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Tant que la terre durera tome 2 sur 5
EAN : 9782290306093
443 pages
J'ai Lu (14/06/2000)
4.09/5   93 notes
Résumé :
Installée somptueusement à Moscou, Tania ne songe qu'à profiter de la vie.
Michel, son époux, lui promet un avenir brillant, tandis que Volodia, son amant, est l'artisan de ses plaisirs secrets. Pourtant, Moscou est une poudrière. Chaque jour, la presse fait état de nouvelles désastreuses. La rébellion gronde parmi les ouvriers, pendant que les Japonais mènent une guerre acharnée contres les Cosaques. Et des menaces plus personnelles encore pèsent sur Tania. ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
TheWind
  16 août 2019
Je poursuis la lecture de Tant que la terre durera avec grand plaisir.
Ce deuxième tome commence en 1900 et s'achève avec le Dimanche rouge (22 janvier 1905) qui marque le début de la révolution russe. Grâce à certains personnages, notamment Nicolas engagé dans un groupuscule révolutionnaire et Akim soldat de l'armée impériale, nous pouvons suivre " en direct" certains événements historiques tels que l'attentat du ministre de l'Intérieur Plevhe par les socialistes révolutionnaires, ou encore la guerre russo-japonaise, et bien sûr ce dramatique Dimanche rouge lors duquel une manifestation populaire se terminera en répression sanglante de la part de l'armée impériale.
Ces événements racontés du point de vue des personnages prennent une dimension tragique et forte. Henri Troyat mêle habilement le romanesque à la réalité des faits et c'est vraiment ce que j'apprécie dans un roman historique !
Roman historique mais également grande épopée familiale et romanesque...à travers les personnages de Volodia, de Michel, de Tania son épouse et des frères et soeurs de cette dernière.
Entre passions amoureuses, vengeance par orgueil, sombres destins solitaires, amitié saine et durable ...la vie de ces personnages est loin d'être de tout repos. Les rebondissements dans ce deuxième tome sont nombreux et je ne me suis pas ennuyée une seconde !
J'avais évoqué dans ma critique précédente à quel point j'avais du mal à éprouver de l'empathie ou de l'attachement pour les héros. C'est encore le cas mais dans une moindre mesure. Je commence à m'attacher aux défauts de chacun et à observer d'un regard bienveillant et amusé leurs petites manies.
Tania est toujours aussi frivole, égocentrique et capricieuse ; elle me fait penser à Scarlett O'Hara mais avec une force de caractère beaucoup moins prononcée. Michel est toujours trop rigide et trop sérieux mais j'apprécie son côté intègre. Volodia, quant à lui, est toujours aussi charmeur mais diablement inconstant !
Les personnages secondaires ne sont pas en reste et sont tout aussi intéressants à suivre. Peut-être vous en parlerai-je au prochain tome...
Entre mélodrame, satire sociale, et roman historique, l'oeuvre d'Henri Troyat est vraiment une réussite et j'ai hâte de connaître la suite !
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Charliebbtl
  24 juillet 2020
A la fin du premier tome, on avait quitté Tania, Volodia et Michel au moment où, après s'être déchirés pour cause de rivalités amoureuses, l'heure de la réconciliation était enfin venue. Résultat : on retrouve le trio dans ce second tome, mais dès les premiers chapitres, les voilà partis s'installer à Moscou où Michel vient prendre les rênes d'une des succursales de l'entreprise familiale. Ce changement de contexte géographique entraîne également un changement d'ambiance pour l'intrigue. En effet, finie la dimension folklorique si présente dans le premier volet avec les traditions tcherkess, chères au coeur de Michel. Ici, c'est surtout la dimension politique et, secondairement, une nouvelle dimension amoureuse qui viennent occuper le haut du pavé.
