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Alain Jumeau (Traducteur)
ISBN : 2213643466
Éditeur : Fayard (06/01/2010)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Dans cet ample roman victorien aux ramifications multiples, le centre de gravité est occupé par Augustus Melmotte, un financier véreux qui lance une vaste opération spéculative en Angleterre et en Amérique pour prendre au piège les investisseurs naïfs. Le procédé qu'il met en oeuvre à Londres dans les années 1870 préfigure curieusement certaines affaires du vingt et unième siècle. Melmotte n'est pas le seul à tricher. Les jeunes gens de bonne famille désargentés n'h... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
iris29
  18 février 2018
Quelle époque et quel pavé !
807 pages ...Il m'aura fallu une semaine pour venir à bout de ce roman, autant dire que j'ai été en totale immersion dans le monde que nous décrit Anthony Trollope.
Dans le Londres des années 1870, débarque un personnage mystérieux et sulfureux affublé d'une épouse et d'une fille unique . On croit savoir qu'il viendrait de Paris et qu'il est très riche mais il y a un hic : sa fortune soudaine ne serait pas acquise honnêtement.
Qu'importe ! Immédiatement, des hommes de la bonne société désirent s'associer avec lui, pressentant qu'il y a de l'argent à se faire sans rien faire ...
Car les jeunes gens que nous présente l'auteur, sont des héritiers, des rentiers , qui n'en "foutent" pas une, mais qui sont très doués pour dilapider le peu de fortune qu'ils ont , à leur Club, entre alcool et parties de cartes . Presque ruinés , ne pouvant payer leurs dettes de jeux, ils n' auront de salut que dans le mariage , à condition de tomber sur la bonne poire doté d'une dot conséquente ...
Quelle drôle d'époque que celle-ci, et ses jeunes gens obligés de se marier pour maintenir leur train de vie , n'envisageant jamais le travail comme source de revenus .
Quelle drôle d' époque qui voit leurs pères préférant s'acoquiner avec ce Monsieur Melmotte, parce qu'incompétents en affaires, ils n'ont pas vu venir le piège de celui qui achète sans jamais payer , emberlificotant son monde par de belles paroles.
Quelle époque aussi, qui permettait à un écrivain d'écrire ceci : " Sa femme était grosse et blonde, une couleur qui n'était pas celle de nos juives traditionnelles ; mais elle avait le nez juif et les yeux resserrés des juifs".
[ J'avais déjà un truc identique dans un roman d'Agatha Christie ... ] .
Et même si après , il se fait pardonner, en dénonçant un homme qui refuse d'accorder la main de sa fille à un monsieur juif et qu'il dit de jolies choses sur la tolérance et le monde qui change , c'est choquant pour la lectrice du 21 ° siècle que je suis.
Bien sûr, il y a quelques longueurs , notamment sur les passages concernant les affaires et la politique ; bien sûr il y a quelques longueurs autours des histoires d'amours et d'argent , mais dans l'ensemble, c'est extrêmement plaisant et instructif.
J'ajouterais , que la langue est belle et les réflexions pertinentes dont une en particulier m' a fait sourire tant elle colle parfaitement à notre actualité "people/héritage ":
" Là-bas, la femme peut prétendre à avoir sa part des biens de son mari, mais ses biens à elle n'appartiennent qu'à elle. L'Amérique est assurément le pays des femmes... et , tout particulièrement, la Californie."
A QUE ... certaines personnes auraient été bien avisées de lire "Quelle époque !" Ils se trouveraient moins "démunis" aujourd'hui ...
Quand à moi, en refermant ce roman, je me suis demandé ce que Monsieur Anthony Trollope penserait de la notre, d'époque ...
