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ISBN : 2277110108
Éditeur : J'ai Lu (19/11/1992)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 378 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture - Poignante et terrible confrontation de deux hommes, de deux idéaux, la neige en deuil place une tragédie de l'honneur dans le cadre splendide et inhumain des Alpes. Un grand avion venant des Indes s'est écrasé sur un pic neigeux. Les passions humaines les plus diverses éclatent devant le danger d'une expédition de secours.

Ce roman a valu à son auteur le Grand prix du Prince Rainier de Monaco.
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  19 décembre 2013
Inspiré d'un fait réel, le crash d'un avion, le « Malabar Princess » dans les Alpes en 1950, « La neige en deuil » reste un de mes souvenirs de lecture d'adolescent les plus poignants, avec « Vipère au poing » de Bazin.
Un cadre, grandiose… La MONTAGNE…
Un personnage principal : Isaïe Vaudagne, un ancien guide de haute montagne qu'un grave accident a rendu simplet… Simplet, mais pas sans dignité.
Son frère cadet : Marcellin, prêt à tout pour arriver et particulièrement pour se transporter à la ville dont le mode de vie lui conviendrait certes mieux , pense-t-il, que cette vie miséreuse dans un hameau isolé de haute montagne.
Problème : l'argent lui manque pour mener à bien son projet.
La providence : un avion se crashe, là haut dans la montagne…
Mon premier Troyat, et il y en aura bien d'autres, dans des domaines aussi variés que le roman, la nouvelle et bien sûr dans le domaine où, à mon avis il excelle : la biographie romancée ; voir « Catherine la grande », « le prisonnier N°1 » et d'autres…

« La neige en deuil », 1952, un court roman, une grosse nouvelle… peu importe. Henri Troyat sait parfaitement , dans un cadre aussi somptueux que gigantesque, monter en épingle l'antagonisme entre les deux frères, l'un, Isaïe, issu de la « vieille école » respectueux de la Nature et des anciens, et son cadet Marcellin, plus prompt à la cupidité qu'au respect des traditions.
Poignant… Mais je crois l'avoir déjà dit…
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MarcBibliotheca
  13 septembre 2009
Isaïe, âgé de cinquante ans vit reclus dans la maison familiale où seule la présence de quelques brebis et de son frère Marcellin, trop souvent absent hélas, le relie encore au monde des vivants. Depuis que le mauvais sort s'est abattu sur lui par trois graves accidents, cet ancien guide de haute montagne, l'un des meilleurs de la région, est devenu quelque peu simplet...
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Foxfire
  19 octobre 2017
Je crois que je me faisais une idée erronée sur le compte d'Henri Troyat. Je le voyais comme un auteur guindé et vieillot. Je m'étais trompée. "La neige en deuil" a balayé mes préjugés. Ce roman, à la fois drame terrible et récit d'aventure, est une belle réussite.
Le drame raconté par Troyat est dur, la confrontation tragique entre les 2 frères suscite beaucoup d'émotions : colère envers la dureté, le manque de tendresse de Marcellin envers son frère, compassion envers Isaïe, si fragile, si innocent...
L'aspect psychologique du roman est très intéressant. le personnage de Marcellin est peut-être un peu manichéen mais le personnage d'Isaïe est très bien dépeint. Mais outre, ces deux personnages, il y a un 3ème personnage tout aussi important dans le roman : la montagne. Elle est constamment présente dans le récit. Elle domine de sa présence le village, sublime et dangereuse. Elle est la vie et la mort. Elle est l'origine et la conséquence des rapports de force entre les 2 frères et sera inéluctablement le théâtre de leur confrontation finale.
Toute la partie du roman qui raconte l'ascension des 2 frères pour retrouver l'avion écrasé au sommet est palpitante. Très bien menée, cette partie, j'ose le dire, est digne des meilleurs récits d'action. le lecteur est clairement sous tension, suivant prise après prise le parcours des alpinistes. L'auteur transmet bien les sensations, les douleurs liées à un tel périple. L'écriture est très visuelle, c'est un film qui se déroule sous nos yeux.
Je remercie Allantvers qui m'a permis de dépasser mes préjugés sur un auteur que je ne connaissais que de nom et surtout de m'avoir permis de passer un très bon moment de lecture.

