AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070399087
Éditeur : Gallimard (13/05/2011)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 13 notes)
Résumé :


«Nous ne pouvons pas construire un monde meilleur sans améliorer les individus. Dans ce but, chacun de nous doit travailler à son propre perfectionnement, tout en acceptant dans la vie générale de l’Humanité sa part de responsabilités.»

La légende n’a voulu retenir de Marie Curie (1867-1934) que l’image d’une travailleuse acharnée et brillante, pionnière dans le domaine de la radioactivité, et prix Nobel à deux reprises. Mais ne fut-e... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  24 février 2017
Je connaissais Marie Curie essentiellement grâce à un bouquin de vulgarisation de la physique (Le monde des sciences: la physique) dont un chapitre présentait sa vie (et la découverte des rayons radioactifs via les impressions de plaques photographiques). J'en ai retenu les voiturettes de Marie Curie durant la première guerre mondiale et sa passion pour les ballades en bicyclette avec Pierre. Je savais aussi que sa fille Irène avait réussi une brillante carrière de physicienne et que Marie a participé à un congrès Solvay avec Einstein, Rutherford (modèle planétaire de l'atome avec découverte du noyau), Planck (quanta) et Lorentz (électron). Je pensais aussi qu'elle était morte d'un cancer (en fait aggravation générale de son état à 66 ans). Bref, je connaissais pas mal d'éléments mais le multi-défis Babelio me donnait l'occasion de lire une biographie d'elle qui je l'espérais me ferait découvrir la femme plus que la chercheuse ou à tout le moins plus de détails (rien que sur la rencontre Pierre, Marie par exemple). Autant le dire de suite, j'ai eu ce que je voulais sans que cela soit trop anecdotique.
Le livre est principalement un mixte des livres d'Irène Curie, Eve Curie et Susan Quinn (réédité en 2016) sur Marie Curie auxquels sont joints les oeuvres de celle qui signait Mme Curie, Marie elle même (Pierre Curie et La radiologie et la guerre), des coupures de presses d'époque, des mémoires de personnalités, … C'est la force première de la biographie, la synthèse possible et récente de toutes ces informations. Le livre est parsemé de lettres, témoignages d'époque et c'est l'autre force principale du livre. On rentre dans l'esprit de ses intervenants grâce à eux. De plus, les lettres allient souvent la forme au fond par de très belles tournures de phrases ou métaphores.
« Puisque votre gouvernement doit désaffecter les églises, on ne saurait mieux faire, en un siècle scientifique, que de les transformer en laboratoires. Un petit morceau de Notre Dame me suffirait. » Pierre Curie lors d'une visite du président de la République à leur laboratoire dans un hangar misérable.
J'ai adoré la partie sur la Pologne et la jeunesse de Marie (notamment la tradition endiablée du Kulig, les cours clandestins en polonais face aux autorités russes, son premier amour déçu, l'université volante pour les femmes, …) suivi du contexte de rencontre avec Pierre à Paris (dont l'appartement des Dluski, lieu de rencontre de l'intelligentsia polonaise de Paris) et leur vie ensemble (l'intérêt de Pierre aussi pour l'étude scientifique d'un médium http://www.musees.strasbourg.eu/sites_expos/europe-des-esprits/imgs/illus/eusapia_palladinio.jpg ). J'ai moins aimé la suite après la tragique mort de Pierre Curie sauf la partie sur l'implication de Marie dans la première guerre mondiale et l'émergence de la radiologie. Il faut dire que cela replonge dans ce climat détestable de la France anti-juive autour de l'affaire Dreyfus et aussi dans tous les excès et ragots des journaux pour vendre ou servir des intérêts misérables. L'auteur lucide rappelle aussi comme ces affaires et la médiatisation de Curie a joué pour sa popularité qui n'aurait pas été aussi grande avec juste les éléments scientifiques bruts. J'ai aussi aimé me rappeler les grands scientifiques français présents au congrès Solvay: Paul Langevin, Henri Poincaré (a contribué aux ébauches de la relativité retreinte), Jean Perrin ( http://www.vivreenbelgique.be/images/vivreenbelgique/fiche20/congres-Solvay.jpg ). Je ne savais d'ailleurs pas que Langevin avait contribué à l'invention du sonar (techniquement c'est Boyle l'inventeur je pense). Au détour des pages relatant l'histoire de l'institut Curie, on croise la rose Curie ( http://musee.curie.fr/media/pages/template/MuseeCurie-rose-petit-01.jpg ).
