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Lao-tseu (Auteur présumé)Kia-hway Liou (Traducteur)
ISBN : 2070423174
Éditeur : Gallimard (30/04/2002)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 260 notes)
Résumé :
Le Tao-tö king, « livre sacré de la Voie et de la Vertu », réconcilie les deux principes universels opposés : le yin, principe féminin, lunaire, froid, obscur qui représente la passivité, et le yang, principe masculin qui représente l'énergie solaire, la lumière, la chaleur, le positif. De leur équilibre et de leur alternance naissent tous les phénomènes de la nature, régis par un principe suprême, le Tao.
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  14 septembre 2017
Très difficile de porter un critique sur ce livre, d'ailleurs pas toujours facile d'accès.
Certains chapitres sont assez simples à comprendre d'autres sont bien tordus.
Le meilleur moyen pour le lire est de n'en lire que très très peu à la fois, quelques lignes, quelques phrases et se laisser pénétrer par la magie des mots. Les laisser faire leur chemin. Notre cerveau agit comme un filtre, à chaque passage il n'en retiendra que de fines particules … particules d'or bien évidemment.
Un compagnon, un guide qui convient de consulter fréquemment et de garder à porter d'âme mais rien ne remplace sa propre expérience, son propre ressenti. Un livre qui est une trame pour notre éveil spirituel.
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Feuillesdejoie
  06 juillet 2012
Écrire une courte analyse critique du Tao Te King est une gageure dont je mesure bien l'absurdité mais ce livre a tenu une telle place dans ma vie, et aujourd'hui encore, que la tentation finalement l'emporte sur la réticence.
Premièrement pour dire que son rédacteur présumé Lao Tseu (Lao Zi) est probablement l'un des auteurs les plus plagié de la planète. On le cite à tout bout de champ, mais plutôt mal en général. Souvent les extraits choisis sont utilisés dans un contexte si éloigné de leur terreau d'origine qu'ils en perdent toute consistance. Non moins régulièrement on se contentera d'inventer de toute pièce un piètre aphorisme qu'on attribuera royalement au vieux sage perché sur son buffle. Rajoutée sous n'importe quelle niaiserie, la signature de Lao Tseu en impose. Mais finalement, en dernier lieu, le cas le plus fréquemment rencontré est une simple incompréhension profonde du texte originel. Car il y a bien sûr cent façons d'entendre le fameux Tao, mais comme il semble le penser Lao Tseu lui-même, il en existe mille autres de ne rien y comprendre. Ne lit-on pas à l'ouverture du verset 70 :
« Mes paroles sont très facile à comprendre et très facile à mettre en pratique
Pourtant personne ne les comprend et personne ne les pratique... »
Il existe tant de raison à cela ! La difficulté, toujours actuelle, de « poser » une traduction des ces idéogrammes chinois dont la complexité sémantique est bien réelle. Ou la difficulté à cerner la personnalité de son auteur, au sujet duquel de nombreuses polémiques circulent (on ne sait rien de définitif sur un supposé personnage réel ayant rédigé les 81 verset du Tao Te King). Sans parler de notre ignorance quasi totale, du moins jusqu'à ces dernières vingt années, des cultures asiatiques dont la diffusion en Occident est restée, fort longtemps, qu'une affaire de spécialistes et de passionnés. A moins qu'il ne s'agisse que d'une pure question d'état d'esprit ?
