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Zéno Bianu (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070358748
256 pages
Éditeur : Gallimard (01/05/2010)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Marina Tsvétaïéva (1892-1941) est aujourd'hui reconnue comme l'un des grands poètes du XXe siècle. Femme de tous les paradoxes, à la fois russe et universelle, prosaïque et sublime, elle commence très jeune à écrire et à publier. Prise dans la tourmente révolutionnaire après l'écrasement de l'Armée blanche dans laquelle son mari s'est engagé comme officier, elle vit un douloureux exil de dix-sept ans à Berlin, à Prague, puis à Paris. De retour dans son pays natal en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
andman
  12 mars 2016
Sa famille décimée, Marina Tsvétaïéva s'est donnée la mort dans une ville perdue de l'URSS en 1941.
Elle avait seulement 24 ans lorsqu'éclata la guerre civile de 1917, année qui verra la Russie basculer après la révolution d'Octobre vers des décennies de dictature. La marche tragique de l'Histoire n'avait que faire de ce petit bout de femme, fût-elle une immense poétesse.
Telles de petites notes de musique, les vers de Marina Tsvétaïéva tintent agréablement à l'oreille. Deux courts poèmes lus à haute voix pour goûter à cette douce musicalité ! Le premier de 1918 s'inscrit dans une série thématique sur l'inspiration et le travail du poète :
“J'ai dit. Un autre l'a entendu
Doucement l'a redit. le troisième l'a compris.
Avec son gros bâton de chêne le quatrième est parti
Dans la nuit, accomplir un exploit,
Et le monde en a fait une chanson.
J'avance avec aux lèvres cette chanson,
Au devant de la mort, ô ma vie !”
Le second de 1920 est une sorte de lamentation sur les morts de la guerre civile :
“Tous couchés en rangs
Sans partage.
À bien voir les soldats,
Où sont les nôtres ? Et les autres ?
Il était Blanc - le voilà rouge
Rouge de sang.
C'était un Rouge - le voilà blanc
Blanc de mort.”
La préface de Zéno Bianu, intitulée ‘' Le chant magnétique”, introduit avec passion ‘'Insomnie et autres poèmes''. Le poète et essayiste français, subjugué par le talent impétueux de son aînée, met en exergue la soif de vivre de la moscovite, son lyrisme profondément nocturne et insomniaque, sa façon inimitable d'empoigner l'univers.
Le cauchemar soviétique a duré 69 ans.
La poésie de Marina Tsvétaïéva est éternelle !
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sabine59
  11 avril 2020

La poésie de Marina Tsvétaïeva est comme elle: passionnée, changeante, aérienne. D'ailleurs les nombreux points d'exclamation qui jalonnent ses poèmes témoignent de son âme exaltée.
Il faut dire que sa vie a été tumultueuse: les deuils, l'exil, la pauvreté, mais aussi les rencontres amoureuses des deux sexes, les amitiés fortes, les échanges épistolaires avec d'autres écrivains . La mort qu'elle s'est donnée , peu de temps après être revenue en Russie, aura pourtant eu raison de son appétit de vie...
J'ai trouvé ses textes très rythmés, tourbillonnants souvent, à son image, comme ces mots dédiés à sa fille Ariadna:
" Nuages autour.
Coupoles autour.
Par-dessus Moscou
de toutes mes mains!
Je te hisse au ciel, mon radieux fardeau,
Mon beau petit arbre
Qui ne pèse rien! "
Tout est élan, feu, pulsion de vie, dans sa poésie, et le lecteur se sent comme entraîné dans une danse. Mais l'angoisse et le spectre de la mort s'invitent aussi. Et ce poème inédit, retrouvé dans ses papiers, après son suicide, résonne comme une préfiguration de sa mort et se révèle fort émouvant:

