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Mireille Davidovici (Traducteur)
EAN : 9782266045735
414 pages
Pocket (18/08/2006)
3.72/5   63 notes
Résumé :
Aucun homme ne doit savoir, ni aucune femme en parler. Sinon... Un peintre new-yorkais, sa femme et sa fille d'une douzaine d'années réalisent enfin leur rêve : s'installer à la campagne. Ils trouvent une vieille maison dans un village où les habitants vivent encore selon les coutumes ancestrales. Nos citadins sont aussitôt séduits par ces gens si proches de la nature, par cette vie toujours rythmée par les fêtes traditionnelles. Pourtant, peu à peu, l'inquiétude s'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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- 3e lecture. Pépite.
Evitez de lire la 4e de couv, si vous voulez laisser l'horreur vous gagner, vous glacer...
Cela pourait s'appeler 'Le retour à la terre' (Larcenet), ou 'Tous à la campagne' (Judith O'Reilly). Ned, un peintre new-yorkais, s'exile en Nouvelle-Angleterre avec sa femme et leur fille adolescente. On ne parle pas à l'époque de fuir la pollution citadine, l'intrigue se déroulant en 1972, mais d'aspirer à une vie plus calme, plus saine, oui, déjà. Ned, Beth et Kate s'installent donc à Cornwall Coombe, parmi ces villageois - agriculteurs pour la plupart - farouchement attachés aux méthodes ancestrales (buggy, charrue tractée par des chevaux...). Bien que chrétiens pratiquants, les villageois recourent à des rituels païens pour la fertilité de la terre et des cultures - celle du maïs en particulier. D'abord anodins et gentiment exotiques pour les nouveaux venus, ces cultes et quelques personnages (la gamine étrange, les Soakes et leur bois interdit) vont devenir inquiétants pour Ned... et pour le lecteur.

Voici le premier thriller de mon adolescence, sans compter les Agatha Christie lus trop jeunes, et donc terrifiants à 12-13 ans. Il s'agit là d'une troisième découverte pour ma part, et le plaisir, l'admiration pour ce thriller raffiné sont intacts, voire accrus. Je me souvenais de l'ambiance, du propos et d'une partie du dénouement. J'ai de nouveau adoré la plume, l'impression d'être revenue un siècle (voire plus) en arrière, hors du temps, le subtil mélange entre fantastique et rationnel qui laisse le narrateur et le lecteur sur le fil du rasoir jusqu'aux dernières pages, au terme de sentiments de malaise croissants, de sueurs froides. Pas de sensationnalisme sanguinolent, mais une découverte lente, patiente, en même temps que le narrateur, des moeurs insolites de cette communauté dont la vie est rythmée par le cycle du maïs. Et en filigrane, un parallèle subtil, brillant, entre fertilité de la terre et maternité.
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Suite aux sommets de suspense psychologique atteints par "The Other" (1971), encore une réussite artistique de l'excellent Thomas TRYON, maître du "fantastique solaire" : "Harvest Home" (1973) - traduit sous le titre "La fête du maïs" - est un roman réellement fascinant - insidieusement et lentement terrifiant...

Tryon a patiemment modelé cette atmosphère lourde, distillée au fil des pages : elle semble annoncer les orages de fin d'été.

Commune à "The Other" et "Harvest Home", elle ressuscite un vif souvenir de lecture : ce climat des meilleures nouvelles fantastiques De Maupassant : "Sur l'eau", "La peur", "le Horla"...

Quel étonnant conteur fut cet homme - disparu en 1991... qui laissa outre ses 4 romans déjà traduits - outre "The Other" et "Harvest Home" déjà cités - le très nostalgique "Lady" en 1974 (traduit en français : éd. Albin Michel), puis "Crowned Heads" en 1976 (traduit en français sous le titre "Fedora", éd. Albin Michel - magnifiquement adapté par Billy Wilder en 1978 sous ce titre), puis un ouvrage "All that Glitters", publié aux U.S.A. en 1986 non encore traduit en français - " , et encore un ultime roman destiné en principe à un jeune public : "The Night of the Moonbow" en 1989 (traduit en français sous le titre "La nuit de l'arc de lune" - collection "J'ai Lu", 1991) ! Sa part d'enfance, une fois encore...
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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Un couple, Théodore, Beth et leur fille se sont nouvellement installé à la campagne. le mari a abandonné son métier honni pour se consacrer à la peinture et Beth est passionné par l'artisanat du coin. Mais le village est un peu surprenant; tout se fait encore à la main, malgré la mécanisation de l'agriculture. Et tout tourne autour du maïs, qui semble être la seule culture. Tout semble idyllique. Mais, peu à peu, le doute s'installe. Une jeune fille, qui s'est suicidée, est enterrée en dehors du cimetière. Un jeune se révolte contre les coutumes ancestrales. Et les femmes ont l'air de partager un secret qui remonterais à la nuit des temps.