Challenge Multi-défis 2017- 48 (item 49 un livre dont l'action se déroule en haute montagne)
Challenge 14-68 entre 2 points de bascule 2017
Challenge ABC 2017-2018 - 10/26
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sandrine57
  28 octobre 2017
Isaïe Vaudagne était un homme confiant et heureux, un guide de haute montagne expérimenté et respecté de tous. Mais c'était avant. Avant que la montagne ne le rejette, que trois expéditions successives tournent mal et que la dernière le laisse sur le carreau, blessé, diminué, inutile. A 52 ans, Isaïe ne vit plus que pour ses quelques brebis et son frère adoré, le jeune Marcellin qu'il a aidé à mettre au monde et qu'il a élevé comme un fils. Depuis qu'il n'a plus toute sa tête, les rôles se sont inversés et c'est maintenant le cadet qui commande, qui décide et l'aîné qui obéit. Et Marcellin a des idées bien à lui : quitter leur hameau isolé, vivre en ville, devenir riche sans se fatiguer au travail. Mais quitter la maison familiale est un crève-coeur pour Isaïe qui ne veut pas entendre parler de la vendre. Son entêtement met Marcellin en rage mais très vite, il a un autre plan. Au sommet de la montagne, un avion en provenance de Calcutta vient de s'écraser. Les secours n'ont pas encore réussi à se rendre sur les lieux et Marcellin veut y entraîner son frère pour tout simplement vider les poches des cadavres et peut-être trouver de l'or. Isaïe que la montagne effraie ne peut refuser cette opportunité à son frère. Malgré ses réticences, il ouvre la marche vers les sommets glacés.
Un court roman où se confrontent deux frères, deux personnalités, deux façons de penser, deux mentalités. Isaïe est certes simple d'esprit mais il a pour lui la bonté, l'honnêteté, la dignité, le courage, la droiture. A l'opposé, Marcellin est pleutre, vénal, fainéant et malfaisant. Après l'avoir élevé, aimé, conseillé et parfois recadré, Isaïe est sous l'emprise de son frère depuis qu'il est diminué. Si son amour pour lui le rend aveugle à ses défauts, cela ne dure qu'un temps et quand il va trop loin, Isaïe se rebiffe. La confrontation entre ces deux frères a pour décor la montagne qui les entoure et parfois les étouffe. Isaïe a vécu par elle, pour elle, en a tiré ses revenus, sa fierté, sa réputation. Les accidents successifs, la mort de plusieurs de clients, sa chute l'en ont éloigné mais quand il réussit à vaincre sa peur, il redevient lui-même. Sur les pentes verglacées, dans le froid, la neige et le vent, l'homme qu'il était retrouve son instinct, ses gestes et la force de résister à un frère qu'il ne reconnaît plus comme sien.
Une histoire bien écrite, très vivante, rude et émouvante, belle et tragique. L'occasion de redécouvrir Henri Troyat, un auteur prolifique et quelque peu oublié.
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Allantvers
  17 avril 2017
Isaïe le simple, diminué depuis que la montagne l'a rejeté, aime ses moutons et sa maison au hameau. Il aime son frère aussi, trop et trop simplement pour ne pas en voir les travers.
Quand un avion venu de Calcutta s'écrase au-dessus d'eux, dans cette montagne où il ne va plus et que son frère veut l'y emmener, un dernier chemin d'initiation s'ouvre devant lui…
J'ai plongé dès les premières lignes dans ce court et rude roman et ne l'ai pas lâché jusqu'à la dernière ligne, accrochée par son angle – nous sommes dans la tête d'Isaïe, et le robinet à empathie coule à flots dès la rencontre -, envoutée par son atmosphère – toutes les odeurs, les sensations, les images de la montagne sont là – et scotchée par une narration dramatique qui culmine à son sommet.
Une forte envie, du coup, de redécouvrir Henri Troyat.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
MahpeeMahpee   24 novembre 2014
Il n'avait jamais vu un avion de près. Celui-ci était de dimensions énormes. Trop grand pour les hommes. Trop lourd pour le ciel. Déchiqueté, rompu, il gisait sur le ventre dans la neige, telle une bête blessée à mort. Le nez de l'appareil s'était aplati contre un butoir rocheux. L'une des ailes, arrachée, avait dû glisser le long de la pente. L'autre n'était plus qu'un moignon absurde, dressé, sans force, vers le ciel. La queue s'était détachée du corps, comme celle d'un poisson pourri. Deux larges trous béants, ouverts dans le fuselage, livraient à l'air des entrailles de tôles disloquées, de cuirs lacérés et de fers tordus. Une housse de poudre blanche coiffait les parties supérieures de l'épave. Par contraste, les flancs nus et gris, labourés, souillés de traînées d'huile, paraissaient encore plus sales. La neige avait bu l'essence des réservoirs crevés. Des traces d'hémorragie entouraient la carcasse. Le gel tirait la peau des flaques noires. Même mort, l'avion n'était pas chez lui dans la montagne. Tombé du ciel dans une contrée de solitude vierge, il choquait la pensée comme une erreur de calcul des siècles. Au lieu d'avancer dans l'espace, il avait reculé dans le temps. Construit pour aller de Calcutta à Londres, il s'était éloigné du monde d'aujourd'hui pour aboutir à un coin de planète, qui vivait selon une règle vieille de cent mille ans.
