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ISBN : 2258133726
Éditeur : Les Presses De La Cite (14/09/2017)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 7 notes)
Résumé :
De l'hiver 1944 au printemps 1987, entre l'Allemagne déchirée et Israël naissante, la saga des victimes, des bourreaux, et de leurs héritages.
Il y a Margarita, une Juive polonaise enceinte qui tue un lieutenant nazi, les époux Kramer, le couple qui la cache. Il y a Anna, une Allemande sauvée d'Auschwitz par sa beauté, Shimon, son fils, Sarah, Ruth et tous ceux qui tentent de reprendre pied après les camps, et Peretz Sarfati, ce sioniste de la première heure,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
  03 novembre 2018
Steven Uhly, né à Cologne en 1964 d'une mère allemande et d'un père bengali, occupe une place spéciale dans la littérature allemande. Serait-ce à cause de son origine à moitié hindoue ? En tout cas son ouvrage "Le royaume du crépuscule" est une oeuvre fort ambitieuse : couvrant une période de 43 ans d'histoire, de 1944 à 1987, en 622 pages, avec heureusement un index des personnages historiques en fin de volume. Parmi lesquels, un seul Français, Georges Bidault (1899-1983), un chef d'État David Ben Gourion (1886-1973), un grand témoin italien Primo Levi (1919-1987) et une athlète américaine Wilma Rudolph (1940-1994).
Ayant été dans ma jeunesse un grand admirateur de la "Gazelle Noire" (son surnom), je commence contre toute logique par un mot sur Wilma Rudolph. le 17ème enfant d'une pauvre famille noire, qui a attrapé la polio à l'âge de 5 ans, ce qui aurait dû lui priver de l'usage de sa jambe gauche pour le restant de sa vie. À force de massages, d'exercices et surtout d'énormément de courage, elle réussit à marcher de nouveau et pensait que faire un peu de sport ne serait peut-être pas une mauvaise idée. Lors des J.O. de Rome de 1960, elle remporta 3 médailles d'or (100, 200 mètres et le relais) ! Elle avait 20 ans. L'année suivante à Stuttgart, la Gazelle Noire battait le record mondial du 100 mètres. Sa vie amoureuse ne fut, hélas, pas le même succès et après 2 divorces, elle éduqua seule ses 4 gosses. Frappée par un cancer du cerveau, elle meurt à 54 ans.
La première partie de cet opus est située dans le Wartheland - la partie de la Pologne annexée au Reich - au cours de l'hiver 1944-1945. Deux jeunes Juives y occupent une place centrale. Anna Stirnweiss, la bonne à tout faire du potentat local, le lieutenant-colonel Josef Ranzner, et qui au moment de l'invasion de l'Armée rouge est offerte la possibilité d'émigrer en Palestine. Et Margarita Ejzenstain, qui tue un officier SS pour se venger de la mort de son père et frère. Un couple de colons allemands cache la rebelle enceinte dans leur ferme et lui donne leur nom. Ainsi elle devient Maria Kramer et sa fille, née en décembre 1944, Lisa Kramer. le 12 janvier 1945, l'arrivée des troupes russes sonne l'heure du départ. Pour la nouvelle Maria ce sera un très bref voyage car elle meurt de froid en route.
Car il existe une autre Maria Kramer, la vraie fille de Wilhelm et son épouse, mais qui n'existe plus à leurs yeux, depuis qu'elle avait couché avec la moitié du village avant de partir, sans dire un mot, avec un soldat SS à Berlin. Leur fils, Karl, a rejoint comme volontaire les SS et est mort sur le front de l'Est. Finalement, Wilhelm est incorporé de force dans l'armée nazie, fait prisonnier par les Soviétiques et envoyé en Sibérie, à Prokopievsk, où il meurt. Ainsi, il ne reste que la petite Lisa et Mme Kramer qu'elle appelle mamie.
Le sort d'Anna se présente de façon bien différente. Abba Kovner, le Juif lituanien de l'armée russe, mais actif pour la Briha - une organisation non gouvernementale qui aidait les survivants de la Shoah à joindre la terre promise - et qui lui a laissé entrevoir un autre avenir, loin de cette terre où sa famille avait été exterminée, constitue un cadeau qu'elle ne peut refuser. D'autant plus qu'elle se rend parfaitement compte que si les Soviétiques découvrent pour qui elle a travaillé cela risque de signifier sa fin.
