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ISBN : 2764603762
Éditeur : Boréal (18/07/2005)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 15 notes)
Résumé :
« La sensualité, discrète, combine l’onirisme léger, le bonheur grave, la menace, la révolte. Les heures et les saisons, lues sur les herbes, les feuillages, les murs, les pavés, se reflètent sur un visage où passe parfois l’ombre grise de la maladie. Marie Uguay tourne le destin en écriture, la plus nue, la plus émouvante. (...) Marie Uguay, finalement, nous donne pleine mesure de poésie, avec l’humilité paisible de poèmes dont l’évidence est indéniable. » Extrait ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
meyeleb
  16 octobre 2011
La tentation serait grande de justifier la sensibilité poétique de Marie Uguay par ce cancer des os qui l'a emportée si jeune, à 26 ans. Ce serait oublier qu'elle a écrit avant d'être malade. Avec une conscience accrue des fils sensibles qui nous relient au monde, elle avait ce regard qui fait l'artiste, et elle avait trouvé les mots pour le traduire. Assurément poète!
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Lali
  10 février 2011
C'est à Denise D.C. que je dois ces heures passées en compagnie de Marie Uguay. Parce qu'un jour de 1979 alors que je lui avais apporté quelques poèmes publiés quand j'avais quinze ans et d'autres plus récents, elle m'avait parlé de celle qui avait aussi été son élève. de celle dont elle conservait un souvenir d'une telle beauté que ses yeux se mouillaient en parlant d'elle. Avec fierté. Parce que je crois qu'elle l'avait un peu encouragée même si elle n'en a rien dit.
C'était l'automne. L'automne de 1979. Marie était toujours vivante. Elle venait de publier et je marchais dans les corridors où elle avait marché. Quelques feuilles volantes dans mes cahiers de chimie et de physique laissaient prévoir que je préfèrerais la poésie aux formules et aux équations savantes. J'étais séduite par Marie.
Deux ans plus tard, la mort a fauché celle qui m'inspirait, au même titre qu'Anne Hébert. Et une dizaine d'années plus tard, je la faisais découvrir à mes étudiantes dans un atelier d'orthographe.
Et toujours, elle me suivait. J'avais beau découvrir des poètes, je revenais toujours à elle.
Plus tard, j'ai eu sa mère comme cliente à la libraire. On n'a pas les mots de circonstance quand il le faut. Je crois que j'ai quand même été en mesure de lui dire à quel point sa fille avait été et sera toujours importante pour moi. Je crois. Je ne suis pas certaine. Ma vue était brouillée par l'émotion.
Récemment, par hasard, un ami a découvert Marie. Coup de foudre.
Et je me suis replongée dans ses livres. Des livres qui n'existent plus mais qui ont été rassemblés dans ce livre. Un livre que je lui offrirai.
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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hyssab30
  06 mars 2015
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   16 juillet 2014
L’Outre-vie

« Ecartelée entre les termes du désir, sa démence est d’avoir cru possible, même le seul temps de son cri, que cet écartèlement pouvait se rompre pour l’accueillir. » Marguerite Duras La femme du Gange

L’outre-vie c’est quand on n’est pas encore dans la vie, qu’on la regarde, que l’on cherche à y entrer. On n’est pas morte mais déjà presque vivante, presque née, en train de naître peut-être, dans ce passage hors frontière et hors temps qui caractérise le désir. Désir de l’autre, désir du monde. Que la vie jaillisse comme dans une outre gonflée. Et l’on est encore loin. L’outre-vie comme l’outre-mer ou l’outre-tombe. Il faut traverser la rigidité des évidences, des préjugés, des peurs, des habitudes, traverser le réel obtus pour entrer dans une réalité à la fois plus douloureuse et plus plaisante, dans l’inconnu, le secret, le contradictoire, ouvrir ses sens et connaître. Traverser l’opacité du silence et inventer nos existences, nos amours, là où il n’y a plus de fatalité d’aucune sorte. p 39
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nadejdanadejda   16 juillet 2014
Attendre, l'esprit séduit par les reflets roses de l'averse nocturne. Et le vent devient une langue sur les paupières et sur les joues, passe dans le cou, raconte d'autres nuits. Certaines sont des draps tirés sur des cachotteries d'enfants, sur des sourires, gardiens involontaires, et d'autres bellement ridées sont des premiers secrets, des premiers loups. La ville se déplie et s'irise de tout l'ample délassement de l'air. Attendre n'a plus d'importance et la nuit se confie à nous avant le sommeil. La nuit est amoureuse confusion mentale. Et l'odeur de toi dans les linges de l'aube. p 185
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Madame_litMadame_lit   21 mars 2016
Il existe pourtant des pommes et des oranges
Cézanne tenant d’une seule main
toute l’amplitude féconde de la terre
la belle vigueur des fruits
Je ne connais pas tous les fruits par cœur
ni la chaleur bienfaisante des fruits sur un drap blanc

Mais des hôpitaux n’en finissent plus
des usines n’en finissent plus
des files d’attente dans le gel n’en finissent plus
des plages tournées en marécage n’en finissent plus
J’en ai connu qui souffraient à perdre haleine
N’en finissent plus de mourir
en écoutant la voix d’un violon ou d’un corbeau
ou celle des érables en avril

N’en finissent plus d’atteindre des rivières en eux
qui défilent charriant des banquises de lumière
des lambeaux de saisons ils ont tant de rêves
Mais les barrières les antichambres n’en finissent plus
Les tortures les cancers n’en finissent plus
les hommes qui luttent dans les mines
aux souches de leur peuple
que l’on fusille à bout portant en sautillant de fureur
n’en finissent plus
de rêver couleur orange

Des femmes n’en finissent plus de coudre des hommes
et des hommes de se verser à boire

Pourtant malgré les rides multipliées du monde
malgré les exils multipliés
les blessures répétées
dans l’aveuglement des pierres
je piège encore le son des vagues
la paix des oranges

Doucement Cézanne se réclame de la souffrance du sol
de sa construction
et tout l’été dynamique s’en vient m’éveiller
s’en vient doucement éperdument me léguer ses fruits
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LaliLali   10 février 2011
Aux matins d’eau morte
châssis d’abîme aux labours des mois et des amours
sous les paupières du demi-sommeil
j’entends ton souffle pénétrer la lumière

Le printemps rose et suant
monte des forêts
L’été chauffé à blanc
Octobre dans son sang
et ses écorces vermoulues
L’hiver avec le rythme sourd de l’espace

Mesures du temps et toi dans l’ardente substance

Tout un voyage est resté en nous
et notre rêve dérive
vers le reste du monde
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LaliLali   10 février 2011
Il fut un temps d’attente dans le froid sel d’un été
Le silence était ces bancs de sable abîmés
ou décuplés par la lumière et le vent
Un jour cendres
à l’appel de l’histoire des morts
Un jour lits solaires sous l’appesantissement de midi
puissantes corolles
confidents de solitude
Un jour roses des seins et des genoux
chair silencieuse sous la caresse des embruns
Un jour plus blancs encore que l’anneau de Saturne
pour l’enlevante pureté de la mer
pour les mouettes
blancs pour la parfaite représentation du silence
blancs entre les signes des seigles de mer
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intimes sollicitudes..., Marie Uguay lu par Suzanne Giguère
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