AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2080647784
Éditeur : Flammarion (08/01/1992)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Ce nouveau roman d’Henri Troyat se situe à Paris, en 1968, et raconte le drame poignant d’une solitude : celle d’un vieil émigré russe qui continue à vivre par la force acquise dans un monde qui n’est plus le sien. Autour de lui, ses fils s’agitent , des projets s’élaborent, des liaisons se nouent, des événements politiques éclatent, tandis que son champs d’activité se rétrécit de jour en jour. Assisté par une gouvernante avec qui il forme un couple navrant et cocas... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  04 avril 2017
Un roman en partie autobiographique, car le héros est inspiré par la vie du père de l'auteur. Dans ce livre tout en finesse, Henri Troyat se montre une nouvelle fois grand psychologue. Là, il sonde l'âme d'un vieil émigré russe, en fin de vie, exilé à Paris, qui ne comprend plus grand chose à l'agitation du monde et qui vit tourné vers le passé avec les souvenirs de la vie heureuse et luxueuse qu'il menait en Russie avant de fuir au moment de la révolution de 1917. Il ne comprend pas plus ses deux fils, presque sexagénaires, bien intégrés à la vie française et ayant oublié leurs racines. Un roman merveilleusement écrit - Henri Troyat était un écrivain rigoureux et talentueux - teinté à la fois de nostalgie et d'un humour assez féroce, montrant le héros du livre aux prises avec sa dame de compagnie, russe et orthodoxe comme lui, qui l'agace mais dont il ne pourrait se passer. Un livre vrai, authentique.
Commenter  J’apprécie          270
Cacha
  30 octobre 2016
Ce livre retrace les derniers mois d'un vieil exilé russe à Paris, en 1968.
L'auteur s'est librement inspiré de la fin de vie de son père.
Dans la tête d'igor Lebedev, passé et présent se confondent et il se retrouve fréquemment dans Moscou enneigé, au début du XXème siècle.
Rien ne le rattache aux agitations de l'époque, il a perdu une grande partie de ceux qu'il aimait et il se complait dans un égoïsme sénile, en s'apitoyant sur son sort.
C'est une très belle peinture de la vieillesse et de l'exil que nous présente ici Henri Troyat (né Lev Aslanovitch Tarassov à Moscou en 1911) et, même si ce roman est difficile à lire (émotivement parlant et parce que le personnage principal est tout sauf sympathique), il vaut la peine de s'y intéresser.
Commenter  J’apprécie          272
ggrosjean
  06 octobre 2016
En lisant ce livre, je repensais à "La halte dans l'été" de Georges Emmanuel CLANCIER, roman à propos duquel j'avais mis une critique assez sévère au vu de la qualité de l'écrivain. Et voila que, ici, je dois faire le même reproche à un auteur comme Henri TROYAT. Certes, ces 2 romans sont très différents, mais ils ont, malheureusement, un point commun : l'auteur se croit obligé d'en rajouter quand il s'agit de la vieillesse. A propos de la solitude par exemple, Henri TROYAT veut nous faire croire que son personnage, Igor Dimitrievitch, n'a plus aucune relation à part sa famille et sa gouvernante. Il ne connaîtrait plus personne parmi les familles de Russes émigrés, parce que tous seraient morts. Or, Henri TROYAT est lui-même fils d'émigré, il connaît forcément l'importance de la communauté russe, même pour les descendants d'émigrés. Son personnage n'a pas toujours eu 93 ans, il a vécu 50 ans en France, et a, forcément, établi des relations, entre autres avec des Russes, non seulement de son âge, mais aussi parmi les plus jeunes. Pour bien "enfoncer le clou" à propos de cette solitude, l'auteur croit bon d'écrire que, quand son héros se retrouve à l'église orthodoxe pour l'enterrement de son fils, il ne connaît plus personne dans l'assistance, puisque tous ceux de sa génération sont morts. Non, je ne marche pas. La vie à 93 ans n'est souvent pas drôle, certes. La mémoire, au fil des années, peut devenir très sélective, c'est vrai aussi. Mais il n'y a vraiment pas besoin d'en rajouter dès qu'on parle de la vieillesse. On peut lire dans la presse, des critiques enthousiastes, mais force est de constater que, sur BABELIO, il n'y a pas beaucoup de lecteurs pour ce roman ! Ces mêmes critiques parlent d'ironie, d'humour, de cocasserie. Ah bon. A aucun moment, cette lecture ne m'a donné envie de sourire. Ma conclusion : un bon roman, vraiment sans plus. Henri TROYAT a fait tellement mieux !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
david19721976
  03 juillet 2018
Il est une des solitudes extrêmes, celle issue de l'immigration traînant jusqu'au bout du chemin le lourd cortège des doutes, la dure adaptation dans un pays qui n'est plus votre pays. C'est à cela que toute mon attention s'est fixée. On dit que ce livre est un des plus beaux romans d'Henri Troyat, le plus puissant.
