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EAN : 9782080664303
284 pages
Éditeur : Flammarion (08/01/1992)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Vingt-sept livres publiés en dix ans. Une vie de météore, brève, fulgurante, partagée entre la débauche, le sport et l'écriture. Où faut-il chercher le vrai Maupassant ?

Dans le petit fonctionnaire qui raille férocement ses collègues de bureau, écoute avec dévotion les conseils de son maître Flaubert et passe ses dimanches à canoter sur la Seine et à trousser les filles?

Dans l'auteur en vogue qui collectionne les gros tirages, organi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Myrtille88
  05 août 2018
Henri Troyat est un des premiers auteurs à m'avoir fait aimer la lecture et je me souviens encore avec quel délice, adolescente, j'ai suivi les aventures d'Amélie et d'Elisabeth dans Les Semailles et les moissons ou comment j'ai découvert la culture soviétique à travers un de ses romans fleuves, la Lumière des justes. Des lectures plaisir qui m'ont emmenée vers les grands auteurs russes comme quoi Il n'y a pas de mauvaises lectures...
Dans son Maupassant, Troyat pourrait dire comme son personnage, "je suis un industriel des lettres" (p. 103). En effet, tout comme lui, Troyat s'illustre par une quantité impressionnante d'écrits dans lesquelles les biographies sont pléthores et se lisent comme des romans. La psychologie de ses personnages est tellement bien décortiquées qu'on a toujours l'impression de connaître les auteurs comme sa poche à la fin de la lecture. Même sensation ici avec Maupassant dont je connaissais bien les récits mais pas du tout la vie. C'est chose réparée maintenant et grâce à la documentation rigoureuse de Troyat, je pense être maintenant incollable sur cet excellent écrivain.
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Livretoi
  27 juin 2015
J'ai aimé cette biographie, comme d'autres d'Henri Troyat. Plutôt qu'un commentaire personnel je vous laisse lire la quatrième de couverture, que je trouve brillante et comme un bon reflet de cet auteur mort à 43 ans des suites de la syphilis
« Vingt-sept livres publiés en dix ans. Une vie de météore, brève, fulgurante, partagée entre la débauche, le sport et l'écriture. Où faut-il chercher le vrai Maupassant ? Dans le petit fonctionnaire qui raille férocement ses collègues de bureau, écoute avec dévotion les conseils de son maître Flaubert et passe ses dimanches à canoter sur la Seine et à trousser les filles ? Dans l'auteur en vogue qui collectionne les gros tirages, organise des orgies burlesques, barre superbement son yacht sous le soleil de la Méditerranée et court des putains aux femmes du monde avec un égal appétit ? Dans l'artiste de génie, enfin, solitaire et secret, souffrant d'un mal incurable et qui lutte désespérément pour chever son oeuvre ?
Multiple et insaisissable, aussi fier de ses muscles saillants que de sa plume féconde, de sa rudesse terrienne que de ses succès de salon, de ses débordements sexuels que de son refus des honneurs, Maupassant réunit tous ces hommes en un seul, et les contradictions de sa nature donnent à ses écrits un accent à la fois cynique et tendre, poétique et violent qui assure leur pérennité à travers les générations et les modes. »
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sylvie2
  21 octobre 2012
La vie d'un grand auteur Français (Maupassant) décrite par un auteur tout aussi géant... Ca donne un superbe livre très intéressant et très agréable à lire. Je le recommande à tout ceux qui veulent en savoir plus sur la vie De Maupassant.
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vahine34
  20 décembre 2014
Bio trop plate et clinique à mon goût.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LivretoiLivretoi   27 juin 2015
Deux attirances pour cet adolescent tout juste évadé de l’école : la femme et l’eau. Il les associe dans un même vertige de volupté, de beauté et de traîtrise. Dès à présent, il se dit que sa vie sera partagée entre l’amour de la chair et l’amour de la mer.

Grossier dans la vie courante et raffiné devant la page blanche, cette définition de l’artiste convient à merveille au joyeux luron d’Etretat.

