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EAN : 9782359841244
136 pages
Éditeur : Esperluète éditions (05/06/2020)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Quatre textes sont ici réunis, écrits – ou recueillis – à des époques très différentes. Ils ont en commun d’évoquer des jeunesses vécues dans des géographies sans frontières communes. Des jeunesses étrangères les unes aux autres. Des jeunesses vécues dans une solitude tragique, désespérément inhumaine. Et en cela, elles peuvent se reconnaître.
Des jeunesses, par leur proximité, ici, rassemblées, peuvent enfin se lire les yeux dans les yeux. S’entendre, s’accu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
cicou45
  05 juillet 2020
Ouvrage reçu lors de la dernière opération Masse Critique non-fiction, je commence tout d'abord et naturellement par remercier Babelio et Charlotte ldes éditions esperluète pour l'envoi de cet ouvrage.
Ici, quatre récits s'entremêlent, se suivent et ne se ressemblent pas si ce n'est le cri de rage qui en ressort et qui les relie les uns aux autres. Un cri de rage et d'indignation face à la barbarie des hommes. Un cri d'épuisement aussi, celui de la fatigue que l'on ressent lorsque l'on se sent impuissant et que l'on ne peut donc que subir, soit pour les personnes qui ont subi ces injustices soit pour le lecteur qui ne peut que s'indigner. Changer le cours de l'Histoire, cela n'est évidemment pas possible et le pire est que cela continue. Ici ou ailleurs, L Histoire serait-elle un éternel recommencement ? le premier récit, celui de Joseph Spira, rescapé des camps de concentration, est celui qui m'a le plus bouleversée. Certes, nous connaissons tous ce qui s'y est déroulé, enfin plus ou moins, mais de le relire retranscrit ici et de cette manière, avec des phrases hachées, presque sans ponctuation tant l'urgence est là : celle de le redire encore et encore afin que l'on n'oublie pas m'a d'abord un peu dérangée et puis carrément mise mal à l'aise. Serait-ce du voyeurisme que de relire de telles atrocités ? Non, je ne le pense pas. Au contraire même je dirais, il faut encore que l'on en parle et que l'on se souvienne que les tortures infligées aux Juifs ne venaient pas uniquement des kapos mais aussi des personnes d'un même peuple entre elles et c'est cela je crois que je n'ai pas pu supporter. le fait que les kapos n'étaient pas tous des sadiques (et heureusement) m'a un peu réconfortée mais combien y en a-t-il eu et pourquoi ne parle-t-on pas plus souvent de ces derniers ?
Le deuxième récit lui aussi est foudroyant. Que savent exactement la jeune génération de la guerre d'Indochine ? Pas grand-chose si ce n'est les quelques pages (et encore) qui se trouvent dans leur manuel d'Histoire ? Moi-même j'avoue, je me suis sentie presque ignare face à un tel témoignage, démunie et n'ai pu que subir (une fois de plus) les horribles vérités qui m'étaient une nouvelle fois dite mais pas assez. Parlons -en encore et toujours...
Quant aux deux derniers récits, j'avoue avoir été complètement inculte sur les sujets de la dioxine au Viêt Nam et du sujet comorien. Peut-être suis_je trop jeune pour m'en souvenir mais cela n'est pas une excuse et j'accepte mon ignorance. Cependant, l'on ne peut pas rester insensibles face à de telles cruautés (même celles dont on ne connaissait que très peu de choses). Au contraire, j'ai soif d'apprendre et veux dorénavant, non pas devenir experte en la matière mais du moins ne plus fermer les yeux face à de tels sujets.
Un ouvrage qui se lit très vite mais pour lequel j'ai pris plus de temps que nécessaire (besoin non pas de digérer l'information mais de l'accepter). Un roman qui dérange et c'est tant mieux et ne peux donc que vous le recommander !
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Commenter  J’apprécie          490
magalicollet
  04 juillet 2020
Tout d'abord je voudrais remercier Babelio et Charlotte, des éditions de L'esperluete pour l'envoi de Vivre. Il s'agit de l'ouvrage que j'ai eu la chance de recevoir dans le cadre de l'opération masse critique non fiction du mois de juin. J'ai un avis mitigé après la lecture de ce livre qui mêle témoignages et récits fictifs.
Nous commençons par deux moments très forts :
Moi Joseph Spira est le témoignage d'un rescapé des camps de concentration de la seconde guerre mondiale. Jean-Marc Turine l'a enregistré puis a retranscrit son récit en en gardant les hésitations, les allez-retours, les silences de Joseph Spira ; tout cela est traduit dans la mise en page et la ponctuation : l'utilisation massive des points de suspension reproduit efficacement les temps de silence inhérents à un monologue ; c'est bien Joseph Spira qui nous parle. Beaucoup de choses ne sont que suggérées et cela suffit à donner une grande force au récit.
Un gaucher dit nous livre le récit de Maurice Maréchal sur ses années passées en Indochine puis en Algérie. Engagé « volontaire » (par son beau-père), Maurice, qui refuse de porter une arme, se retrouve au milieu de la barbarie française. Ce refus d'être armée lui vaudra quelques « désagréments ». Ce témoignage m'a permis de découvrir une guerre que je connais très mal (guerre d'Indochine) et le barbarisme qui en découle. Il n'y a pas de guerre propre.
J'ai été, là aussi, happée par la force du récit. S'agissant d'une transcription d'enregistrements, le mode d'écriture est identique à Moi Joseph Spira.
J'ai été plutôt déçue par les deux récits suivants ; il faut dire que les témoignages étaient d'une si grande force qu'un récit « non vécu »ne pouvait pas être d'égale intensité émotionnelle.
