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ISBN : 2367950032
Éditeur : Chèvre-feuille étoilée (22/03/2013)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
« À quel âge ai-je commencé à lui parler vraiment ? Grand-mère Gigi me passait le téléphone comme on tend un verre d’eau à une enfant qu’on pense assoiffée. C’est ton papa.
J’ai grandi avec cette voix, j’ai appris à interpréter les silences et les pauses… Tout s’arrangera, tu verras.
Au fil des ans, j’appris à déceler le désespoir derrière les mensonges. »
Géraldine grandit en Haïti entre sa grand-mère et sa tante, loin de son père émigré à Ne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
manoloula
  26 février 2013
Trop peu de bonheur pour qu'on s'en réjouisse face à toutes les calamités possibles… Peut-on imaginer un détenu privé à perpétuité de parloir ? Un soldat interdit de toute permission pour retourner au pays ? Un pensionnaire sans nul droit de visite pour serrer sa famille entre ses bras ? C'est pourtant l'inhumanité du sort que les aléas de la vie ont réservé à Gérard – alias Gerry/Géto – père intègre et généreux d'une enfant née après son départ en exil… La distance est vaste entre New-York et Haïti et pas une fois la jeune Didine qui se prépare au baccalauréat ne pourra embrasser son papa.
Ce roman ensoleillé nous peint les mailles d'une relation qui se construit côté mousse et côté jersey entre père et fille dans un tricot qui enjambe la mer des Caraïbes. Sur son île aimée tant malmenée par les intempéries, Géraldine, orpheline de Maman Mo, grandit entre sa grand-mère et sa tante Cynthia/Tanza, fabriquant ses joies comme tous les jeunes des quartiers difficiles de pays bien rangés, mais qui gardent néanmoins leur quota de perdants. Dee ne supporte pas le regard tourmenté que posent les étrangers de passage comme si nous avions l'exclusivité du malheur, comme si aucun jeune d'ici ne savait apprécier la vie, comme si elle ne se battait pas ici, aussi fort qu'ailleurs.
Evelyne Trouillot accompagne son héroïne dans une prise de conscience lucide et courageuse : Parfois je me dis que la plus grande horreur dont soit capable l'humanité est sa capacité à oublier. Oublier les morts, les guerres, les inondations, les catastrophes, les bombes, les attentats, la famine et les sans-abri. S'élabore alors un récit choral où les voix des 3 G – Gigi, l'aïeule, Géraldine, l'enfant, Gérard, le père – s'interpénètrent en écho comme un long voyage dans un autobus chaotique fonçant sur les chemins défoncés de crevasse en crevasse où « peur et honte font bonne compagnie ».
L'échine des protagonistes plie mais ne rompt pas en affrontant les cyclones naturels autant que ceux provoqués par l'homme, l'attentat du 11 septembre à Manhattan ou le séisme du 12 janvier à Port-au Prince. La verve enchanteresse d'Évelyne Trouillot renoue avec la féerie de légendes arthuriennes, elle nous conduit dans la moiteur de la jungle à la rencontre des rites magiques d'une Viviane haïtienne dans le miroir de Brocéliande et balaye pour notre plus grand plaisir deux décennies sous les tropiques.
Je refermais la 667ème page de Middlesex quand j'ai ouvert Absences sans frontières et j'ai eu le bonheur d'y retrouver l'amplitude de la fresque de Jeffrey Eugénides que je venais de terminer à regret. En effet, ces deux romans splendides se répondent par le parallélisme de leurs sagas présentant l'une et l'autre une tribu en équilibre sur deux siècles jonglant entre les continents. Dans ces deux ouvrages, une aïeule rongée d'angoisse traîne le poids d'un secret inavouable. Desdemona chez Eugenides, Marie-Lourdes-Gisèle chez Trouillot, sentent avec horreur l'étau de l'acte honteux se resserrer à l'approche de la mort. Et si les hommes retroussent leurs manches pour aller au travail dans ces familles, les grands-mères, portées avec une intensité grégaire par la peur de voir périr leur descendance, osent franchir le gouffre innommable des tabous universels. Gigi et Desdemona sont toutes les deux dévorées par une angoisse généalogique : l'extinction de la lignée plongée dans la famine. Les portraits aux accents raciniens de ces femmes font d'elles des personnages qui rejoignent l'universalité des légendes sur le socle de leurs aînés mythologiques, se dressant contre le fatum de toute la force des ongles de leurs corps brisés.