Un rythme lent, un climat qui s'installe tout doucement, des évènements perturbateurs. Lentement, l'histoire se complique.

J'ai aimé, mais le roman promet plus qu'il ne livre.
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Ned et son épouse Beth, avec leur fille Kate, ont quitté New-York pour venir vivre à la campagne dans le nord-est des Etats Unis. Leurs premiers contacts avec les villageois sont cordiaux, mais certaines de leurs réactions posent question aux nouveaux venus. De fait, chaque année, ces campagnards célèbrent une fête païenne entourée de mystères.

Pour le lecteur, l'angoisse est garantie, et le sentiment de malaise va crescendo.
Un thriller glaçant et remarquable, qu'on garde en mémoire très longtemps.
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La Fête du Maïs (Harvest Home, 1973) est un roman horrifique écrit par Thomas Tryon. J'ai acheté ce roman, désormais assez difficile à dénicher, sur les conseils de la youtoubeuse "Les livres de la crypte" qui le mentionnait dans ses recommendations d'horreur "estivale", ce qui vous vous en doutez bien, m'a tout de suite enchanté...


I) Children of the Corn

Vous le savez peut-être, mais maïs et horreur font bon ménage. Larges champs s'étalant à perte de vue, rendant à quiconque se trouve en son sein une claustrophobie volontiers labyrinthique, dans des régions a priori désertiques mais pas innocentes, campagnards de l'Iowa semblant dissimuler quelque chose au fond du regard, rites païens... En musique, vous trouverez des références abondantes, que l'on s'attaque à Slipknot ou Korn. Siège de crop circles, ils accueillent une fois encore paranormal et deviennent un véritable xénobiome. Enfin, on se souviendra de la nouvelle démoniaque de Stephen King (Children of the Corn) de nombreuses fois adaptée dans laquelle des enfants semblent mener des jeux sinistres dans ses allées bien rangées...
Vision très américaine de la chose, évidemment, puisqu'un champ de tournesol remplirait très bien l'affaire. La puissance évocatrice demeure extrêment forte et se prête toujours à des atmosphères mystérieuses, où rien n'est ce qu'il parait et où ces champs deviennent le siège de traditions séculaires, bien cachées par une population tenace...
Avec La Fête du Maïs, on suit Ned et sa femme Beth qui fuient un climat urbain devenu trop angoissant. Ils déménagent avec leur fille, assez sévèrement atteinte d'asthme, en campagne. le petit village Corwall Coombe est un charmant lieu de retraite, bucolique au possible, plein de traditions remontant à un passé paysan difficile où se mêlaient disette et famine. Et ainsi, on célèbre ici le maïs, au cours de nombreuses fêtes. Mais évidemment, l'inquiétude grandit au fur et à mesure que Ned découvre des éléments sombres de l'histoire du village...


II) Gaïa et la fertilité.

Tryon explorera ici l'horreur à-travers un fil conducteur judicieux et riche: celui de la fertilité. Celle de la terre étant perpétuellement superposée à celle de la femme, et fêter une belle récolte revient à fêter les naissances à venir pour cette terre qui sera maintes et maintes fois vénérées.
On navigue ici en terre païenne: le livre prend son temps (parfois trop) pour délivrer un propos final évidemment choquant et faisant rupture avec tout le roman. Comme un film d'horreur bien classique, Tryon prend le temps d'installer ses personnages et de les rendre suffisamment heureux pour que leur fataliste déclin soit une peine pour le lecteur. Il est tout de même amusant de constater que tout part en vrille finalement assez tard dans le livre, ce qui ne cesse de renforcer une certaine tension chez le lecteur: ce dernier sera difficilement dupe devant la grande fête de la Moisson à venir...
Avec ce roman, on restera bel et bien dans une pure veine de l'horreur classique des années 70. C'est bien écrit, globalement beaucoup mieux que de nombreux romans d'horreur moderne (allez savoir pourquoi si peu d'auteurs y parviennent encore, la difficulté "d'effrayer" un lecteur supposant tout de même un joli coup de plume...). Cela reste néanmoins d'une facture très classique, et est lestée de quelques défauts de l'époque: on trouve le temps parfois un peu longs. J'ai en revanche beaucoup apprécié la démesure finale, ayant eu peur que l'auteur se réfrène un peu sur son dénouement. Il n'en était rien.