" Il est temps
D'ôter l'ambre,
de changer les mots
Et d'éteindre la lampe
Au-dessus de ma porte"
Une femme poète à ne pas oublier, à lire et relire!
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Myriam3
  27 août 2017
Grâce à ce recueil de poésie, publié dans la collection Poésie/ Gallimard, j'ai découvert une poétesse russe dont la vie fut tragique.
Il est le complément d'un précédent volume, et commence par L'Amie, publiée en 1914. Il suffit de consulter régulièrement sa biographie tout en lisant les poèmes dans l'ordre chronologique (tels qu'ils sont proposés), pour confirmer qu'aux premiers poèmes d'allégresse, d'effronterie face à la vie, d'amour exalté, succèdent des textes beaucoup plus sombres. Petit-à-petit, la guerre puis l'exil et la disparition de nombreux proches, l'amènent vers une écriture lucide, plus froide, où le thème de la mort apparaît de plus en plus souvent.
Le recueil se termine par un très court poème émouvant et sans espoir, écrit quelques mois avant son suicide:
Il est temps
D'ôter l'ambre,
De changer les mots
Et d'éteindre la lampe,
Au-dessus de ma porte
Cette femme qui disait "ma spécialité à moi, c'est la Vie" sombre littéralement par l'écrit dans tout ce que la vie lui a apporté comme souffrance, née artiste dans un pays et une époque hostile à ce milieu.
Je trouve qu'il est difficile de vraiment apprécier, entrer dans ces poèmes si on ne s'intéresse pas à la biographie de Marina Tsvétaïéva tant ils peuvent paraître obscurs et mystérieux. Non moins de 19 traducteurs ont participé à ces traductions - notamment René Char et Elsa Triolet - apportant, je suppose, chacun leur patte, et d'autant plus quand il s'agit de poésie, on peut se demander jusqu'à quel point on reste proche de l'original, en particulier quand ils ont ce caractère.
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frandj
  12 octobre 2020
Quoique moins connue que les plus illustres poètes russes du XXème siècle, Marina Tsvetaïeva (1892-1941) s'est signalée par une oeuvre des plus originales. Sa vie a été très difficile. Mise à l'index par Staline, elle a dû s'exiler (notamment en France) pour rejoindre son mari; puis celui-ci a été fusillé dès le retour en URSS. La guerre contre l'Allemagne ayant éclaté, elle a été obligée de quitter Moscou. Désespérée, elle s'est suicidée. Cette femme était remarquable, libre de moeurs (en particulier, elle était bisexuelle) et indépendante. Elle a écrit une oeuvre qui refuse l'asservissement au pouvoir soviétique mais aussi l'adhésion au monde moderne. On a redécouvert l'essentiel de sa production après son décès. Marina Tsvetaïeva a une manière d'écrire assez spéciale; à noter par exemple l'abus des tirets qui remplacent très souvent les virgules.
Certains des poèmes proposés dans ce volume ne me touchent pas spécialement. D'autres m'ont beaucoup plu. J'en ai mis quelques-uns en citation.
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AngelineBailleul
  05 janvier 2020
Poésie saccadée comme un souffle haletant
Les interrogations nocturnes rythment le flot des maux
le flot de la parole, le flot des idées virevoltants -
Vie révoltante,
Auxquelles répondent les cris, les points d'exclamation
Sur Dieu, sur l'amour,
La poésie, le souffle,
Sur la mort...
Rêves, souffrances et passions d'une femme
Destin tragique d'une poétesse
Filé par les Moires
Dé-crié face à l'autre - le double
Le semblable mais différent,
L'invisible mais partout,
Le palpable mais absent,
Le présent mais fuyant,
Le sombre, la délivrance,
Le Tout et le néant.
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Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
Fabinou7Fabinou7   10 janvier 2021
“Tu m’as appris à vivre au cœur du feu,
Et tu m’as jetée dans la steppe glacée !
c’est ça que toi tu m’as fait, mon bien-aimé”
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nadejdanadejda   08 octobre 2013
(...)
Je suis passée sur terre d'un pas de danse ! --- Fille du ciel !
Un tablier plein de roses ! --- sans écraser les jeunes pousses !

Je le sais, je mourrai au crépuscule, ou le matin ou le soir !
Dieu n'enverra pas une nuit d'épervier pour mon âme de cygne !

D'une main douce, j'écarterai la croix sans l'embrasser,
Je m'élancerai dans le ciel généreux pour un dernier salut.

La faille du crépuscule, ou le matin ou le soir --- et la coupure du sourire...

---- car même dans le dernier hoquet je resterai poète !