Devant l’écrivain fameux (Flaubert), à la taille de géant et au faciès de Viking, Guy hésite à tirer de sa poche les derniers poèmes qu’il a composés. Enfin il se décide. Flaubert lit, hoche la tête et déclare : « Je ne sais si vous aurez du talent. Ce que vous m’avez apporté prouve une certaine intelligence, mais n’oubliez point ceci, jeune homme, que le talent, suivant le mot de Buffon, n’est qu’une longue patience. Travaillez. » … « Si on a une originalité, il faut avant tout la dégager ; si on n’en a pas, il faut en acquérir une…. Il s’agit de regarder tout ce qu’on veut exprimer assez longtemps et avec assez d’attention pour en découvrir un aspect qui n’ait été vu et dit par personne. La moindre chose contient un peu d’inconnu. Trouvons-le. Pour décrire un feu qui flambe et un arbre dans une plaine, demeurons en face de ce feu et de cet arbre jusqu’à ce qu’ils ne ressemblent plus, pour nous, à aucun autre arbre et à aucun autre feu. C’est de cette façon qu’on devient original. »

Après quelques jours d’euphorie, le nouveau fonctionnaire prend conscience de la médiocrité asphyxiante où il baigne du matin au soir. Lui, l’homme de l’espace, du soleil, des flots déchaînés, le voici enfermé entre des murailles de cartons verts, parmi des compagnons misérables. Ne va-t-il pas finir par leur ressembler à force de gratter du papier, le dos rond, et de craindre les réprimandes d’un chef de bureau ? Il les observe sans indulgence et note leurs pauvres manies, leur poisseuse lâcheté, leurs intrigues sans envergure, leur servitude minable. Derrière la façade majestueuse du ministère, rue Royale, c’est tout un peuple de cloportes qui végète en attendant l’heure de la sortie. Ces ronds-de-cuir agglutinés, Guy devine déjà qu’ils lui serviront un jour de modèles.

Les notes de service du ministère attestent qu’il est un « jeune homme très intelligent et très capable, qui a reçu une excellente éducation et dont on est très satisfait ». Personne, rue Royale, ne se doute que, sous les dehors discrets et polis, se cache un rebelle ricanant. Par inadvertance, on a introduit le loup dans la bergerie. Il hait l’administration, la paperasse, les manches de lustrine. S’il consent à rédiger des rapports insipides, c’est uniquement parce qu’il a besoin d’argent.

Guy se désintéresse de son frère Hervé, qui est, à son avis, un fruit sec. Ses vrais plaisirs, le jeune romancier en vogue les cherche hors du cercle de ses proches.

La préoccupation constante de Guy de Maupassant est de ne pas être dupe…Il marche revolver au poing…. Les femmes le recherchent, elles l’adulent… Pourtant M. Guy de Maupassant n’aura pas de peines de cœur. Certaines émotions ne sont pas en son pouvoir : c’est un impuissant moral. Taine surnomme Guy « le taureau triste ».

Il fait la roue devant les grandes dames, qui le traitent avec condescendance, jure in petto de se venger d’elles dans un livre terrible. Il voudrait les mettre toutes dans son lit pour les humilier et, en même temps, il est ridiculement flatté quand l’une d’elles lui fait grâce d’un compliment. Habitué aux filles du peuple et aux putains, il éprouve parfois l’envie de choquer par quelque farce grossière ces parangons de la distinction. Ainsi la comtesse Potocka lui ayant fait porter, par plaisanterie, six poupées parfumées, il les lui renvoie, le ventre bourré de chiffons, suggérant qu’il les a engrossées en un temps record. Un billet de sa main accompagne le paquet : « Toutes en une seule nuit ». Puis il s’inquiète d’avoir passé la mesure. Mais il en faut plus pour troubler la pétulante comtesse.

Le sens de sa vie lui apparaît dans une illumination : jouir et écrire. Rien d’autre ne compte…. La vie est si courte qu’il faut se dépêcher de céder à tous les appétits qui sollicitent notre chair périssable. Crever, oui, mais après avoir épuisé la coupe des délectations.

