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Noémi Larthe (Traducteur)
EAN : 9782843622113
215 pages
Terre de brume (18/09/2003)
3.3/5   10 notes
Résumé :
Ce roman de l'Espagnol Miguel de Unamuno a connu un retentissement international dans les années vingt, grâce au grand " découvreur " français Valery Larbaud
Dans Brouillard, Unamuno invente un personnage à la Pirandello, Augusto Pérez, personnage médiocre et aboulique, trompé par une femme intéressée ; abandonné par elle, il se retournera contre son créateur, lui demandant des comptes, pour finir par se suicider, ce qui est la seule façon d'éprouver sa liber... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ce livre a eu du succès dans les années 20, si l'on veut bien en croire l'éditeur, mais force est de constater qu'il a pas mal vieilli. Selon les chapitres, j'ai oscillé entre "charme suranné" et "quand même très chiant". Mais cela valait la peine de s'y coller puisqu'on trouve à la toute fin de ce roman une métalepse narrative ontologique particulièrement chiadée. Pour ceux qui ne lisent pas le Genette dans le texte (moi, j'ai triché, je suis allée sur Google traduction), voilà-t-y pas que notre héros très peu héros, largué à la fois par une mère décédée, une fiancée volage, une ex-future-maîtresse fatiguée d'attendre et un best friend forever beaucoup moins disponible depuis qu'il découvre les joies de la paternité, décide devant ce désastre d'en finir avec l'existence. Encore un peu hésitant, il vient demander conseil au plus grand auteur espagnol contemporain, qui n'est autre, évidemment, que celui-là même qui écrit le roman dont il est le principal personnage.
Ah ben dites-donc. Notre héros si peu héros est donc bien un héros de roman.
Dès lors, Augusto Pérez peut-il se suicider ? Ou sa mort ne sera-t-elle que le meurtre voulu et opéré par son créateur? Mais d'ailleurs peut-il mourir s'il est une idée (car les idées ne meurent pas, c'est bien connu)? Et était-ce un si bon choix que d'appeler son chien Orphée (Orphée qui, rappelons-le, n'a pas été fichu de ressusciter Eurydice)?
Être ou ne pas être, that is the question.
Inutile de rigoler. Avant de tirer sa révérence, Augusto nous maudit, genre le grand maître Jacques de Molay droit dans ses bottes sur son bûcher: tous les lecteurs qui se repaissent de ses souffrances, oui tous, mourront eux aussi. Et Miguel de Unamuno aussi, comme de juste.
"Le plus troublant de la métalepse est bien dans cette hypothèse inacceptable et insistante, que l'extradiégétique est peut-être toujours déjà diégétique, et que le narrateur et ses narrataires, c'est-à-dire vous et moi, appartenons peut-être encore à quelque récit. ", qu'y disait Genette.
Traduction: Unamuno est mort, pas mal de ses lecteurs aussi, et moi-même je ne me sens pas très bien (j'aurais peut-être pas dû me laisser refiler de l'Astrazeneca). Alors, chers amis babeliotes, écoutez-moi pour ce qui sera peut-être mon dernier billet: NE lisez PAS ce roman.
Ou alors, hein, d'accord, mais je vous aurai prévenus.
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Une chose est sûre dans cette oeuvre au charme formel assez incertain, le titre Brouillard va à ce livre comme un gant. J'ai même trouvé ce fog existentialiste et métaphysique parfois très londonien, qu'Unamuno classait dans les romans nivolas, écrits spontanément (ou presque car c'est réellement très travaillé).

Le protagoniste de Brouillard, anti-héros solitaire, riche et tourmenté par l'existence, oscillant entre angoisse et ridicule, perd sa mère, puis son amante juste avant le mariage, et entre dans une phase de questionnement métaphysique : suis-je réel ou fictionnel ?
Angoissé par l'absence de réponse, il songe à mettre fin à son existence et , de manière très pirandellienne, entre en contact avec l'auteur de ce livre, Unamuno, qui a écrit un essai sur le suicide. Unanumo lui annonce qu'en tant qu'auteur il a pouvoir de vie et de mort sur les protagonistes qu'il crée dans ses romans.

Original d'un point de vue formel, ce livre interroge, par delà l'artifice du personnage qui interpelle l'écrivain, le degré de réalité des êtres de fiction. Comme Pirandello et ses Six personnages en quête d'auteur, Miguel de Unamuno dépasse la question de la réalité ou non des personnages de fiction pour s'interroger sur sa propre réalité d'auteur : quel est le degré de réalité d'un écrivain qui doit son statut aux romans qu'il écrit, donc la réalité du créateur qui crée en créant ? le roman aurait donc autant de pouvoir sur l'auteur que l'auteur en a sur le livre et ses personnages : leur réalité ou leur fiction à chacun est interdépendante.



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On retrouve dans ce livre l'ambiance particulière que donnent les auteurs des romans hispanophones. J'aime beaucoup, et je trouve que c'est plus accessible que Borges par exemple.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Pourquoi le diminutif est-il une marque de tendresse? se disait Auguste en s'acheminant vers son logis. Serait-ce que l'amour rapetisse la chose aimée?
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Dis-moi, quelle nécessité y a-t-il à l'existence de Dieu, du monde et de tout ? Pourquoi doit-il y avoir quelque chose ? Ne crois-tu pas que cette idée de nécessité n'est que la forme suprême que prend le hasard dans nos esprits ?
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