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EAN : 9782277110101
125 pages
Éditeur : J'ai Lu (19/11/1992)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 438 notes)
Résumé :
Poignante et terrible confrontation de deux hommes, de deux idéaux, la neige en deuil place une tragédie de l'honneur dans le cadre splendide et inhumain des Alpes. Un grand avion venant des Indes s'est écrasé sur un pic neigeux. Les passions humaines les plus diverses éclatent devant le danger d'une expédition de secours.

Ce roman a valu à son auteur le Grand prix du Prince Rainier de Monaco.
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  19 décembre 2013
Inspiré d'un fait réel, le crash d'un avion, le « Malabar Princess » dans les Alpes en 1950, « La neige en deuil » reste un de mes souvenirs de lecture d'adolescent les plus poignants, avec « Vipère au poing » de Bazin.
Un cadre, grandiose… La MONTAGNE…
Un personnage principal : Isaïe Vaudagne, un ancien guide de haute montagne qu'un grave accident a rendu simplet… Simplet, mais pas sans dignité.
Son frère cadet : Marcellin, prêt à tout pour arriver et particulièrement pour se transporter à la ville dont le mode de vie lui conviendrait certes mieux , pense-t-il, que cette vie miséreuse dans un hameau isolé de haute montagne.
Problème : l'argent lui manque pour mener à bien son projet.
La providence : un avion se crashe, là haut dans la montagne…
Mon premier Troyat, et il y en aura bien d'autres, dans des domaines aussi variés que le roman, la nouvelle et bien sûr dans le domaine où, à mon avis il excelle : la biographie romancée ; voir « Catherine la grande », « le prisonnier N°1 » et d'autres…

« La neige en deuil », 1952, un court roman, une grosse nouvelle… peu importe. Henri Troyat sait parfaitement , dans un cadre aussi somptueux que gigantesque, monter en épingle l'antagonisme entre les deux frères, l'un, Isaïe, issu de la « vieille école » respectueux de la Nature et des anciens, et son cadet Marcellin, plus prompt à la cupidité qu'au respect des traditions.
Poignant… Mais je crois l'avoir déjà dit…
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Iboo
  05 juin 2020
Depuis quelques mois, je vais régulièrement piocher dans la bibliothèque qui me vient de mes parents. Et, vu mon âge, les livres qui s'y trouvent sont là depuis une cinquantaine d'années, voire plus. Ce qui permet de dénicher des pépites qui, sans les avoir lues, nous sont familières bien qu'elles soient tombées dans l'oubli enfouies sous les décennies de productions littéraires qui leur ont succédé.
Et, en terme de pépite, celle-ci en est, bel et bien, une. L'écriture est parfaite ; aucune pesanteur, chaque phrase a une raison d'être. Les personnages, le décor, l'atmosphère, tout prenait forme dans mon esprit au fur et à mesure que je lisais et les images se juxtaposaient aux mots.
Comme toujours, je ne vous résumerais pas l'histoire ; la 4ème de couverture est faite pour ça. Je vous dirais seulement que c'est une très jolie, réaliste et non moins émouvante histoire humaine.
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MarcBibliotheca
  13 septembre 2009
Isaïe, âgé de cinquante ans vit reclus dans la maison familiale où seule la présence de quelques brebis et de son frère Marcellin, trop souvent absent hélas, le relie encore au monde des vivants. Depuis que le mauvais sort s'est abattu sur lui par trois graves accidents, cet ancien guide de haute montagne, l'un des meilleurs de la région, est devenu quelque peu simplet...
Suite : Cliquez sur le lien suivant !!!
Lien : http://bibliotheca.skynetblo..
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blandine5674
  22 mai 2020
Un condensé de pleins de choses dans cette petite merveille qui démarre en montagne au milieu des moutons et des agneaux ! Deux frères vivent dans la maison de leurs parents décédés. le cadet veut la vendre et profite des faiblesses de son frère, ancien guide de montagne traumatisé par plusieurs accidents. le cours des choses va changer avec le crash d'un avion hindou sur le glacier. Fait inspiré par le Malabar Princess d'Air India en 1950. J'ajoute que des journalistes ont enquêté, sans succès, pour comprendre comment des gens de la vallée s'étaient enrichis si brusquement à cette époque. La relève, quant à cette prose de Troyat, est assurée par Bouysse, Vann, Fermine, en autre.
Petit bilan des fermetures des bibliothèques : je suis trop conditionnée par les nouveautés, alors que j'avais sous le coude certaines pépites de livres de garde qui ne demandaient qu'à s'aérer et à se faire déguster.