Car paradoxalement, depuis que je fréquente ce livre et ses lecteurs, j'ai remarqué que rien ne semble entraver, en réalité, une saisie instinctive et immédiate du texte. Aussi singulier soit-il, on le capte ou ne le capte pas, c'est aussi simple que cela. Parfois la magie opérera du premier coup, parfois au hasard d'une relecture, qu'importe ! Soudain tout nous devient clair et évident. Expliquer aux autres ce que l'on ressent alors, ce qu'on a véritablement compris et traduire cela en langue de Descartes est une autre histoire. Lao Tseu nous avait prévenu dans le verset 56 « Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas ». Cela dépasse le simple problème de la restitution de la connaissance (notamment livresque) par la parole. Ce que semble suggérer Lao Tseu c'est que les deux façons d'être ne se chevauchent pas. le peu que l'on pourrait apprendre serait essentiellement une saisie implicite, intériorisés, et intraduisible par un discours logique. C'est un des paradoxe majeure du Tao Te King : il prend le risque de nous introduire par écrit à une pensée qui exclut majoritairement l'usage de l'écrit et du discours. Certes l'idéogramme chinois n'est pas le mot latin, ou grec, et il demeure sémantiquement plus riche et plus « mystérieux ». Mais cela explique en tout cas pourquoi le langage spécifique du Tao Te King utilise à outrance des formes qui défient continuellement la logique ordinaire («  On pétrit l'argile pour en faire un vase, mais sans le vide interne, qu'en ferai-t-on ? » verset 11) .
C'est en réalité une sorte de virus qui s'attaque sans pitié aux logiciels cognitifs les mieux dissimulés de notre disque dur culturel, dont la logique est étroitement associée à l'usage constant d'une pensée dualiste, pour ne pas dire manichéenne. Lao Tseu est une sorte de boxeur sémantique qui cherche essentiellement à nous faire perdre notre équilibre « logique ». Une fois la sacro-sainte raison à terre, on peut enfin comprendre. le Chan puis le Zen ne sont plus très loin. Pour Lao Tseu, « le grand carré n'a pas d'angle » (verset 41) et Pythagore, qui fut globalement son contemporain, en eut peut être avalé sa barbe malgré sa connaissance des arts ésotériques de son temps. La pensée qui traverse le Tao Te King échappe en tout cas à toute logique aristotélicienne classique.

De mon point de vue, le Tao Te King est la précieuse et très rare relique d'une pensée qui a du dominer le monde avant l'utilisation massive de l'écrit et du type de pensée dualiste qui l'a partout accompagné, au moins en Occident. Il s'agit d'une sorte de « pensée néolithique » ayant survécu par miracle aux aléas de la brusque émergence de la pensée logique et discursive. Bien plus qu'une énième introduction à la culture chinoise, c'est plutôt à ce titre que j'emmènerais, sans hésiter une seconde, ce livre sur une île déserte. Il me serait alors plus utile que n'importe quel autre afin de retrouver mon équilibre intérieur.
Aborder le Tao Te King en étant au fait de la langue et de la culture chinoise ne sera que le privilège de quelques uns. Qu'il n'en détourne pas, pour autant, tous les autres. Pour tout dire la pensée taoïsme ne fait pas grand cas de la culture comme nous l'entendons aujourd'hui. Pour Lao Tseu, elle nous sépare le plus souvent des réalités triviales qui nous laisseraient apprécier notre véritable condition humaine. « Heureux les simples d'esprit «  disait Jésus « le royaume de dieu leur appartient ». Lao Tseu dit à sa façon qu'aucune culture particulière n'est nécessaire à celui qui a décidé de suivre la voie du Tao . Il fut de bon ton, à une certaine époque et dans une certaine intelligentsia de critiquer le Tao Te king parce qu'il préconisait, pour leur bonheur, de laisser les foules dans l'ignorance plutôt que de les instruire. On sait pourtant aujourd'hui ce qu'il advient des petits peuples libres dont on force l'adhésion à un système « civilisateur » : ils disparaissent sans laisser de traces. Les petits esquimaux groenlandais de 2012 reçoivent une instruction « normale », hélas ils s'ennuient désormais chez eux et ne parviennent même plus à vivre selon les lois de leurs pères. Lao tseu nous disait peut être qu'il valait mieux laisser à l'écart de la civilisation les peuples qui n'avaient pas envie de la rejoindre. C'est à méditer.
