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Lao-tseu (Auteur présumé)Kia-hway Liou (Traducteur)
EAN : 9782070423170
108 pages
Éditeur : Gallimard (30/04/2002)
4.06/5   320 notes
Résumé :
Le Tao-tö king, « livre sacré de la Voie et de la Vertu », réconcilie les deux principes universels opposés : le yin, principe féminin, lunaire, froid, obscur qui représente la passivité, et le yang, principe masculin qui représente l'énergie solaire, la lumière, la chaleur, le positif. De leur équilibre et de leur alternance naissent tous les phénomènes de la nature, régis par un principe suprême, le Tao.
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
4,06

sur 320 notes

Feuillesdejoie
  06 juillet 2012
Écrire une courte analyse critique du Tao Te King est une gageure dont je mesure bien l'absurdité mais ce livre a tenu une telle place dans ma vie, et aujourd'hui encore, que la tentation finalement l'emporte sur la réticence.
Premièrement pour dire que son rédacteur présumé Lao Tseu (Lao Zi) est probablement l'un des auteurs les plus plagié de la planète. On le cite à tout bout de champ, mais plutôt mal en général. Souvent les extraits choisis sont utilisés dans un contexte si éloigné de leur terreau d'origine qu'ils en perdent toute consistance. Non moins régulièrement on se contentera d'inventer de toute pièce un piètre aphorisme qu'on attribuera royalement au vieux sage perché sur son buffle. Rajoutée sous n'importe quelle niaiserie, la signature de Lao Tseu en impose. Mais finalement, en dernier lieu, le cas le plus fréquemment rencontré est une simple incompréhension profonde du texte originel. Car il y a bien sûr cent façons d'entendre le fameux Tao, mais comme il semble le penser Lao Tseu lui-même, il en existe mille autres de ne rien y comprendre. Ne lit-on pas à l'ouverture du verset 70 :
« Mes paroles sont très facile à comprendre et très facile à mettre en pratique
Pourtant personne ne les comprend et personne ne les pratique... »
Il existe tant de raison à cela ! La difficulté, toujours actuelle, de « poser » une traduction des ces idéogrammes chinois dont la complexité sémantique est bien réelle. Ou la difficulté à cerner la personnalité de son auteur, au sujet duquel de nombreuses polémiques circulent (on ne sait rien de définitif sur un supposé personnage réel ayant rédigé les 81 verset du Tao Te King). Sans parler de notre ignorance quasi totale, du moins jusqu'à ces dernières vingt années, des cultures asiatiques dont la diffusion en Occident est restée, fort longtemps, qu'une affaire de spécialistes et de passionnés. A moins qu'il ne s'agisse que d'une pure question d'état d'esprit ?
Car paradoxalement, depuis que je fréquente ce livre et ses lecteurs, j'ai remarqué que rien ne semble entraver, en réalité, une saisie instinctive et immédiate du texte. Aussi singulier soit-il, on le capte ou ne le capte pas, c'est aussi simple que cela. Parfois la magie opérera du premier coup, parfois au hasard d'une relecture, qu'importe ! Soudain tout nous devient clair et évident. Expliquer aux autres ce que l'on ressent alors, ce qu'on a véritablement compris et traduire cela en langue de Descartes est une autre histoire. Lao Tseu nous avait prévenu dans le verset 56 « Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas ». Cela dépasse le simple problème de la restitution de la connaissance (notamment livresque) par la parole. Ce que semble suggérer Lao Tseu c'est que les deux façons d'être ne se chevauchent pas. le peu que l'on pourrait apprendre serait essentiellement une saisie implicite, intériorisés, et intraduisible par un discours logique. C'est un des paradoxe majeure du Tao Te King : il prend le risque de nous introduire par écrit à une pensée qui exclut majoritairement l'usage de l'écrit et du discours. Certes l'idéogramme chinois n'est pas le mot latin, ou grec, et il demeure sémantiquement plus riche et plus « mystérieux ». Mais cela explique en tout cas pourquoi le langage spécifique du Tao Te King utilise à outrance des formes qui défient continuellement la logique ordinaire («  On pétrit l'argile pour en faire un vase, mais sans le vide interne, qu'en ferai-t-on ? » verset 11) .
C'est en réalité une sorte de virus qui s'attaque sans pitié aux logiciels cognitifs les mieux dissimulés de notre disque dur culturel, dont la logique est étroitement associée à l'usage constant d'une pensée dualiste, pour ne pas dire manichéenne. Lao Tseu est une sorte de boxeur sémantique qui cherche essentiellement à nous faire perdre notre équilibre « logique ». Une fois la sacro-sainte raison à terre, on peut enfin comprendre. le Chan puis le Zen ne sont plus très loin. Pour Lao Tseu, « le grand carré n'a pas d'angle » (verset 41) et Pythagore, qui fut globalement son contemporain, en eut peut être avalé sa barbe malgré sa connaissance des arts ésotériques de son temps. La pensée qui traverse le Tao Te King échappe en tout cas à toute logique aristotélicienne classique.

