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EAN : 9782234060135
1176 pages
Stock (11/04/2007)
4.24/5   104 notes
Résumé :
Kristin Lavrandsdatter défie l'autorité du père adoré quand elle refuse d'épouser l'homme que celui-ci a choisi pour elle. En effet, elle aime Erlend, le chevalier au passé scandaleux. Mais le couple que forment Kristin et Erlend va connaître des orages. La jeune femme, amante passionnée à seize ans, épouse et mère à dix-sept , se retrouve maîtresse du domaine de Husaby. Très vite elle va apprendre à le diriger, à devenir celle sur qui tous et toutes reposent. Jusqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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Soyons clairs : j'ai adoré cette grande fresque qui m'a fait rencontrer ma nouvelle amie, Kristin Lavransdatter, dans la Norvège du XIVe siècle !

Adoré est d'ailleurs un terme trop générique, dans la mesure où mes sentiments ont beaucoup évolué au fil du livre, suivant ceux de l'héroïne : au début, j'étais emballée et exaltée comme la jeune fille qui vit ses premiers émois. Puis vint le temps ambivalent de l'âge adulte, où j'étais tiraillée entre agacements et grands élans d'amour et de générosité. Et à la fin j'ai connu l'apaisement, cette sagesse matinée d'un léger ennui et ponctuellement de morceaux de bravoure. Bref, toute une vie dans un livre...

À la fois roman historique foisonnant, histoire d'une grande passion et beau portrait de femme, Kristin Lavransdatter a de quoi séduire de nombreux amateurs du genre (ou plutôt des genres)... Mais le livre vaut aussi, et surtout, par la justesse de la psychologie des personnages et des situations. Aussi loin et différents de nous soient-ils, nous pouvons tous nous retrouver en eux. Ainsi des disputes lourdes de reproches non-dits entre Kristin et Erlend, où je me suis reconnue à ma grande honte... Ou encore du chemin des enfants, tâtonnant entre héritage, loyauté, fidélité... et leurs aspirations propres. Tout cela est remarquablement observé et décrit, d'où un écho très fort en nous.

Que dire de plus ? Il y a de la poésie dans le style, les paysages de fjords ou de montagnes et la vie simple rythmée par l'amour, la religion et les petites tâches du quotidien. On peut se perdre un peu à la fin entre les très nombreux personnages qui portent tous plus ou moins les mêmes noms, mais cela participe du charme de ce roman. Et, après chaque interruption, il suffit de quelques pages pour replonger dans cet univers violent et doux.

En conclusion, moi Alexia Raymonsdatter, souhaite remercier chaleureusement Gwen Vingtetunsdatter pour cette belle découverte faite dans le cadre du challenge Nobel !
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L'histoire de Kristin, une Norvégienne du moyen-âge, un roman de l'autrice qui a reçu le Nobel de littérature en 1928.

Écrit au début du 20e siècle, c'est à la fois un roman historique et une grande saga féminine. Avec une écriture tout à fait moderne, le roman raconte la famille, la jeunesse, les amours, les grossesses et le rôle de mère pour ses nombreux enfants, et même dans la troisième partie, accepter que ses enfants deviennent grands et l'abandonnent. Cette histoire de Kristin est la partie intéressante du roman, des émotions et des réflexions qui transcendent les époques.

Il sera aussi beaucoup question de religion, de péchés à expier, de prières et de sacrifices pour sauver les âmes. Des principes de justice et de grande générosité, mais aussi quelques longueurs. Mais c'est toutefois représentatif de la lourdeur de la chape sociale de la religion que des événements comme une éclosion de peste noire viennent stimuler.

L'autre aspect un peu difficile est celui du climat politique, les tractations pour changer de roi, les expéditions guerrières et les alliances des grandes parentés, le cousin du cousin, le fils naturel ou la demi-soeur adoptive, tout ça avec des prénoms et des noms qui se répètent et qui ne nous sont pas familiers.