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Foxfire
  19 octobre 2017
Je crois que je me faisais une idée erronée sur le compte d'Henri Troyat. Je le voyais comme un auteur guindé et vieillot. Je m'étais trompée. "La neige en deuil" a balayé mes préjugés. Ce roman, à la fois drame terrible et récit d'aventure, est une belle réussite.
Le drame raconté par Troyat est dur, la confrontation tragique entre les 2 frères suscite beaucoup d'émotions : colère envers la dureté, le manque de tendresse de Marcellin envers son frère, compassion envers Isaïe, si fragile, si innocent...
L'aspect psychologique du roman est très intéressant. le personnage de Marcellin est peut-être un peu manichéen mais le personnage d'Isaïe est très bien dépeint. Mais outre, ces deux personnages, il y a un 3ème personnage tout aussi important dans le roman : la montagne. Elle est constamment présente dans le récit. Elle domine de sa présence le village, sublime et dangereuse. Elle est la vie et la mort. Elle est l'origine et la conséquence des rapports de force entre les 2 frères et sera inéluctablement le théâtre de leur confrontation finale.
Toute la partie du roman qui raconte l'ascension des 2 frères pour retrouver l'avion écrasé au sommet est palpitante. Très bien menée, cette partie, j'ose le dire, est digne des meilleurs récits d'action. le lecteur est clairement sous tension, suivant prise après prise le parcours des alpinistes. L'auteur transmet bien les sensations, les douleurs liées à un tel périple. L'écriture est très visuelle, c'est un film qui se déroule sous nos yeux.
Je remercie Allantvers qui m'a permis de dépasser mes préjugés sur un auteur que je ne connaissais que de nom et surtout de m'avoir permis de passer un très bon moment de lecture.

Challenge Multi-défis 2017- 48 (item 49 un livre dont l'action se déroule en haute montagne)
Challenge 14-68 entre 2 points de bascule 2017
Challenge ABC 2017-2018 - 10/26
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
MahpeeMahpee   24 novembre 2014
Il n'avait jamais vu un avion de près. Celui-ci était de dimensions énormes. Trop grand pour les hommes. Trop lourd pour le ciel. Déchiqueté, rompu, il gisait sur le ventre dans la neige, telle une bête blessée à mort. Le nez de l'appareil s'était aplati contre un butoir rocheux. L'une des ailes, arrachée, avait dû glisser le long de la pente. L'autre n'était plus qu'un moignon absurde, dressé, sans force, vers le ciel. La queue s'était détachée du corps, comme celle d'un poisson pourri. Deux larges trous béants, ouverts dans le fuselage, livraient à l'air des entrailles de tôles disloquées, de cuirs lacérés et de fers tordus. Une housse de poudre blanche coiffait les parties supérieures de l'épave. Par contraste, les flancs nus et gris, labourés, souillés de traînées d'huile, paraissaient encore plus sales. La neige avait bu l'essence des réservoirs crevés. Des traces d'hémorragie entouraient la carcasse. Le gel tirait la peau des flaques noires. Même mort, l'avion n'était pas chez lui dans la montagne. Tombé du ciel dans une contrée de solitude vierge, il choquait la pensée comme une erreur de calcul des siècles. Au lieu d'avancer dans l'espace, il avait reculé dans le temps. Construit pour aller de Calcutta à Londres, il s'était éloigné du monde d'aujourd'hui pour aboutir à un coin de planète, qui vivait selon une règle vieille de cent mille ans.
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araucariaaraucaria   06 juillet 2020
Au delà du glacier, la route était facile. Une piste gelée se détachait de la moraine et serpentait entre des éboulis de rocs habillés de grosse neige débonnaire. Un dortoir, aux draps soulevés de rondeurs, s'étalait, à perte de vue, dans le crépuscule. L'obscurité, rapidement accrue, faussait les perspectives, gobait les obstacles, lapait les dernières étincelles de blancheur. Le vent s'était apaisé. La nuit était proche. Isaïe marchait, soutenu par l'enchantement de la fatigue. Il avait pris la femme dans ses bras pour la réchauffer. Serrée contre sa poitrine, elle était sage, muette, impondérable. En baissant la tête, il pouvait voir, dans un nid de fourrure ébouriffée, le visage clos qui dormait, tourné de trois quarts. Elle avait confiance en lui. Elle s'abandonnait à lui. Comme un agneau trop faible pour courir dans la montagne. Il croyait avoir rentré toutes ses brebis à l'écurie. Mais l'une d'elles s'était égarée, là-haut. Il était monté la chercher. Il la ramenait au bercail. C'était tout simple.