Ce qui m'a sidéré c'est qu'Abba Kovner n'est pas un personnage fictif du tout, mais un combattant, poète et écrivain israélien, né à Sébastopol en Ukraine en 1918 et mort d'un cancer dans un kibboutz en 1987. Un drôle de zèbre sur lequel je vais revenir dans un prochain billet, sur la base de sa biographie publiée l'année dernière par l'historienne israélienne Dina Porat "Le Juif qui savait. Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d'Abba Kovner (1918-1987) ".
Toujours est-il qu'Anna et Abba ont une très brève liaison et que la jeune Allemande se retrouve enceinte pendant son transfert de camp en camp en attendant son bateau pour Haïfa. Un voyage qui ne s'avère pas simple à organiser vu l'interdiction par l'Angleterre de l'immigration juive en Palestine.
Le passage d'Anna dans des centres de réfugiés, permet à l'auteur de nous présenter plusieurs personnages typiques, comme par exemple Frau Abramowicz avec ses 3 petits enfants, dont le plus petit, un bébé, est tué par la chute de pierres de l'immeuble délabré où ils sont gardés. Ce qui entraîne chez elle une catatonie qui dure jusqu'au retour de son mari, qu'elle croyait mort.
Pour l'homme en charge des modalités pratiques de transfert des Juifs, Peretz Sarfati, sa rencontre avec la belle Anna signifie le coup de foudre de sa vie. Plus il y réfléchit et plus il l'aime. Comme il est disposé à accepter la paternité de son futur enfant, Anna répond favorablement à ses avances. Les deux se marient devant une grande foule et le 9 novembre 1945, une semaine après le mariage, naît Shimon Sarfati.
Chers ami(e)s, je crois avoir dégagé suffisamment d'éléments afin de vous permettre de déterminer si cet ouvrage est susceptible de vous intéresser et j'arrête donc, en toute tranquillité d'esprit, ici mon récit, tout en spécifiant que le récit de Steven Uhly, en revanche, est loin d'être terminé.
Encore un mot, toutefois, en hommage au théologien, poète et écrivain allemand, Joachim "Jochen" Klepper, né en 1903 et un des plus grands auteurs de cantiques du XXe siècle. Journaliste talentueux à la radio de Berlin et écrivain à succès, il commet, en 1931, selon les nazis, la "bêtise" d'épouser Johanna Stein, une veuve juive avec 2 filles. C'est le début de ses malheurs : renvoyé de la radio, interdit de publication et isolement. Il lui était psychologiquement impossible de quitter son sol natal, mais il réussit à faire partir Brigitte, l'aînée des filles, en Angleterre. Lorsque plus tard il essayait de faire pareil pour la seconde, Renata, Adolf Eichmann s'y opposa. La nuit du 11 au 12 décembre 1942, Jochen, Johanna et Renata se suicidèrent aux somnifères et au gaz. Juste avant Klepper avait écrit une émouvante lettre d'adieux qu'il avait confiée à un voisin et ami.
Le seul bémol de ce volumineux ouvrage, à mon avis, c'est que certains passages sont un peu longs. Si Steven Uhly avait manié davantage ses ciseaux, surtout dans la première partie, cette oeuvre incontestablement riche et puissante tant du point de vue historique qu'humain, y aurait sûrement gagné.
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domeva
  10 octobre 2017
Lorsque j'ai postulé pour Masse Critique afin de recevoir ce roman,alléchée par la quatrième de couverture,je ne m'attendais pas à être "dépassée par les événements "comme je l'ai été en le lisant.J'ai manqué de repères pour me sentir à l'aise dans cette grande fresque(hiver 44-printemps 87).J'ai eu des difficultés à suivre le parcours de chacun des nombreux personnages tant Juifs qu'Allemands au fil des changements de nom de ceux qui cherchaient à se fondre dans la masse pour échapper à leur destin (de victime ou de bourreau).Je comprends bien que L Histoire ne s'écrit pas en toute clarté,dans la réalité,mais j'aurais aimé trouver un arbre généalogique des familles,une frise de l'époque concernée(en fin d'ouvrage?).