Une série de romans qui demande parfois un peu de patience, mais qui valent la peine d'être lus, pour la personnalité tourmentée et le courage de Kristin, le décor de la nature norvégienne et le dépaysement du moyen-âge.
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Quelle épopée ! Pas de combat contre des dragons ou des armées invincibles, pas de quête du Graal, mais c'est tout de même bien d'une épopée qu'il s'agit. Celle d'une femme, Kristin Lavransdatter, qui, de la sortie de l'enfance jusqu'à son entrée dans la vieillesse, trace son chemin entre les codes de sa société, ses aspirations personnelles et ses interrogations spirituelles. Une belle fresque dans la Norvège du XIVème siècle, qui a emporté la lectrice que je suis au long cours de ses mille et quelques pages.
Si une partie du second tome m'a paru un peu moins intéressante parce que trop centrée sur la religion et tournant un peu en rond, lorsque Kristin voudrait être une femme et une mère bonne et aimante mais ne sait qu'être aigrie et acariâtre, j'ai aimé suivre cette femme dans sa rébellion juvénile puis dans sa détermination et enfin dans l'acceptation de sa maturité. Je n'ai pas encore vécu toutes les étapes de la vie de Kristin, mais j'ai aimé ce portrait de femme que j'ai senti juste, dans lequel je me suis par moments retrouvée, malgré la distance dans l'espace et dans le temps.
J'ai surtout aimé ce caractère indomptable et courageux, qui assume ses choix jusqu'au bout, qui ne regarde pas en arrière et ne se lamente jamais, qui assume aussi son individualité dans une société où elle pourrait se laisser dicter sa conduite, conscience de ses aspirations, de ses doutes, de sa force propre. Certaines réflexions font penser qu'elle pourrait se laisser cantonner à son rôle de femme, ne se mêlant pas par exemple de politique. Mais est-ce parce que c'est une affaire d'hommes ou parce qu'elle a son propre royaume à gérer, le domaine d'Husaby, l'avenir de ses enfants, et que c'est son choix de ne pas se mêler de ces vaines querelles. Kristin sait composer entre ce qu'elle est et la société où elle évolue pour être la femme qu'elle veut être et, au-delà des siècles, c'est une attitude qui a résonné en moi, un modèle dont je pourrais m'inspirer à un moment de ma vie où je jongle entre les différents rôles que je dois ou veux assumer et où les conséquences de mes choix passés ou récents se montrent dans toute leur irréversibilité.

Il m'est bien difficile de faire une note de lecture de ce livre qui aille au-delà de l'enthousiasme, car je ne saurais dire exactement pourquoi j'ai aimé ce livre. le style est fluide, les descriptions belles, les personnages complexes et fouillés, mais tout cela me paraît bien plat, et certainement pas à la hauteur du plaisir que j'ai pris à cette lecture. Peut-être est-ce cet équilibre subtil que Sigrid Undset a su trouver entre d'une part un monde dont elle nous fait partager le quotidien mais que l'on sait hors d'atteinte (s'élancer à skis à travers les montagnes enneigées, s'asseoir au bord d'une rivière impétueuse, filer patiemment la laine pendant la veillée ou apprendre de sa mère comment brasser la bière) et d'autre part un personnage dont j'ai pu me sentir proche malgré nos chemins de vie bien différents, dont le caractère fort et complexe m'a montré une voie possible, m'a fait me pencher sur ma propre vie et m'interroger sur mes propres choix.
Une très belle lecture, une superbe découverte d'un auteur que j'espère pouvoir retrouver d'ici peu, et dont j'espère que les autres écrits dégageront la même force et m'emporteront tout autant dans un monde à la fois si loin et si proche du mien.
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J'ai mis plus d'un mois à passer au travers de la vie moyenâgeuse de Kristin Lavransdatter.
L'histoire débute en 1306, à Joerundgaard. Tout au long de cette brique de 1200 pages, où il y a trois livres réunis : la couronne, la maîtresse de Husaby et la croix, nous suivons les péripéties de Kristin et de son amour de toujours, Erlend Nikulaussoen.