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genougenou   21 juin 2013
Déchiqueté, rompu, il gisait sur le ventre dans la neige, telle une bête blessée à mort. Le nez de l'appareil s'était aplati contre un butoir rocheux. L'une des ailes, arrachée, avait dû glisser le long de la pente. L'autre n'était plus qu'un moignon absurde, dressé, sans force, vers le ciel. La queue s'était détachée du corps, comme celle d'un poisson pourri. Deux larges trous béants, ouverts dans le fuselage, livraient à l'air des entrailles de tôles disloquées, de cuirs lacérés et de fers tordus. Une housse de poudre blanche coiffait les parties supérieures de l'épave. Par contraste, les flancs nus et gris, labourés, souillés de traînées d'huile, paraissaient encore plus sales. La neige avait bu l'essence des réservoirs crevés. Des traces d'hémorragie entouraient la carcasse. Le gel tirait la peau des flaques noires. Même mort, l'avion n'était pas chez lui dans la montagne. Tombé du ciel dans une contrée de solitude vierge, il choquait la pensée comme une erreur de calcul des siècles. Au lieu d'avancer dans l'espace, il avait reculé dans le temps. Construit pour aller de Calcutta à Londres, il s'était éloigné du monde d'aujourd'hui pour aboutir à un coin de planète, qui vivait selon une règle vieille de cent mille ans.
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OrpheaOrphea   02 novembre 2011
Il n'avait jamais vu un avion de près. Celui-ci était de dimensions énormes. Trop grand pour les hommes. Trop lourd pour le ciel. Déchiqueté, rompu, il gisait sur le ventre, dans la neige, telle une bête blessée à mort. Le nez de l'appareil s'était aplati contre un butoir rocheux. L'une des ailes, arrachée, avait dû glisser le long de la pente. L'autre n'était plus qu'un moignon absurde, dressé, sans force, vers le ciel. La queue s'était détachée du corps, comme celle d'un poisson pourri. Deux larges trous béants, ouverts dans le fuselage, livraient à l'air des entrailles de tôles disloquées, de cuir lacérés et de fers tordus. Une housse de poudre blanche coiffait les parties supérieures de l'épave. Par contraste, les flancs nus et gris, labourés, souillés de traînées d'huile, paraissaient encore plus sales. La neige avait bu l'essence des réservoirs crevés. Des traces d'hémorragie entouraient la carcasse.
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MahpeeMahpee   24 novembre 2014
Allongé sur le dos, les paupières ouvertes, Isaie entendait son frère, qui se tournait sur sa couche, soufflait et geignait sans répit. Dehors, c'était la neige, le silence, le froid. Et, à l'intérieur, la paix ne voulait pas descendre. Après tant de paroles échangées, Isaïe ne savait pas encore s'il devait être heureux d'avoir conservé la maison ou malheureux de ne pouvoir la vendre, selon le vœu de Marcellin. Balancé entre ces deux sentiments contraires, ils dépérissaient d'angoisse et demandait à la nuit de lui porter conseil. Ses yeux naviguaient dans le noir, ses oreilles s'emplissait de noir, il respirait, il happait du noir à pleine bouche, à pleines narines.
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MahpeeMahpee   05 septembre 2014
La paroi, devant eux, se composait d'une série de bosses, semblables aux remous d'un torrent, figé par le vent d'hiver. Une fissure verticale, comblée de glace et de neige, menait à un invisible reposoir, situé cent mètres plus haut, sous le ventre même des nuages. Le ciel était lumineux, mais le passage, orienté vers l'ouest, paraissait plongé dans un crépuscule polaire. Un froid vif piquait la peau du visage. Isaïe remua les narines pour casser les aiguilles de givre qui s'étaient formées à l'intérieur de son nez. Ses lèvres aussi étaient enduites d'une carapace friable. Il tira de sa poche deux morceaux de sucre, en donna un à Marcellin, et croqua l'autre pour saliver un peu. Des brins de laine se collèrent à sa langue. Il les recracha.
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