De mon point de vue, le Tao Te King est la précieuse et très rare relique d'une pensée qui a du dominer le monde avant l'utilisation massive de l'écrit et du type de pensée dualiste qui l'a partout accompagné, au moins en Occident. Il s'agit d'une sorte de « pensée néolithique » ayant survécu par miracle aux aléas de la brusque émergence de la pensée logique et discursive. Bien plus qu'une énième introduction à la culture chinoise, c'est plutôt à ce titre que j'emmènerais, sans hésiter une seconde, ce livre sur une île déserte. Il me serait alors plus utile que n'importe quel autre afin de retrouver mon équilibre intérieur.
Aborder le Tao Te King en étant au fait de la langue et de la culture chinoise ne sera que le privilège de quelques uns. Qu'il n'en détourne pas, pour autant, tous les autres. Pour tout dire la pensée taoïsme ne fait pas grand cas de la culture comme nous l'entendons aujourd'hui. Pour Lao Tseu, elle nous sépare le plus souvent des réalités triviales qui nous laisseraient apprécier notre véritable condition humaine. « Heureux les simples d'esprit «  disait Jésus « le royaume de dieu leur appartient ». Lao Tseu dit à sa façon qu'aucune culture particulière n'est nécessaire à celui qui a décidé de suivre la voie du Tao . Il fut de bon ton, à une certaine époque et dans une certaine intelligentsia de critiquer le Tao Te king parce qu'il préconisait, pour leur bonheur, de laisser les foules dans l'ignorance plutôt que de les instruire. On sait pourtant aujourd'hui ce qu'il advient des petits peuples libres dont on force l'adhésion à un système « civilisateur » : ils disparaissent sans laisser de traces. Les petits esquimaux groenlandais de 2012 reçoivent une instruction « normale », hélas ils s'ennuient désormais chez eux et ne parviennent même plus à vivre selon les lois de leurs pères. Lao tseu nous disait peut être qu'il valait mieux laisser à l'écart de la civilisation les peuples qui n'avaient pas envie de la rejoindre. C'est à méditer.
On oublie aussi de rappeler (ce qui curieusement ne semble pas avoir retenu l'attention de nos intellectuels) que le Tao Te king est un texte extrêmement critique vis à vis de la violence, des armes, ainsi que des pouvoirs qui s'exercent de façon coercitive. En cela il fonde une d'anarchie spontanée et originelle, sans dieu ni maître certes, mais où les lois naturelles fondamentales, et donc celles du fameux Tao, sont les seules à valoir d'être prises en compte. le 20ème siècle n'a donc pas inventé l'écologie et Lao Tseu, qui ne fait que contempler, pendant l'antiquité chinoise, les prémices des civilisations à venir, a déjà compris ce qu'il adviendrait, avec elles, du Tao, de la nature et du naturel. le taoïsme n'hésite pas à nous mettre en garde : en dernier lieu «  le ciel et la terre ne prennent pas en compte les préoccupations humaines. Ils traitent tous les êtres vivants comme des chiens de paille » (verset 5). Ce genre d'assertion n'est effectivement pas de nature à susciter la bienveillance de nos élites...
En un mot comme en cent, trente ans après l'avoir ouvert pour la première fois avec une moue dubitative, je continue de penser que le TaoTe King est un des livres les plus révolutionnaire qui n'ait jamais été écrit. En France, il va du Tao Te King comme des rapports amoureux. Plus on en parle... Souvent cité, il est assez peu lu. Sur une communauté aussi large que celle de Babelio, seules 44 personnes l'ont ouvert. C'est peu et c'est dommage. le commentaire que l'on entend le plus souvent dans la bouche du lecteur qui se lance est « Je n'y comprend rien, c'est du chinois ». C'est tout à fait normal. Contre Jean-François Billeter et avec François Jullien, je crois à la singularité de la pensée chinoise, ici à son paroxysme dans la pensée taoïste. Il n'existe pourtant aucun pré-requis à sa découverte. le Tao navigue à sa guise. Mais ouvrir le Tao te King (ou les aphorismes de Tchouang tseu, plus tardifs) au risque d'en saisir le sens, est , n'en doutons pas, un exercice périlleux. Il pourrait fondamentalement changer votre vision du monde, rien de moins.
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domisylzen
  14 septembre 2017
Très difficile de porter un critique sur ce livre, d'ailleurs pas toujours facile d'accès.
Certains chapitres sont assez simples à comprendre d'autres sont bien tordus.
Le meilleur moyen pour le lire est de n'en lire que très très peu à la fois, quelques lignes, quelques phrases et se laisser pénétrer par la magie des mots. Les laisser faire leur chemin. Notre cerveau agit comme un filtre, à chaque passage il n'en retiendra que de fines particules … particules d'or bien évidemment.
Un compagnon, un guide qui convient de consulter fréquemment et de garder à porter d'âme mais rien ne remplace sa propre expérience, son propre ressenti. Un livre qui est une trame pour notre éveil spirituel.
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zenzibar
  08 mars 2021
Le centre de gravité du Tao est le livre fondateur le « Tao Te King », le Livre de la Voie et de la Vertu.
Un peu comme pour Homère, cette oeuvre appelle des interrogations à l'infini et insolubles. Lao Tseu a t-il existé ? Qui a écrit le Tao ? S'agit-il d'une polyphonie de compilation de textes de sagesse ? L'ouvrage aurait été écrit au VIème siécle avant JC. Evidemment, il y a longtemps qu'il n'existe plus de version originale, oeuvre copiée, recopiée, enrichie (?) au fil des siècles.
Quoiqu'il en soit, le Tao Te King appartient au patrimoine universel de la sagesse même s'il est très intimement lié au terroir de la Chine. Au cas présent, il s'agit de la version traduite et commentée par Marcel Conche, un philosophe décloisonné, en ce sens que son travail encyclopédique ne se limite pas aux philosophes à système, canonisés par et pour l'enseignement académique.

