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ISBN : 2369812281
Éditeur : Rue de Sèvres (02/05/2018)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 48 notes)
Résumé :
C’est l’été, Fabienne et Roland arrivent à Palavas pour une semaine de vacances. Il a tout organisé, réservé, payé et noté dans un carnet les moments importants du séjour. Un accident tragique survient alors qu’ils n’ont pas encore déposé leurs bagages à l’appartement... et elle se retrouve seule. Contre toute attente, elle décide de rester sur place et faire ce qui était prévu. Son hébétude et son déni laisseront-t-ils de la place à l’imprévu ?
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  22 juillet 2018
À Palavas, en cette semaine estivale, les vacanciers affluent pour profiter de la mer et du beau ciel bleu. Roland et Fabienne ont décidé de séjourner une semaine dans cette station balnéaire. Ils décident de se promener en attendant l'heure d'accès à la location. le long de la plage, le vent souffle fort, le sable s'envole, les cerfs-volants sont indomptables, les parasols se retournent, le panneau publicitaire d'un commerçant s'échappe. Et c'est l'accident. Roland est décapité, Fabienne comme pétrifiée. Sur place, les policiers et les pompiers ne peuvent malheureusement plus rien faire. le corps va être emmené à l'institut médico-légal. C'est à ce moment que le portable de Roland sonne. Voyant que ce sont les parents de son compagnon, Fabienne répond sans mentionner l'accident. Elle décide ensuite de se rendre à la résidence des Acacias afin de prendre possession de l'appartement. Elle décide alors de rester et profiter de la semaine, en suivant le programme que Roland leur avait préparé...
Des vacances pourtant prometteuses et enrichissantes attendaient le couple que forme Roland et Fabienne. Malheureusement, un événement aussi tragique qu'inattendu va très vite les écourter. Bien qu'ébranlée, la jeune femme va cependant profiter de Palavas le temps d'une semaine et faire une rencontre enrichissante en la personne de Paco, un homme bienveillant. À partir d'un fait divers, Lewis Trondheim nous offre un roman graphique surprenant. Bien que le propos reste grave en la mort de Roland, le ton demeure léger. L'on suit Fabienne durant cette semaine, le regard parfois dans le vide, les idées ailleurs ou encore flottant dans une réalité bien trop sombre. L'auteur dépeint une jeune femme qui saisit la vie comme elle vient, s'autorise des petits plaisirs, faisant son deuil à sa manière et décidant de tourner la page. le ton est juste, l'ambiance un brin mélancolique, reposante et vivante. Graphiquement, les planches de Hubert Chevillard sont lumineuses et estivales, et le trait poétique.
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Bazart
  04 mai 2018
Fabienne et Roland ont prévu de passer une semaine de vacances à Palavas.
Main dans la main, le couple marche tranquillement, le sourire aux lèvres. Une bourrasque de vent sème la panique. Les parasols s'envolent, les grains de sable se nichent dans les yeux, les ballons gonflables des enfants roulent à toute allure. Amusée, Fabienne cherche son homme des yeux et découvrent, effarée, que le pire est arrivé. Des le lendemains les journaux titreront relayeront la nouvelle du vacancier décapité par un auvent.
Fabienne va alors faire le choix singulier de rester à Palavas et de suivre le programme que Roland leur avait concocté.
Partant d'une Nouvelle de Lewis Trondheim sur l'absurdité de la vie, et sur la précarité du lien amoureux , cette BD publiée par les toujours excellents Rue de Sèvres nous amène dans un voyage assez incongru à Palavas Les Flots cité languedocienne ou l'on pense plus à faire du farniente qu'un travail de deuil comme Fabienne est un peu obligée de faire de façon assez inattendue.
Même si il aime bien être toujours là ou ne l'attend pas, et qu'il nous surprend une fois de plus, on n reconnait quand même bien dans ce nouvel album le ton de l'auteur de Lapinot, ce mélange de burlesque et de gravité dans un même élan, ces tranches de vie toujours moins simples qu'elles en ont l'air de prime abord.
