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Critiques sur Les choses humaines (44)
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Kirzy
  30 août 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #12 °°°

Quel livre magistralement construit !

Les quatre premiers chapitres sont autant de présentations des quatre principaux personnages : d'abord Claire, brillante essayiste féministe, puis Jean son ex-compagnon, journaliste politique vedette de la télévision, Adam Wizman, son nouveau compagnon et enfin Alexandre, le fils De Claire et Jean, étudiant prometteur à Stanford. Ces chapitres sont un régal par leur façon de caractériser de façon incisive et précise la psychologie des personnages, on cerne parfaitement leurs ressorts intimes, leurs failles éventuelles.

Et puis on attend tout en se délectant de cette radiographie très balzacienne du monde de nos élites intellectuelles. On attend la déflagration. Ou plutôt la "diffraction", titre de la première partie. C'est-à-dire le comportement des ondes lorsqu'elles rencontrent un obstacle, leur déviation du point initial. On connait la nature du choc qui va permettre cette diffraction. Karine Tuil l'a annoncée dès la première ligne comme une quasi prophétie : « La déflagration extrême, la combustion définitive, c'était le sexe, rien d'autre - fin de la mystification." Il arrive à la page 152 et à partir de là, le roman s'enflamme, le rythme s'emballe, les pages se tournent avec fébrilité.

Reste à savoir quel personnage va en être le déclencheur.

Reste surtout à savoir comment chacun va se diffracter et voir sa vie bouleverser par la violence du choc qui le touche directement ou indirectement. De Balzac, on bascule dans la tragédie grecque.

Et là, le roman prend une ampleur inouïe en brassant avec une acuité remarquable des thèmes terriblement contemporains « me too » - la question du consentement, du viol, de l'emballement médiatico-judiciaire – sans perdre de vue ses personnages et leur devenir. Tous sont d'une grande densité psychologique, mêmes les secondaires, toujours complexes, tour à tour attachants, détestables, lâches. Celui qui m'a le plus touchée est celui De Claire, féministe éclairée qui voit ses certitudes philosophiques ébranlées par la déflagration, voyant ses actes et pensées de crise contredire tout ce qu'elle a pu construire précédemment. le lecteur ne peut qu'être profondément questionné sur son positionnement face à l'affaire, c'en est souvent dérangeant et malaisant.

Assurément, Les Choses humaines ( magnifique titre au regard de son contenu ), est un grand roman, une oeuvre de forte magnitude qui embrasse la complexité de la société française, la décrit, la décrypte, la décortique, fait réfléchir, et ce sans jamais tomber dans la caricature ou le cynisme. Puissant et intelligent.

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Ladybirdy
  14 septembre 2019
Les choses humaines, aimer, être aimé, jusqu'à l'inverse, jusqu'au point de non retour. Les erreurs... tant de choses humaines au final.

Karin Tuil nous offre lors de cette rentrée littéraire un roman puissant à son effigie : identité, société et psychologie. Elle fouille, creuse, tord ses personnages dans toute leur complexité, dans chacune de leur faille, et c'est ce travail d'orfèvre qui est fascinant avec elle. Pas de roman de pacotille, une grande oeuvre, un tourbillon au coeur de la société d'aujourd'hui dans ce qu'elle contient de plus redoutable.

Un couple, Jean et Claire. Deux personnalités médiatiques, le premier est un grand journaliste renommé, la seconde une littéraire au sommet des droits féministes. Leur fils, Alexandre.
Trois personnages clé qui nous apparaissent durant plus de 200 pages déshabillés de leurs travers. Orgueil, fibre maternelle, égo, compétition, amour, raison, autant de sentiments qui traversent ces personnages travaillés comme de l'or brut.
C'est immersif, on les voit, on les sent, on passe plusieurs heures à les regarder se débattre, se morfondre, piétiner l'un et l'autre, passer à côté de leur vie pour une carrière, pour un trauma vécu durant l'enfance. Une grande scène de vie que voilà. Jusqu'au jour du drame. Une histoire de vingt minutes d'égarement. Et tout bascule à cette plainte: viol.