« Et les filles en sont d'autant plus partisanes que le positivisme polonais, contrairement à celui du Français Auguste Comte, théoricien du mouvement, laisse toute la place aux femmes et prône pour elles une éducation égale aux hommes, notamment en ce qui concerne l'apprentissage des sciences. » (Les études supérieurs demeureront fermées aux femmes en Pologne à cause des russes contrairement à la France d'où le voyage de Marie en France)
« Mais s'installer définitivement à Paris, ce serait renoncer à tous ses rêves de jeunesse. Ceux, notamment, d’œuvrer pour son peuple, l'alphabétiser, lui donner les moyens de résister face à l'oppression sans perdre son âme, sa culture. »
Le livre finit sur la cérémonie du Panthéon, en glorification posthume pour les Curies, alors qu'aucun des deux n'a jamais aimé les titres honorifiques de leurs vivants allant jusqu'à refuser la légion d'honneur.
« Marie n'intègrera jamais l'Académie des sciences en France, elle qui est déjà membre de l'Académie des sciences de Mexico (1904), de la Société scientifique d'Argentine (1906), de la Société hollandaise des sciences (1907), de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg (1908), de l'Académie des sciences de Bologne (1909), de l'Académie des sciences de Cracovie (1909)… ! » (Elle sera admise plus tard à l'Académie de médecine suite à son implication à partir de la première guerre mondiale en radiologie)
On pourra dire que la recherche du Radium (et du Polonium) ne pouvait qu'aboutir, qu'elle était dans l'air du temps et que sa découverte provient d'un mouvement historique général de découvertes (et de l'ingénieux électromètre piézoélectrique de Pierre) mais ce livre montre tout de son long que Marie Curie était une femme d'exception à de multiples égards et on peut assurément dire qu'elle a grandement contribué à la rapidité de la reconnaissance et l'acceptation de la radioactivité dans de multiples secteurs. Marie Curie demeure à jamais associée à un modèle positiviste de scientifique réaliste sur le progrès et les passions des Hommes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
lecteur84
  18 mars 2014
Excellent ouvrage qui nous fait découvrir cette femme hors du commun, sa farouche volonté de s'intégrer d'abord dans une nouvelle vie, mais surtout de savoir, de découvrir...palpitant récit, hommage vibrant à une femme exceptionnelle...a lire...
Commenter  J’apprécie          10
claudia
  17 novembre 2017
La légende n'a voulu retenir de Marie Curie (1867-1934) que l'image d'une travailleuse acharnée et brillante, pionnière dans le domaine de la radioactivité, et prix Nobel à deux reprises. Mais ne fut-elle pas aussi une mère attentive, une épouse dévouée, une amante passionnée, une femme perdue en un temps qui lui refusa la reconnaissance qu'elle méritait ? Dans cette France de la Belle Époque où Mirbeau affirme que le rôle unique de la femme consiste à «perpétuer la race», Marya Salomea Sklodowska, la Polonaise, fut traitée d'«étrangère», d'«intellectuelle athée», de «femme émancipée». Quand elle meurt en juillet 1934, «usée par un travail écrasant, seule et sans défense», comme l'écrit sa fille Ève, son enterrement ne donne lieu à aucune cérémonie ni discours officiel.
Lien : https://blogentresoi.wordpre..
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MaldororMaldoror   11 avril 2018
Il ne faudrait pas oublier le clou de cette course vers la radioactivité à tous crins : le crucifix fluorescent au radium, à l’instar des cadrans de montres fabriquées pour l’armée américaine ! La réclame qui en est faite ne dit pas s’il envoie les âmes pieuses directement au Paradis.
Le radium est censé lutter contre l’anémie, la calvitie - Caradium qui empêche les cheveux blancs -, la boulimie, la famine, et va jusqu’à réactiver l’appétit sexuel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
MaldororMaldoror   12 avril 2018
Tho-Radia - « Pour embellir les femmes. Reste laide qui veut », l’une des crèmes de beauté, à base de thorium et de radium, les plus prisées de l’époque, mise au point par un certain docteur Alfred... Curie ! - qui n’a, bien entendu, rien à voir avec Pierre et Marie - et élaborée par un pharmacien de l’avenue Victor Hugo, à Paris.
Commenter  J’apprécie          10
claudiaclaudia   17 novembre 2017
«Nous ne pouvons pas construire un monde meilleur sans améliorer les individus. Dans ce but, chacun de nous doit travailler à son propre perfectionnement, tout en acceptant dans la vie générale de l’Humanité sa part de responsabilités.»
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : biographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
749 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre