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ISBN : 2234060133
Éditeur : Stock (11/04/2007)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Kristin Lavrandsdatter défie l'autorité du père adoré quand elle refuse d'épouser l'homme que celui-ci a choisi pour elle. En effet, elle aime Erlend, le chevalier au passé scandaleux. Mais le couple que forment Kristin et Erlend va connaître de orages. La jeune femme, amante passionnée à seize ans, épouse et mère à dix-sept , se retrouve maîtresse du domaine de Husaby. Très vite elle va apprendre à le diriger, à devenir celle sur qui tous et toutes reposent. Jusqu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  29 juin 2013
Soyons clairs : j'ai adoré cette grande fresque qui m'a fait rencontrer ma nouvelle amie, Kristin Lavransdatter, dans la Norvège du XIVe siècle !
Adoré est d'ailleurs un terme trop générique, dans la mesure où mes sentiments ont beaucoup évolué au fil du livre, suivant ceux de l'héroïne : au début, j'étais emballée et exaltée comme la jeune fille qui vit ses premiers émois. Puis vint le temps ambivalent de l'âge adulte, où j'étais tiraillée entre agacements et grands élans d'amour et de générosité. Et à la fin j'ai connu l'apaisement, cette sagesse matinée d'un léger ennui et ponctuellement de morceaux de bravoure. Bref, toute une vie dans un livre...
À la fois roman historique foisonnant, histoire d'une grande passion et beau portrait de femme, Kristin Lavransdatter a de quoi séduire de nombreux amateurs du genre (ou plutôt des genres)... Mais le livre vaut aussi, et surtout, par la justesse de la psychologie des personnages et des situations. Aussi loin et différents de nous soient-ils, nous pouvons tous nous retrouver en eux. Ainsi des disputes lourdes de reproches non-dits entre Kristin et Erlend, où je me suis reconnue à ma grande honte... Ou encore du chemin des enfants, tâtonnant entre héritage, loyauté, fidélité... et leurs aspirations propres. Tout cela est remarquablement observé et décrit, d'où un écho très fort en nous.
Que dire de plus ? Il y a de la poésie dans le style, les paysages de fjords ou de montagnes et la vie simple rythmée par l'amour, la religion et les petites tâches du quotidien. On peut se perdre un peu à la fin entre les très nombreux personnages qui portent tous plus ou moins les mêmes noms, mais cela participe du charme de ce roman. Et, après chaque interruption, il suffit de quelques pages pour replonger dans cet univers violent et doux.
En conclusion, moi Alexia Raymonsdatter, souhaite remercier chaleureusement Gwen Vingtetunsdatter pour cette belle découverte faite dans le cadre du challenge Nobel !
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raton-liseur
  30 mai 2014
Quelle épopée ! Pas de combat contre des dragons ou des armées invincibles, pas de quête du Graal, mais c'est tout de même bien d'une épopée qu'il s'agit. Celle d'une femme, Kristin Lavransdatter, qui, de la sortie de l'enfance jusqu'à son entrée dans la vieillesse, trace son chemin entre les codes de sa société, ses aspirations personnelles et ses interrogations spirituelles. Une belle fresque dans la Norvège du XIVème siècle, qui a emporté la lectrice que je suis au long cours de ses mille et quelques pages.
Si une partie du second tome m'a paru un peu moins intéressante parce que trop centrée sur la religion et tournant un peu en rond, lorsque Kristin voudrait être une femme et une mère bonne et aimante mais ne sait qu'être aigrie et acariâtre, j'ai aimé suivre cette femme dans sa rébellion juvénile puis dans sa détermination et enfin dans l'acceptation de sa maturité. Je n'ai pas encore vécu toutes les étapes de la vie de Kristin, mais j'ai aimé ce portrait de femme que j'ai senti juste, dans lequel je me suis par moments retrouvée, malgré la distance dans l'espace et dans le temps.
J'ai surtout aimé ce caractère indomptable et courageux, qui assume ses choix jusqu'au bout, qui ne regarde pas en arrière et ne se lamente jamais, qui assume aussi son individualité dans une société où elle pourrait se laisser dicter sa conduite, conscience de ses aspirations, de ses doutes, de sa force propre. Certaines réflexions font penser qu'elle pourrait se laisser cantonner à son rôle de femme, ne se mêlant pas par exemple de politique. Mais est-ce parce que c'est une affaire d'hommes ou parce qu'elle a son propre royaume à gérer, le domaine d'Husaby, l'avenir de ses enfants, et que c'est son choix de ne pas se mêler de ces vaines querelles. Kristin sait composer entre ce qu'elle est et la société où elle évolue pour être la femme qu'elle veut être et, au-delà des siècles, c'est une attitude qui a résonné en moi, un modèle dont je pourrais m'inspirer à un moment de ma vie où je jongle entre les différents rôles que je dois ou veux assumer et où les conséquences de mes choix passés ou récents se montrent dans toute leur irréversibilité.