La machine judiciaire se met en place. Et cette partie est absolument fascinante. On va suivre le procès, différentes vérités, l'auteur, la victime et l'interrogation. Admirable !

Ayant lu une garde majorité des romans de cette auteure, je constate qu'elle tient un grand rôle aux questions identitaires et toujours cette psychologie minutieuse et impeccable. J'accorde le carton plein pour L'invention de nos vies qui par son thème et la perfection littéraire autour d'un seul narrateur m'avait subjuguée. Dans les choses humaines, mon bémol serait peut-être qu'en seconde partie on perd un peu nos personnages au profit du procès. Même si cette partie se veut différente et axée sur la machine judiciaire, de ce fait tout à fait fascinant, je regrette une trop grande scission entre l'extérieur (les personnages, leur vie) et l'intérieur (le tribunal, vingt minutes d'égarement). Ce roman aurait été à mon sens parfait si l'extérieur et l'intérieur avaient continué à corréler ensemble.

Néanmoins, ça reste un roman intelligent qui nous mitraille de réflexions autour du consentement sexuel mais pas que. Pour arriver à vingt minutes d'égarement, il faut se rappeler comment et pourquoi le personnage en est arrivé là. C'est dans ce point que Karin Tuil excelle avec brio, talent et intelligence stylistique et narrative. Bravo.
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Ziliz
  30 août 2019
Sexe, pouvoir, médias, réseaux sociaux, opinion publique, justice.

Jean Farel est un célèbre journaliste - ou présentateur TV mordant, plutôt : davantage dans le show que dans l'investigation. Son épouse Claire, de vingt-cinq ans sa cadette, écrit des essais et des articles féministes. Leur fils Alexandre est promis à son tour à une belle carrière : bac à 16 ans, Polytechnique, Université de Stanford. Sa réussite est d'autant plus importante pour le père que lui-même est 'parti de rien'.
Bien sûr, derrière cette belle façade, la famille a connu des difficultés. Jean n'est pas exemplaire, ni comme époux, ni comme père, mais il a su se préserver des scandales en jouant de prudence, de discrétion, et grâce à ses relations. Un dérapage de '20 minutes' (sic) en pleine tourmente internationale #MeToo menace la quiétude familiale…

Dans ce roman à la fois simple et riche, Karine Tuil montre les rapports hommes-femmes dans notre société : ceux qui font scandale (inégalités professionnelles, harcèlement, viol...) mais aussi la domination masculine plus insidieuse, implicitement acceptée, voire utilisée par certaines femmes elles-mêmes. Cette domination est d'autant plus facile à imposer lorsqu'on est un homme célèbre, influent et/ou riche. Les exemples ne manquent pas dans l'actualité, où l'on voit en outre, comme dans cette histoire, l'importance des relations entre people du monde politique et de la presse.

Un maximum de cœurs/étoiles pour cet ouvrage admirable, plus efficace (explicite et subtil) qu'un essai de sociologue. Il n'assène pas de théories féministes, il présente des faits et invite intelligemment à remettre en question nos façons de penser et d'agir, notamment en matière de séduction et de sexualité. Grâce aux discours des juristes, et au regard de Claire, en particulier, à ses ambivalences de femme et de mère, on y voit combien la question est complexe.
Je souhaite le meilleur à ce roman en cette rentrée littéraire, et pour les prix :
- il le mérite
- et j'espère qu'il sera lu par de nombreux lecteurs & lectrices (à proposer dès 14-15 ans).
___

▪️ lu grâce à la critique élogieuse de Clara Bamberger dans 'Le Canard enchaîné' du 28/08/2019
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JRB
  07 septembre 2019
Nonobstant un amont attrayant, la narration basculait dans un marshmallow absolu.
L'opus produit un bourdon poli, mais qui n'a pas convaincu... tant pis !
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hcdahlem
  02 septembre 2019
Balance ton sort

Analyste subtile de l'époque, Karine Tuil signe avec «Les choses humaines» LE roman de cette rentrée. Ce procès pour viol, après l'affaire Weinstein, a tout pour séduire, y compris les jurys des Prix littéraires de cet automne.