La Révolution couve de plus en plus et la protestation contre le pouvoir impérial ne cesse de s'accroître. Henri Troyat nous fait alors découvrir les coulisses des mouvements anarchistes. Cependant, à la différence du premier volet, on rentre ici dans le vif du sujet avec les préparations des opérations mais également les premiers attentats. Et on comprend alors la détermination de ces « révolutionnaires » qui n'ont peur de rien ni de personne. Face à un Zagouliaïeff toujours aussi remonté face au pouvoir en place au point de frôler quasiment le fanatisme, on découvre un Nicolas Arapoff de plus en plus partagé entre ses illusions humanistes et les méthodes expéditives du mouvement. Il y a sans doute une fascination du jeune homme devant Zagouliaïeff et, je dois avouer qu'à certains moments, je me suis posé la question de savoir s'il n'y avait pas un peu plus tant Nicolas semble incapable de vivre dès que son acolyte s'éloigne de lui. On verra si mon hypothèse se confirme dans la suite de la saga. En ce qui concerne les doutes, il y en a un autre qui en fait l'expérience, c'est son frère, Akim, qui, totalement séduit par l'Empire à qui il a voué sa destinée, fait cette fois l'expérience du combat face aux japonais. On apprécie notamment les scènes de bataille qui rendent quasiment folle l'armée russe, tant l'ennemi nippon est redoutable. Akim en subit, d'ailleurs, les conséquences et le lecteur en est pour ses frais s'il espère voir l'auteur lever le voile sur toutes ses interrogations. La lecture du troisième volet s'imposera pour cela.
Autre thématique important dans ce volet : une dimension amoureuse multiple, illustrée par plusieurs « couples » très différents. On a tout d'abord le personnage de Nina, la plus jeune fille des Arapoff, qui, après une scène de sauvetage digne des grands romans d'aventure, va tomber sous le charme de Michel. Elle nous apparaît alors comme ce qu'elle a toujours été, une jeune fille romanesque et prête à une résignation digne d'une sainte. Dans le domaine amoureux, on ne peut pas ignorer le personnage de Tania qui m'agace de plus en plus tant elle ne supporte pas l'idée de ne pas être au centre de tous les regards et notamment de ceux de Volodia. On la découvre jalouse et on retrouve son côté enfant gâté, prête à anéantir le bonheur des autres du moment qu'elle y trouve son propre intérêt. Egoïste et immature, voilà la manière dont je l'ai perçue et je redoute le troisième volet même si je sais déjà qu'elle va y atteindre le summum de la stupidité. Enfin le dernier couple, et sans doute le plus fascinant de tous, reste celui de Kisiakoff et d'Olga Lvovna. L'amour qui les unit est quasiment indescriptible tant il semble dénué de toute raison : on est dans la fascination incontrôlable voire dans l'amour mystique avec un Kisiakoff qui se présente en véritable envoyé de Dieu sur Terre et une Olga Lvovna en extase face à lui, malgré les infidélités évidentes dont elle est victime presque sicemment. Je vous recommande la lecture du chapitre XVIII de la 5e partie qui résume à lui tout seul cette histoire d'amour complètement hors normes.
Au final, un volet à la hauteur du précédent et qui révèle encore une fois le talent de conteur de Troyat, amoureux fou de sa terre natale. La veine historique reste encore ici en second plan mais logiquement dans le prochain volet, on devrait aborder la révolution de 1917 et les choses devraient prendre encore plus d'intérêt.
Lien : https://mespetitsplaisirsamo..
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litolff
  30 mars 2011
Tant que la terre durera est un monument colossal qui plonge le lecteur dans une atmosphère de fin du monde, celle de l'effondrement d'un Empire gigantesque ;
Dans la grande Russie, de sanglants événements se trament ; à Moscou, le peuple gronde et prépare la révolution.
Et depuis l'attentat de Sarajevo, un autre conflit imminent menace l'Europe tout entière... Pris dans la tourmente de l'Histoire, chacun tente de conjurer le sort.
