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ISBN : 2075079498
Éditeur : Gallimard (09/03/2017)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 500 notes)
Résumé :
On a rencontré Huckleberry Finn dans Les Aventures de Tom Sawyer où il figurait parmi les personnages principaux du roman. Cette fois, c'est lui le héros. Huckleberry, Huck pour les amis, est un jeune vagabond livré à lui-même, son père, alcoolique et violent, ne faisant que de brèves apparitions dans sa vie. Au début de l'histoire, on le retrouve adopté par une veuve riche et charitable, qui tâche de faire de lui un gentleman. Un véritable défi pour qui connaît Huc... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
21 août 2014
"Aventures de Huckleberry Finn", c'est un idéal de roman d'aventures. Mais il n'est pas que ça.
Bien plus qu'un simple récit de divertissement, c'est aussi un formidable roman d'apprentissage et un grand texte humaniste, où l'on voit le jeune Huck, peu à peu ouvrir les yeux sur le monde et les hommes qui l'entourent. Progressivement, il verra en Jim le "nègre" un homme, un ami. de ce point de vue, le roman de Twain est d'ailleurs assez précurseur.
En suivant le périple rocambolesque du sympathique Huck, ses aventures trépidantes au gré de ses rencontres avec une galerie de personnages originaux et pittoresques, on ressent tout un panel d'émotions, passant du rire aux larmes, de la colère à l'émerveillement.
Le récit, ample et très vivant, alterne des moments calmes et paisibles avec des passages au rythme échevelé.
Le fantasque Tom Sawyer illumine de son panache la dernière partie du récit en y insufflant un souffle de folie drolatique.
L'oeuvre de Twain est un régal, un enchantement qui peut se lire à tout âge pourvu qu'on ait gardé une capacité d'émerveillement et une petite part d'enfance dans son coeur.
Pour terminer et j'espère vous donner envie de lire "Aventures de Huckleberry Finn", je citerai le grand Hemingway : "Avant, il n'y avait rien. Depuis, on n'a rien fait d'aussi bien."
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Thyuig
16 avril 2014
Ça pourrait paraître naïf car ça l'est.
Ça pourrait paraître un peu facile mais il faut se méfier des apparences.
Ça pourrait sembler être un assemblage de bons sentiments, de bonne morale et le manifeste d'une société juste, mais alors il faudrait vraiment relire le roman, parce que ça n'est pas du tout ça.
Les aventures de Huckleberry Finn, c'est le Mississippi en radeau pour 300 pages d'hasardeuses péripéties et fortunes diverses, portées par la plume faussement naïve du grand Mark Twain qui déverse ici tout le flot sauvage de son talent.
Huck est un naïf mais entre sauver son ami Jim et respecter la rigueur d'une société qui peut lui faire mal, il a vite fait de choisir. Et tout le roman sera affaire de choix, Mark Twain plaçant délibérément son roman dans le cadre de la critique sociale.
Avec Huckleberry Finn, on peut parler de roman-jalon, ou de classique car Mark Twain y brasse les nombreux et différents éléments qui constitueront dans le siècle à venir les particularités de son pays et de sa littérature. le racisme et la place de la communauté Noire y auront une place prépondérante et Mark Twain ne se trompe pas en installant cette question au centre même de son roman.
De plus, les caprices du Mississippi, sa grandeur, la richesse de sa nature généreuse mais dévastatrice annoncent aussi cette civilisation américaine qui emportera le 20ème siècle avec elle, quitte à raser pour mieux reconstruire.
Les Aventures de Huckleberry Finn sont destinées en priorité à la jeunesse mais un regard d'adulte ne fera que renforcer l'excellence du roman de Mark Twain.
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Athouni
21 mai 2013
Considéré comme un des livres majeurs de Mark Twain, d'aucuns le considérant même comme l'oeuvre fondatrice de la littérature américaine, "Les aventures de Huckleberry Finn" a très bien résisté à l'épreuve du temps. La modernité du roman tient notamment à l'omniprésence de la langue parlée, Mark Twain ayant été précurseur dans le domaine.
Ce livre est la suite directe des "Aventures de Tom Sawyer" mais on peut néanmoins noter des différences majeures. Huckleberry Finn est écrit à la première personne et s'inscrit dans un registre moins fantaisiste que Tom Sawyer. Singulièrement lorsque le personnage de Tom Sawyer est présent (au début et à la fin du roman), le ton est beaucoup plus léger et l'on retrouve dans les deux cas le thème de l'aventure inventée, imaginaire. Tom Sawyer (se) raconte des histoires, celles des romans de piraterie, par exemple. le réel devient une scène de théâtre où le plus important est de coller à l'esprit d'aventure et d'avoir le panache des héros ! Quitte à se compliquer grandement la tâche...
Entre temps, les aventures d'Huckleberry Finn prennent des tons beaucoup plus sombres. Huckleberry ne cesse ainsi de s'interroger sur le Mal et le Bien. Naturellement, Mark Twain dénonce l'hypocrisie sociale autour de ces notions. Par ailleurs, de part la relation d'amitié, de confiance et de reconnaissance entre Huckleberry et Jim, le "nègre marron", ce livre est considéré comme un des premiers livres abolitionnistes et anti-racistes.