Si vous ne deviez lire qu'un seul livre de cette rentrée littéraire, alors je vous conseille celui-ci, pour trois raisons. Tout d'abord parce que Karine Tuil ne déçoit jamais. L'insouciance, son précédent roman, était formidable. Les choses humaines est encore mieux! Ensuite parce que ce roman s'empare d'un thème universel, la sexualité et le statut des femmes en l'ancrant dans l'actualité la plus brûlante, celle qui à la suite de l'affaire Weinstein a libéré la parole et suscité un déferlement de témoignages et d'accusations, sans qu'il soit toujours possible de séparer le bon grain de l'ivraie. Et enfin, parce que le scénario – diabolique – conçu par la romancière en fait un page turner d'une efficacité redoutable.
La première partie nous permet de découvrir Claire et Jean Farel. Elle est essayiste et féministe, il est homme de médias, et notamment présentateur d'une émission politique suivie avec intérêt. Et bien que septuagénaire, il n'a pas l'intention de prendre sa retraite. Ils forment «l'un de ces couples de pouvoir que la société médiatique révérait». Après la naissance de leur fils Alexandre, ils essaient de surmonter l'usure du couple en concluant un pacte leur permettant quelques escapades. En fait, Jean mène une double vie avec Françoise Merle, lui promettant qu'un jour ils seraient ensemble. «Elle ne s'était pas mariée, n'avait pas eu d'enfant, elle l'avait attendu vai¬nement; il n'avait pas eu le courage de divorcer, moins par amour pour sa femme – il y avait longtemps que son intérêt pour Claire était circonscrit à la vie familiale – que par désir de protéger son fils, lui assurer un cadre stable, équilibré.»
Mais les tensions vont se faire plus vives au fil des ans jusqu'à atteindre le point de rupture. En 2015, leur séparation est actée. Claire part s'installer avec Adam Wisman, tandis que Jean profite de cette liberté pour batifoler avec une stagiaire, une liaison qui semble lui donner un second souffle. Et comme il est attendu à l'Élysée pour y recevoir la Légion d'honneur, il a toutes les raisons de se réjouir. D'autant qu'Alexandre, qui suit des études à Stanford, assistera à l'événement.
Alors que l'avenir s'annonce radieux, tout bascule soudain. Mila, la fille d'Adam Wisman dépose plainte pour viol et accuse Alexandre qui avait accepté qu'elle l'accompagne à la soirée étudiante à laquelle il était convié.
Les circonstances du drame restent floues, d'autant que les deux protagonistes ont bu et ont pris de la drogue. Mais la machine judiciaire est lancée et, s'agissant du fils de deux personnalités, les médias et les réseaux sociaux se déchaînent. La déflagration est d'autant plus forte qu'elle arrive après l'affaire Weinstein et que le cocktail, sexe, argent, et pouvoir ne peut qu'enflammer les esprits. La présomption d'innocence vole en éclats, la mise en examen vaut déjà condamnation. Aussi bien pour Alexandre que pour ses parents.
Karine Tuil décrit avec précision les étapes, de l'incarcération au procès, et met en parallèle les deux versions qui s'opposent, sans prendre parti. Ce qui donne encore davantage de force au roman. Comme le rappelle le juge aux jurés, «Il n'y a pas une seule vérité. On peut assister à la même scène, voir la même chose et l'interpréter de manière différente. "Il n'y a pas de vérité, écrivait Nietzsche. Il n'y a que des perspectives sur la vérité".» Au lecteur de se faire sa propre opinion, tout en constatant que la violence prend ici le pas sur la justice. Que personne ne sort indemne d'une telle épreuve. Qu'il ne reste rien des choses humaines.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Franckync
  17 septembre 2019
Titre : Les choses humaines
Auteur : Karine Tuil
Editeur : Gallimard
Année : 2019
Résumé : Jean Farel est un présentateur vedette de la télévision française. Son épouse Claire est une journaliste engagée et tous deux forment un couple de pouvoir, un couple qui évolue dans les hautes sphères de la société française. Leur fils, Alexandre, est un jeune garçon brillant. Polytechnicien, étudiant à Standford, le fils de bonne famille voit sa vie voler en éclat lorsqu'il doit faire face à une accusation de viol. La machine judiciaire et médiatique se met alors en branle.
