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ISBN : 2918823007
Éditeur : Turquoise Editions (10/02/2012)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 8 notes)
Résumé :
"Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ; j'écris pourtant", Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859). Cette tension entre la chape de l'interdit et la germination entêtée d'une écriture est au cœur de Voix de femmes, authentique atlas d'une polyphonie immergée à travers les âges, les pays, les mers et la monotonie du quotidien. À la fois poétique et photographique, cette anthologie a tout du coquillage qu'on accole à l'oreille : elle bruisse de mille images, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
MahaDee
  01 novembre 2016
C'est un très beau livre mêlant poèmes et photographies, plus de 450 poèmes écris par des femmes du monde entier et de toutes époques et plus de 100 photographies de femmes, prises par des femmes. Les photos n'ont pas été placées là dans un but illustratif, elles créent une certaine résonance avec les poèmes.
Une anthologie aussi vaste ne se lit pas sans s'interrompre, de la première à la dernière page. Au contraire, on flâne d'un continent à l'autre, d'un pays à l'autre, d'une époque à l'autre. De ce point de vue la mise en page nous y invite, l'ensemble des œuvres sont présentées, réparties en huit chapitres par continent et région.
Lionel Ray, poète et essayiste, a effectué la sélection des œuvres parmi des milliers de poèmes. Il a tenté de recueillir pour chaque continent, dans chaque civilisation, dans chaque langue, les voix les plus fortes. En ce sens, ce recueil est une invitation au voyage. Il nous ouvre les portes de pays et de langues, pour certains largement méconnus.
Ces textes se lisent avec gourmandise. Le plaisir, et aussi parfois la nécessité, m'ont amené à oraliser ma lecture et je me suis senti particulièrement en accord avec le «manifeste» d'un idéal de dépouillement de Bettina Wiengarn, poète allemande, née en 1959.
Un jour j'écrirai [...]
Un poème sans symboles
En phrases simples
Où la neige est la neige
L'hiver est l'hiver
Le matin le matin
Qui ne décrit pas
La lumière par l'obscurité
Le pain par la faim
La vie par la mort
On peut se poser la question de la justification d'une anthologie de poèmes de femmes. Car au terme du voyage que propose le livre, je n'ai pas su trouver de caractéristiques spécifiquement féminines dans les poèmes proposés. Hors marques grammaticales, difficile de déterminer à coup sûr le sexe de l'auteur. Qu'ils s'agissent des thèmes abordés, de l'écriture ou du ton utilisés, rien ne semble ressortir de manière évidente d'un sexe ou de l'autre. Lionel Ray le sait, qui dans son introduction écrit : «Ce sont les mêmes blessures du temps qu'on peut lire dans les paroles des femmes, les mêmes élans, les mêmes stupeurs, les mêmes brûlures, les mêmes fatigues. Les femmes écrivent des poèmes pour se défendre contre l'oubli, contre la solitude, contre l'incompréhension, contre l'indifférence ou le mépris, elles écrivent pour attester de leur présence, pour exister, pour vivre.»
Alors, la justification d'un tel recueil se trouve ailleurs, du côté du rapport des forces en présence. Dans un grand nombre de pays couvert par cet ouvrage, la proportion de femmes dans l'édition est très faible. Il s'agit donc de permettre ici à ses «Voix de femmes» de se faire entendre.
En France, la situation est un peu plus favorable. Depuis le début du XXe siècle la présence des femmes dans l'édition est allée en s'affirmant. Néanmoins, L. Ray montre que dans le catalogue 2006 de la collection Poésie/Gallimard, on trouve seulement une femme sur 19 poètes. Une comparaison sur un catalogue de titres plus contemporains montre un écart amoindri, mais toujours présent, environ 1 sur 3.
Mais aujourd'hui, une note positive nous vient de Babelio et de la belle liste créée par sbarendson – « Jeunes poètes contemporains (vivants) ». J'ai effectué un pointage sur cette liste qui compte 81 livres écrits par 47 poètes. le résultat est on ne peut plus équilibré : 23 hommes et 24 femmes…