On oublie aussi de rappeler (ce qui curieusement ne semble pas avoir retenu l'attention de nos intellectuels) que le Tao Te king est un texte extrêmement critique vis à vis de la violence, des armes, ainsi que des pouvoirs qui s'exercent de façon coercitive. En cela il fonde une d'anarchie spontanée et originelle, sans dieu ni maître certes, mais où les lois naturelles fondamentales, et donc celles du fameux Tao, sont les seules à valoir d'être prises en compte. le 20ème siècle n'a donc pas inventé l'écologie et Lao Tseu, qui ne fait que contempler, pendant l'antiquité chinoise, les prémices des civilisations à venir, a déjà compris ce qu'il adviendrait, avec elles, du Tao, de la nature et du naturel. le taoïsme n'hésite pas à nous mettre en garde : en dernier lieu «  le ciel et la terre ne prennent pas en compte les préoccupations humaines. Ils traitent tous les êtres vivants comme des chiens de paille » (verset 5). Ce genre d'assertion n'est effectivement pas de nature à susciter la bienveillance de nos élites...
En un mot comme en cent, trente ans après l'avoir ouvert pour la première fois avec une moue dubitative, je continue de penser que le TaoTe King est un des livres les plus révolutionnaire qui n'ait jamais été écrit. En France, il va du Tao Te King comme des rapports amoureux. Plus on en parle... Souvent cité, il est assez peu lu. Sur une communauté aussi large que celle de Babelio, seules 44 personnes l'ont ouvert. C'est peu et c'est dommage. le commentaire que l'on entend le plus souvent dans la bouche du lecteur qui se lance est « Je n'y comprend rien, c'est du chinois ». C'est tout à fait normal. Contre Jean-François Billeter et avec François Jullien, je crois à la singularité de la pensée chinoise, ici à son paroxysme dans la pensée taoïste. Il n'existe pourtant aucun pré-requis à sa découverte. le Tao navigue à sa guise. Mais ouvrir le Tao te King (ou les aphorismes de Tchouang tseu, plus tardifs) au risque d'en saisir le sens, est , n'en doutons pas, un exercice périlleux. Il pourrait fondamentalement changer votre vision du monde, rien de moins.
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Fleitour
  10 mai 2017
Tao-tö king est l'oeuvre immortelle du Maître,Lao-tseu (570-490 avant J .-C). Ce livre, est considéré surtout comme une sorte de « bible» du taoïsme. Un traité composé de nombreuses sentences, la sagesse, comment s'exprime t-elle ; "qui veut abaisser quelqu'un doit d'abord le grandir"
Issu d'une tradition orale ancienne, il y a dans ces sentences une actualité étonnante. Bien des hommes et des femmes pourraient en ce mois de mai 2017 s'inspirer de ces principes.
La doctrine de Lao-tseu est résolument monothéiste Ce quel-que chose "muet et vide est indépendant et inaltérable. Il circule partout sans se lasser jamais. Il doit être la Mère de l'univers. Ne connaissant pas son nom, je le dénomme “Tao”."
Le Tao est un principe qu'on peut découvrir en observant les choses et leur empreinte venant du Tao : ainsi " l'eau qui favorise tout et ne rivalise avec rien."
Lao-tseu, enseigne le devoir, appliquer à soi-même les règles qu'on voudrait voir appliquées par autrui, " Qui prend conscience de son erreur ne commet plus d'erreur." le chemin de la sagesse est aussi tracé, certes digne de gloire, le sage reste volontairement dans l'obscurité.
Lao-tseu enseigne une voie essentiellement active," il faut tout savoir, être informé de tout et pourtant rester critique comme si on ne savait rien."
La doctrine du Tao a beaucoup influencé l'âme chinoise.Cette entité se manifeste dans l'opposition harmonieuse du yin et du yang, cette dualité de la nuit et du jour, du passif et de l'actif.