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cmpf
  16 décembre 2015
En anglais « The way we live now », ce roman présente sur une période d'environ six mois des spécimens de la « bonne société » londonienne. Il y a Lady Carbury sur laquelle s'ouvre le roman, veuve mal mariée qui a gardé de son expérience matrimoniale l'idée que l'amour est un objet de luxe que seuls quelques-uns peuvent s'offrir. Elle fait donc preuve d'une grande dureté envers sa fille Henrietta qui souhaite épouser le jeune homme dont elle est éprise. D'un autre côté tout en étant coupablement indulgente avec son fils Félix, joueur et buveur, et qui l'entraine à la ruine, elle le pousse à épouser une jeune fille dont la famille est douteuse mais très riche, quitte à en passer par l'enlèvement. Cette jeune fille c'est Marie Melmotte dont le père arrivé depuis peu en Angleterre brasse beaucoup d'affaires assez nébuleuses. Mais Melmotte entend bien donner sa fille selon ses intérêts à lui. Autour de ce financier gravitent des lords désargentés mais imbus d'eux-mêmes, prêt à vendre leur nom pour « respectabiliser » le lancement d'actions assises sur du vent ou presque.
Le monde littéraire et celui de la presse ne valant pas mieux. Lady Carbury qui s'est lancée dans l'écriture pour gagner un peu d'argent, n'hésite pas à jouer de son charme pour essayer d'obtenir de bons papiers, plutôt immérités, dans les journaux, avec plus ou moins de succès, car de toute façon, certains éreintent les livres dont ils font la chronique parce que cela fait vendre.
Le monde financier dans lequel on met ses opinions et scrupules de côté afin de participer aux bénéfices, le monde des jeunes aristocrates joueurs, buveurs, en quête d'une héritière, tous assez inconsistants, le monde journalistique peu respectueux de la vérité, peu sont épargnés.
Les femmes me semble-t-il s'en tirent un peu mieux. L'énergie n'est niée ni à Mrs Hurtle, américaine venue rappeler à un jeune anglais sa promesse de mariage, ni à Lady Carbury. Les jeunes filles telles Mary Melmotte ou Henriette Carbury sont droites. Les soeurs Longestaffe sont un peu moins bien traitées, mais dans l'ensemble face aux frères auxquels tout est permis, leurs personnalités sont plus riches.
Autre sujet traité, les préjugés à l'encontre des juifs, tolérés dans la finance, mais dont on ne veut pas dans sa famille malgré un début d'évolution. Bref, une peinture peu reluisante de la société de la deuxième moitié du 19ème comme le laissant entendre le titre.
Je me suis aperçue que je jugeais l'un des protagonistes différemment que les personnages du livre le font. Roger Carbury est considéré par tous comme un modèle de vertu, mais je l'ai trouvé particulièrement hypocrite, sans qu'il s'en rendre compte apparemment. Parce qu'il est parfait tant que ses intérêts ne sont pas en cause, mais lorsqu'ils le sont, il se révèle impitoyable et surtout sûr de son bon droit au-delà de la réalité. Tandis que j'ai été plus indulgente que prévu apparemment pour son rival Paul Montague. Preuve encore que la lecture n'est pas un acte neutre.
Publié en 1875, se passant dans les années 1870, il semble que ce soit à cette période qu'Anthony Trollope situe le début du règne inconditionnel de l'argent. C'est à quelques années près, celle que Zola juge aussi à l'origine du même changement.
Je me suis demandé si Trollope était puritain, car si ces jeunes gens jouent, boivent, courtisent sans amour, ils ne semblent pas vivre d'aventures amoureuses. Si sir Félix s'intéresse à une jeune villageoise qui le rejoint à Londres où elle s'installe chez une tante, il se contente de l'inviter au music-hall ou au restaurant. La seule fois où Félix tente d'en avoir un peu plus se termine mal pour lui ; la morale est sauve. .
Dans l'ensemble, ce livre trouve de nombreux échos dans notre époque.
Peut-être quelques longueurs, et quelques redites en début de chapitres qui laissent à penser qu'il a été publié d'abord en roman feuilleton, mais un roman qui vaut la peine d'être lu. D'ailleurs j'y reviendrai, la grande production de monsieur Trollope laisse un large choix. Je serai assez tentée par la série Les chroniques du Barsetshire.

Challenge ABC 2015-2016
Challenge 19ème siècle

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Kirsikka
  12 octobre 2018
Ah, oui, un vrai pavé : plus de 800 pages grand format sur papier fin, il m'a fallu trois semaines pour en venir à bout.