Décembre 1920
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coco4649coco4649   25 octobre 2014
Le coup étouffé sous les années de l'oubli,
Années de l'ignorance.
Le coup qui vous arrive comme un chant de femmes,
Comme un hennissement,

Comme passe un vieux mur le chant passionné —
Le coup qui vous arrive.
Le coup qu'étouffe le fourré silencieux
D'ignorance, d'oubli.

Vice de la mémoire — rien, ni yeux ni nez,
Rien, ni lèvres ni chair.
De tous les jours l'un sans l'autre, nuits l'un sans l'autre,
La terre d'alluvion.

Le coup étouffé, comme de vase couvert.
C'est ainsi que le lierre
Mange le cœur et transforme la vie en ruines...
— Couteau dans l'édredon !

...Le coton des fenêtres bouche les oreilles,
Comme l'autre, au-delà :
De neiges, d'années, de tonnes d'indifférence
Le coup est étouffé...

Entre le 26 janvier et le 8 février 1935
Vanves

p.206-207
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krzysvancokrzysvanco   26 juin 2017
Tous les yeux sont ardents -- sous le soleil,
Chaque jour est un jour différent.
Je te le dis pour le cas
Où je te tromperais: quelles

Que soient les lèvres
Que j'embrasse, à l'heure d'amour,
Á la mi-nuit noire, à qui que ce soit
Que je jure furieusement de vivre

Comme une mère á son enfant,
Comme fleurit une fleur,
Sans jamais promener mon regard
Sur qui que ce soit d'autre...

Tu vois, cette petite croix en cyprès ?
Car -- tu la connais --, tout
S'éveillera -- à ton premier signe --
Sous ma fenêtre.
+ Lire la suite
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GeraldineBGeraldineB   21 août 2020
VERGER

Pour ce martyre,
pour ce délire;
A ma vieillesse
Donne un verger.

Pour ma vieillesse
Et ses détresses,
Pour mon labeur-
Années voûtées,

Chiennes d'années,
Années-brûlures:
Donne un verger...
Et la fraîcheur

De sa verdure
A l'évadé:
Sans- voisinage,
Sans- nul visage!
Sans- nul railleur!
Sans- nul rôdeur!
Sans- oeil voleur!
Sans- oeil violeur

Sur le qui-vive
Sans "puanteur"!
Sans bruit de coeur!
Sans âme vive!

Dis: assez souffert- tiens, voilà!
Prends ce verger- seul comme toi.
(Mais surtout, Toi, n'y reste pas!)
Prends ce verger- seul comme moi.

De ce verger, fais-moi cadeau...
Ce verger? Ou bien- l'Ici-haut?
Fais-m'en cadeau en fin de route
Pour que mon âme soit absoute.

1er octobre 1934
+ Lire la suite
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Videos de Marina Tsvetaieva (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marina Tsvetaieva
Marina Tsvetaïeva par Anouk Grinberg et André Markowicz (France Culture / Festival d'Avignon 2012). Une génération tragique de poètes russes, enregistré en direct dans la cour du musée Calvet lors du Festival d'Avignon 2012. Diffusion sur France Culture le 11 juillet 2012. André Markowicz © Photo Richard Dumas pour « Libération ». Anouk Grinberg © Sarah Moon - FLAIR galerie. Ils sont nés dans les années 1890 en Russie, ils s’appellent Mikhaïl Boulgakov, Ossip Mandelstam, Anna Akhmatova, Vladimir Maïakovski, Boris Pasternak, Marina Tsvetaeva. Ils sont écrivains. Ils ont tous connu un destin tragique : prison, camps, misère. La plupart ont disparu dans les années quarante. André Markowicz nous raconte leur histoire. Anouk Grinberg lit et nous fait partager le monde brûlant de Marina Tsvetaeva, née en 1892, exilée, suicidée en 1941 en Russie. Réalisation : Blandine Masson. Lecture par Anouk Grinberg d’un choix de textes de Marina Tsvetaïeva, extraits de “Vivre dans le feu” et “Récits et essais”. Improvisation de André Markowicz. Au violoncelle : Sonia Wieder-Atherton. Assistant à la réalisation : Benjamin Hu.
Source : France Culture
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