Le Tao relève de l'invisible, du « Sans nom » (I, XXV, XXXII). Pour le Tao, ce qui importe c'est d'abord le souffle extérieur (« Qi »), le non dit, l'invisible.
Et ainsi que le souligne Marcel Conche « On ne voit pas l'invisible, cependant l'invisible est actif et efficace, puisque sans l'invisible, le visible ne serait pas ce qu'il parait manifestement être (…) » (p.91)  
Il peut sembler chimérique d'essayer de l'appréhender a minima. Mais cette appréhension doit passer par une intuition qui s'apparente à une révélation.
Ainsi, dans son introduction Marcel Conche avertit : « Pour comprendre Lao Tseu parlant du Tao, il faut déjà être dans une sorte de communion avec le Tao, de conformité avec au Tao. On comprend Lao Tseu si, d'une certaine manière, quelque chose en nous l'a déjà compris » (p. 13).
Malgré cette introduction quelque peu déconcertante pour un lecteur occidental, un examen attentif met en lumière plusieurs passerelles conceptuelles étonnantes, avec des univers beaucoup plus familiers.
En premier lieu, la Voie correspond au « panta rhei »..., tout s'écoule, énoncé dans la pensée d'Héraclite. le Tao, la Voie n'est qu'une métaphore, il ne s'agit pas d'un chemin reliant deux points mais une Voie, infinie comme l'écoulement de l'eau du fleuve. Pour le philosophe d'Ephèse le principe vital c'est le feu mais son fragment célébrissime « on ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve » offre un écho pénétrant. Un jeu de miroirs encore plus saisissant s'active avec l'union des contraires, le yin et le yang. Ainsi que le souligne Marcel Conche, pour Lao Tseu comme pour Héraclite, les opposés sont des contraires qui se fertilisent, non des contradictions.
« Le Dao engendre Un
Un engendre Deux
Deux engendre Trois
Trois engendre tous les êtres
Tout être porte sur son dos l'obscurité
et serre dans ses bras la lumière
le souffle indifférencié constitue son harmonie. » (XVII)
Mouvement vertical donc, l'axe sur lequel se projeter, le yin (« obscurité ») qui en mouvement descendant a créé la Terre et le yang (« lumière ») en ascendant est à l'origine du Ciel. Mais cet axe ne doit pas être perçu comme une colonne dorique statufiée dans le marbre, l'énergie circule, un mouvement binaire, un cycle, une succession d'états jamais définitifs.
En deuxième lieu, difficile aussi de ne pas penser à Epicure quand le Tao Te King énonce « Celui riche et honoré, qui se fait arrogant, prépare sa ruine » (IX) ou « Une salle remplie d'or et de jade, personne ne peut la garder. La recherche des biens difficiles à obtenir entraîne l'homme à se nuire. » (XII). le sage, se place en bas (XXII), « Sur la pointe des pieds on perd son équilibre .» (XXIV), mais comme l'eau il érode le dur apparent.
Troisièmement, le rapprochement le plus « naturel » est celui qui peut être opéré avec le stoïcisme. L'école athénienne du portique, prolongée par le stoïcisme romain « impérial » considère qu'il existe un ordre cosmique, parfait. L'homme qui ne constitue qu'un minuscule élément de cet ordre doit se conformer à celui-ci et il y a trouvera son bonheur, loin de l'agitation et des excès.
Et on est surpris que Marcel Conche n'ait pas triangulé avec Marc Aurèle, Héraclite et Lao Tseu !
« Les choses tendent, les unes, à devenir, les autres, à être devenues ; de ce qui devient, quelque chose a déjà disparu ; des écoulements, des altérations rajeunissent sans cesse le monde, de même que le mouvement incessant du temps produit, toujours neuve, à durée infinie.
Dans ce fleuve, comment donner une valeur à ces objets fuyants, puisqu'on ne peut s'arrêter à aucun d'eux. » (Marc Aurèle Pensées VI-Les Stoïciens Ed La Pleiade p. 1 181)

