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ISBN : 2352841283
Éditeur : Editions du Jasmin (24/09/2013)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Le Dernier Chat noir
Eugène Trivizas
Traduction : Michèle Justrabo

D'abord on n'y a pas prêté attention. Des chats disparaissaient. Curieusement, seulement des chats noirs !
Une sinistre organisation a juré notre perte. Les buts ratés,
les rages de dents, le chômage ou la crise : on a bon dos, on nous accuse de tous les maux !
Mais ça ne va se passer comme ça, ils vont trouver à qui
parler...

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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  16 novembre 2014
Sur cette île, les chats noirs sont devenus indésirables. Ils portent malheur. de là à dire qu'ils sont responsables de tous les maux et qu'ils doivent disparaître, il n'y a qu'un pas qui est vite franchi. Etapes classiques d'un génocide : rumeur, chasse officielle encouragée par les dirigeants, persécution, appel à la délation, arrestations, mises à mort de plus en plus barbares. Et côté victimes : peur, fuite, résistance, solidarité, mais aussi lâcheté et coups bas pour sauver sa peau.
On reconnaît bien sûr le clin d'oeil appuyé à l'Holocauste juif. La fable rappelle celle de Pavloff, 'Matin Brun'. Je reprochais à celle-ci sa brièveté et sa simplicité. Je reproche à ce 'Dernier chat noir' des longueurs, des lourdeurs, et trop de naïveté. Il me semble que la richesse d'une allégorie réside dans sa finesse, je trouve que l'auteur y va à la louche ici. Je précise que je ne suis pas le bon public pour ce genre de fable sur la Shoah : le garçon en pyjama rayé (John Boyne) et La vie est belle (Roberto Benigni) m'ont hérissée. Lorsque les détails sont si précis, lorsque le public visé est adolescent ou adulte, lorsqu'on n'a pas à échapper à la censure, pourquoi ne pas appeler un chat un chat ? Je comprends et approuve l'intention de l'auteur, mais je n'arrive pas à entrer dans ce registre. Réticence personnelle, donc, qui ne doit pas vous décourager de découvrir ce roman.
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Commenter  J’apprécie          220
Apikrus
  16 novembre 2014
Sur cette île, des humains semblent convaincus que les chats noirs portent malheur. Afin d'éliminer ces mauvaises influences, ils tentent de rallier leurs concitoyens à leur cause. La chasse est ouverte, mais la résistance tente de s'organiser.
Cette histoire est une allégorie, à la manière de 'Matin Brun' (courte nouvelle de Franck Pavloff). Ici la désignation de boucs émissaires sert aussi à une tentative de prise de pouvoir. Jalousie, peur et crédulité sont les terreaux fertiles à une telle stratégie, et présentes en permanence. le parallèle entre les Juifs de l'Allemagne des années 1930 et 1940 et les chats noirs de ce conte est évident, tout au long de l'intrigue.
L'ouvrage reste cependant léger et facile à lire, y compris par des jeunes qui s'en tiendront peut-être au premier degré. Après tout, ici ce ne sont "que" des chats qui meurent, et des lueurs d'espoir persistent jusqu'à la fin du livre. Quelques scènes d'action "tarte à la crème" donnent au récit un côté loufoque qui en amusera certains - elles m'ont un peu agacé par leurs excès. Ceci n'empêche cependant pas une réflexion sur les sentiments et instincts humains, qui malheureusement se prêtent bien au renouvellement de telles histoires, ainsi que le conclut l'auteur dans son épilogue : « Dans le fond de mon coeur, je sais toutefois qu'ici, sur cette île, comme ailleurs aussi, les chats oublient, les hommes oublient, et la folie ne demande guère qu'à s'embraser à nouveau. Et tout recommence... »
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melusine1701
  30 novembre 2013
Au départ, personne n'avait remarqué. Pourtant Soyeux, Saltimbanque, Othello, Ramsès et les autres chats avaient bel et bien disparu. Mais notre héros a d'autres chats à fouetter. La taverne de poisson à dévaliser et surtout, son rendez-vous avec Graziella, la jolie chatte blanche avec qui il file le parfait amour. Pourtant bientôt, il est le témoin d'une scène terrible: un chat noir est enlevé, par un drôle d'homme avec une casquette à carreaux. Il tente de prévenir ses camarades chats des rues que quelque chose d'anormal se passe, mais personne ne se rend compte du danger. Il mène alors sa petite enquête et découvre un complot terrible: une organisation a programmé l'éradication de tous les chats noirs. Et l'argument est de poids: porte-malheurs depuis la nuit des temps, ceux-ci sont rendus responsables de tous les maux. le chômage, la crise, les accidents… Tout est dû à un chat noir dans le coin. Et le pire n'est pas là: il semblerait que les politiques, mais aussi de grandes compagnies, soient impliquées dans ce projet. Très vite, même la population s'y met. Commence alors la terrible traque pour notre pauvre chat noir qui n'a plus qu'un objectif: survivre.