Commenter  J’apprécie          30
belcantoeu
  27 septembre 2018
Le sujet est émouvant, d'autant plus que Troyat s'inspire de la vieillesse de son père, mais le récit est fort lent. Igor Dimitrievitch, lors de mai 1968, croit revivre la révolution de février 1917 qui a provoqué l'abdication du tsar et le coup d'état d'octobre 1917 par lequel les bolcheviques ont renversé le gouvernement républicain (socialiste). Ses enfants veulent le sortir, le distraire, mais il n'a plus de gout à rien.
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
araucariaaraucaria   31 mars 2017
- Soyez la bienvenue chez nous, Martine, reprit Igor Dimitrievitch en levant son verre.
Et soudain il s'avisa qu'il la vouvoyait encore, alors qu'il avait toujours tutoyé ses belles-filles.
- A présent que vous êtes tout à fait entrée dans la famille, reprit-il, je vais vous dire tu.
Elle eut ce demi-sourire velouté qu'il aimait tant et répondit :
- Je vous en remercie, père.
Il enchaîna avec une rude bonhomie :
- Un bon conseil : tâche de grossir un peu! Tu es si mince! Un souffle te casserait en deux!
Tout le monde rit. On trinqua encore. La gorgée de champagne qu'Igor Dimitrievitch avait bue lui piquait agréablement la langue. Bien sûr, il s'agissait là d'un mariage au rabais, d'un mariage à la sauvette. Sans prêtre, sans chants liturgiques, sans robe blanche. Homme d'un autre temps, Igor Dimitrievitch eût préféré les fastes d'or et d'encens de l'église de la rue Daru. Mais deux divorcés ne pouvaient prétendre à la splendeur de ce rituel. Tant pis, il fallait, à l'occasion, savoir se montrer moderne. Les yeux d'Igor Dimitrievitch parcoururent l'assistance et se posèrent sur Eric. L'enfant avait un air penaud et un peu triste parmi tous ces étrangers surexcités. "A quoi peut penser un fils de douze ans dont la mère se remarie?" se demanda Igor Dimitrievitch. Il eut pitié du gamin. Et aussi de lui-même. Tous deux étaient de trop dans cette fête des adultes.
- Viens ici, toi! lui dit-il.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
araucariaaraucaria   28 mars 2017
La patience préférée d'Igor Dimitrievitch était la "Kossynka" (le fichu), dont sa femme lui avait appris toutes les subtilités. Ce soir, la disposition des cartes, rangées devant lui en triangle pour figurer une fanchon, était particulièrement diabolique. L'esprit à la torture, il cherchait en vain une échappatoire. Il allait s'avouer vaincu, lorsqu'on sonna à la porte.
Igor Dimitrievitch tressaillit. Il avait gardé un souvenir si tragique des perquisitions de nuit, en Russie, à l'époque de la révolution, que, même en France, passé huit heures du soir, toute visite imprévue lui paraissait suspecte. Il regarda Zénaïde Antonovna comme pour lui demander qui pouvait bien venir ainsi, après le dîner, sans s'être annoncé par téléphone. Elle semblait aussi surprise que lui.
- N'ouvrez-pas! chuchota-t-il.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
araucariaaraucaria   28 mars 2017
Il ne restait plus que quatre petits sablés. Igor Dimitrievitch allongea la main pour en prendre un.
- C'est trop pour vous, lui dit Zénaïde Antonovna en mettant le plat hors de sa portée. Vous en avez déjà mangé cinq.
- Non, trois, dit-il.
- Cinq. J'ai compté.
Elle le clouait du regard. Devant ses enfants. C'était un comble. Il voulut crier, taper du poing sur la table, mais tout son corps se dénouait. Il n'était plus qu'une gélatine d'os et de nerfs, qui tremblait dans un costume trop large. Une envie de pleurer lui obstruait la gorge.
- C'est mauvais pour lui de manger tant, expliquait Zénaïde Antonovna à Huguette. Je suis obligée d'être sévère pour la nourriture. Le docteur Philippov me l'a recommandé.
- Pour une fois! dit Huguette, d'un ton enjoué.
Devant cette supplication déférente, Zénaïde Antonovna céda. A présent qu'on l'autorisait à prendre encore un sablé, il n'en voulait plus. Il punissait les autres en se punissant.
- Je n'ai pas faim, dit-il.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
araucariaaraucaria   27 mars 2017
En rouvrant les yeux, Igor Dimitrievitch Lébédev eut l'impression que son corps, soudain rajeuni, flottait à la surface d'une eau tiède. incontestablement, il allait mieux que la veille. Sa légère douleur dans la poitrine avait disparu. Il respirait presque sans effort.
Commenter  J’apprécie          150
Videos de Henri Troyat (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Troyat
Vidéo de Henri Troyat
autres livres classés : vieillesseVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Henri Troyat

Né Lev Aslanovitch Tarassov en ...

1891
1901
1911
1921

12 questions
48 lecteurs ont répondu
Thème : Henri TroyatCréer un quiz sur ce livre