Brûlures se veut être la voix de Lien, « victime  collatérale » ou plutôt victime à part entière des bombardements de dioxine subits par son père lors de la guerre du Vietnam. Cette jeune femme, prisonnière de son corps dit ses impressions, ses ressentis. Je n'ai pas aimé. Les pensées de Lien sont douces dans la douleurs, poétiques, mais n'ont rien de véridiques « Je suis de cette terre de ces fleuves sans l'être comme tu es je suis de toutes les moissons de toutes les cueillettes de fruits à l'heure des saisons ». Il n'y a que de l'imaginaire et pas de ressenti, du poétique et du supputé et pas de vécu. L'absence de ponctuation renforce, selon moi le côté artificiel de ce récit qui voudrait nous faire croire que la souffrance quotidienne engendre la poésie.
Les chants d'Anjouan est pour moi, une histoire. Nous sommes à Mayotte, le récit est ponctué du calendrier politique qui régit le statut de cette île, territoire d'outre-mer (département aujourd'hui) faisant partie de l'archipel des Comores. Il y a cinq enfants.. et la vie sur l'île. J'ai été totalement hermétique à cette histoire qui, selon moi, détonne, comme le récit précédent.
J'ai donc un avis mitigé sur Vivre mais les témoignages de Joseph Spira et de Maurice Maréchal sont d'une telle force qu'ils méritent à eux seuls que l'on lise ce livre.
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Nyuka
  13 juillet 2020
Lecture 2020 #27
Un livre très émouvant offert par les éditions &esperluète et Babelio lors d'une masse critique.
Il s'agit de quatre récits à quatre moments différents. Leur point commun à tous : l'horreur de la guerre et de l'être humain.
Ce n'est pas un livre simple à lire émotionnellement parlant, il est même très dur à certains passages.
Le premier récit parle de Joseph Spira, un belge juif qui fut déporté au camp de concentration de Jawischowitz.
J'ai lu un nombre incalculable d'ouvrages sur la Shoah et la Seconde Guerre Mondiale, mais celui-ci n'a pas été redondant. Au contraire ! J'avais l'impression d'entendre ce monsieur nous parler de son traumatisme de guerre. Ce n'est pas du tout un récit factuel, c'est de l'émotion à l'état brut mis en mot par l'auteur.
Le second récit est le témoignage de Maurice Maréchal enrôlé durant la guerre d'Indochine.
L'horreur de ce texte réside sur la pression exercée par l'armée et le gouvernement français. Je suis guère surprise. Les gens du haut du panier ne se salissent pas les mains aujourd'hui et il en était de même autrefois si ce n'était pire.
Le troisième récit est celui qui m'a profondément bouleversée. Je ne connaissais pas les enfants du dioxine et quand je me suis informée sur le sujet, cela m'a profondément marquée.
Liên a 20 ans et nous parle de sa prison, son corps, depuis sa naissance. Son père a été contaminé par l'agent orange déversé par les Américains lors de la guerre du Vietnam.
En 2007, je suis allée à Hiroshima et j'ai visité le musée de la paix consacré à l'épisode tragique des bombes nucléaires et de ses retombées des années après. Malgré cette triste expérience, je ne pensais pas que le gouvernement américain récidiveraient 10 ans après au Vietnam... Certes, ce n'est pas la bombe nucléaire, mais les conséquences sont tout aussi dramatiques aujourd'hui.
Le récit de cette jeune fille et l'image dont j'en ai m'a effrayée et m'a mise en colère sur l'être humain et ce dont il est capable de faire...
Rien que pour elle, ce livre est à découvrir !
Ensuite arrive le dernier récit, celui sur l'île de Mayotte. L'auteur dénonce ici le gouvernement français à s'accaparer Mayotte en la séparant des îles des Comores.
Quand on referme ce livre, nous perdons un peu de notre foi en l'humanité devant tant d'horreurs.
A découvrir pour ne pas oublier !
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critiques presse (1)
LeSoir   22 juin 2020
Ce recueil de Jean Marc Turine mène le lecteur dans un itinéraire abrupt, raide, dur, pénible et souvent difficilement supportable. Mais ce voyage est indispensable parce que l’inhumanité est une part de l’humanité et il est du devoir de tous de la connaître.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
cicou45cicou45   05 juillet 2020
"Le paysage s'embrase. L'océan lui-même se teinte de pourpre et sur la roche de lave humide semble naître un arc-en-ciel miniature. Un feu se répand sur la masse océane. L'éphémère éblouissement des éléments fait oublier, le temps de leurs parades, la souffrance des hommes."
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cicou45cicou45   02 juillet 2020
"ces hommes j'avais fini par me rendre compte de ce qu'ils étaient quand ils arrivaient...d'un tel je pensais toi mon salaud tu manieras le bâton aussi bien que ceux-là et cela se vérifiait c'étaient des prisonniers des Juifs alors Juif ou pas il y a une nature inhumaine dans l'homme..."
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cicou45cicou45   02 juillet 2020
"peut-on imaginer...comment imaginer...non on ne le peut pas...ce que les hommes sont capables de faire à certains moments dans certaines certaines circonstances personne ne peu l'imaginer...cela dépasse toute forme d’inhumanité"
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cicou45cicou45   04 juillet 2020
"le meneur de guerre comme celui qui la refuse sont pareillement des hommes
le bourreau comme sa victime sont pareillement des hommes"
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cicou45cicou45   05 juillet 2020
"Les Comoriens savent que le monde existe, mais peu de gens dans le monde savent ce qu'il faut d'obstination, d'énergie vitale aux Comoriens pour survivre.

Le monde tourne...le monde tourne...
Un sentiment prédomine : les Comoriens sont tenus à l'écart de la marche de l'Histoire."
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