Il m'est bien difficile de faire une note de lecture de ce livre qui aille au-delà de l'enthousiasme, car je ne saurais dire exactement pourquoi j'ai aimé ce livre. le style est fluide, les descriptions belles, les personnages complexes et fouillés, mais tout cela me paraît bien plat, et certainement pas à la hauteur du plaisir que j'ai pris à cette lecture. Peut-être est-ce cet équilibre subtil que Sigrid Undset a su trouver entre d'une part un monde dont elle nous fait partager le quotidien mais que l'on sait hors d'atteinte (s'élancer à skis à travers les montagnes enneigées, s'asseoir au bord d'une rivière impétueuse, filer patiemment la laine pendant la veillée ou apprendre de sa mère comment brasser la bière) et d'autre part un personnage dont j'ai pu me sentir proche malgré nos chemins de vie bien différents, dont le caractère fort et complexe m'a montré une voie possible, m'a fait me pencher sur ma propre vie et m'interroger sur mes propres choix.
Une très belle lecture, une superbe découverte d'un auteur que j'espère pouvoir retrouver d'ici peu, et dont j'espère que les autres écrits dégageront la même force et m'emporteront tout autant dans un monde à la fois si loin et si proche du mien.
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Rhodopsine
  14 juillet 2013
Challenge Nobel 2013
Je referme avec tristesse le livre de Sigrid Undset: par la magie du texte, Kristin s'est incarnée, j'ai partagé ses joies, ses doutes... Voilà une femme qui a vécu (je sais, dans mon imagination seulement...) il y a sept cents ans, en Norvège, qui a bravé son père, l'Eglise et son honneur pour épouser l'homme qu'elle a choisi, qui a mis au monde huit fils,... Rien donc qui puisse me permettre de dire: cette femme est mon amie, ma soeur, moi-même. Et pourtant si, Kristin Lavransdatter est bien plus qu'un personnage de roman. Dès l'enfance, elle est marquée par l'influence de l'Eglise, la piété de ses parents, les pénitences et les jeûnes, mais aussi la charité, l'acceptation du destin: le poids de la religion imprègne tout dans la vie en 1300. Cette éducation marquée par les convenances, l'honneur, la crainte de l'Enfer rend d'autant plus héroïque la volonté de la jeune fille de braver son père. Erlend,le séducteur prodigue, prend une voie inattendue, et montre une grande noblesse de caractère lorsque la lâcheté des ses alliés le laisse seul à endosser la responsabilité d'un échec.
Tous les personnages évoluent ainsi de page en page: la mère de Kristin cache une part d'ombre, ses propres fils, enfants turbulents, puis adolescents au caractère affirmé, s'opposent parfois à leur mère en lui témoignant malgré tout respect et amour, Simon lui aussi, amoureux digne, est un homme que j'aurais aimé avoir pour ami.
Pouvoir se reconnaître ainsi dans tant de traits, dans les joies (le nourrisson tenu dans les bras de sa mère), les disputes (les sous-entendus, les rancunes tenaces entre les époux), les chagrins, le bonheur des retrouvailles, pouvoir partager aussi la vie quotidienne dans des tâches que je n'effectuerai jamais (filer le lin, brasser la bière, traverser les montagnes à cheval...) et aussi pouvoir voyager en Norvège, écouter la rivière, frémir devant la tempête, remonter le temps: c'est peut-être la meilleure réponse à ceux qui trouvent que la lecture est une perte de temps...
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Bruidelo
  29 mai 2018
La 4ème de couv met l'accent sur la dimension passionnelle de l'amour de Kristin pour le bel Erlend, ce séduisant bad guy qui l'amène à refuser le mariage que son père bien-aimé avait arrangé. Il ne faudrait pas pour autant s'attendre à un romanesque échevelé, à une écriture exaltée, romantisant la passion amoureuse - Non, ce qui m'a impressionnée, c'est plutôt l'épaisseur très particulière des personnages et de l'univers du roman. J'ai beaucoup aimé cette immersion dans l'intimité de cette femme, de ce couple, dans ce monde si dépaysant du Moyen Âge scandinave, nous offrant à la fois le plaisir de la découverte, des aspects surprenants d'un contexte historique peu connu, et d'une grande proximité avec des personnages qui vivent dans une société bien différente de la nôtre.