Je ne peux cependant pas dire que je n'ai pas aimé rencontrer Anna,Shimon,Sarah,Liza...ni que je n'ai pas détesté les bourreaux nazis.Mais je sais que je n'ai pu retenir que peu de chose que l'auteur a voulu nous faire vivre.Je vais laisser passer quelque temps car je crois qu'il
me faudra un jour le relire un stylo à la main pour mieux l'apprécier.
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CROCBOOKS
  28 novembre 2017

J'ai voulu lire "Le royaume du crépuscule" pour compléter mes connaissances sur les années qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale. Malgré tous mes efforts, je manque encore d'informations sur cette période de l'Histoire. Sachez le, ce récit va beaucoup plus loin dans le temps puisqu'il commence en 1944 et trouve sa conclusion en 1987.
J'ai constaté que les personnages principaux et les protagonistes secondaires étaient placés au même niveau dans l'intrigue. Je trouve que c'est une très bonne initiative parce qu'elle stimule l'intérêt du lecteur. Heureusement que mon carnet de notes n'est jamais loin de moi car le style d'écriture est dense, voir même exigeant. J'ai eu besoin de faire une sorte de schéma simplifié pour m'aider à mémoriser les changements d'identités des personnes juifs et allemandes.
Sous les traits de la bienveillante madame KRAMER qui cache chez elle, une jeune femme de confession juive et d'ANNA qui sert d'esclave à un soldat SS et d'autres individus, le lectorat intègre simultanément les deux "clans". On peut ne pas être d'accord avec cette affirmation mais je pense que Steven UHLY, souhaite avant tout nous faire comprendre que ces gens ont tous en commun, l'envie féroce de prendre un nouveau départ. Pour le peuple juif, l'état d'Israël incarne cet espoir depuis le 14 mai 1948.
Au final, je pense qu'en mêlant fiction et faits réels, cette fresque détaillée s'approche au plus prés de la réalité historique. Elle nous fait aussi prendre conscience du poids de cet héritage culturel sur les générations suivantes. Je vous recommande sérieusement cet ouvrage.
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bebi
  07 mars 2018
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, certains montent au pouvoir pendant que d'autres descendent plus bas que terre. Dans cet échange de place, beaucoup y perdent, et peu en sortent sans cicatrices.
C'est d'ailleurs après la guerre qu'elles commencent à apparaître. Pour Lisa, qui a hérité d'une grand-mère mais qui n'a pas connu sa mère; Pour Anna, qui aime son enfant, mais qui ne sait pas qui son père; Pour Peretz Sarfati, qui a voulu aimer, mais qui n'a pu établir de véritable relation solide; Pour Mme Kramer, qui a perdu son maison et tous ses biens, mais qui survit malgré tout;…
Dans ce roman, les destins se croisent et s'éloignent, avant de parfois se rapprocher. Entre rescapés de camps de concentration, nouveau-né jeté sur les routes en pleine débâcle, soldat SS se cachant sous une fausse identité et tout ce besoin de réconfort et de reconnaissance qui accompagnent chacun des pas de tous ces personnages.
Je dois dire que l'histoire est complexe, lourde parfois, voyageant, faisant de larges détours avant d'arriver à une explication. J'ai tenu là, durant quelques jours, ce qu'on peut appeler un joli pavé.
Le style d'écriture est très particulier. Mêlant poésie à des scènes de cruauté sans nom, et joignant des moments d'émotion à des périodes de tempérament froid, l'auteur chamboule, bouscule. Il émeut, parce qu'il creuse pour montrer les pensées les plus profondes, mêmes celles qu'en temps normal, on n'aborderait pas.
Malgré ce ton lent circonvolutif, je n'ai pu faire autrement que de m'attacher à tous ces personnages. Les uns après les autres, présentés au moment le plus critique de leur existence, ils démarrent le voyage que leur fait faire l'auteur avec très peu d'armes dans les mains.
Un autre aspect, rarement évoqué dans les romans, ou du moins ceux que j'ai lu jusqu'ici, est la reconstruction de l'Allemage, après la guerre. Comment tous ces rescapés de camps de la mort se sont retrouvés en camp temporaire, le temps de leur trouver un logement et des solutions. Comment tous ces soldats qui avaient imposés une loi de peur ont pu changer de nom, disparaître dans la nature. Comment certains ont cherché pendant des années des membres de leur famille, en vain.