la doctrine de Lao-tseu a engendré un intérêt passionné pour la nature et la recherche de la béatitude heureuse.En Occident, depuis trois siècles, le Tao-tö king, a connu une vague d'enthousiasme : de Paul Claudel à Jean Grenier,de Raymond Queneau à Michel Leiris qui évoquait " d'étranges prolongements, chargées d'une vérité trop ancienne et trop élémentaire pour n'être pas incontestable.", (un homme politique, et lequel serait -il Taoïste).

Selon la tradition chinoise, Lao Tan, plus connu sous le nom de Lao-tseu ou Laozi (Vieux Maître) aurait vécu auVI siècle avant J .-C. Originaire du pays de Chu en Chine centrale.et aurait dispensé quelques enseignements au jeune Confucius.
"La quiétude est maîtresse de l'agitation", ça oui un homme agité je pense à quelqu'un, pas vous.
Que de mots justes de l'oxygène pour les jours brumeux, les peines insondables, les victoires trop ostentatoires, un livre inépuisable.


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frconstant
  16 juillet 2017
Tao-te-king est l’œuvre de Lao-Tseu. Si des extraits de sa pensée sont souvent proposés en citations, hors de tout contexte, on ne peut résumer notre connaissance de Lao-Tseu à la sagesse antique chinoise et amalgamer Lao-Tseu et Confucius qu’il a combattu dans tous ses dires et ses écrits ! Et pourtant, chez nous, souvent, Confucius comme Lao-Tseu ne sont que les prénoms d'une même philosophie chinoise qu'il est de bon ton de citer lorsqu'on prétend vouloir refaire le Monde avec sagesse...
L'intérêt de ce livre, traduit par Léon Wieger et publié en 1913, remet quelque peu les pendules à l’heure !
Il reste qu’il est difficile de pénétrer la pensée primitive de Lao-Tseu, écrite en 526 avant Jésus-Christ, rappelons-le! Le livre, en version numérique (clin d'oeil au Temps qui passe et à la numérique qui avance) présente ici les propos de Lao-Tseu structurés en chapitres (idée de génie du traducteur que de structurer le flot d’entrées méditatives du penseur) et Léon Wieger y ajoute le résumé des différents commentaires produits par quelques philosophes ayant essayé de pénétrer la pensée de Lao-Tseu.
Néanmoins, je me pose la question de savoir ce qui restera lorsque j’aurai tout oublié de ce livre ? A coup sûr, le fait d’y avoir trouvé quelques belles pensées qui peuvent alimenter ma réflexion et mes débats intérieurs sur la vie et la manière d’essayer de m’y tenir aussi droit que possible. Mais, ne nous y trompons pas, au-delà de quelques grandes paroles empreintes de sagesse profonde, il y a dans la Taoïsme, quelques pensées qui ne peuvent apparaître que subversives et provocatrices dans notre air du Temps!
A titre d’exemples, entre sagesse et provocations… :
« Les pensées et les préceptes, en un mot la morale conventionnelle, inutiles dans l’âge du bien spontané, furent inventés quand le monde tomba en décadence, comme remède à cette décadence. L’invention fut plutôt malheureuse. Le seul vrai remède eût été le retour au principe primitif qui donnait aux hommes d’agir spontanément avec bonté et équité. La morale conventionnelle ne relève pas de ces deux qualités spontanées. Elle n’est que fruit d’une politique de prudence et de sagesse acquise sur fond de jugement moral et de sanctions à supporter. »
« Quand un peuple est difficile à gouverner, c’est qu’il en sait trop long. Celui qui prétend procurer le bien en y répandant l’instruction, celui-là se trompe et ruine ce pays. Tenir le peuple dans l’ignorance, voilà qui fait le salut d’un pays. »
« Tout savoir et croire qu’on ne sait rien, voilà le vrai savoir, la science suprême. Ne rien savoir et croire qu’on sait tout, voilà le mal commun des humains. »
« Quand l’homme vient de naître, il est souple e faible mais plein de vie ; quand il est fort et puissant, alors il meurt. Tout ce qui est fort et grand est en moins bonne situation. L’avantage est toujours au souple et au faible. » … Le chêne et le roseau de Monsieur Jean en pensent exactement de même !