Une aventure intimiste et introspective assez atypique, bourré de nostalgie, avec une héroïne qui a tellement du mal à réaliser l'irréalisable qu'elle donne l'impression de flotter. sans mesurer la gravité des faits . Une femme pleine de mystère que l'album ne percera d'ailleurs pas vraiment préférant instiller une atmosphère finalement assez sereine, qui tranche avec les habituels oeuvres sur le deuil.
Une ambiance presque fantomatique, éthérée que les dessins d'Hubert Chevillard accentue pour un album, qui mine de rien nous interroge le sens de la vie, et sur les dernières volontés d'une personne qui disparait brutalement. et qui grâce aux belles illustrations et au regard tendre que pose l'auteur sur ses personnages est finalement plein d'humanité et d'empathie.. .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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mumuboc
  17 octobre 2018
Dès que j'ai vu la couverture de ce roman graphique, il m'a intriguée, attirée par ses couleurs, franches, nettes, par ce personnage qui se tient derrière cette femme assise sur la plage. Je ne connaissais rien de l'histoire mais cela m'intriguait.
Ma bibliothèque ayant eu la bonne idée de le proposer, je n'ai évidemment pas hésiter et j'ai été conquise par ce récit.
Chacun se fait sa petite histoire à lui, à elle mais on suit Fabienne dans sa déambulation dans cette ville de vacances. Fabienne elle parle peu, elle regarde, elle observe beaucoup, elle ressent, elle découvre cette parenthèse inattendue qu'elle va faire en solitaire. On sait très peu de choses de son passé, quelques effets de Roland, un petit carnet où il a consigné tout ce qu'il avait prévu, tout réglé. Je me suis posée la question : était-elle heureuse avec lui, ne réalise-t-elle pas que cette semaine seule est l'occasion de se découvrir elle-même.
Entre ce que Roland proposait et ce qu'elle aime n'y a-t-il pas un fossé ? Ne préfère-t-elle pas flâner dans les rues, s'allonger sur la plage, nager plutôt que d'aller dans les arènes, regarder le monde qui l'entoure. Elle ne voulait pas venir ici, lui voulait retrouver le lieu de ses vacances d'enfant.
Ou alors est-ce une manière de rester encore un peu auprès de lui, parce qu'il avait tout prévu et que c'est une manière de vivre encore quelques instants auprès de lui. Il reste près d'elle comme une ombre (comme sur la couverture), comme un fantôme mais qui la guide dans le dédale de cette ville inconnue pour elle.
J'ai beaucoup aimé les illustrations qui retranscrivent tellement bien l'ambiance de ces villes touristiques, l'arrivée de toute une population qui veut profiter au maximum des vacances, les plages avec les différentes activités et surtout les visages tellement expressifs, tellement vrais des scènes de la vie mais aussi de ce que ressentent les gens.
 
Pas d'abondance de textes et bizarrement leur sobriété n'est pas pénalisant : quand on y regarde de plus près ou qu'on en fait une deuxième lecture comme je l'ai fait, on lit tellement de choses sur les visages, sur les situations que tout texte supplémentaire aurait été de trop. C'est un roman graphique de sensations : c'est du ressenti, des impressions, des souvenirs qui se gravent, des pensées ou simplement l'absence de pensées, simplement vivre l'instant, ressentir les choses
Fabienne est-elle dans le déni, en état de choc, Fabienne comprend-elle réellement ce qui lui arrive ou décide-t-elle de refermer une page de sa vie, à sa manière, de commencer une autre vie en respectant les derniers projets de son compagnon. On ressent totalement l'évolution du personnage au fil des pages, elle a fait un chemin, son chemin, moi je l'ai trouvé plus légère à la fin du récit, comme si elle avait pris sa vie en main, qu'elle décidait désormais de ses choix.