Enfin, une connexion peut être aussi établie avec Montaigne.
Ainsi, comme le souligne André Comte Sponville dans son « Dictionnaire amoureux de Montaigne » ce dernier est un « maitre zen en Occident » (p.60), « le plus chinois des penseurs occidentaux » (p.108).
Sur que nos sages antiques auraient opiné fraternellement au propos de Montaigne « Le monde n'est qu'une branloire perenne. Toutes les choses y branlent sans cesse, les rochers du Caucase, les pyramides d'Egypte ; et du branle public, et du leur. La constance mesme n'est autre chose qu'un branle plus languissant. Je ne ne puis asseurer mon object : il va trouble et chancelant, d'une yvresse naturelle. Je le prens en ce poinct comme il est, en l'instant que je m'amuse à luy. Je ne peins pas l'estre, je peins le passage : non un passage d'aage en autre, ou comme dict le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. » (Les Essais III. 2. ed La Pleiade p.844 et 845)
ACS évoque plutôt des passerelles avec le bouddhisme mais la philosophie des Essais est complètement soluble dans le principe du non agir (« wu wei »), principe essentiel du Tao, principe fort dérangeant pour la pensée occidentale...
L'univers du Tao, est à l'opposé de cette pensée dite rationnelle.
Cogito ergo sum...je pense donc je suis...tout un monde construit sur l'egologie, le moi tout puissant qui maîtrise...Tout le contraire avec le Tao….
Le non agir n'est pas l'inaction ou une forme de procrastination.