Sans m’avoir permis de faire le tour de la question du Taoïsme, loin s’en faut, ce livre m’aura au moins donné l’occasion de réfléchir, très partiellement, sur quelques idées, il est vrai, pas toujours remises en contexte. S'il faut, peut-être, probablement se laisser tirer vers le haut par le Taoïsme, il est cependant raisonnable de ne pas en faire un absolu et de se contenter de chercher à en comprendre le sens global sans prétendre en dénouer toute la finesse et le sens profond. Je ne suis pas sûr que la sagesse de Lao-Tseu puisse être déclarée en phase avec nos pensées, connaissances et expériences de vie du 21e siècle. Après lecture, l'impression qui me reste est la nécessité de faire la part belle aux interrogations plutôt qu’à l’obédience un peu trop vite accordée à quelques paroles apparaissant sages et guides potentiels pour une vie. Face à la vie, rester éveillé et sans certitude acquise pour l’éternité… C’est déjà tout un programme, non ?
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libermoi
  13 juin 2016
Nous avons ici affaire à un texte sacré et pas des moindre. Conçu par le fondateur du taoïsme, Lao Tseu, en 600 avant Jésus-Christ. Bien que l'existence de ce dernier ne soit pas vérifiée et certaine, il laissa une oeuvre et un texte sacré pour l'Extrême-Orient. En effet, l'identité réelle de l'auteur n'est pas officielle, c'est-à-dire que l'hypothèse considérant que le Tao-Te-King soit le produit successif de plusieurs sages chinois n'est pas rejetée, dans la préface de notre édition nous pouvons lire « une grande incertitude entoure le « Vieux maître » : Lao-Tseu d'après l'historien Sseu-ma Ts'ien.
Le livre du Tao et de la Vertu fascine l'Extrême-Orient qui en a fait de nombreuses interprétations et où depuis plus de deux mille ans le taoïsme est devenu un courant philosophique, voire religieux.
L'analyse du titre nous poussera à comprendre davantage le contenu de l'oeuvre. Soit, Tao-Te-King, ou bien Tao-To-King. Premièrement « Tao » signifie « la voie » ou « le chemin », dès lors on comprend, le chemin ou la voie spirituelle. Tandis que « To » signifie la vertu, considérée en Chine comme la vertu morale. Et pour finir, « King » évoque la notion de « classique », de « sacré ». Nous sommes donc face à un ouvrage classique nous indiquant la voie sacrée de la vertu.
On sait à présent que le Tao-Te-King est bien un texte et un recueil de réflexion philosophique, en effet et nous le verrons ensuite, le livre se compose de deux parties nommées par « le Tao » : le chemin et « La vertu ». En réalité, nous retrouvons dans ce texte bien des conseils sur l'Être que nous sommes, mais aussi sur la façon de s'imprégner du matériel ou du pouvoir ou de toutes ces choses éloignant l'âme spirituelle. « L'âme spirituelle doit commander à l'âme sensitive »
Mais qui est donc ce Vieux Maitre ?
Je ne vais pas revenir sur la dimension mythique de l'existence ou non de Lao-Tseu, puisqu'en effet nous avons une image traditionnelle nous donnant Lao-Tseu comme un personnage extraordinaire, qui se veut conçu par le passage d'une comète ou l'ingestion par sa mère d'une prune magique, lui donnant naissance directement avec des cheveux blancs et une barbe, nous verrons comment la dimension de la vieillesse caractérise l'homme dans la Chine Antique. Mais nous avons également une source historique prouvant l'existence de Lao-Tseu comme Lao Dans. En effet, au IIIème siècle avant Jésus-Christ, un ouvrage nommé Han Fei Zi, nom également de son auteur, un philosophe et penseur politique chinois faisant parti du courant légiste attribue la paternité de Daodejing à Lao-Tseu, l'analyse n'ira pas jusqu'au bout, puisque nous avons pu démontrer cela par ailleurs.