Une époque qui ressemble à la nôtre sous quelques aspects, la recherche du profit, la spéculation, la renommée, la fascination pour la richesse, et les moeurs médiatiques ; et qui en diffère sur d'autres, car un roman du XIXème siècle échappe rarement à la "question féminine" comme on dirait dans un roman de Tolstoï. Ou autrement dit la place des femmes, leur dépendance économique, la nécessité pour elles de se marier pour espérer avoir une maison à elles, si elles ont la chance de tirer le bon numéro à la loterie des prétendant, rarement désintéressés.
Beaucoup de personnages, peut-être un peu trop de longueurs, un humour qui permet d'apprécier la plume de l'auteur : s'il n'a pas un grand style, l'ironie permet de prendre un peu de distance avec des sujets qui, au fond, sont plutôt tragiques.
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Syl
  20 mars 2013
Je suis ravie d'avoir participé à la lecture commune organisée par Adalana. Sans cette motivation, je pense que je n'aurais jamais ouvert ce livre, ou je l'aurais reposé après avoir lu les premières pages. Même s'il est intéressant et très bien écrit, ce roman n'est pas facile à lire. Ce billet commencera par une présentation des personnages et finira par une petite conlusion.
Aux premières pages, on rencontre lady Carbury. Cette veuve d'une quarantaine d'années, encore belle, souhaite que ses écrits sur les amours d'Henri VIII soient édités. C'est obsessionnel et d'une ambition démesurée. Manipulatrice, elle joue de son petit pouvoir auprès des hommes, peu scrupuleux, qui seraient susceptibles de la publier ; oeillades, frôlements, lettres… elle promet sans donner. Son caractère se dévoile dès les premiers mots. Je sais alors que je n'éprouverai aucune sympathie pour elle, trop stratège et vulgaire dans ses desseins. L'auteur explique, peut-être pour l'excuser, que sa vie ne fut pas facile avec une enfance misérable et un mari odieux. Ce militaire anobli était généreux mais violent, impulsif et tyrannique. Lady Carbury a deux enfants.
La cadette, Henrietta que l'on appelle Hetta, est une jeune fille de vingt-un ans. Moins lumineuse que son frère aîné, elle possède une beauté douce et bonne. Soumise à l'autorité maternelle, elle reste souvent en retrait, cherchant à n'occasionner aucun remous, aucune affliction. Cette jeune fille, image parfaite, est courtisée par son cousin Roger…
L'aîné, le baronnet sir Félix Carbury, est l'héritier. Il dilapide la fortune familiale au jeu, trop gâté par sa mère qui voit en ce fils des promesses qu'il ne tiendra jamais. Beau, on le compare à un Adonis, jeune, plein de suffisance, égoïste, paresseux, stupide, inconscient ou insouciant, il est détestable. Il n'aime pas, il s'aime. Responsable de l'état pitoyable des finances familiales, il est obligé de chercher une héritière. Les familles nobles sont en ce siècle, désargentées. le travail étant une indignité, ils vendent leurs titres, leur pedigree, en épousant des filles de « boutiquiers ». La finance tient le monde fermement par le collet. Les maîtres de la City sont des hommes d'affaires qui donnent le tempo, et font la pluie et le beau temps. Souverain absolu, Augustus Melmotte, est l'homme à courtiser… sa fille Marie est la proie de tous les coureurs de dot, elle est dans la mire de sir Félix…
Augustus Melmotte est Midas. On le dit si riche ! Mais qui connaît vraiment cet aventurier de la finance ? Les gens le haïssent, le craignent, l'écoutent et s'en méfient. Il oblige la noblesse à courber l'échine. Sans considération, sans estime pour son prochain, il est possédé par l'envie de dominer ; affaires et politique. Son empire est considérable, mais ce qu'il convoite est difficile à acquérir. Si certains désirent l'argent, lui veut la terre, des biens fonciers, un patrimoine et toute l'histoire qui s'en rattache. Il cherche une légitimité. Il propose des actions dans le Grand Chemin de fer du Pacifique Centre et Sud du Mexique. Il distribue les rôles et implique la bonne société dans ses conseils d'administration. Sa fille ? elle est un pion qu'il dispose pour assouvir ses ambitieux projets…
Marie Melmotte, d'après la noblesse, n'est pas une fille « comme il faut ». Au premier coup d'oeil, Sir Félix la trouve sotte, commune et inintéressante. Seule sa fortune la pare d'une aura particulière. Forcé à se montrer galant, il arrive à s'en faire aimer. Rival de son ami de débauche lord Nidderdale, fils de marquis, il triche sur ses sentiments sans effort et même sans conviction. Et Marie, qui aspire à rencontrer l'amour, s'abuse bien tristement.
