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Critiques sur L'Araigne (16)
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Pancrace
  26 janvier 2019
Goncourt '38. Tendrement désuet, parfois pathétique, souvent machiste, toujours stylé.

L'Araigne tisse sa toile de maître en camaïeu de bleus à l'âme.

L'écriture fine, fluide et savoureuse d'Henri Troyat est inlassablement ensorcelante.

Gérard Fonsèque règne en maître sur les quatre femmes de la maison et de sa vie.
Trois sont ses soeurs, la quatrième, sa mère. Tout son univers.
« Toute son existence s'était écoulée dans l'appréhension que ses soeurs dussent lui être ravies. »
Gérard est un abominable manipulateur, un odieux misogyne doublé d'un exécrable donneur de leçons. Sa mauvaise foi n'a pas de limite. Pour arriver à ses fins le mensonge n'est en aucun cas une frontière afin d'éviter le départ, le mariage de ses soeurs.
Dès qu'elles font une rencontre, il distille à leur encontre des phrases aigres-douces agencées en petites touches de mots acides qui les déstabilisent et les contraignent. Malingre et souffreteux, sa chambre est son repère où il ourdit ses complots mâtinés de chantages affectifs.
Désintéressé de la gente féminine jusqu'au dégoût, égoïste à l'état pur, il ira au bout de sa logique déprimante.
« Il n'avait pas de mal à vaincre le désir de la créature. Mais un autre désir le hantait, la possession des âmes. »

Henri Troyat ne possède pas mon âme quoiqu'il ait le talent de la toucher.
Il faut s'imaginer qu'il n'a que 27 ans quand il écrit ce roman qui fouille au scalpel le comportement de cet homme meurtri, frustré.
Il a déjà une connaissance approfondie de la psychologie tant féminine que masculine pour disséquer les sentiments, les émotions, leurs abus et leurs carences.

Ce roman est à lire pour mesurer l'importance de l'émancipation de la femme face à ce monde tellement macho des années trente. Que l'on pourrait traduire par :
« le bonheur de l'homme est je veux, le bonheur de la femme est il veut. » Nietzsche.
Sympa, non ?
A découvrir également pour jauger de l'évolution de la famille avec ce décalage de quatre-vingt ans qui a vu l'explosion de cette gangue guindée qui masquait les ressentiments, les impressions.
Et finalement, pour profiter de cette écriture qui coule comme de l'eau claire et qui enchante.
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scarlett12
  08 janvier 2018
Gérard Fonsèque, jeune homme maladif, vit entouré de sa mère et de ses trois soeurs, Luce, Elisabeth et Marie-Claude. Hypocondriaque et de santé fragile, sa principale satisfaction consiste à se faire plaindre et materner par ces quatre femmes. Lui a une répulsion pour les histoires d'amour qu'il considère comme un mélange de chairs dégoûtant.

Manipulateur, pervers, égoïste, il fera tout pour empêcher le mariage de ses soeurs pour qu'elles se consacrent toutes à lui et à lui seul.

Menteur invétéré, il leur présentera chacun de leur prétendant comme un être veule, idiot, manquant de classe, de finesse, de richesse, bref de tout ce qui pourrait les attirer dans le mariage.

Echouant dans ses projets, il tissera sa toile patiemment comme une araignée allant jusqu'à essayer de dissoudre le mariage de ses soeurs lorsque celui-ci sera finalement accompli.

Machiavélique (il se considère comme le seul être intelligent de la planète),
il n'hésite pas à fouiller dans les chambres de ses soeurs qui, le craignant au départ lui dissimule leurs projets matriarcaux.

Il tissera autour d'elles une gigantesque toile d'araignée dans laquelle, il finira par se prendre lui-même pour le plus grand soulagement du lecteur qui n'a qu'une envie, celle de lui coller une magistrale paire de gifles.

Ce roman malsain est heureusement servi par l'écriture magistrale d'Henri Troyat qui s'y entend comme le maître littéraire qu'il est, à créer des atmosphères confinées et étouffantes où on a réellement l'impression de vivre parmi les personnages.

Lu et relu plusieurs fois avec toujours autant d'intérêt devant tant de maestria. du grand roman comme presque tous ceux d'Henri Troyat.
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Allantvers
  22 mai 2017
On ferme « l'araigne » et on respire un grand coup : ouf !
Cela fait du bien de sortir de ce huis-clos oppressant, de cet appartement étouffant gangrené jusqu'en haut des murs par l'acrimonie glauque de Gérard Fonsèque, jeune homme malingre et hypocondriaque, méprisant, imbuvable, pervers manipulateur prêt à tout pour que ne prenne pas fin son règne sur les femmes de sa vie : sa mère et ses trois soeurs.
Une à une, il cherche à les piéger, à contrecarrer leurs choix, à les retenir dans ses rets, afin que jamais elles ne le quittent. Tout sera bon pour ce faire à ce contempteur de la médiocrité bourgeoise comme des bassesses de la chair qu'il exècre autant qu'il les redoute. Mais si son venin arachnéen parvient à corrompre la vitalité de ses proies, il échouera à les empêcher de quitter sa toile morbide et se videra un peu plus de ses forces à chaque départ.
Autant dire que la lumière est rare dans ce roman d'une acuité psychologique acérée, vaguement malsain qui a pourtant séduit le jury du prix Goncourt en 1938.
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oran
  03 février 2017
Paris, Place des Vosges.
La famille Fonsèque : Une veuve et une fratrie de quatre enfants : Elizabeth, Marie-Claude et Luce, un seul garçon Gérard qui exerce une emprise diabolique sur sa mère, mais surtout sur ses soeurs, faisant tout pour les empêcher de quitter le nid familial, surtout quand elles envisagent de se marier.
C'est un être tyrannique , manipulateur mais c'est surtout un « grand » malade, qui relève de la psychiatrie. (Cas pathologique intéressant à étudier !)