Ce roman jeunesse est beaucoup moins simple et enfantin qu'il n'y paraîtrait à la lecture de la quatrième de couverture. Certes, on entre dans le petit univers d'un chat, où les animaux parlent, tissent des liens, s'amusent et sont jaloux. J'ai beaucoup aimé voir le héros s'insurger contre Rasmine, le magnifique chat angora blanc que l'on destine comme mari à sa bien-aimé Graziella. J'ai beaucoup aimé le voir épargner une souris ou un pivert parce qu'il est dans un bon jour, ou léchouiller l'oreille d'une jolie minette. C'est frais, plein de charme et on les entendrait presque ronronner ou feuler lorsqu'ils se brûlent la queue pendant une attaque.
Mais ce qui m'a le plus surprise, c'est la noirceur dans laquelle le récit bascule et la fable du racisme et même du fascisme à peine dissimulée qui se met en place. Les brigades, les dénonciations, la collaboration, les affiches de propagande, aucun détail ne manque pour reconnaître une société totalitaire bien réelle qui se livre à un massacre en règle d'une catégorie précise d'individu. La critique est sévère: la corruption des puissants et la manière dont la population manipulée accepte ce massacre sont tout à fait poignantes, et lorsque même les chats qui ne sont pas noirs ferment les yeux sur la situation, on ne peut que constater l'amère pertinence du titre.
Et c'est probablement là la grande force de ce roman: arriver à créer ce malaise de voir ce monde félin si mignon et enfantin gagné par une humanité brutale et grinçante. Il y a un peu de Maus dans ce contraste froid. J'ai souvent eu envie de crier “mais noooooon pas ça à mes petits minous!!!” car certaines scènes sont réellement dures: on les voit se débattre dans des sacs, plonger dans des lacs de chaux vives ou noyés dans des hammam. La mort de Goudron, le malheureux chat qui ne voulait que rejoindre sa petite maitresse, est une apothéose de pathos qui m'a réellement retourné et mis un coup au coeur. Passer par l'attachement à nos petites bêtes pour faire réagir sur la bêtise humaine de masse est décidément très efficace.
Lien : http://mabouquinerie.canalbl..
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IsaLise
  02 novembre 2013
"Je vous dis tout cela
Car ici dans notre île,
Comme ailleurs ausi,
Les chats oublient,
Les hommes oublient
Et la folie
Ne demande guère
Qu'à s'embraser à nouveau
Et tout recommence..."
La quatrième de couverture laissait présager un ouvrage visant à dénoncer l'arbitraire, certainement des massacres commis en désignant des boucs émissaires, boucs émissaires choisis en fonction de la couleur de leur pelage. Ce n'est pourtant pas tant le racisme que les horreurs infligées à des minorités lors de la seconde guerre mondiale (juifs bien sûr, tziganes, personnes handicapées...) qu'évoque ce roman.
Sous forme de conte animalier, dans le même esprit que Georges Orwell , ce texte nous montre comment petit à petit une partie de la population est visée avant de concerner tous les chats de l'île. A la fin de l'ouvrage, nous apprenons pourquoi ils ont été choisis. Mais entre temps, chaque fil se lie au précédent : la peur ; la superstition tout d'abord, ponctuelle puis encouragée ; une justification à l'atrocité pseudo rationalisée ; la propagande ; le matraquage; les sanctions et les sévices infligés aux victimes désignées, mais également à ceux qui oseraient remettre en question une décision devenue gouvernementale. Là encore, il est intéressant de découvrir les raisons pour laquelle celui-ci choisit d'encourager cette campagne innommable.
Beaucoup de qualités pour cet ouvrage : l'écriture, le rythme, un peu d'humour glissé ici et là, une histoire restant crédible, la satire bien sûr.
Il est conseillé à partir de 10 ans. Il est certain qu'il vaut mieux être un bon lecteur avant d'aborder celui-ci. Cependant je pense qu'il vaut mieux avertir les jeunes un peu sensibles : au fur et à mesure où l'action avance, où le chat finit par se retrouver seul, quelques scènes peuvent perturber les jeunes particulièrement sensibles et attachés aux chats. Je pense par exemple au moment où les mamies tricotent, aperçoivent un chat noir et "une maille à l'endroit, une maille à l'envers" enfonce une aiguille dans le coeur du chat qui courait se réfugier dans les bras de sa petite maîtresse dont il avait été brutalement séparé quelques mois plus tôt.
Ce petit avertissement étant donné, cette lecture utile connait également une fin heureuse.