Lors de son premier bal, Henrietta prend conscience de son attirance pour Paul Montague. Ami de longue date du cousin Roger Carbury, presque un parent, il était parti en Amérique rejoindre son oncle. de retour en Angleterre, ses projets professionnels et financiers sont en affaire avec ceux de Melmotte. Jeune homme intègre et fidèle, il m'a paru naïf et falot (rien de bien séduisant).
Dernier personnage principal, un homme un peu en retrait de l'intrigue financière, c'est le cousin Roger Carbury. Il est une âme loyale, honnête et juste. Proche de sa terre, de ses gens, il a su gérer son capital et bénéficie de belles rentes. A travers ses yeux, l'auteur nous parle de son domaine d'une façon aimante et respectueuse. Les descriptions sont belles, elles m'ont enchantée. Roger est un homme d'âge mûr de quarante ans, hélas trop vieux aux yeux d'une jeune demoiselle dont il est passionnément épris. Ce qui le distingue, c'est sa sincérité et le fait qu'il place l'amour au dessus de tout. Généreux dans ses actions, il l'est aussi dans les sentiments. Par amour, il saura placer le bonheur d'Henrietta hors de sa portée et l'offrir à son ami avec sa bénédiction. Homme d'un seul amour, le lecteur sait tout le mal qu'il peut endurer.
D'autres personnages animent l'histoire. Ils participent avec bassesse aux impostures et manigances. Se vendre paraît être l'élément commun de cette noble assemblée, l'argent étant le carburant vital.
Le roman est une satire sur l'immoralité. Cette époque voit des jeunes gens de l'aristocratie s'endetter sans se formaliser ; le jeu, la paresse, la vanité, les faussetés…
L'auteur met en branle sa mécanique. le XIXème siècle se transforme, il s'épanouit dans son industrie et les bénéfices sont colossaux pour ceux qui se hasardent à investir. le pouvoir est donné aux hommes les plus rapaces et les plus corrompus. C'est l'introduction du monde capitaliste actuel.
Ai-je aimé cette lecture ? Oui, certainement. Elle est très intéressante. J'ai pris de nombreuses notes, accordant de l'importance à toutes les trames du scénario, appréciant les histoires de coeur comme celles plus politisées et sociétales. Cependant… là, étant mes bémols… j'ai trouvé certains passages trop longs, trop bavards dans leur analyse, et je n'ai pas eu cet élan admiratif que j'ai à chacune de mes lectures des oeuvres de Jane Austen ou Elizabeth Gaskell. Je suis restée en retrait, j'étais simple spectatrice, alors que j'aime m'impliquer dans mes lectures.
