les plus fortes de ce roman, qui nous concernent directement. David paie « de n'avoir pas été assez nu », de s'être vêtu d'habitudes, de règlements, de religions. Face à la mort, il a peur. Non de mourir, mais de ne pas avoir vécu. Alors, ce rôle qui lui tombe dessus sans qu'il l'ait cherché, n'est-ce pas sa dernière chance de donner forme à « l'absurde mascarade » qu'il a jouée jusque-là ? Et s'il quitte « l'odieux théâtre » de sa vie passée, ne va-t-il pas entrer dans la vérité, « la seule vérité qui soit au monde : l'affirmation d'une lueur au plus épais des ténèbres » ? Assumer ce qu'il n'a pas choisi est une façon de mettre fin à ce qu'il n'a pas vécu. « La fin de rien » : c'est aussi écrit sur la couverture, mais nous n'avions pas compris. La pirouette finale rassurera le lecteur et lui permettra de refermer apaisé le roman. Mais la vraie question restera dans sa tête. Peut-être est-il mort, lui aussi.

Lien : http://jean-claude-bologne.c..
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thisou08
  16 mars 2017
Ce roman est déstabilisant, car à aucun moment on ne peut démêler le vrai du faux.
C'est un univers à lui tout seul avec ses règles, que l'on ne connaît pas.
Bien sûr, dépaysement garanti... et j'ai apprécié cette balade dans l'inconnu.
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Vidéo de Frédérick Tristan
Frédérick Tristan présente l'intrigue de son dernier roman "Les Impostures du réel".
L'ouvrage
Paul, jeune garçon solitaire, ne comprend pas pourquoi sa mère ne l'aime pas et pourquoi elle va jeter de la boue sur une tombe. Son père, toujours absent, garde un lourd secret dans son coeur. Un mystère rôde dans la maison, et l'enfant ne trouve d'évasion que dans le misérable cinéma du village. Les vieux fi lms sont-ils plus réels que la vie ? À Lyon où il fait de précaires études, Paul croit se sauver de son désarroi grâce à l'amour, mais il tombe entre les mains d'une redoutable comédienne qui le viole. le théâtre deviendra-t-il son nouvel univers, plus trompeur encore que l'autre ? Un professeur, qu'il considère à tort comme son ami, lui conseillera de se plonger dans des livres qui, loin de l'apaiser, le bouleversent. Parviendra-t-il à devenir écrivain ? D'étranges circonstances le conduisent à aimer une jeune étudiante que la drogue a menée à la folie. Pourra-t-il la sauver grâce à un héritage inopiné dont il déteste pourtant la provenance ? Empêtré dans une société qu'il ne comprend pas, Paul se libérera de ses angoisses en apprenant la vérité sur ses véritables origines et en s'engageant dans la résurrection mentale de celle qu'il aime. Le personnage principal de cette grande fresque conçue entre 1953 et 2012 aura traversé plusieurs romans de l'auteur, faisant de ce texte essentiel l'un des fi ls conducteurs de l'oeuvre de Frédérick Tristan.
L'auteur
Frédérick Tristan, né en 1931 à Sedan, appartient au club fermé des grands écrivains français contemporains. Poète, romancier, essayiste, graphiste, professeur d'iconologie paléochrétienne, il a publié une soixantaine de livres depuis 1948, dont le Dieu des mouches (1959), Naissance d'un spectre (1969), le Singe égal du ciel (1972), Les Tribulations héroïques de Balthasar Kober (1980), La Cendre et la Foudre (1982), Les Égarés (1983, prix Goncourt), le Dernier des hommes (1993), Réfugié de nulle part (2010), Brèves de rêves (2012). Son oeuvre romanesque est traduit en 22 langues. Il est considéré comme le chef de file de la Nouvelle Fiction.
Pour en savoir plus : http://www.le-passeur-editeur.com/les-livres/littérature/les-impostures-du-réel/
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