En écrivant cet avis, je réalise que bien qu'il soit complexe, le livre est magnifique de réalisme. L'auteur a su s'inspirer des faits pour broder autour une histoire qui tienne la route, et qui aurait pu, elle aussi, être bien réelle. Encore un aspect qui me plaît, bien sûr, cette recherche de faits véridiques.
En tout cas, bien qu'il y ait déjà quelques jours que j'en ai terminé la lecture, ce livre continue de me suivre. Comme quoi, il vaut vraiment la peine d'être découvert.
Lien : http://au-fil-des-pages.be
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LourseLit
  22 octobre 2017
Lorsque j'ai reçu ce roman (merci à la Masse Critique de Babélio), je ne m'attendais pas à un tel pavé (plus de 600 pages) et j'en ai un peu redouté la lecture. Il m'a fallu 2 semaines pour en venir à bout et j'ai trouvé que c'était une lecture difficile.
Il y a plusieurs choses qui rendent la lecture un peu lente. le style d'abord, l'auteur écrit en très longues phrases avec beaucoup de détails. le côté historique ensuite. Moi qui apprécie beaucoup le thème de la seconde guerre mondiale, là on est dans l'après, c'est un thème que je n'avais jamais lu. le récit aborde donc les côtés politiques de la gestion de l'après guerre, le déplacement des peuples créé par la guerre qui doit être « corrigé » (les soldats prisonniers doivent rentrer chez eux et les juifs pour beaucoup se cherchent un nouveau chez eux). J'ai eu un peu de mal avec ces passages plus précis, un peu compliqué pour moi. Et enfin, on suit ici de nombreux personnages, il faut vraiment s'attacher à bien mémoriser les liens entre chacun.
Il faut donc le savoir, ce livre n'est pas facile à lire. Mais il est riche et il nous questionne. La guerre a créé beaucoup de problématiques et ce n'est pas parce qu'elle finit que tout va rentrer dans l'ordre dans le meilleur des mondes. le roman aborde notamment très bien un point dans l'évocation de l'après : la classification en gentils ou méchants. Car parfois, c'est ni noir ni blanc mais un peu gris. Parce que chacun doit bien continuer sa vie même les méchants. Et l'auteur nous amène aussi à visualiser comment les jeunes générations nées de suite après la guerre peuvent porter les choses. C'est extrêmement lourd pour eux, ils subissent les contrecoups et pour autant, ils n'étaient pas là et ne savent donc pas vraiment ce qui a eu lieu. Alors il y a Lisa qui va faire son enquête, il y a Shimon qui va grandir « de travers » (drogue, alcool, etc) à cause de ce qui lui est tu.
Ce roman aborde plein de thèmes, il est dense mais je pense qu'il est un bon aperçu de ce qu'ont été les dizaines d'après guerre. Et d'ailleurs, aujourd'hui en 2017 on voit bien encore ce qu'il en est pour le pays d'Israël… C'est aussi un point qui a été compliqué dans ma lecture car je ne suis pas assez cultivée sur ce sujet pour bien tout en comprendre. Mais c'est vraiment intéressant.
Une lecture forte, riche, dense. Elle n'est pas destinée à tous les lecteurs mais elle aura des choses à vous apprendre si les thèmes traités vous intéressent. L'auteur a bien réussi à romancer l'histoire avec de vrais personnages fictifs parfaitement intégrés dans la vraie Histoire vécue par les juifs, les allemands et tous les autres peuples concernés par la guerre.
Lien : https://liseusehyperfertile...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
kielosakielosa   31 octobre 2018
" La nuit vient à son terme,
Voici qu'arrive le jour.
Chantons un chant de louanges
À l'étoile du matin !
Que celui qui a pleuré
Se joigne aussi au chant.
Sur tes peurs et tes peines
Brille l'étoile du matin. "

Jochen Klepper (1903-1942), en 1938.
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LourseLitLourseLit   22 octobre 2017
Peut être, pensa Lisa, qu'au bout d'un certain temps on ne se souciera plus se savoir de quel côté on était parce que c'est la guerre qui les a créés ces côtés, ils lui appartiennent et finissent avec elle. Puis elle pensa, les guerres mettent du temps à finir, cette guerre est encore en train de finir. Quand sera-t-elle terminée ?
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