Le fait que les auteurs ne donnent pas les clés de leur histoire, permet à chaque lecteur (ou lectrice) de se faire sa propre interprétation, de s'interroger, comme Fabienne qui oscille dans ses décisions, évoluant au fil des jours, changeant d'avis parfois au dernier moment. Pourquoi ? La réponse il n'y a qu'elle qui la connaît, c'est sa vie, c'était son couple, c'est sa façon de vivre la situation.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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MonsieurHyacinthe
  02 mai 2018
Mazette ! Je ne m'y attendais pas ! Je n'avais parcouru nul synopsis, pour ne pas m'en altérer le plaisir, bien m'en a pris. Gardez-vous des descriptions, des résumés et autres condensés, ne comptez pas sur moi pour vous révéler quoique ce soit, je suis une tombe au royaume des muets. Faites confiance à ce duo d'auteurs, et savourez l'inconnue. Pour ma part, j'ai été littéralement saisi, surpris, happé par ce début d'histoire, pourtant mutique. le dessin agréable et personnel d'Hubert Chevillard m'a totalement pris de court, armé du scénario de Lewis Trondheim. Bien malin celui qui s'attend à pareil scénario ! Comme il fait plaisir d'être ainsi ballotté, désarçonné, secoué sur ses fondations dans un grand rire inattendu et nerveux. Bravo aux auteurs ! J'avais les zygomatiques tendus comme rarement !
Tout d'abord, joli coup de coeur pour le trait d'Hubert Chevillard que je découvre ici (j'ai toujours voulu lire sa saga "Le Pont dans la vase" (avec Sylvain Chomet), sans jamais ne l'avoir croisée dans mes bibliothèques ni mes bouquinistes). Voilà une belle approche de son travail. Le trait est brillant, léger, plein de mouvement, on sent le crayon, les esquisses dessous, le travail à l'ancienne, c'est attirant et fleure bon l'authenticité, l'artisanat sincère, sans triche informatique.
Côté mise en scène, l'homme aime à nous balader, nous endormir un peu pour mieux nous surprendre trois cases plus loin. C'est très plaisant, vif et vivant. Les longs passages sans dialogues sont divertissants à souhait, sans lassitude, on en voudrait toujours plus. On mesure le temps passé, les vacances présentes, les touristes bien brossés, les petits moments, les moindres détails, jusqu'à diffuser un parfum de poésie dans cet amoncellement d'instants de vies volés. On ne voit vraiment pas passer les 126 pages de cette épopée fine et sensible, humaine.
Côté dialogues, Lewis Trondheim fait mouche (pour citer une de ses références). On peut pourtant parler d'économie de mots dans cet ouvrage. Mais alors, à chaque ouverture de clapet, c'est pensé, direct et souvent comique. Il faut dire que la situation crée un tel décalage que tout sonne absurde, sensible ou drôle (n'insistez pas, vous ne saurez rien ici). Un bien bel ouvrage, vraiment.
Enfin, je tiens à remercier les éditions "Rue de Sèvres" et le site Babelio pour leur "Masse Critique Graphique". J'ai reçu cette bande dessinée en offrande en échange d'une critique neutre et sentie. Je dois admettre que c'est un véritable cadeau, tant l'ouvrage m'a séduit. Longue continuation à cette opération généreuse, c'est une chance, et une belle alternative à la promotion habituelle.
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Nadael
  13 juin 2018
Palavas-les-flots sous un ciel d'été. Les cheveux au vent, le sourire aux lèvres, la petite robe à bretelles, Fabienne contemple avec bonheur la mer qui s'étend à perte de vue. Dans sa main s'est glissée celle de Roland, son amoureux. Avant de rejoindre leur location de vacances, leurs pas les mènent sur la plage… À peine le temps de fouler le sable chaud qu'une violente bourrasque surgit, entraînant avec elle un auvent en tôle. C'est l'accident… mortel. Roland s'écroule, Fabienne est sonnée, pétrifiée. Autour d'elle, les gendarmes lui parlent, les touristes sont en émoi… elle avance telle un automate, prend le carnet sur lequel Roland a tout consigné : les lieux à visiter, les promenades à faire, les événements à ne pas manquer, l'adresse du restaurant où il lui a réservé une surprise… Sidération déni ou respect du « programme »de Roland comme un hommage, Fabienne décide de rester sur place et suivre précautionneusement l'organisation qu'il avait imaginée.