Espaces sans frontières nous parle d'identité et pose les questions fondamentales. Qu'est-ce que vivre ? Qu'est-ce qu'aimer ?
Comment tenir debout pour Gérard avec la blessure qui suinte sans cesse, besoin lancinant de voir sa fille en chair et en os. Bony, son ami new-yorkais lui répète : Vas-tu passer ta vie comme un forcené pour envoyer de l'argent à ta fille sans jamais la voir ? Dans Absences sans frontières, la parentalité se développe dans l'absence physique ignorant les frontières où l'homme en vient à se dépouiller de sa dernière peau, celle qu'il revêt sans y penser comme une chemise longtemps portée qui garde l'empreinte de son corps quand il parlait à Dee et à sa famille dispersée entre Haïti, la Floride et le Canada.
Absences sans frontières est un roman contemporain où le cordon ombilical unissant Gérard à cette enfant qu'il n'a JAMAIS vue, est remplacé par un lien 100% virtuel. Courriels, chats sur SKYPE, photos sur Face–book, clips partagés sur You Tube. Les deux seuls « sens » qui réunissent le père et la fille sont la vue – via un écran d'ordinateur – et l'ouïe dans l'écouteur d'un téléphone. Est-ce possible ? N'avoir jamais senti la peau de son enfant ? Ni le rugueux du menton mal rasé de son papa ? Partagé la fraîcheur d'un courant d'air ? le glacé du cornet de vanille léché dans la tiédeur du soir – je n'oserais dire « le bâtonnet de barbe à papa » – ?!
Jo observe que son ami à défaut de voyager physiquement, navigue un peu partout et son temps libre s'écoule à se former… comme une revanche sur cet exil qui lui dessèche le coeur.
Evelyne Trouillot nous emmène là où ça fait mal et elle flanque un grand miroir bien droit devant nous pour que nous fassions face à nos peurs. Elle aborde les débats qui bousculent l'actualité de nos sociétés aux familles recomposables, aux couples de parents homosexuels, aux besoins capricieux de modernité mais aussi de spiritualité et de rites ancestraux. On jauge la béance de la fracture entre les vies des pays dits « du Nord » et leurs voisins « du Sud » où vit une petite Gigi dont la plus grande peur et le plus grand désir à la fois est de rencontrer ce papa en chair et en os.
Nic Sirkis.
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NicSirkis
  26 mars 2013

Trop peu de bonheur pour qu'on s'en réjouisse face à toutes les calamités possibles… Peut-on imaginer un détenu privé à perpétuité de parloir ? Un soldat interdit de toute permission pour retourner au pays ? Un pensionnaire sans nul droit de visite pour serrer sa famille entre ses bras ? C'est pourtant l'inhumanité du sort que les aléas de la vie ont réservé à Gérard – alias Gerry/Géto – père intègre et généreux d'une enfant née après son départ en exil…La distance est vaste entre New-York et Haïti et pas une fois la jeune Didine qui se prépare au baccalauréat ne pourra embrasser son papa.
Ce roman ensoleillé nous peint les mailles d'une relation qui se construit côté mousse et côté jersey entre père et fille dans un tricot qui enjambe la mer des Caraïbes. Sur son île aimée tant malmenée par les intempéries, Géraldine, orpheline de Maman Mo, grandit entre sa grand-mère et sa tante Cynthia/Tanza, fabriquant ses joies comme tous les jeunes des quartiers difficiles de pays bien rangés, mais qui gardent néanmoins leur quota de perdants. Dee ne supporte pas le regard tourmenté que posent les étrangers de passage comme si nous avions l'exclusivité du malheur, comme si aucun jeune d'ici ne savait apprécier la vie, comme si elle ne se battait pas ici, aussi fort qu'ailleurs.