J'avais lu ce roman il y a… une quarantaine d'années à un moment où j'avais le moral en berne, et ce livre a été déclencheur d'un profond mal être qui a dégénéré en redoutable dépression !
Je craignais de le relire, mais il fallait que je le fasse pour apprécier son réel pouvoir manichéen ! Bon, cette fois-ci, pas de grand fracas !
C'est quand même un roman sombre comme cette arachnide maléfique qui rode tentant de captiver puis d'engluer ses proies avant de les dévorer et il vaut mieux éviter cette lecture quand l'horizon est bas, quand le cafard hante vos nuits et vos jours , quand on n'est pas loin du burn-out … car oui, il y a des livres qui font du bien, qui rendent joyeux, qui apaisent et d'autres qui assombrissent encore plus nos moments d'affliction, même s'ils révèlent le grand talent de leur auteur !
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mariech
  07 octobre 2011
Henri Troyat est un écrivain hors pair , soit il écrit l'histoire de ses contemporains comme dans ' L'araigne ' soit , il écrit des romans sur fond de révolution russe , la grande révolution de 1917 , où il nous raconte les mésaventures de la noblesse russe .
Dans les deux cas , c'est un conteur hors pair , c'est un des écrivains , les plus célèbres du début du 20 ième siècle , il est l'égal du talentueux François Mauriac.
Dans ce roman , l'histoire terrible , d'un frère et des ses soeurs adorées , un tyran domestique , qui ne trouvera pas le bonheur .
La psychologie des personnages est très fouillée .
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LiliGalipette
  03 juillet 2009
Roman d'Henri Troyat.

Gérard Fonsèque est un vieux garçon, qui vit dans l'appartement familial entre sa mère et ses trois soeurs. Quand Luce se marie avec Paul Aucoc, Gérard sent qu'il perd de son emprise sur son entourage. du fond de sa chambre, retranché dans sa chambre sombre, il rumine des plans tortueux pour gader ses soeurs et sa mère auprès de lui. Prêt à tout pour faire échouer le mariage de sa soeur Elisabeth, il ment, déforme la vérité. Et quand il apprend que Marie-Claude, la dernière à ne pas avoir quitté le nid, s'apprête à défaire ses liens, il invente un stratagème odieux pour retenir toute l'attention.

Excellent comme toujours! Henri Troyat sait dépeindre la complexité et la bassesse humaine avec un cynisme délicieux! Je le recommande! Et je n'en dis pas plus pour laisser le plaisir!

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dido600
  15 septembre 2019
Sans ambages, L'araigne est plus un roman sur la difficulté de vivre d'un homme, habitué à vivre entouré des femmes de sa vie ses trois soeurs et sa mère et qui va les voir prendre leur envol les unes après les autres. Malgré qu'il a mis tout en oeuvre pour les garder pour lui seul, d'une manière egocentrique, sans se soucier de leur béatitude. Ce pauvre homme n'a jamais su couper la cordelette et a galvaudé et compliqué son existence sa vie autrement dit. Son trépas est sans étonnement mais provoque une certaine ankylose à notre sens moral.
Très beau roman qui concentre la pensé sur la vie et qui nous rend plus complaisant et affable avec les personnes qui ont du mal à ennoblir et grandir.
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Taraxacum
  12 mai 2016
Quel désagréable personnage que Gérard Fonsèque ! On ne peut pas dire que cela le rend heureux, qui plus est. Ce manipulateur avide de garder ses soeurs pour lui, à lui, d'être au centre du monde de sa famille, admiré si possible, fait de son mieux pour empêcher ou briser leurs mariages et leurs tentatives d'une vie à leur goût, estimant que ce serait bien mieux si leurs vies étaient à son goût à lui!
L'auteur rend avec beaucoup de talent la manipulation d'un être orgueilleux, incapable de se remettre en question, plein d'un ego qui finalement sera sa perte.
C'est glaçant et dérangeant, très bien écrit ce qui contribue à l'impression de malaise.
Un excellent roman sur les ressorts de la petitesse humaine.
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sweetie
  13 mars 2014
Une excellente étude psychologique, un peu morbide par moments mais aussi émouvante.
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LucieLabeye
  05 mars 2013
"La vie ne s'obtient pas, elle s'accepte", cette phrase est l'essence même de ce roman. Il nous fait réfléchir sur le but de notre existence. le personnage principal, grand littéraire qui porte un regard critique et hautain sur les petites gens sans culture, refuse de comprendre l'envie de ses trois soeurs d'une vie de famille simple, calme, facile. Ses bonnes intentions de vouloir pour elles le meilleur ainsi que sa volonté de rester le maître incontesté et puissant de sa famille aura l'effet inverse. Il est le seul responsable de son malheur et de sa chute. le lecteur de par sa vision externe voit les rouages de sa vie se corroder et se dissocier sans possibilité de retour.
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