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5Arabella
  04 août 2016

1) La couronne / traduit par E. Avenard
2) La maîtresse de Husaby / traduit par E. Avenard
3) La croix / traduit par T. Hammar et M. Metzger

Cette immense fresque composée de trois romans nous entraîne en Norvège au XIV siècle et nous conte la vie de Kristin, dès ses premiers souvenirs d'enfance jusqu'à sa mort. Elle est la fille aînée d'un riche propriétaire terrien, mi grand seigneur, et mi paysan. Un très grand amour uni Kristin, à Lavrans son père, en qui elle voit une sorte d'idéal absolu, impossible à dépasser, et qui va lui servir d'aune durant toute sa vie pour juger le bien et le mal.
Mais elle va trahir ce père, et fuir l'avenir sûr qu'il lui a préparé au côté du fiancé qu'il lui a choisi, le sage et bon Simon. le deuxième grand amour de sa vie, après son père, ce sera Erlend, le noble et beau Erlend, terriblement séduisant, mais irresponsable et irréfléchi, l'éternel adolescent charmeur qui semble attirer les ennuis. Lui et Kristin vont se marier et surtout vivre un grand amour passion, plein d'orages et de discordes, aussi incapables de vivre ensemble, que de vivre l'un sans l'autre, et surtout avec quelqu'un d'autre. Il y aura leurs nombreux enfants, leurs divers parents, les désastreuses menées politiques d'Erlend, la vie quotidienne à la ferme seigneuriale, la vie de cour. Toutes les joies et les peines d'une vie, riche et intense, d'une personnalité hors du commun. Kristin est une femme dotée d'une très forte personnalité, complexe, et contradictoire parfois. Pleine de douceur, généreuse, intelligente, pétrie de bons sens, mais à d'autres moments colérique, impétueuse, rancunière et mesquine.
Et tous les autres personnages sont aussi riches et attachants, aucun n'est ni tout blanc ni tout noir, ils ont leurs zones d'ombres et de lumières. Ils sont très nombreux, impossible de les citer même partiellement. J'ai une tendresse particulière pour Aashild, la tante d'Erlend, jadis mariée à un homme riche et puissant, qu'elle a selon la rumeur populaire assassiné, pour suivre son jeune amant. Elle a en tous les cas abandonné ses enfants pour se marier avec ce Bjoern, et vivre avec lui dans la pauvreté sur un petit domaine. Soupçonnée de sorcellerie, c'est vers elle que les gens se tournent lorsque les prières ne suffisent plus. Elle a gardé le maintient et les manières d'une grande dame.
Tout cela en plein moyen-âge, avec la prédominance de la religion, qui n'a pourtant pas encore réussi complètement à éradiquer toutes les croyances et pratiques ancestrales, vers lesquelles les gens se tournent quand le malheur rôde. En arrière fond les événements historiques de l'époque, les rois dont Erlend est un lointain parent comme personnages secondaires. Mais ce n'est pas le plus prégnant dans ces romans, le plus essentiel sont la vie quotidienne et le ressenti des gens, et ceux-là ont peu changés dans les siècles qui nous séparent des personnages de Kristin Lavransdatter, même si les façons de vivre, de manger, de se vêtir ou autres détails de la vie de tous les jours, que Sigrid Undset restitue d'une façon très précise et très vivante, ont beaucoup varié quand à eux.
Ces livres sont extrêmement romanesques, il se passe tout le temps pleins de choses, entre complots politiques, rixes, morts d'hommes, maladies, enlèvements, très faciles et agréables à lire. le style de Sigrid Undset est fait de sobriété et de mesure, plutôt que de nous dépeindre avec force adjectifs la personnalité de tel ou de tel, elle nous décrit brièvement un acte du personnage, et nous le montre en quelque sorte sur le vif. C'est concis et frappant, comme certaines vieilles sagas, Sigrid Undset en a d'ailleurs traduit certaines.