« C'est pourquoi Le Sage pratique le non agir » (II) le non agir s'impose du fait de l'union des contraires.  Lui-même agit sans agir » (III).
Il faut agir en harmonie avec la Voie « Celui qui va selon la Voie, son chemin ne fait qu'un avec la Voie » (XXIII). le respect de cet ordre naturel « Pour gouverner les hommes et servir le Ciel, rien de mieux que la modération » (LIX) et « On gouverne un grand Etat comme on fait frire de petits poissons » (LX).
Même sans pouvoir se retirer et méditer comme Montaigne dans sa tour bibliothèque ou Thoreau dans sa cabane au bord du lac, le Tao Te King, offre au lecteur un pare feu spirituel contre la fureur, l'agitation ambiantes si souvent stériles.
Par conséquent un livre infiniment précieux et une mise en perspective de Marcel Conche très inspirante
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Fleitour
  10 mai 2017
Tao-tö king est l'oeuvre immortelle du Maître,Lao-tseu (570-490 avant J .-C). Ce livre, est considéré surtout comme une sorte de « bible» du taoïsme. Un traité composé de nombreuses sentences, la sagesse, comment s'exprime t-elle ; "qui veut abaisser quelqu'un doit d'abord le grandir"
Issu d'une tradition orale ancienne, il y a dans ces sentences une actualité étonnante. Bien des hommes et des femmes pourraient en ce mois de mai 2017 s'inspirer de ces principes.
La doctrine de Lao-tseu est résolument monothéiste Ce quel-que chose "muet et vide est indépendant et inaltérable. Il circule partout sans se lasser jamais. Il doit être la Mère de l'univers. Ne connaissant pas son nom, je le dénomme “Tao”."
Le Tao est un principe qu'on peut découvrir en observant les choses et leur empreinte venant du Tao : ainsi " l'eau qui favorise tout et ne rivalise avec rien."
Lao-tseu, enseigne le devoir, appliquer à soi-même les règles qu'on voudrait voir appliquées par autrui, " Qui prend conscience de son erreur ne commet plus d'erreur." le chemin de la sagesse est aussi tracé, certes digne de gloire, le sage reste volontairement dans l'obscurité.
Lao-tseu enseigne une voie essentiellement active," il faut tout savoir, être informé de tout et pourtant rester critique comme si on ne savait rien."
La doctrine du Tao a beaucoup influencé l'âme chinoise.Cette entité se manifeste dans l'opposition harmonieuse du yin et du yang, cette dualité de la nuit et du jour, du passif et de l'actif.

la doctrine de Lao-tseu a engendré un intérêt passionné pour la nature et la recherche de la béatitude heureuse.En Occident, depuis trois siècles, le Tao-tö king, a connu une vague d'enthousiasme : de Paul Claudel à Jean Grenier,de Raymond Queneau à Michel Leiris qui évoquait " d'étranges prolongements, chargées d'une vérité trop ancienne et trop élémentaire pour n'être pas incontestable.", (un homme politique, et lequel serait -il Taoïste).

Selon la tradition chinoise, Lao Tan, plus connu sous le nom de Lao-tseu ou Laozi (Vieux Maître) aurait vécu auVI siècle avant J .-C. Originaire du pays de Chu en Chine centrale.et aurait dispensé quelques enseignements au jeune Confucius.
"La quiétude est maîtresse de l'agitation", ça oui un homme agité je pense à quelqu'un, pas vous.
Que de mots justes de l'oxygène pour les jours brumeux, les peines insondables, les victoires trop ostentatoires, un livre inépuisable.


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Baldrico
  01 juin 2020
Le Tao Te King est un des grands livres de spiritualité de l'humanité. Il peut se lire en deux heures ou se méditer toute une vie. Impossible d'en faire la critique. Ferait-on la critique de la Bible ou des Védas? En revanche, il n'est pas interdit de dire ce qui nous a marqué dans une première lecture, lente.
Ce qui me frappe au premier abord, c'est ce que nous pourrions prendre pour du fatalisme. L'idée d'un retrait, d'un laisser-faire. Mais cela est rapidement corrigé par le fait que le retrait est actif, que le non agir n'est pas une abstention. Et voilà, en quelques lignes nous avons avons déjà perdu pas mal de repères!
La difficulté, pour nous occidentaux, est que nous sommes habitués à être placés devant des choix, des alternatives, des contradictions. Tout cela paraît complètement étranger au taoïsme. Les contraires s'y interpénètrent. Il ne s'agit même pas de choisir un juste milieu, encore moins de cultiver la vertu par la maîtrise de ses passions. Je le verrais plutôt comme une sorte d'abandon contrôlé à l'ordre cosmique, une harmonie avec le monde qui donne de l'énergie et qui résout les contradictions. Une invitation à oublier la compétition.
Premières impressions sur un texte qui pourrait bien nourrir mes réflexions à l'avenir.
Là où je suis moins attiré, c'est par les considérations politiques, à première vue difficilement compatibles avec les libertés telles que nous les concevons dans les démocraties libérales. Cela demande vérification.
Quoi qu'il en soit une ouverture et un décentrement salutaires.
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Citations et extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
Titou483Titou483   26 janvier 2019
Un être confus, indéfinissable, existait depuis l'éternité.
Il était là avant la naissance du ciel et de la terre.
Ô qu'il est immobile ! Ô qu'il est immuable !
Fait de silence et de vide,
Mouvement sans fin, mouvement imperturbable,
Qui ne peut être brisé, car c'est lui, la mère du monde.
Nul ne connaît son nom,
On l'appelle le Tao.