Merci à Babelio et aux éditions Turquoise pour ce voyage.
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lejardindestephanie
  08 novembre 2016
Je suis Râbe'e j'ai 15 ans au Xè siècle
"L'amour de lui m'a ressaisie dans son étreinte,
mon grand effort est resté sans profit.
L'amour est une mer, la côte hors de vue:
sages, vous le savez, à quoi bon tenter de nager ?"
Je suis Renata Duran, j'ai 30 ans en 1980
"Elle prend une plume
"Je rêve"
Deux mots
Qui inaugurent
Un siècle
De femmes."
Je suis Elisabeth Khaxas, j'ai 20 ans en 1980
"cachée parmi les fausses représentations
des masques fabriqués par l'homme
j'ai trouvé
le femme
que je suis"
Je suis Mehseti Gandjevi, j'ai 24 ans au XIè siècle
"Le dessin de mes lèvres évoque la lettre "mim"
Ma nuque d'argent est un printemps fleuri...
Nous sommes un coeur unique en deux âmes séparées,
Je connais ta valeur ô ma précieuse gemme!"
Je suis Mallika Sengupta, j'ai 40 ans en l'an 2000
"Grand poête, vous n'avez compris la femme qu'à demi,
L'autre moitié est toujours obscure."
Je suis Amrita Pritam, j'ai 25 ans en 1944
"Mon adresse
J'ai effacé aujourd'hui le numéro de ma maison,
j'ai arraché la plaque qui portait le nom me rue
et celles de toutes les autres.
Mais si tu veux absolument me trouver,
frappe à la porte de chaque maison, dans chaque rue des villes de tous les pays,
-c'est à la fois un mauvais sort et une bénédiction-
et partout où resplendit un esprit libre:
sache-le, là est ma maison."
Je suis toutes ces femmes hors du temps, citoyennes de la même terre, citoyennes de la même sensibilité.
Un trésor de textes féminins, recueil de révoltes, de sagesses, d'intelligences, d'hymnes à l'amour. Sans âge. Hors du temps. La même finesse incisive du Xè au XXIè siècle, la même douceur piquante du Persan au Finnois. Des larmes à la colère, de la tendresse à la soumission, Lionel Ray l'esprit poète masculin a su choisir les textes enluminant la femme dans toute sa splendeur.
Les photographies subjuguantes illustrant ces écrits sont également l'oeuvre de femmes photographes. Cette anthologie est un des plus beaux ouvrages que j'ai eu entre les mains.
Je remercie vivement les Editions Turquoise et Babelio de ce cadeau d'automne.
Lien : http://ausautdulivre.blogspo..
+ Lire la suite
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lauzea
  28 août 2017
Reçu en cadeau d'anniversaire cette année.
Quel beau livre ! Quelle découverte ! Que d'émotions... Les poèmes du recueil ont été choisis avec soin et nous transportent de rage, d'amour et de complicité. La traduction des poèmes anglophones est - à mes yeux - particulièrement réussie. le vrai point fort du livre réside dans l'entrelacement des poèmes avec les photos. Myriade de couleurs, de visages, de sourires et d'émotions...
Une rencontre entre poésie et photographie très enthousiasmante !
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Heleniah
  05 novembre 2016
Merci aux éditions Turquoise et à Babelio pour l'envoi de ce livre.
Ce grand et beau livre est plus un livre à picorer qu'à lire d'une traite. En effet, sont réunis un ou deux poèmes des poètes femmes du monde entier (classés par continent et pays), illustrés de magnifiques photos de femmes.
Il permet de voir l'évolution du style et des sujets récurrents dans différents pays. J'ai pu ainsi découvrir de nombreuses auteures dont je n'avais jamais entendu parler, lire des textes d'où il est quasiment impossible de trouver des romans. Les photos sont une véritable valeur ajoutée
C'est sûrement un livre vers lequel je reviendrais, car lire trop de poésie d'un seul coup empêche de bien l'apprécier et l'intégrer. Un livre à faire négligemment traîner sur le bord de la table lorsqu'on a des invités et lorsque le thé chauffe !
Lien : https://girlkissedbyfire.wor..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   26 mai 2016
OTSOZELAI