La Fête du Maïs est donc un très bon roman d'horreur. Inconfortable et vicieux, il saura donner quelques sueurs froides aux plus aventureux.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Je m'éveillai ce matin-là, au chant d'un oiseau. Ce n'était que le petit oiseau jaune qui niche dans le caroubier devant la fenêtre de notre chambre, et je lui aurais volontiers tordu le cou car il n'était pas six heures et j'avais la gueule de bois. C'était la fin de l'été, avant la Fête des Moissons, avant que l'oiseau ne quittât son nid pour l'hiver. Maintenant, le printemps est de retour, hélas ! et, comme prévu l'oiseau jaune est revenu. Ici, on appelle cela le Retour Eternel [...]

[Thomas TRYON, "Harvest Home", Alfred A. Knopf ed., New York, 1973 - traduit de l'américain par Mireille Davidovici : "La fête du maïs" pour les éditions Albin Michel, 1974 - chap. I]
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De chaque côté de la route s'étendaient des champs de maïs déjà haut ; je dis que la récolte promettait d'être bonne et la Veuve acquiesça.
"Je le savais. J'ai écouté pousser le maïs pendant tout l'été. Oh! oui ; on l'entend très bien. Vous viendrez avec moi, une nuit, l'année prochaine. Ne riez pas, ce ne sont pas des balivernes, et vous l'entendrez, vous aussi. Le doux bruissement des feuilles, doux comme des ailes de fée. Et les tiges qui s'élancent vers le ciel, les épis qui se gonflent, petit à petit, jusqu'à ce qu'on entende éclater leur enveloppe. C'est quelque chose que d'entendre pousser le maïs, par une chaude nuit d'été, à la clarté mauve de la lune. C'est à ce moment-là qu'on peut dire que la terre a rendu la semence au centuple."
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Bientôt il ne resta plus personne, que moi.
Et le mouton étripé.
Et Missy Penrose.
Elle respirait par la bouche et émettait d'étranges sonorités, incompréhensibles, en regardant la cavité béante. "Mmm-um-nmm." La panse n'était plus rouge, une bile noire s'écoulait maintenant des tissus déchirés. Elle y plongea les doigts et les ressortit encore plus sanglants, encore plus noirs, les leva vers le ciel. Son corps se raidit et se mit à trembler. "Mm, um, nmm, mm."
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Toutes deux avaient le corps en épis de maïs, de grands yeux dans une tête de paille, des jambes de paille et, pour vêtements, des chiffons en lambeaux. La poupée de Missy n'était qu'un jouet d'enfant, mais l'autre... Je contemplai son visage étrange, effroyable, essayant encore de comprendre ce qu'elle était. Elle représentait, de toute évidence, une femme car de grosses protubérances, des seins, étaient fixées au corps de maïs et le sexe était clairement défini par une fente profonde entre les jambes.
Qu'était-ce? Quelle main avait fabriqué cela? Je me rappelai tout à coup un de mes livres d'histoire de l'art. Je pris l'ouvrage sur l'étagère et l'ouvris au chapitre "Art primitif"...
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J'aimais l'atmosphère de ces lieux, leur aspect tranquille, bucolique, la sensation de paix qui se dégageait des maisons, des pelouses soigneusement entretenues, des jardins nouvellement fleuris. J'aimais cette vigueur, cette pérennité dont étaient empreints les passants eux-mêmes, des paysans simples, aux visages simples de campagnards. On sentait une sorte de vénération pour le passé, un effort intransigeant pour conserver les choses telles qu'elles étaient autrefois et peut-être même une résistance à admettre les choses telles qu'elles sont.
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