Lien : http://apprendreavecbonheur...
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Commenter  J’apprécie          70
Harioutz
  17 juin 2016
Que le narrateur soit un chat noir m'a d'emblée beaucoup plu.
Que les chats noirs, puis les gris, les blancs et pour finir, que tous les chats soient pourchassés et éliminés dans le but d'inonder les lieux de souris et de vendre des pièges à prix d'or, est une idée originale, voire amusante.
Mais je n'ai pas du tout aimé les descriptions très précises des scènes de torture et de mise à mort, et en cela, je pense que ce roman n'est pas un roman destinés aux plus jeunes (avant le collège).
Commenter  J’apprécie          40

critiques presse (1)
Ricochet   01 avril 2014
Le dernier chat noir est un livre pour tous, divertissant, qui avance tranquillement vers la dernière ligne, avec humour et beaucoup de phrases rythmées où le son (ch comme chat) importe.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
lauwielauwie   15 novembre 2013
« Quels animaux êtes vous ? s'enquit un jour le vieux cheval à la patte blessée, dont les yeux malades ne voyaient plus très bien.
- Des chats.
- Noirs ?
- Oui.
- De ceux qui portent la poisse, à ce que l'on dit ?
- De ceux-là ! Mais ce que l'on dit n'est pas vrai...
- Je le sais bien.
- Qu'en sait-tu ?
- Les hommes disent n'importe quoi. Il ne faut pas leur en vouloir. Ils croient dur comme fer, les insensés, que les fers à cheval portent chance, mes chères petites oies...
- Mais nous ne sommes pas des oies ! Nous sommes des chats.
- Moi, par exemple, mes chers petits minets, j'ai quatre fers aux pattes, et voyez où j'en suis ! Vous me voyez ou non ? Une patte folle, des yeux foutus, un avenir opaque...
Les fers à cheval portent chance ? Ah ! Laissez-moi hennir ! »

p. 164 - 165.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
ZilizZiliz   14 novembre 2014
- Un mensonge, si nombreux soit-on à le défendre, reste toujours un mensonge. Comprends-le bien. Mets-toi ça dans la tête ! Ce n'est pas vraiment si difficile que ça !
- Un mensonge auquel tout le monde croit ne diffère en rien d'une vérité. Il engendre exactement les mêmes résultats. Il te fait souffrir vraiment. Il te tourmente vraiment. En d'autres mots, une vérité mensongère ne diffère en rien d'un vrai mensonge.
+ Lire la suite
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lauwielauwie   15 novembre 2013
Tout est si calme... si tranquille... si paisible...
Comment est-il possible, me dis-je, que soit survenu ce qui est advenu. J'essaie de me persuader moi-même que jamais, au grand jamais, rien de tel ne peut se produire à nouveau... Il n'en est pas question...
Dans le fond de mon cœur, je sais toutefois qu'ici, sur cette île, comme ailleurs aussi, les chats oublient, les hommes oublient, et la folie ne demande guère qu'à s'embraser de nouveau. Et tout recommence...

p 254.
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Commenter  J’apprécie          80
Nodens50Nodens50   28 juillet 2014
"Ce n'est pas parce que tout le monde le dit que c'est la vérité. Ce n'est pas la vérité vraie ! La vérité est autre !
Quel sens a une vérité que tous nient ? Quelle valeur ? Quelle garantie ?"
Commenter  J’apprécie          130
HarioutzHarioutz   17 juin 2016
"Mes biens chers chats, bien chères chattes, braves félins, il y va de notre vie, résumai-je. Il nous faut prendre des mesure sans précédent. Le Cercle des Superstitieux et leurs alliés sont organisés, liés en réseaux et bien décidés à nous exterminer. Si nous n'agissons pas, si nous ne réagissons pas, si nous ne faisons pas front, nous serons liquidés dans quelques mois, comme ils le projettent, d'après mes informations." (p.106).
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Vidéo de Evgénios Trivizás
Interview de Michèle Justrabo à propos de sa traduction du livre "Le Dernier Chat noir", d'Eugène Trivizas, parue aux Éditions du Jasmin. Interview réalisée en mai 2015.
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