Mon humble avis : Depuis l'insouciance, paru en 2016, je tiens Karine Tuil comme l'une des plus grandes écrivaines françaises de notre époque. Ce roman fut un choc. Rares sont les auteurs capables de radiographier notre société contemporaine de la sorte, rares sont les romancières capables, comme elle, de porter un regard aussi acéré sur les maux qui gangrènent notre époque. J'attendais donc la sortie de son dernier bouquin avec impatience et autant le dire en préambule, je n'ai pas été déçu. Si les choses humaines m'a paru moins achevé, moins ample que l'insouciance, reste un texte rare, brillant, décortiquant avec acuité de nombreux thèmes tels que la médiatisation et ses dérives, le pouvoir des réseaux sociaux, les rapports de force entre hommes et femmes, les rapports sociaux mais aussi et bien évidemment, le consentement. Ce roman se divise en deux parties distinctes. D'abord une présentation des protagonistes où l'auteur excelle à décrire en quelques pages la vie d'un homme puissant et l'ombre qu'il fait porter sur le reste de sa famille. Puis c'est au tour du procès où la vie d'Alexandre, mais aussi du reste de la famille est jeté en pâture aux médias et où l'implacable machine judiciaire se met en branle. C'est cruel, réaliste, tiré d'une affaire réelle ayant eu lieu aux USA mais c'est aussi et surtout brillant, jamais manichéen et courageux. A la manière d'un Tom Wolfe, et la comparaison est flatteuse, Tuil n'hésite pas à plonger sa plume là où ça fait mal, dans cette fameuse zone grise où les destins basculent. Si la vie dorée de Sherman MC Coy basculait à cause d'une sortie d'autoroute ratée, celle d'Alexandre Farel basculera pour n'avoir pas su ou pu écouter les signes du refus. À l'époque de #metoo, à l'heure où la parole s'est un peu libérée, le texte de Tuil est sans doute un peu caricatural par moment, mais il dégage une puissance rare et il met des mots sur la confusion des esprits qui règne dans la société française actuellement. Engagé dans la course aux prix, je ne serais pas étonné que nous entendions encore beaucoup parler de ce roman, et c'est tant mieux.
J'achète ? : Oui sans hésiter. D'autres en parlent bien mieux que moi en ce moment mais ce roman est, à mon humble avis, l'un des meilleurs ouvrages de cette rentrée littéraire. Surement moins abouti que son roman précédent, les choses humaines reste néanmoins un excellent moment de lecture.
Lien : https://francksbooks.wordpre..
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alexb27
  08 septembre 2019
Voilà un roman mené d'une main de maître, divisé en 2 grandes périodes, absolument captivantes. Une première partie présente les différents protagonistes : Jean Farel, journaliste politique reconnu, sa femme Claire, essayiste et féministe convaincue et leur fils Alexandre, étudiant à Stanford. Leur portrait est dressé habilement : ambitions, renoncements, petits arrangements avec la réalité, failles sont dévoilés par petites touches, rendant chacun terriblement vivant. La seconde partie est dédiée au procès (très réaliste) d'un des personnages accusé de viol. Là encore, la psychologie des différents personnages est très fouillée, très humaine. Chacun est présenté dans sa globalité, avec ses contradictions sans que Karine Tuil ne porte de jugement. Et c'est absolument passionnant ! La langue est riche, il y a un vrai souffle. C'est un roman très actuel, brillant et abouti, à lire assurément !
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Litteraflure
  13 septembre 2019
