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Critique de lilicrapota


lilicrapota
  12 octobre 2011
On retrouve dans celui-ci le même foisonnement de personnages que dans les autres ; à ceci près que tous les personnages sont reliés par les liens du sang et que le temps du récit est assez long pour faire se succéder trois générations de Nordensson.

Tout commence par un drame : Solveig meurt, écrasée par un troupeau de vaches. Son fils, Sidner, portera la culpabilité de l'accident tout au long de sa vie : son geste (il a poussé le vélo de sa mère, juste avant qu'elle n'atterrisse dans les vaches) le poursuivra dans sa vie, ses rêves, empiètera sur ses actes, déterminera même le tracé de sa vie. de la même façon, son père ne se remettra jamais de la mort de sa femme : il ne cessera de la chercher, allant même, lors de sa correspondance avec une australienne, jusqu'à s'imaginer qu'elle a fait croire à sa mort et qu'elle a pris les traits d'une autre. Ce n'est que quand il entreprend son voyage pour aller la rejoindre en Australie qu'il se rendra enfin compte qu'elle est morte. Insoutenable, cette révélation le poussera à se suicider en se jetant dans l'eau. Seule sa fille, Eva-Liisa, semble s'être remise de la mort de sa mère (elle était encore jeune quand c'est arrivé).

Le roman est surtout centré sur Sidner : son enfance (le drame, le déménagement, la ville, son ami, la vie à l'hôtel où son père travaillait…) puis ses premiers émois amoureux (sexuels devrait-on plutôt dire !) et le voilà catapulté père sans qu'il s'y attende (Fanny, déçue par un homme qu'elle avait idéalisé complètement vu que c'était un homme public et qu'elle ne le connaissait pas, fait l'amour à Sidner : il résultera de cette brève union un fils, sur lequel Sidner malgré son bon vouloir n'a aucun droit mais auprès duquel il finit par trouver sa place). Pour finir, Sidner se rend en Australie pour rendre à l'ancienne amoureuse de son père un bijou (ici symbolique de « si je te rends ce bijou, alors tu pourras aimer à nouveau »). Au-delà de cette trame, on a les tribulations du frère de Solveig avec un enfant qu'il croit être le sien mais qui ne l'est pas, et en cinquième partie le livre « les caresses » censé être écrit par Sidner à l'intention de son fils (partie que j'ai trouvée absolument inintéressante…ben oui !).

En trame de fond Bach et son oratorio de Noel, le roman semble suivre la structure musicale de l'oratorio et nous explique sa création. Cet oratorio qui aurait dû être chanté à Sunne par Solveig et sa chorale ne le sera pas puisque Solveig est morte ; il revient régulièrement tout au long du roman puis un nouveau projet de le monter voit le jour (on ne le verra pas se concrétiser, le roman s'arrête (ou commence) au moment où ça va se faire : la boucle est bouclée.

Intéressant : la perception du temps dans le roman. A l'image de cette citation, quand Sidner entre dans une boutique d'un opticien-horloger, et qu'il se retrouve face à plein de pendules qui indiquent toutes une heure différente : « Elles tictaquaient inlassablement, chacune dans son temps, sans se soucier l'une de l'autre. Aucune n'était fausse, aucune n'était juste, il n'y avait ni avant ni après. Toutes n'étaient préoccupées que d'elles- mêmes et de leur propre mécanisme.» le temps est comme arrêté sur certains événements (mort de Solveig) qui se répètent inlassablement dans les esprits et les coeurs, d'autre fois il file aussi vite que le vent ou s'étire, mais toujours par couches successives, en même temps, les temps se superposent comme autant de strates de vies possibles d'un même individu.

Pas aussi bien que le livre d'or des gens de Sunne, mais quand même…y'a encore un paquet de bonnes choses là-dedans !
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