Evelyne Trouillot accompagne son héroïne dans une prise de conscience lucide et courageuse : Parfois je me dis que la plus grande horreur dont soit capable l'humanité est sa capacité à oublier. Oublier les morts, les guerres, les inondations, les catastrophes, les bombes, les attentats, la famine et les sans-abri. S'élabore alors un récit choral où les voix des 3 G – Gigi, l'aïeule, Géraldine, l'enfant, Gérard, le père – s'interpénètrent en écho comme un long voyage dans un autobus chaotique fonçant sur les chemins défoncés de crevasses en crevasses où « peur et honte font bonne compagnie ».
L'échine des protagonistes plie mais ne rompt pas en affrontant les cyclones naturels autant que ceux provoqués par l'homme, l'attentat du 11 septembre à Manhattan ou le séisme du 12 janvier à Port-au Prince. La verve enchanteresse d'E.T renoue avec la féerie de légendes arthuriennes, elle nous conduit dans la moiteur de la jungle à la rencontre des rites magiques d'une Viviane haïtienne dans le miroir de Brocéliande et balaye pour notre plus grand plaisir deux décennies sous les tropiques.
Je refermais la 667ème page de Middlesex quand j'ai ouvert Absences sans frontières et j'ai eu le bonheur d'y retrouver l'amplitude de la fresque de Jeffrey Eugénides que je venais de terminer à regret. En effet, ces deux romans splendides se répondent par le parallélisme de leurs sagas présentant l'une et l'autre une tribu en équilibre sur deux siècles jonglant entre les continents. Dans ces deux ouvrages, une aïeule rongée d'angoisse traîne le poids d'un secret inavouable. Desdemona chez Eugenides, Marie-Lourdes-Gisèle chez Trouillot, les grands-mères sentent avec horreur l'étau de l'acte honteux se resserrer à l'approche de la mort. Et si les hommes retroussent leurs manches pour aller au travail dans ces familles, les grands-mères, portées avec une intensité grégaire par la peur de voir périr leur descendance, osent franchir le gouffre innommable des tabous universaux. Desdemona et Gigi sont toutes les deux dévorées par une angoisse généalogique : L'extinction de la lignée plongée dans la famine. Les portraits aux accents raciniens de ces femmes font d'elles des personnages qui rejoignent l'universalité des légendes sur le socle de leurs aînés mythologiques, se dressant contre le fatum de toute la force des ongles de leurs corps brisés.
Espaces sans frontières nous parle d'identité et pose les questions fondamentales. Qu'est-ce que vivre ? Qu'est-ce qu'aimer ?
Comment tenir debout pour Gérard avec la blessure qui suinte sans cesse, besoin lancinant de voir sa fille en chair et en os. Bony, son ami new-yorkais lui répète : Vas-tu passer ta vie comme un forcené pour envoyer de l'argent à ta fille sans jamais la voir ? Dans ASF, sigle du titre, la parentalité se développe dans l'absence physique ignorant les frontières où l'homme en vient à se dépouiller de sa dernière peau, celle qu'il revêt sans y penser comme une chemise longtemps portée qui garde l'empreinte de son corps quand il parlait à Dee et à sa famille dispersée entre Haïti, la Floride et le Canada.
ASF est un roman contemporain où le cordon ombilical unissant à cette fille qu'il n'a JAMAIS vue est remplacé par un lien 100% virtuel. Courriels, chattes sur SKYPE, photos sur Face-book, clips partagés sur You Tube. Les deux seuls « sens » qui réunissent le père et la fille sont la vue –via un écran d'ordinateur et l'ouïe – dans l'écouteur d'un téléphone. Est-ce possible ? N'avoir jamais senti la peau de son enfant ? Ni le rugueux du menton mal rasé de son papa ? Partagé la fraîcheur d'un courant d'air ? le glacé du cornet de vanille léché dans la tiédeur du soir – je n'oserais dire « le bâtonnet de barbe à papa » – ?!