Si le Goncourt est la chambre d'échos des vibrations qui secouent notre société, alors oui, le livre de Karine Tuil a toutes les chances de remporter la précieuse récompense. « Les choses humaines », tout en insinuant que rien ne change ici-bas, montre les effets pervers des règles qui régissent désormais les rapports hommes-femmes. Karine Tuil est habile. La narration d'un procès, et ses différentes plaidoiries, lui permet de ne pas tomber dans le piège des avis binaires, des discussions dignes du Café du commerce. Il y a deux parties distinctes dans ce livre. Il y a un avant et un après viol de Mila. Avant l'agression de la jeune femme, l'auteure se livre à un portrait sans concession d'un microcosme politico-médiatique incapable de se renouveler. Elle prend une posture omnisciente, dresse l'inventaire d'un ancien monde en perdition et nous invite, nous les lecteurs, à le regarder brûler, tel un Néron désabusé. Karine Tuil répertorie les maux, solde les illusions, stigmatise les peurs dans des passages qui m'ont laissé parfois un goût amer dans la bouche, comme en feuilletant un Paris Match, entre reportages à scandales et publicité pour les produits de luxe. J'ai préféré la deuxième partie, l'enquête, le jugement, les délibérations même si, à travers la descente aux enfers de la famille Farel, on a l'impression de lire du Douglas Kennedy, avec l'apocalypse d'une caste, la chute des privilégiés, l'emballement du destin… Dès que les points de vue de la présumée violée et du présumé violeur s'affrontent (avec leurs clans respectifs), le livre prend sa véritable dimension (et son envol). Karine Tuil réussit la prouesse de disséquer avec objectivité la complexité des rapports de force, de fustiger les zones grises du malentendu, de démontrer sans juger que le mâle a trop longtemps bénéficié d'une certaine impunité, sans jamais tomber dans un féminisme aveugle. Elle rejoint, par sa mesure, Margaret Atwood. Cette dernière admet que les femmes ont trop souffert, mais elles ne sont ni des anges, ni des enfants. Un roman qui remue.
Bilan : 🌹🌹
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dezecinte
  28 août 2019
C'est un vrai bonheur de retrouver la capacité de Karine Tuil à mêler divers éléments de l'actualité récente à des trajectoires singulières, l'acuité et la subtilité avec lesquelles elle évoque les relations humaines, qu'elles soient amoureuses, familiales ou sociales, et les contradictions dans lesquelles nous nous débattons tous peu ou prou, ainsi que la qualité et la fluidité de son écriture ; la partie judiciaire du roman, qui m'a tout particulièrement intéressé, témoigne de la rigueur de son travail de préparation, tant elle sait mettre en exergue la dramaturgie propre au procès d'assises, sans pour autant s'affranchir de ses contraintes procédurales ; j'espère que ce roman rencontrera le succès populaire qu'il mérite, tant cet auteur a le souci d'écrire pour le plus grand nombre, sans rien sacrifier de l'exigence littéraire.
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Verdure35
  01 septembre 2019
Voilà un titre bien choisi: en refermant le livre je n'ai pu qu'apprécier , humain, oui, qu'importent les études, le degré de "civilisation" si j'ose dire, les instincts dits humains prennent souvent le dessus face à la raison.
Alexandre est un jeune homme issu d'une famille célèbre, divorcée,(son père, roi de la télé-politique), à l'aise dans ses études, dans sa vie, promis à un bel avenir; lors d'un passage à Paris , invité à une soirée par des amis , il y emmène la fille de l'ami de sa mère, pas plus heureux l'un que l'autre à cette idée, et à la suite d'une imbécillité de bizutage formulée par l'un des leaders , leur vie va basculer, Cela se termine en cour d'assises.Voilà le mot viol jugé.Comment, pourquoi?la vie de la victime et de son assaillant, tous deux si jeunes va être exposée aux yeux de tous avec des répercussions évidemment sur les parents, mais ça c'est une autre histoire...
Le questionnement de K.Tuil sur ce sujet si brûlant est plein de tact, elle laisse la question des responsabilités ouverte, l'écriture est agréable, claire et fluide comme d'habitude.Avec le roman de M.Pingeot "se taire"qui traite plus d'un autre aspect du même sujet, il me semble que les argumentations présentées par ces deux auteurs suffisent avec intelligence à présenter ce Mal qui a donné lieu sur les réseaux sociaux à un déversoir cathartique de peu de réflexion et à beaucoup d'amalgames, même si cela a pu contribuer à faire changer certains comportements machistes insupportables.
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