Au vrai, tout ce qu’il a vu en Italie le renforce dans sa conception ironique et sombre de la condition humaine. Il n’a pas beaucoup lu, n’estime pas nécessaire de se cultiver davantage, veut être un écrivain d’instinct, non de réflexion, et se contente, pour la philosophie, des noires théories de Schopenhauer…. Pour Maupassant comme pour Schopenhauer, la femme est l’ennemie inévitable et indispensable. Il faut l’utiliser et la dominer. Surtout ne pas se laisser aller à la tendresse qui conduit infailliblement à la fidélité, donc à l’esclavage. Tout homme, dans ses rapports avec une maîtresse ou une épouse, doit choisir entre la muflerie qui le sauvera et la compréhension qui le perdra. Telle est bien l’opinion de Bel-Ami.

Dans la vie comme dans l’écriture, il est capable tour à tour de pitié et de violence, de délicatesse et de grossièreté.

Edmond de Goncourt le déteste pour sa réussite d’hommes à femmes et d’écrivain à gros tirage.

La créature idéale est, se dit-il, une invention d’impuissant. Nulle femme ne mérite qu’on se lie à elle pour la vie. Aussi, incapable de se fixer, ne trouve-t-il de satisfaction que dans le changement de partenaire. S’il prend un certain plaisir aux galanteries mondaines, c’est à condition de pouvoir ensuite forniquer avec de vraies garces.

Il voit dans le suicide la seule issue possible à la dégradation de l’individu.

La colère d’Edmond de Goncourt, partagée par un grand nombre d’esprits raffinés, illustre l’éternelle opposition des écrivains de recherche et des écrivains d’instinct. Les premiers s’efforcent de surprendre le public par l’inattendu des trouvailles stylistiques, les seconds par la profondeur humaine de leur propos. Les premiers veulent qu’on les reconnaisse dans chaque phrase de leur livre, les seconds n’ont d’autre ambition que de créer des personnages originaux et vivants. Les premiers souhaitent qu’en les lisant on pense constamment à eux, les seconds qu’on les oublie. Et Maupassant s’enorgueillit d’appartenir à cette dernière espèce. Il prétend écrire avec ses tripes, non avec son cerveau.

Mais il ne faut pas que l’écriture, qui le nourrit, lui interdise en même temps de vivre. Son rêve est toujours le même : conduire de front le travail et le plaisir.

Plus encore que dans sa jeunesse, le mélange de l’action et de la pensée, du sport et de l’écriture représente pour lui le comble du bonheur.

Car en même temps qu’il jouit à pleine peau de l’ondulation des vagues et de la caresse du vent, il éprouve la triste horreur de la condition humaine. Tout ce qui est beau, femme ou paysage, le fait penser à la mort. Mais à peine se sent-il aspiré par le néant qu’il réagit avec un désir bestial de fusion avec la nature.

De plus en plus, il se présente devant ses contemporains comme un révolté prudent, un négateur avide de bénéfices.
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sylvie2sylvie2   11 octobre 2017
Il jouit à pleine peau de l'ondulation des vagues et de la caresse du vent.
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Myrtille88Myrtille88   05 août 2018
Je suis un industriel des lettres. (p. 121)
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Vidéo de Henri Troyat
“Les Âmes mortes” de Nicolas Gogol par Henri Troyat. Première diffusion le 22 juin 1953 sur La Chaîne Nationale. “Les Âmes mortes” ? Le rôle de Pouchkine, les doutes immenses qui tourmentent Gogol, avant, pendant et après l’écriture : doutes d’écrivains, puis tourments d’un homme qui a reçu un don de Dieu et qui croit ne pas savoir offrir un don à Dieu ; qui se reproche la peinture de la bêtise et de la médiocrité…et pense que décrire “de belles âmes” serait d’essence supérieure… Gogol qui avait croisé un illuminé au terme de sa brève-vie (d’autant plus brève qu’il y avait eu cette rencontre). Les doutes et les tourments de Gogol qui confie dans une lettre à un ami qu’il a chargé ses héros de ses propres indignités ? Nous pouvons ne pas les connaître, nous pouvons lire “Les Âmes mortes” et considérer, comme Henri Troyat tout jeune garçon, qu’il s’agit du “livre le plus drôle de toute la Littérature”.
Thèmes : Littérature| Littérature Russe| Les Âmes mortes| Henri Troyat| Nikolaï Gogol
Source : France Culture
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