La lumière s’est éteinte.
Je caresse les rochers.
L’obscurité n’a pas de frontières,
Pas de religions,
Pas d’obstacles,
Pas de critères de beauté.
La lumière s’est éteinte.
J’ai des yeux et je suis aveugle.
J’ai des oreilles et je suis sourde.
J’ai des chemins et je vais par
Les habituelles routes
Saccagées de la pensée.
J’ai les mots et je suis muette :
Pourquoi n’ai-je jamais dit
Qui j’étais ?
La lumière s’est éteinte :
J’étreins le corps de la nuit noire
Comme si c’était le tien.

ITXARO BORDA 1959
traduit du basque par l’auteure
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   30 juin 2016
COEUR CAPTIF

Libère-toi ô coeur
des chaînes du temps
des préjugés
et des rêves absents

Suis la petite lumière
au fond du tunnel
c’est la chandelle
de la flamme de la vie

Laisse-toi aimer
ô coeur palpitant
libère tes chaînes
et aime-toi aussi

Suis le destin
que la vie t’a donné
libère tes chaînes
éteins ta peur
et donne-toi aussi

Ne perds pas de temps
cours comme le vent
avant que la chandelle
ne s’éteigne elle aussi !

FILOMENA EMBALO 1956
Guinée-Bissau
traduit du portugais par l’auteure
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   01 juin 2016
UNE LARME SUR LA PAUME DE TA MAIN

Ma larme dorée est tombée sur la paume de ta main
Je ne sais pas moi-même comment tu as mérité un tel présent ?
Dans cette larme se cachent toutes les vérités du monde, tous mes sentiments,
Mes espoirs, mes offenses, mes extases et les fils de nos destins.
Une larme de mes inquiétudes est tombée sur la paume de ta main :
Pourquoi ne te sens-tu pas roi à cet instant ?


FAZU ALIEVA 1932
République du Daghestan
traduit de l’avar en russe par Sergueï Severtsev, puis du russe en français par Larissa Guillemet
+ Lire la suite
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Blandine54Blandine54   10 novembre 2017
Je pense à toi

Je pense à toi lorsque, dans la pluie de pétales,
Le printemps se fait peintre,
Et que rayonnent en doux épis mûris
Les dons de l'été prodigue.

Je pense à toi, lorsque la mer du monde se soulève
A grand bruit et monte vers le ciel,
Et que la rive recule en gémissant, tremblante,
Devant la fureur des flots.

Je pense à toi lorsque le soir rougissant
Se perd dans le bois,
Et qu'à douce voix de flûte la plaintive Philomèle
Émeut notre âme.

Au faible halo de ma lampe, au milieu de peines amères,
J'ai pensé à toi ;
Mon âme anxieuse suppliait au bord de départir :
"Souviens-toi de moi !"

Je penserai à toi jusqu'au jour où les cyprès ondoyants
Entoureront ma tombe.
Et qu'aux bois de Tempé même, inoublié,
Ton nom fleurisse.

Sophie Chistiane Friederike Brun - Danemark (1765-1835)
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   28 juin 2016
CERTITUDE

Puisque tu me cèdes la parole, je dis :
Rien n’appartient jamais à personne. Et pourtant
ah ! Comme tous, tous nous nous acharnons
à retenir, à posséder ceci, cela.

Personne n’appartient à personne, ni les enfants.
Ni l’amour le plus proche, ni le plus lointain.
Et pourtant, quelle fougue en nos baisers ! Et quel ravage
pour notre corps qui se calcine en s’y livrant !

Lui, qui me le jurait, le savait bien.
ll n’avait rien à lui, je n’avais rien à moi,
et nous étions maîtres encore de l’infini…!

Nous ne possédions lui et moi que cette idée
dévorante et lancinante de certitude :
Personne n’appartient à personne sauf s’il le veut !

ANGEL A VALLE 1920
Honduras
traduit de l’espagnol par Claude Couffon
+ Lire la suite
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