Au fil des pages, trois familles enjambent le cours de la révolution de 1888 aux années 1930, celle des Danoff du Caucase, celle de Volodia d'Ekaterinodar et celle de Tania et ses frères, Nicolas et Akim. Les étapes de la vie se succèdent, alors que naissent l'amour, les vocations et les convictions des protagonistes, au tournant de l'histoire russe.
J'ai adoré cette saga qui est à mon avis une réussite romanesque et historique magistrale.
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dadotiste
  23 février 2016
Ce tome est plus sombre que le premier.
S'il tourne toujours autour de Michel, Tania et Volodia, il est beaucoup plus centré sur Nicolas et les prémisses de la Révolution russe, ainsi que sur Akim et la guerre Russo-japonaise.
Partant toujours sur des bases historiques, Troyat continue de nous narrer cette époque de la Russie, à la fois du côté du peuple aisé, mais également du côté des révolutionnaires, avec tous les doutes et inquiétudes que cela apporte.
En conclusion, un bon roman, à la fois ludique et pédagogique, qui nous plonge dans une époque.
Un bon moment de lecture, même si quelques longueurs sont à noter.
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ricou
  11 septembre 2012
très bon roman. On suit avec délice l'histoire de cette saga familiale sous la révolution russe. On passe du fracas des armes à la tristesse et à la mort qui secoue la famille Danof. Et l'abnégation de Tania pour sauver ses proches sont fortement émouvante. Serait on capable de se surpasser devant l'horreur de la guerre !!
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
TheWindTheWind   15 août 2019
Comme elle était vaste, la Russie, avec son corps maladroit, étiré d'un bout à l'autre du monde, ses frontières indolentes, ses rivages abandonnés aux glaces polaires, les chenilles brunes de ses montagnes, le pointillé bleuâtre de ses marécages, le persillement vert sombre de ses forêts ! Les fleuves pendaient sur son visage et se divisaient en mèches minuscules. Les ronds noirs des villes la marquaient à larges intervalles. Des lacs d'azur ouvraient çà et là leurs paupières tranquilles. Et il y avait des noms sur toute cette étendue. Des noms familiers, de beaux vieux noms aux consonances amicales : Moscou, Saint-Pétersbourg, Kiev, Ekaterinodar, Armavir, Samara, Tobolsk, Irkoutsk, Vladivostok...
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HermessHermess   25 novembre 2015
Nicolas Arapoff existe depuis près d'un siècle sans le savoir. Il est la dernière incarnation d'un type éternel. Il a été successivement hégélien, saint-simonien, émule de George Sand, nihiliste, darwiniste, populiste, et le voici socialiste révolutionnaire. Et, lorsqu'il sera mort, sans avoir rien gagné, un autre Nicolas Arapoff surgira pour le remplacer ; et ce nouveau venu ne sera plus socialiste révolutionnaire, il portera une étiquette différente, il relèvera d'une philosophie inédite, et il jurera, lui aussi, de changer la face du monde. Et, lui aussi, il disparaîtra en vain. Jusqu'à la nuit des temps, il y aura des Nicolas Arapoff exaltés et généreux, qui voueront leur jeunesse à la cause de la liberté. Ils parleront, ils lutteront, ils montreront le poing, mais l'univers ne bronchera pas d'une ligne. Autour d'eux, il y aura toujours de la neige mouillée, un cocher ivre et une vieille aux châles verdâtres qui se hâte à petits pas vers l'église. L'éternité, c'est ça, cette neige, ce cocher ivre, cette vieille femme. L'éternité, c'est aussi bête et aussi laid que ça. Quelle tristesse !
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ricouricou   11 septembre 2012
Subitement, Constantin Kirillovitch s'arrêta de chanter, fit un pas en avant, et son visage exprima une grande souffrance. Sa barbe dépeignée s'ouvrait en deux sur son cou maigre et grenu. Ses yeux brouillés de larmes se fixaient sur Tania comme pour l'envoûter. Il y avait des tâches sur son veston. Un clapotement ridicule sortit de sa bouche. Il reprit sa respiration, joignit les mains et cria d'une voix étranglée ;
- Je vous en supplie, ne partez pas, mes enfants !