En ce qui concerne la couverture du J'ai lu, je suis du même avis que certaines lectrices, elle est horrible. Cependant, elle caricature bien les personnages, leur donnant une forme de gnome pour les deux hommes, et de charretière pour la femme. le ton est grotesque, vulgaire, presque libidineux pour l'un des trois. Sa convoitise est malsaine. Au plus je regarde cette illustration, au plus je lui trouve une vérité. Elle raconte tout l'abject du roman. La concupiscence de l'un, la grossièreté de l'autre…
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ElizaLectures
  08 juin 2012
Le roman s'ouvre sur trois lettres cajoleuses écrites par Lady Carbury aux rédacteurs en chef des journaux les plus en vue de Londres pour demander un bon accueil à son roman, implorant l'indulgence de l'un, flirtant avec l'autre…. Dès le départ, Trollope place ainsi cette grande saga victorienne sous le signe des tromperies et des manipulations. Si Lady Carbury en est réduite à écrire des romans et à convoiter avidement une carrière de femme de lettres, c'est qu'elle est ruinée par la conduite insouciante de son fils, Sir Felix. Ce dernier passe ses journées à s'endetter aux cartes dans un club londonien sans prestige avec quelques autres jeunes hommes. Pour lui, seul un mariage avec une héritière pourra lui assurer le train de vie dont il a besoin pour subsister. Cette héritière pourrait bien être Miss Marie Melmotte, la fille du grand financier Augustus Melmotte, nouveau génie de la City. Melmotte n'a ni titre ni distinction, mais assez d'argent pour s'acheter des duchesses à ses bals et faire des scandales aux secrétaires d'Etat. Grâce à sa fortune, toutes les portes lui sont ouvertes… Sur cette intrigue principale se greffent d'autres couples, Hetta Carbury déchirée entre son cousin plus âgé, Roger Carbury, et Paul Montague, jeune homme à l'allure bien plus engageante, mais lui-même pris aux griffes d'une “tigresse” américaine venue exiger de lui le respect d'une ancienne promesse de mariage. On trouvera aussi Lord Grendall et son fils, devenus laquais de Melmotte pour grappiller quelques sous de sa fortune, le jeune Dolly Longestaffe, que la seule pensée d'écrire une lettre fatigue et sa soeur, qui se débat pour obtenir une certaine indépendance, ou encore la jeune Ruby Rugles, petite paysanne qui se pâme devant son amoureux londonien au détriment de l'honnête fermier qu'elle doit épouser. Une galerie de personnages haute en couleurs que l'auteur entrecroise avec une maîtrise et une facilité déconcertante, ajoutant à tout cela la “grande affaire” de Melmotte, la Société de Chemin de Fer du Pacifique Centre et Sud et du Mexique, dont on ne voit durant tout le roman pas le premier mètre de rails.
Dans ce tumulte, certains personnages révèlent avec surprise un caractère plus ferme que ce qu'on croyait quand d'autres ne se relèvent jamais alors qu'on l'espérait toujours. le titre original du roman “The Way We Live Now” montre bien le parti pris de Trollope qui sous-tend tout le roman : “cette” époque a perverti la bonne vieille Angleterre. L'argent achète tout, les bonnes manières n'y sont plus respectées et la noblesse n'a plus le panache de l'ancienne époque. Si Trollope ne peut empêcher le monde d'avancer et les idées d'évoluer, il ne se retient pas de donner son avis à travers deux personnages : Roger Carbury, effaré devant la conduite de Sir Felix et Mrs Pumpkin, la tante de Ruby.
Ce livre pourrait s'intituler Grandeur et décadence d'Augustus Melmotte, tant il m'a fait penser à Balzac dans la description des affaires financières, des combines politiques, de ces caractères si forts (la mère se sacrifiant pour son fils, le journaliste jouant avec son pouvoir, l'héritier désargenté, la fille rebelle, etc.) et cette opposition permanente entre la campagne et la Ville… La différence réside cependant dans l'analyse psychologique beaucoup plus fine, parfois un peu longue, que fait Trollope des ressorts des actions de ses personnages.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
cmpfcmpf   16 décembre 2015

Il y a l’article destiné à faire vendre un livre, qui parait juste après la sortie du livre, ou parfois avant ; l’article qui crée une réputation mais sans affecter les ventes, et qui paraît un peu plus tard ; l’article qui étouffe un livre sans bruit ; l’article qui va élever ou abaisser l’auteur d’un cran ou deux, le cas échéant ; l’article qui va, tout à coup, faire un auteur, et l’article qui va l’éreinter. [...]. De tous les articles, l’article qui éreinte est celui qui a le plus de succès, car c’est le plus agréable à lire. […]. Un tel article ne va pas inciter tout le monde à commander l’Evening Pulpit, mais il va créer chez ses abonnés la satisfaction d’en avoir pour leur argent. Chaque fois que la diffusion d’un tel journal commence à faiblir, les propriétaires devraient, bien évidemment, exhorter leur monsieur Alf à donner un peu plus de vigueur au service des éreintements.