En réalité Lao-Tseu serait un surnom donné, le Vieux Maitre aurait appartenu à la famille Li, et son prénom serait « Eul » tandis que son appellation est « Tan ». « Eul » signifie oreille et « Tan » longue, l'interprétation est donc que Lao-Tseu signale par ses longues oreilles. Ce qui est concevable car dans la Chine Antique, la transmission du savoir s'effectue par la parole et l'exemple. Les vieux ont beaucoup entendu et donc possèdent un savoir imposant. Ils sont capables de comprendre le sens de la vie et de se donner à l'essentiel, ils incarnent alors la sagesse.
Lao Tseu serait né dans un village nommé Lou-Yi dans l'actuelle province de Henan. Il effectua de brillantes études et deviendra archiviste à la cour des rois Zhou. Il aurait ici reçu la visite de Confucius qui l'aurait interrogé sur les rites concernant les rapports entre les diverses classes d'une société hiérarchisée ayant à sa tête un roi. Cette rencontre est essentielle car elle reflète le rejet des rites pour les taoïstes a contrario des confucianistes qui les considèrent comme prioritaires. Tandis que les taoïstes privilégient les libertés de chacun et la non-conformité de la vie.
La tradition admet que Lao Tseu aurait disparu en quittant ses fonctions et en renonçant au monde. Il aurait alors pris la route vers l'Occident sur un buffle, c'est une scène majeure dans l'art chinois.
Le sage serait ensuite parvenu à la frontière du Sian, où il aurait rencontré Yin Si, gardien de la passe qui l'aurait retenu en le suppliant de lui donner un enseignement de sagesse. C'est ainsi qu'un recueil d'environ cinq mille caractères se créa à partir de notes. Recueil qui diffère peu du Tao-Te-King.
Lao Tseu aurait ensuite poursuivi son voyage vers l'Ouest, où personne ne l'aurait jamais revu. Il se dit qu'il aurait bénéficié d'une longévité et serait parvenu à l'immortalité.
Parlons à présent du texte en lui-même, de son contenu, de sa structure, de son style et de ses valeurs.
La rumeur dit qu'en réalité le Tao-Te-King serait constitué de deux ouvrages différents semblables par leur valeur et leur style. Ils ont donc été réunis sous un même titre. L'ouvrage est divisé en deux chapitres composés de sentences. Il y a donc 37 sections sur le Tao et 44 sur la Vertu, pour un total de 81 chapitres. Dans la version chinoise, l'ensemble du texte comporte cinq mille caractères. le texte d'origine est écrit en chinois classique littéraire, d'une manière rythmée et rimée.
Les chapitres débutent souvent par des petits poèmes qui soumettent notre réflexion. Ils sont ensuite commentés ou suivis d'autres poèmes complétant le précèdent.
Tout cela est très énigmatique puisque les termes utilisés sont bien souvent polysémiques. le texte admet une certaine difficulté, en effet, au chapitre LXX, il est inscrit « mes paroles sont faciles à comprendre […] pourtant personne au monde ne les comprend ».
Le fait que le texte soit écrit en langue classique donne le récit complexe à saisir pour les chinois d'aujourd'hui. le sens peut se voir changer ou mal interprété, par l'absence de ponctuation et la présence de polysémies, ajouté à cela les caractères dont la signification peut différer au fil du temps.
Cela s'accentue également par la difficulté de la contextualisation qui pose toujours problème avec les textes religieux ou philosophiques. D'où le souci d'interprétation bien trop présent de nos jours.