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genougenou   21 juin 2013
Déchiqueté, rompu, il gisait sur le ventre dans la neige, telle une bête blessée à mort. Le nez de l'appareil s'était aplati contre un butoir rocheux. L'une des ailes, arrachée, avait dû glisser le long de la pente. L'autre n'était plus qu'un moignon absurde, dressé, sans force, vers le ciel. La queue s'était détachée du corps, comme celle d'un poisson pourri. Deux larges trous béants, ouverts dans le fuselage, livraient à l'air des entrailles de tôles disloquées, de cuirs lacérés et de fers tordus. Une housse de poudre blanche coiffait les parties supérieures de l'épave. Par contraste, les flancs nus et gris, labourés, souillés de traînées d'huile, paraissaient encore plus sales. La neige avait bu l'essence des réservoirs crevés. Des traces d'hémorragie entouraient la carcasse. Le gel tirait la peau des flaques noires. Même mort, l'avion n'était pas chez lui dans la montagne. Tombé du ciel dans une contrée de solitude vierge, il choquait la pensée comme une erreur de calcul des siècles. Au lieu d'avancer dans l'espace, il avait reculé dans le temps. Construit pour aller de Calcutta à Londres, il s'était éloigné du monde d'aujourd'hui pour aboutir à un coin de planète, qui vivait selon une règle vieille de cent mille ans.
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araucariaaraucaria   05 juillet 2020
Un long bêlement monta de la combe, cachée par un barrage de buissons gelés. Les moutons avaient senti l'homme, à distance. Isaïe Vaudagne se mit à rire tout seul, et pressa le pas, la tête tendue dans le vent, une coulée de froid sur chaque joue. Ses pieds s'imprimaient dans la neige mince qui couvrait le sol. Il avait hâte de revoir ses bêtes, peu nombreuses, mais solides sur pattes et de bonne toison. Lâchées au printemps sur les pentes de la montagne, elles avaient vécu toute la chaude saison en liberté. Depuis avril, une fois par mois, il grimpait là-haut, en quatre heures de marche raide, pour les observer, les compter et se faire reconnaître d'elles. En son absence, elles changeaient de place, guidées par la saveur de l'herbe et l'exposition des terrains. Mais toujours il les retrouvait sans peine, groupées autour de la brebis maîtresse, avec leurs derniers nés qui s'effarouchaient à l'approche de l'homme.
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OrpheaOrphea   02 novembre 2011
Il n'avait jamais vu un avion de près. Celui-ci était de dimensions énormes. Trop grand pour les hommes. Trop lourd pour le ciel. Déchiqueté, rompu, il gisait sur le ventre, dans la neige, telle une bête blessée à mort. Le nez de l'appareil s'était aplati contre un butoir rocheux. L'une des ailes, arrachée, avait dû glisser le long de la pente. L'autre n'était plus qu'un moignon absurde, dressé, sans force, vers le ciel. La queue s'était détachée du corps, comme celle d'un poisson pourri. Deux larges trous béants, ouverts dans le fuselage, livraient à l'air des entrailles de tôles disloquées, de cuir lacérés et de fers tordus. Une housse de poudre blanche coiffait les parties supérieures de l'épave. Par contraste, les flancs nus et gris, labourés, souillés de traînées d'huile, paraissaient encore plus sales. La neige avait bu l'essence des réservoirs crevés. Des traces d'hémorragie entouraient la carcasse.
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Videos de Henri Troyat (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Troyat
“Les Âmes mortes” de Nicolas Gogol par Henri Troyat. Première diffusion le 22 juin 1953 sur La Chaîne Nationale. “Les Âmes mortes” ? Le rôle de Pouchkine, les doutes immenses qui tourmentent Gogol, avant, pendant et après l’écriture : doutes d’écrivains, puis tourments d’un homme qui a reçu un don de Dieu et qui croit ne pas savoir offrir un don à Dieu ; qui se reproche la peinture de la bêtise et de la médiocrité…et pense que décrire “de belles âmes” serait d’essence supérieure… Gogol qui avait croisé un illuminé au terme de sa brève-vie (d’autant plus brève qu’il y avait eu cette rencontre). Les doutes et les tourments de Gogol qui confie dans une lettre à un ami qu’il a chargé ses héros de ses propres indignités ? Nous pouvons ne pas les connaître, nous pouvons lire “Les Âmes mortes” et considérer, comme Henri Troyat tout jeune garçon, qu’il s’agit du “livre le plus drôle de toute la Littérature”.
Thèmes : Littérature| Littérature Russe| Les Âmes mortes| Henri Troyat| Nikolaï Gogol
Source : France Culture
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