Nul ne peut lui donner un nom :
Je le nomme immense,
D'immense, je le nomme fugace,
De fugace, je le nomme lointain,
De lointain, il revient.

Ainsi, immense est le Tao,
Immense est le ciel,
Immense est la terre,
Immense est l'homme.
Le monde est formé de quatre immensités :
L'homme épouse le rythme de la terre,
La terre s'accorde avec le ciel,
Le ciel se fond dans le Tao,
Et le Tao est sa propre loi : il demeure, éternel.

Chant 25, vers le VI_ème siècle avant J.-C.
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madameduberrymadameduberry   14 septembre 2014
Plus il y a d'interdits et de prohibition
plus le peuple s'appauvrit;
plus on possède d'armes tranchantes,
plus le désordre sévit;
plus se développe l'intelligence fabricatrice,
plus en découlent d'étranges produits;
plus se multiplient ls lois et les ordonnances,
plus foisonnent les voleurs et les bandits.
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LUKE59LUKE59   08 juillet 2011
Celui qui sait ne parle pas,
celui qui parle ne sait pas.
..............
Les paroles vraies ne sont pas agréables;
les paroles agréables ne sont pas vraies.
Un homme de bien n'est pas un discoureur;
un discoureur n'est pas un homme de bien.
L'intelligence n'est pas l'érudition;
l'érudition n'est pas l'intelligence.
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colimassoncolimasson   18 novembre 2016
Ceux de jadis étaient des Maîtres habiles,
Ils étaient en union secrète avec les forces invisibles.
Si profonds qu’on ne saurait les connaître ;
C’est pourquoi l’on ne peut qu’à grand-peine décrire leur aspect extérieur.
Hésitants comme qui traverse un fleuve en hiver,
Prudents comme qui redoute de toutes parts ses voisins
Réservés comme des invités,
S’effaçant comme glace fondante,
Simples comme matière brute,
Ils étaient vastes comme la vallée,
Sans plus de transparence que l’opacité même.
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Acerola13Acerola13   05 février 2011
Le Tao qu'on tente de saisir n'est pas le Tao lui-même;
le nom qu'on veut lui donner n'est pas son nom adéquat.

Sans nom, il représente l'origine de l'univers;
avec un nom, il constitue la Mère de tous les êtres.

Par le non-être, saisissons son secret;
par l'être, abordons son accès.

Non-être et Être sortant d'un fond unique
ne se différencient que par leurs noms.
Ce fond unique s'appelle Obscurité.

Obscurcir cette obscurité,
voilà la porte de toute merveille.
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Vidéo de Lao Tseu
Que reste-t-il de la vie profonde quand l'emporte l'instinct de survie ? Comment réapprendre à respirer après la crise ? Qu'est-ce, d'ailleurs, qu'une catastrophe ? Impasses de la science et impuissances du politique, clashs culturels et conflits militaires, dérèglements climatiques et désastres épidémiques : à l'heure de l'épuisement des philosophies et de la fatigue des démocraties, que nous disent nos sources spirituelles et intellectuelles ? Lire en Pascal, Spinoza et Descartes les critiques de notre modernité, les rend nos meilleurs guides face à nos incertitudes. Questionner l'héritage de Nietzsche permet de saisir l'origine et l'étendue de nos désenchantements. Explorer les pensées de Confucius, Lao Tseu et Bouddha éclaire l'offensive de la Chine contre les valeurs occidentales. Redécouvrir le message du Christ, libérateur de nos inconscients et de nos imaginaires, apporte une vraie sérénité. Les expériences d'hier doivent servir la sagesse de demain. Mais cette sagesse devra être humble. Ouverte à tous et propre à chacun. En voici le dévoilement, l'éloge et le chemin.
Écrivain, journaliste, spécialiste des questions internationales, religieuses et culturelles, rédacteur en chef au Point puis directeur de la rédaction délégué de L'Express, Christian Makarian est aujourd'hui consultant pour divers médias audiovisuels. Il est l'auteur, entre autres, d'un essai prémonitoire et remarqué : le choc Jésus-Mahomet (CNRS Éditions).
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