Jo observe que son ami à défaut de voyager physiquement, navigue un peu partout et son temps libre s'écoule à se former…comme une revanche sur cet exil qui lui dessèche le coeur.
Evelyne T nous emmène là où ça fait mal et elle flanque un grand miroir bien droit devant nous pour que nous fassions face à nos peurs. Elle aborde les débats qui bousculent l'actualité de nos sociétés aux familles recomposables, aux couples de parents homosexuels, aux besoins capricieux de modernité mais aussi de spiritualité et de rites ancestraux. On jauge la béance de la fracture entre les vies des pays dits « du Nord » et leurs voisins « du Sud » où vit une petite Gigi dont la plus grande peur et le plus grand désir à la fois est de rencontrer ce papa en chair et en os.

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Erine6
  11 juillet 2013
Ce livre raconte le destin de 3 personnes : celui d'une adolescente Géraldine appelée aussi familièrement Didine, celui de sa grand-mère, Gigi et enfin celui de Gérard, son père. Ces protagonistes sont originaires d'Haïti, Gigi et Géraldine y vivant toutes deux durant le récit tandis que Gérard vit à New-York pour son travail depuis la naissance de sa fille.
Ce livre se centre sur chaque personnage tour à tour suivant les chapitres. Les narrations cependant varient, seule Didine dispose de la 1ère personne tandis que ses deux « parents » suivent un schéma à la 3ème personne. Ce choix implique nécessairement à mon goût une orientation autour de la jeune adolescente et qui se vérifient car beaucoup d'actes sont fait en fonction de celle-ci. Certains chapitres sont de plus centrés sur ses propres pensées, ses réflexions qui permettent d'être encore plus proche de cette dernière.
Ainsi concernant Didine, on suit sa naissance, son évolution sans père, absent pour raison professionnelle et financière et sans mère qui est décédée dans sa petite enfance. Son adolescence est aussi largement développée avec des sujets tels que les études, les amis, l'amour, la relation fusionnelle avec son père malgré la distance.
Pour Gigi, on découvre une femme ambitieuse qui a fui sa famille nombreuse et pauvre pour devenir indépendante et avoir la possibilité de choisir sa propre voie. On constate qu'elle a toujours cherché le meilleur aussi bien pour sa fille que sa petite-fille quitte à faire des sacrifices énormes voir graves. C'est une femme contradictoire car quand elle sent que la roue tourne elle cherche des solutions dans les traditions familiales. C'est vraiment le récit de l'histoire d'une femme torturée!
Et enfin Gérard qui a pour objectif principal le bien de sa fille quitte à s'oublier. Malgré son absence physique, il trouve le moyen d'être présent dans l'éducation, pour le bien-être de sa fille. C'est un homme plein de ressources aussi bien morales que physiques car il cumule en plus de ça un nombre incroyable d'emplois. Cet homme est très ouvert aussi bien sur le plan de la culture, sur le plan des nouvelles technologiques… Avec cet homme on découvre aussi la vie d'un sans papier dans une ville comme New-York. Un parcours peut commun qui m'a surprise et que j'ai adoré surtout concernant les échanges entre sa fille et lui.
Absences sans frontières outre une histoire familiale c'est aussi l'histoire de deux pays, du monde. On suit les actualités comme le séisme à Haïti, le 11 septembre… on parle de sujets plus généraux comme la pauvreté, les nouvelles technologies, les problèmes de l'accès au soin et à l'éducation, l'homosexualité…
Ce livre a été un vrai coup de coeur pour ma part. Au début, j'ai été un peu effrayée par l'écriture d'Evelyne Trouillot. Ses phrases sont longues, je me suis demandée l'espace d'un instant si cela n'allait pas être lourd, complexe. Et puis finalement, les pages se sont tournées très facilement.