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HermessHermess   16 décembre 2015
Nina était la seule de ses cinq enfants qui n'eut pas déserté la maison familiale. Cette jeune fille pâle et secrète lui rappelait encore les grandes tablées d'anniversaire, les disputes, le cirque et les nuits d'orage, qui réunissaient autour de son lit une nichée de visages puérils.
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CharliebbtlCharliebbtl   14 juin 2020
Kisiakoff entrouvrit la porte. Olga Lvovna somnolait dans la pénombre de la pièce. Son visage maigre et gris pesait à peine sur l'oreiller de dentelles. Ses mains étaient jointes sur son ventre. Elle respirait difficilement. Kisiakoff contempla cette femme qu'il avait prise pour son argent, qu'il avait conservé par habitude, et à qui la maternité conférait une valeur sacrée. Il sourit. Elle ne savait pas, la malheureuse, quelle oeuvre divine s'accomplissait dans ses entrailles. Elle était le vase impur où mûrissait la semence de Dieu.
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Videos de Henri Troyat (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Troyat
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/theresa-revay-la-course-parfaite-53094.html
Depuis vingt ans, Theresa Révay s'est imposé comme un auteur majeur fédérant autour d'elle un public fidèle et enthousiaste, friand de ces romans historiques dans lesquels elle raconte les 50 premières années du XXème siècle. Depuis « Valentine ou le temps des adieux » à « La nuit du premier jour », ce ne sont pas moins de huit titres qui font de Theresa Révay une digne héritière d'Henri Troyat ou de Maurice Druon. Emportés par le vent de l'Histoire, les personnages qu'elle invente nous entrainent aux quatre coins du monde et nous font vivre leur passion, dans des décors et des ambiances parfaitement reconstitués, avec un souffle romanesque qui ne trahit en rien une belle qualité d'écriture. Quant à la précision historique, fruit de recherches de longue haleine qui caractérise le travail de Theresa Révay, elle est reconnue par les spécialistes des périodes dans lesquelles elle place ses intrigues. On ne s'étonnera pas ainsi que la romancière ait reçu le prix Historia en 2014 pour son livre « L'autre rive du Bosphore ». Romancière jusqu'au bout des ongles, Theresa Révay ne s'était jamais aventuré dans la biographie, même si l'envie n'était pas loin. Mais le hasard fait parfois bien les choses. Pour l'écriture de son précédent roman, Theresa Révay côtoie dans ses recherches Nathalie Mathet dont le beau-père n'est autre que François Mathet, le célèbre entraineur hippique. A écouter la jeune femme lui confier des secrets de famille, la romancière se dit qu'il y a là matière à un nouveau livre. Voilà comment nait « La course parfaite » publié chez Tallandier. Né en 1908, engagé dans l'armée française en 1939 en tant qu'officier de cavalerie, assistant impuissant à la débâcle, François Mathet se fait un nom dans le monde des courses. Il a un don particulier pour comprendre les chevaux, les entrainer et leur faire gagner les plus grands prix. Veillant sur les chevaux de l'Aga Kahn ou de la famille Rotschild, il fut aussi celui qui entraina Yves Saint Martin sur la plus haute marche du podium, faisant de lui le plus célèbre jockey français. C'est l'histoire de cet homme discret, taiseux mais passionné et généreux que raconte Theresa Révay, l'histoire d'un homme qui se calque sur celle de son époque et que traversent les grandes personnalités d'alors. Une biographie passionnante qui ravira les passionnés de chevaux et de sports équestres mais aussi tout ceux qui s'intéressent aux destins exceptionnels liés à la grande Histoire. « La course parfaite, François Mathet, portrait du maitre entraineur » de Theresa Révay est publié chez Tallandier.
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