Le texte regorge de philosophie et de sens. Il aborde l'âme spirituelle, l'âme sensitive, l'éternelle, l'honneur, la morale, le vice, le bien, le mal, le néant, le vide… L'origine de tous les éléments et des êtres se trouvent dans le Tao. L'ouvrage donne un sens au vide, évoque l'importance du retrait de soi-même et critique grandement la force et le pouvoir, ou bien encore le détachement.
C'est alors qu'à chaque sentence nous nous trouvons ressourcer. La philosophie du Tao constitue un bien évident pour l'Homme, par son rejet du matérialisme, et son amour de l'essentielle. Nous y retrouvons de réelles questions métaphysiques. Je pense qu'il est véritablement question d'un ouvrage révolutionnaire sur le point de vue de l'Homme et des sociétés.

Lien : http://libermoi.blogspot.fr/..
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
CharlesEdouardCharlesEdouard   11 mai 2019
C’est pourquoi, lorsque le saint homme gouverne, il vide son cœur, il remplit son ventre (son intérieur), il affaiblit sa volonté, et il fortifie ses os.
Il s’étudie constamment à rendre le peuple ignorant et exempt de désirs.
Il fait en sorte que ceux qui ont du savoir n’osent pas agir.
Il pratique le non-agir, et alors il n’y a rien qui ne soit bien gouverné.
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Mangara57Mangara57   26 janvier 2019
Un être confus, indéfinissable, existait depuis l'éternité.
Il était là avant la naissance du ciel et de la terre.
Ô qu'il est immobile ! Ô qu'il est immuable !
Fait de silence et de vide,
Mouvement sans fin, mouvement imperturbable,
Qui ne peut être brisé, car c'est lui, la mère du monde.
Nul ne connaît son nom,
On l'appelle le Tao.

Nul ne peut lui donner un nom :
Je le nomme immense,
D'immense, je le nomme fugace,
De fugace, je le nomme lointain,
De lointain, il revient.

Ainsi, immense est le Tao,
Immense est le ciel,
Immense est la terre,
Immense est l'homme.
Le monde est formé de quatre immensités :
L'homme épouse le rythme de la terre,
La terre s'accorde avec le ciel,
Le ciel se fond dans le Tao,
Et le Tao est sa propre loi : il demeure, éternel.

Chant 25, vers le VI_ème siècle avant J.-C.
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madameduberrymadameduberry   14 septembre 2014
Plus il y a d'interdits et de prohibition
plus le peuple s'appauvrit;
plus on possède d'armes tranchantes,
plus le désordre sévit;
plus se développe l'intelligence fabricatrice,
plus en découlent d'étranges produits;
plus se multiplient ls lois et les ordonnances,
plus foisonnent les voleurs et les bandits.
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LUKE59LUKE59   08 juillet 2011
Celui qui sait ne parle pas,
celui qui parle ne sait pas.
..............
Les paroles vraies ne sont pas agréables;
les paroles agréables ne sont pas vraies.
Un homme de bien n'est pas un discoureur;
un discoureur n'est pas un homme de bien.
L'intelligence n'est pas l'érudition;
l'érudition n'est pas l'intelligence.
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colimassoncolimasson   18 novembre 2016
Ceux de jadis étaient des Maîtres habiles,
Ils étaient en union secrète avec les forces invisibles.
Si profonds qu’on ne saurait les connaître ;
C’est pourquoi l’on ne peut qu’à grand-peine décrire leur aspect extérieur.
Hésitants comme qui traverse un fleuve en hiver,
Prudents comme qui redoute de toutes parts ses voisins
Réservés comme des invités,
S’effaçant comme glace fondante,
Simples comme matière brute,
Ils étaient vastes comme la vallée,
Sans plus de transparence que l’opacité même.
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Videos de Lao Tseu (3) Voir plusAjouter une vidéo
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