On est plongé avec délicatesse dans l'ambiance d'Haïti, avec ses expressions, son ambiance, son peuple. L'histoire de ses 3 vies est très bien racontées, on s'immisce dans 3 destins étonnants, touchants qui nous font ouvrir les yeux sur la vie, sur ses injustices, sur des petits riens comme la proximité d'un père que Didine n'a jamais connu…Et puis le secret de famille rajoute beaucoup de suspens qui m'a fait lire ce livre en à peine 2 heures.
Pour finir je remercie le site Babelio ainsi que les éditions du Chèvre Feuille étoilée pour m'avoir permis de faire cette admirable découverte d'un livre qui me marquera longuement et sur lequel je pourrais réfléchir et discuter des heures.
Lien : http://inspireretpartager.wo..
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VALENTYNE
  02 juillet 2013
Ce livre retrace l'histoire de Gérard, le père et de Géraldine la fille, 17 ans. Ils ne se sont jamais vus : Gérard a immigré (de façon clandestine) d'Haïti à New York et Géraldine est née à Port-au-Prince après ce départ. Depuis Gérard envoie de l'argent à Gigi, la grand mère, pour subvenir aux besoins de Géraldine. Celle-ci ne manque donc de rien, fréquente une bonne école, Géraldine est une petite fille presque riche dans un pays très pauvre, un des plus pauvres de la planète.
Chaque chapitre porte le prénom d'un des trois principaux protagonistes même si seuls les chapitres rédigés avec le prénom de Géraldine utilise le "je".
Géraldine est une adolescente comme les autres, parfois un peu révoltée mais très mûre pour son âge : avoir son père à la fois présent par Skype et Internet mais ne l'avoir jamais rencontré la perturbe. Gérard est plus difficile à cerner, il est ambigu (selon moi) dans ses choix : il ne veut pas rentrer à Haïti car dans ce cas là comment pourra-t-il payer les études de sa fille ? et il ne cherche pas réellement à se faire naturaliser américain. J'ai eu du mal parfois à le comprendre : pourquoi a-il choisi de vivre si loin de son pays natal ? Certes sa fille ne manque de rien mais à quel prix ! Clandestin, il vivote et enchaîne les petits boulots mal payés toujours dans la crainte d'être arrêté et expulsé en Haïti.
De la mère de Géraldine, on saura peu de chose, elle est décédée pendant la petite enfance de Géraldine. Gigi, la grand mère, qui s'occupe de la jeune fille avec la tante de celle-ci est un personnage complexe : elle cache un secret que l'auteur nous dévoile petit à petit. Dévorée par la culpabilité mais aussi par la peur de retomber dans la misère de son enfance, elle est aussi un personnage très touchant.
Le séisme du 12 janvier 2010 va précipiter rencontre et révélation.
En conclusion, j'ai beaucoup aimé tant le fonds de ce livre, cet amour filial qui arrive à s'épanouir à distance, que la forme choisie : un chapitre par personnage, de courts chapitres qui s'enchaînent alternant le point de vue des trois générations.

Lien : http://lajumentverte.wordpre..