Il y a depuis quelques années un revival Mark Twain. Il serait dommage de ne pas en profiter ! A noter enfin le texte publié par Tristram, dans sa version intégrale, a bénéficié d'une nouvelle traduction particulièrement convaincante.
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stcyr04
27 août 2013
“Toute la littérature américaine procède d'un roman intitulé Les Aventures d'Huckleberry Finn” selon Hemingway. Ce livre signait en quelque sorte l'émancipation de la littérature nord-américaine d'avec son illustre ancêtre britannique, de part le ton adopté, populaire et argotique, et les sujets traités.
Hukleberry Finn, le fils de l'ivrogne du village, le petit gavroche américain se sauve de chez une veuve qui l'avait accueillit mais qui souhaitait à toute force le “civilisé”. Épris de liberté, le galopin malgré tout le confort offert, étouffait sous la vie étroite et puritaine qui lui était promise . Ravi entre temps de son foyer d'adoption, il retourne sous la coupe brutale et malsaine de son père, qui le bat et le séquestre. Parvenu finalement à se libérer et maquillant sa disparition en meurtre sanglant, ses aventures épouseront le long cours mouvementé et riches du fleuve Mississippi accompagné du negmarron JIm, dont l'esprit est farci de toutes les superstitions les plus formidables que puisse imaginer esprit humain. C'est bien un personnage que ce fleuve dans l'économie du récit, tant il est dispensateur de surprises, de bienfaits, de mésaventures et de rebondissements. Leur route croiseront le chemin de deux escrocs de haut vols et du célèbre Tom Sawyer; jeune héros Don Quichottesque dont l'entendement est rempli de billevesés littéraires et qui ne manque pas de verser dans un pédantisme ridicule. Cet oeuvre n'est certes pas qu'une farce, car ici les aventures burlesques côtoient la fresque réaliste d'un pays par bien des aspects encore sauvage où l'homme fait preuve d'une brutalité et d'une sauvagerie atroce.
Cette oeuvre est remarquable donc, car elle fait date dans les lettres américaines. Sa lecture évoque tour à tour le Dernier des Mohicans pour l'aventure, la Case de l'Oncle Tom pour l'esclavagisme, la Lettre Écarlate pour le côté puritain et on pourrait même y voir un digne ancêtre de Sur la Route pour son aspiration à la liberté. Sortit de là, bien que notre narrateur est censé être un enfant peu éduqué, je suis légèrement déçu par le côté décousu et plat de la prose de l'auteur. A reconsidérer au gré de mes futurs lectures de Twain...
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chartel
08 février 2009
Après les histoires don quichotesques de Tom Sawyer dans son village de Saint Petersburg, j'ai poursuivi la découverte de l'Amérique rurale du milieu du XIXe siècle, dans une région médiane située entre une côte Est tournée vers le modernisme européen, un Ouest des grands espaces sauvages, terres des Indiens, des pionniers et des chercheurs d'or, entre un Nord abolitionniste et un Sud archaïque et raciste, par "Les Aventures d'Huckleberry Finn (le camarade de Tom Sawyer)".
Cette fois-ci, Tom Sawyer s'efface au profit du jeune Huckleberry Finn, orphelin de mère et autonome avant l'âge du fait des absences et des inconséquences d'un père alcoolique.
La grande réussite de ce roman provient du choix fait par Mark Twain d'une narration à la première personne par le principal protagoniste de l'histoire, Huck Finn, qui nous raconte ses nombreuses aventures ayant pour origine une envie folle de s'échapper d'un univers adulte trop rigoriste, celui des vieilles dévotes du village à l'esprit philanthropique, et trop autoritaire et égoïste, celui du père réapparu depuis qu'Huck a eu la bonne fortune de toucher un pactole (voir la fin des aventures de Tom Sawyer).
Rien de bien original me direz-vous ? Oui, mais parce que je n'ai pas encore fait référence à la langue du narrateur : populaire, familière et vulgaire, influencée par les patois et dialectes locaux et qui serait qualifiée d'incorrecte par les maîtres d'école. Seule cette langue pouvait coller à l'esprit d'un enfant ayant très peu fréquenté l'école et qui maîtrise bien plus l'art de la pêche et de la chasse que celui des mathématiques et de la littérature.
Huck s'échappe donc pour conserver sa liberté. Il sera vite accompagné par un adulte, l'esclave Jim, qui cherche, lui aussi, à fuir sa privation de liberté. Leur périple vers le Sud le long du Mississippi est l'occasion de nombreuses rencontres avec une société naïve et parfois quelque peu innocente, proie facile pour les prédicateurs, charlatans en tout genre et diseurs de bonne aventure. On y croise de nombreux personnages encore paralysés par les peurs religieuses (pour les Blancs) ou chamaniques (pour les Noirs), et on reste saisi par l'enracinement lourd et terrifiant du racisme des Blancs vis-à-vis des Noirs. Ces derniers n'ont pas plus de valeurs qu'un objet ou une bête, et on peut même jouer avec eux, comme l'on peut lancer une balle à un chien ou tendre de l'avoine à un cheval. On comprend pourquoi, aujourd'hui encore aux Etats-Unis, les rapports entre ces deux communautés sont difficiles et que l'élection de Barak Obama en novembre 2008 peut être qualifiée d'événement historique.