On marche au côté de cette femme, le corps flottant, le chagrin en-dedans, le regard dans le vide, les pensées engourdies. On la suit dans son errance où l'absurdité de la mort se mêle au sens de la vie. Avec elle on rencontre Paco, un homme singulier aimable et bienveillant. On est tour à tour grave et souriant, abasourdi et songeur, toujours touché.
Les mots sont rares mais pesés, les dessins sont inondés d'une lumière douce et empreints de sensations. On est dans l'intime. On tourne les pages en suspension, accroché à l'histoire, attaché à cette femme. Dans le silence de sa solitude, alangui. Et lentement, on redescend…

Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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critiques presse (6)
BoDoi   22 août 2018
Voilà une histoire étonnante, d’une grande douceur malgré le sujet potentiellement lourd ou morbide. Lewis Trondheim délaisse sa verve caustique habituelle, pour brosser un portrait nuancé d’une jeune femme qui tente de comprendre ce qui la liait à son homme disparu, pour mieux se trouver elle-même.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD   01 juin 2018
Un album qui associe avec brio qualités artistiques et profonde maturité. Une belle réussite !

Lire la critique sur le site : ActuaBD
Auracan   22 mai 2018
Le tour de force du scénariste aura été, tout au long de ces 120 pages, d’entraîner de belle manière le lecteur à suivre les errances de Fabienne dans ses rencontres. Beaucoup de tendresse, d’émotions, voilà une belle tranche de « vie » racontée par ce toujours surprenant Lewis Trondheim.
Lire la critique sur le site : Auracan
BDGest   15 mai 2018
Réflexion sur le sens de la vie au travers de celle des autres, Je vais rester s'avère être un album tout en douceur et en mélancolie ; peut-être celle d’être passé à côté de son existence et de s’en accommoder.

Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   14 mai 2018
Avec Je vais rester, Lewis Trondheim et Hubert Chevillard nous racontent un fait divers dramatique mais réussissent à lisser la gravité des faits par la dignité de la principale victime. C'est dérangeant, c'est terrible, mais n'est-ce pas beau, au final ? Un extraordinaire exemple de (sur)vie à découvrir aux éditions Rue de Sèvres...
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDZoom   04 mai 2018
Trondheim s’est acoquiné avec un dessinateur qui rend très humains ses personnages. Rien qu’à les voir, on a très vite de l’affection pour eux.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   22 juillet 2018
Vous savez, le but des vacances à la mer, c'est plutôt de prendre du bon temps. Et le temps, on sait ne jamais combien on va en avoir.
Commenter  J’apprécie          170
marina53marina53   22 juillet 2018
C'est bien ça, les fiancés. C'est comme une chaise après une longue marche, ça fait toujours plaisir.
Commenter  J’apprécie          180
MonsieurHyacintheMonsieurHyacinthe   02 mai 2018
"(...) Je collectionne les morts à la con et c'est la première fois qu'il en arrive une si près de chez moi. (...)"
Lewis TRONDHEIM & Hubert CHEVILLARD, Je vais rester, 2018, Rue de Sèvres (p. 37).
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MonsieurHyacintheMonsieurHyacinthe   02 mai 2018
"(...) franchement, y'a un paquet de gens qui meurent comme des slips qui craquent. (...)"
Lewis TRONDHEIM & Hubert CHEVILLARD, Je vais rester, 2018, Rue de Sèvres (p. 38).
Commenter  J’apprécie          20
FunamBulleFunamBulle   02 mai 2018
"(...) Holà, très peu pour moi, les trucs de vachettes avec une piscine et de la mousse. Pourtant, j'ai adoré ça. Mais j'avais 6 ans. (...)"
Lewis TRONDHEIM & Hubert CHEVILLARD, Je vais rester, 2018, Rue de Sèvres (p. 29).
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