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itzamna
  25 août 2013
A travers l'histoire de ces femmes et de leur soutien, Gérard, on découvre l'histoire d'Haïti et toute cette énergie déployée pour la survie. On perçoit également dans le regard des ces femmes sur le monde qui les entoure, toute la colère d'un peuple dont personne sur la planète ne semble se soucier. Une population parmi les plus pauvres du monde qui n'attire aucune aide, aucune attention, en dehors du séisme qui aura fait plus de 300 000 morts, 300 000 blessés et 1 000 000 de sans-abris, et dont on ne parle plus aujourd'hui : Haïti semble retombé dans l'oubli des grands de ce monde...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   02 juillet 2013
Il enfouit ses mains gantées dans les poches de son manteau et rentra les épaules. Dans la rue et dans le métro, il avait adopté sans le savoir l’allure précipitée du plus grand nombre, mais évitait de bousculer ceux qui allaient trop lentement en balançant leurs bras, comme si le monde avait le temps de s’accorder à leur rythme, comme si les cheveux blanchissaient moins vite lorsqu’on oubliait de regarder l’heure. Oui, il brûlait d’envie de les pousser de côté pour dévaler les marches des escaliers, s’engouffrer le long des couloirs où la vie a toujours la même clarté artificielle, où les bruits ne reflétaient pas le passage des heures dans ce monde parallèle, où il avait toujours l’impression qu’il fallait se dépêcher pour ne pas courir le risque d’y être à tout jamais prisonnier. Il ne bousculait pas les indolents par pur réflexe de l’immigrant en situation irrégulière, tellement soucieux de ne pas se faire remarquer qu’il ne se rendait même pas compte que son excès de prudence même dévoilait son statut marginal. Pas question d’attirer sur lui les regards déjà soupçonneux des gardiens de l’ordre à la vue d’un homme noir, pas question pour lui de se faire arrêter pour un simple contrôle. Your papers, please. Qu’il haïssait ce mot, trop poli pour être vrai. Please, mains en l’air, jambes écartées, please. Même s’il avait pu avoir sa carte de sécurité sociale et un permis de conduire, avait appris la langue de l’autre, mémorisé les noms et prénoms de ses supposés parents et que toutes les informations de son dossier s’étaient inscrites en lui depuis ces huit ans où il se faufilait dans ce monde encore étrange, il paniquait à l’idée de faire face aux yeux froids et insultants des policiers. Your papers, please, sir. Plus ils se montraient polis, plus il en avait peur.
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manoloulamanoloula   26 février 2013
Parfois on se sent si seul quand on a dix, treize, quatorze ans et qu’on rêve d’un monde qui attend comme un grand frisson qu’on l’étreigne contre soi, jusqu’à ne devenir qu’un souffle d’air, impatient et curieux, insatiable et si vulnérable que l’envie de chialer vous prend pour un rien, pour le plaisir effarant de sentir les larmes couler sur ses joues, s’assurer que l’on existe, que ce n’est pas qu’un mauvais rêve mais une réalité à laquelle on tient quand même
et malgré tout.
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manoloulamanoloula   26 février 2013
Your papers, please. Qu’il haïssait ce mot, trop poli pour
être vrai. Please, mains en l’air, jambes écartées, please.
Même s’il avait pu avoir sa carte de sécurité sociale et un permis de conduire, avait appris la langue de l’autre, mémorisé les noms et prénoms de ses supposés parents et que toutes les informations de son dossier s’étaient inscrites en lui depuis ces huit ans où il se faufilait dans ce monde encore étrange, il paniquait à l’idée de faire face aux yeux froids et insultants des policiers. Your papers, please, sir. Plus ils se montraient polis, plus il en avait peur.
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VALENTYNEVALENTYNE   02 juillet 2013
En outre, le comportement de Gigi me forçait à regarder des pans de notre histoire ; instinctivement, j’aurais voulu qu’ils restent dans l’ombre. Apprenant la décision de papa de rentrer, ma grand-mère devint si pâle que je crus qu’elle allait s’évanouir. "Oh! Mon Dieu" murmurait elle sans relâche. Tanza de son coté, tout en exhortant sa soeur à se calmer, ne paraissait pas autrement étonnée de son agitation pour le moins irrationnelle et semblait presque soulagée. Pourquoi l’annonce de la venue de papa paniquait-elle autant grand-mère ? Autour des deux soeurs, le silence se concentrait et je sentais, que d’un moment à l’autre, il pourrait éclater. J’avais si peur des éclaboussures que je n’osais toujours pas les questionner.
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manoloulamanoloula   01 mars 2013
La vie n’attend pas qu’on change de maison, qu’on change de quartier ou de pays. Elle défait ses valises et s’adapte là où elle arrive. Ici il nous faut vivre, puisqu’ici nous sommes.
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"Des Livres et Vous" Evelyne Trouillot (07 Juillet 2017)
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