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Les critiques presse (4)
BulledEncre21 décembre 2011
Un chef d’œuvre qui à l’époque a lancé la carrière de Mattotti. La maestria avec lequel il a rendu l’esprit libertaire du livre pousse à l’enthousiasme.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
Du930 novembre 2011
Mises en lumière par la couleur [...] ces pages témoignent d’un Mattotti comme au bord du flux cherchant son dessin (chez Toppi et Pratt en particulier), son devenir pour s’y laisser glisser, embarquer, porter. Par hasard, par un livre, par Twain, avec un scénariste (Antonio Tettamanti), il l’exprima.
Lire la critique sur le site : Du9
BDGest24 octobre 2011
Une indéniable réussite que cette publication, ode vibrante à la liberté, archétype du roman d’itinérance et d’apprentissage, où les deux héros savent conjuguer ruse et malice à leur optimisme naïf quand il s’agit de prendre soin l’un de l’autre. Que le lecteur soit un inconditionnel de Mattotti souhaitant découvrir une œuvre de jeunesse du transalpin, ou simplement curieux de lire cette réappropriation du livre de Mark Twain par un dessinateur talentueux, sa motivation se verra récompensée par un plaisir certain.
Lire la critique sur le site : BDGest
BullesEtOnomatopees17 octobre 2011
Cette adaptation de Huckleberry Finn mérite amplement sa place dans la collection Fétiche, par sa grande qualité graphique (déjà !) et sa fidélité au texte original. Un détail frappe notamment lorsqu’on a suivi récemment les aberrations du puritanisme américain : l’emploi du mot nègre, respecté dans cette traduction. Et si Mattotti permettra ainsi à beaucoup de découvrir l’œuvre de Twain, c’est également un bon moyen pour découvrir l’œuvre de Mattotti ; ne vous privez d’aucune des deux !
Lire la critique sur le site : BullesEtOnomatopees
Citations & extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
samir_t7samir_t720 septembre 2017
Encore un conseil. Avant de vouloir passer pour une fille, apprends à enfiler une aiguille. Approche le fil de l’aiguille et non pas l’aiguille du fil. Et, quand tu viseras un rat ou autre chose, ne te contente pas de rejeter le bras en arrière et de jouer du coude et du poignet. Dresse-toi sur la pointe des pieds, lève la main au-dessus de la tête aussi maladroitement que possible, abaisse le bras tout d’une pièce, comme s’il tournait sur un pivot, et manque ton rat de cinq ou six pieds.
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samir_t7samir_t720 septembre 2017
Lorsqu’on soupçonne un nègre, on commence souvent par le pendre, quitte à reconnaître plus tard que ceux qu’il a tués se portent à merveille.
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samir_t7samir_t720 septembre 2017
— Alors Robinson a choisi un mauvais nom pour ce bon Vendredi.
— C’est vrai ; mais tu peux être sûr que Robinson n’a pas voulu lui porter malheur ; il l’aurait appelé Dimanche, s’il l’avait rencontré pour la première fois ce jour-là. Je parie aussi, qu’en dépit de ses chèvres et de son perroquet, il ne serait pas resté huit jours dans son île s’il avait eu un canot et s’il avait aperçu Saint-Pétersbourg du haut de sa caverne.
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samir_t7samir_t720 septembre 2017
Elle se plaignit de son mari, qui n’avait pourtant qu’un seul défaut : la passion du jeu. C’est pour cela qu’elle était réduite à habiter une maison où les rats semblaient se regarder comme chez eux.
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chartelchartel08 février 2009
Je tremblais, parce que je devais trancher, à jamais, entre deux choses, et je le savais bien. J’ai étudié ça une minute, en retenant plus ou moins ma respiration, et puis je me dis :
"C’est bon, alors j’irai en enfer" […]
C’étaient des pensées terribles, et des paroles terribles, mais je les ai prononcées. Et je les ai laissées comme ça ; et j’ai jamais plus pensé à me réformer. J’ai repoussé tout ça de mon esprit ; et je me suis dit que j’allais reprendre le chemin du mal, ce qui était bien dans mon caractère, pasque c’était comme ça qu’on m’avait élevé, et que l’autre chemin était pas pour moi. Et pour commencer j’allais me mettre au travail et j’allais voler Jim de nouveau, pour le sortir de l’esclavage ; et si je trouvais quelque chose d’encore pire, je ferais ça aussi ; puisque, comme j’étais dedans, et que j’y étais jusqu’au cou, autant que j’aille jusqu’au bout.
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