On ne s'ennuie pas un instant, malgré la longueur du texte, mais en même temps, l'auteur pose plein de questions capitales, auxquelles elle ne répond d'ailleurs pas forcement, et surtout pas de façon univoque. Une oeuvre d'une grande richesse qu'une seule lecture ne saurait épuiser.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   10 septembre 2014
Elle avait accepté comme sa destinée – destinée qu’elle devait supporter patiemment et sans fléchir – que cela reposât sur elle. De même, elle s’était efforcée d’être patiente et d’accepter sans faiblir les conditions de sa vie chaque fois qu’elle avait senti qu’elle portait un nouvel enfant dans ses entrailles – toujours et toujours. À chaque fils qui augmentait la petite bande, elle avait senti qu’elle était de plus en plus responsable de l’aisance et de la sécurité de la famille. Elle se rendit compte ce soir que sa faculté de tout surveiller, sa vigilance avaient aussi augmenté à chaque nouvel enfant qu’elle avait à élever. Jamais elle n’avait vu aussi clairement que ce soir ce que le destin avait exigé d’elle et ce qu’il lui avait offert avec ses sept fils. Sans cesse la joie qu’ils lui donnaient avait revivifié les pulsations de son cœur, comme les angoisses à leur sujet l’avaient déchirée. Ils étaient ses enfants, ces grands garçons aux corps maigres et anguleux, comme ils l’avaient été lorsqu’ils étaient si petits et potelés qu’ils pouvaient difficilement se faire mal en culbutant dans leurs voyages entre le banc et ses genoux. Ils étaient à elle comme à l’époque où elle les prenait dans leur berceau pour leur donner le sein et où elle devait soutenir leur tête qui pendant à leur cou frêle comme une campanule bleue pend à sa tige. Que deviendraient-ils en ce monde, où s’en iraient-ils, oublieux de leur mère ? Il lui semblait que leur vie serait pour elle un mouvement de sa propre vie ; ils ne feraient qu’un avec elle comme cela avait été lorsque, seule sur terre, elle avait conscience de la vie nouvelle dissimulée en elle, qui buvait son sang et à qui elle devait la pâleur de ses joues. Toujours elle avait éprouvé l’angoisse qui consume et qui baigne de sueur, lorsqu’elle avait senti que de nouveau l’heure était proche où elle allait être engloutie par la lame de fond de l’enfantement… jusqu’au moment où elle remonterait à la surface avec un nouvel enfant dans les bras, combien plus riche, plus forte et plus courageuse après chaque naissance, cela, elle le comprenait ce soir pour la première fois.
(p. 655-656, Chapitre 4, Partie 3, “Erlend Nikulaussoen” Tome 2, “La maîtresse de Husaby”).
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Gwen21Gwen21   28 janvier 2017
Pour aucune autre il n'avait éprouvé de l'amour. Ingunn, la femme de Karl de Bru ? Laurent rougit dans les ténèbres de la grange. Il avait toujours habité chez eux quand il descendait dans la vallée. Pas une seule fois il n'avait parlé dans une chambre à part avec la maîtresse de maison. Mais quand il la voyait, quand il pensait simplement à elle, il respirait quelque chose comme la première odeur des terres au printemps, dès que la neige s'en est allée. Il le savait maintenant : cela aurait pu lui arriver, à lui aussi - lui aussi aurait pu aimer.
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raton-liseurraton-liseur   08 septembre 2014
C’était le cinquième jour après la Saint-Halvard. Une pluie douce tombait sans arrêt. Lorsque Kristin sortit dans la cour, elle sentit, apportée par le souffle doux du vent de sud, l’odeur de terre des champs fraîchement labourés et fumés. Le pays était brun sous la pluie de printemps ; l’air bleuissait entre les hautes montagnes et le brouillard montait à mi-hauteur sur les pentes. De petites clochettes tintaient dans les bosquets le long du fleuve gris qui coulait à pleins bords : dehors le troupeau de chèvres broutait les rameaux bourgeonnants. Ce temps qui avait toujours réjoui le cœur de son père, c’était la fin de l’hiver et du froid pour les gens et pour les bêtes ; on délivrait les troupeaux de leurs étroites et sombres étables et de leur trop frugale alimentation.
(p. 589, Chapitre 8, Partie 2, “Husaby”, Tome 2, “La maîtresse de Husaby”).
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Gwen21Gwen21   14 janvier 2017
Elle savait que dans la sauvage forêt rôdaient le loup et l'ours et que sous chaque pierre demeurait le peuple des génies, des lutins et des elfes, et cela lui faisait peur, car personne n'en connaissait le nombre, mais il devait y en avoir bien des fois plus que de chrétiens.
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BruideloBruidelo   30 mai 2018
Elle eut comme une vision du monde: une chambre sombre dans laquelle tombait un rai de soleil; les grains de poussière dansaient entre les ténèbres et la lumière, et elle sentait que maintenant enfin elle était entrée dans le rai lumineux.
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