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cecilitcecilit   06 juin 2015
Le lendemain, elle porta elle-même son manuscrit chez MM Leadham et Loiter et, de nouveau, elle fut choquée par le peu d'égards que l'on semblait manifester à ses feuillets rassemblés. Il y avait là six mois de travail ; elle y avait mis toute son énergie, toute son intelligence - la quintessence de son esprit - comme elle aimait à le dire elle-même, lorsqu'elle parlait avec chaleur de ses œuvres ; et M. Leadham le jeta en direction d'un employé qui avait peut-être seize ans, apparemment, et le jeune gars, avec beaucoup de sans-gêne, flanqua le paquet sous un comptoir. Un auteur a le sentiment que son travail doit être reçu par des mains avides, mais respectueuses, et tenu, avec beaucoup de prévenance, à l'abri de tout accident, avant d'être déposé dans le saint des saints d'un coffre-fort totalement à l'épreuve des incendies.Oh ! Bonté Divine ! S'il devait se perdre!...ou être brûlé !... Ou volé !! On peut très bien découvrir par la suite que ces bouts de papier, si facilement détruits, si peu respectés apparemment, ont une valeur supérieure, infiniment supérieure, à leur poids en or! Et si l'on avait perdu Robinson Crusoé ! Si Tom Jones avait été dévoré par les flammes ! Et qui sait si ce n'était pas peut-être un autre Robinson Crusoé... un roman meilleur que Tom Jones? Il est en sécurité, là, demanda Lady Cadbury.
- Tout à fait, dit Mr Leidham, qui était assez occupé et qui voyait peut-être Lady Cadbury plus souvent que la nature et l'importance de sa production littéraire ne lui paraissaient l'exiger.
-J'ai eu l'impression qu'on ...le fourrait....sous le comptoir !
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cmpfcmpf   18 décembre 2015
Le samedi suivant, parut dans le journal de Mr Alf, l’Evening Pulpit, un article très remarquable sur le Chemin de fer du Pacifique Centre et Sud et du Mexique. Cet article suscita beaucoup d’intérêt, et il était donc remarquable ; mais ce qu’il avait de plus remarquable encore, c’était qu’il ne laissait aucunement aux lecteurs l’impression d’une opinion tranchée sur le chemin de fer. A tout moment, dans l’avenir, le rédacteur en chef serait en mesure de mentionner cet article avec autant de fierté, que le chemin de fer devienne une grande réalisation internationale ou qu’il connaisse la déconfiture, au milieu des bagarres sordides d’une horde d’escrocs. In utrumque paratus*, l’article était mystérieux, allusif, amusant, bien informé (cela allait de soi pour l’Evening Pulpit) et avant tout, ironique.
*Prêt à toute éventualité.
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KirsikkaKirsikka   07 septembre 2018
Les trois dames s'agenouillèrent sur leurs coussins de prière de la façon la plus convenable, et elles se tinrent assises pendant le sermon sans montrer le moindre signe de fatigue ou d'attention. Elles ne saisissaient le sens d'aucun groupe de phrases. Elles ne se souciaient guère de savoir si ce que disait l'évêque avait du sens ou non. Cette capacité d'endurance faisait leur force. Si l'évêque avait prêché pendant quarante-cinq minutes, au lieu d'une demi-heure, elles ne se seraient pas plaintes. C'était le type même d'endurance qui permettait à Georgiana de continuer, année après année, à attendre un mari convenable. Elle était prête à accepter autant d'ennui que possible, du moment qu'on ne lui refusait pas sa chance d'obtenir sa délivrance finale.
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iris29iris29   17 février 2018
Il y a cinquante ans , même si un juif pouvait légitimement prétendre à être considéré aussi bien qu'un chrétien, il n'était pas assurément considéré comme tel. La bonne société lui était fermée, sauf dans des circonstances particulières, de même que tous les privilèges d'une situation élevée. Mais cela a changé. Votre père n'accepte pas ce changement ; mais moi, je pense qu'il ne le voit pas, parce qu'il ne veut pas le voir.
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Bande annonce de Doctor Throne, adaptation du roman d'Anthony Trollope
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