Les saisons se vivent au gré des fêtes saintes, de la Saint-Barthélemy à la Saint-Michel, des fêtes de Noël aux fêtes de Pâques. Je crois bien que l'on doit voir passer tous les saints du calendrier au fil des années. La religion et le clergé sont très présents et rythment les naissances, les mariages, les décès. Les rites animistes des peuples du nord sont évoqués à l'occasion. On croise des chevaliers, des pêcheurs, des chasseurs, au fil des saisons qui passent. On voyage à ski, à cheval, en chaloupe; le long des fjords et dans les Dofrines. En ville ou en campagne, la vie en Norvège et par extension en Suède, est relatée de long en large. Politique, religion, tout y passe et il faut donner un coup de roue pour les noms imprononçables. Ce livre se mérite. Il y a des embûches mais aucune infranchissable tant le talent de conteur de l'auteure est énorme. Une alternance des semailles et des moissons dans une vie.

Sigrid Undset, prix Nobel de littérature en 1928, explore la vie norvégienne au moyen-âge et met la foi religieuse à l'avant plan. C'est pourquoi Kristin Lavransdatter est un personnage aussi fort car l'auteure la décrit comme une femme qui sort du lot, qui ose vivre sa vie et sa passion pour un homme qui n'est pas celui choisi par son père. Elle devra s'occuper du domaine familial, souvent toute seule, car son époux préfère la vie dissolue, remplie de manigances politiques.

Cette époque est rude, et l'auteure fait de magnifiques descriptions de la nature qui ravage mais aussi celle qui guérit, qui nourrit et qui peut être si douce.
« Des bois et des collines venaient de douces odeurs et, dès que le soleil s'est couché, une buée forte, fraîche, aigrelette des sucs et des fruits de la terre se répandait. On eût dit que la terre soupirait longuement, apaisée. »

Ce livre est une saga, y pénétrer, c'est un peu entrer dans les ordres. Rencontrer Kristin, c'est se faire une nouvelle amie. Une femme fière, forte, une mère qui donnerait sa vie pour ses enfants.
« Au loin quelques vaches faisaient tinter leurs clochettes, la rivière bruissait sourdement et, de la forêt, montait un soupir profond dans l'air chaud du jour, Kristin tremblait d'émotion dans ce silence. Son désir la poussait en avant, ses regrets la tiraient en arrière. »

Cette épopée légendaire restera ma fidèle alliée si mon projet de voyage en Norvège se concrétise. Il doit rester quelques traces du passage de Kristin, et les descriptions puissantes de la vie norvégienne sont ancrées dans ma mémoire. de plus, j'irai plus vite en voiture qu'à cheval, un bon point pour la modernité!
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Challenge Nobel 2013
Je referme avec tristesse le livre de Sigrid Undset: par la magie du texte, Kristin s'est incarnée, j'ai partagé ses joies, ses doutes... Voilà une femme qui a vécu (je sais, dans mon imagination seulement...) il y a sept cents ans, en Norvège, qui a bravé son père, l'Eglise et son honneur pour épouser l'homme qu'elle a choisi, qui a mis au monde huit fils,... Rien donc qui puisse me permettre de dire: cette femme est mon amie, ma soeur, moi-même. Et pourtant si, Kristin Lavransdatter est bien plus qu'un personnage de roman. Dès l'enfance, elle est marquée par l'influence de l'Eglise, la piété de ses parents, les pénitences et les jeûnes, mais aussi la charité, l'acceptation du destin: le poids de la religion imprègne tout dans la vie en 1300. Cette éducation marquée par les convenances, l'honneur, la crainte de l'Enfer rend d'autant plus héroïque la volonté de la jeune fille de braver son père. Erlend,le séducteur prodigue, prend une voie inattendue, et montre une grande noblesse de caractère lorsque la lâcheté des ses alliés le laisse seul à endosser la responsabilité d'un échec.
Tous les personnages évoluent ainsi de page en page: la mère de Kristin cache une part d'ombre, ses propres fils, enfants turbulents, puis adolescents au caractère affirmé, s'opposent parfois à leur mère en lui témoignant malgré tout respect et amour, Simon lui aussi, amoureux digne, est un homme que j'aurais aimé avoir pour ami.
Pouvoir se reconnaître ainsi dans tant de traits, dans les joies (le nourrisson tenu dans les bras de sa mère), les disputes (les sous-entendus, les rancunes tenaces entre les époux), les chagrins, le bonheur des retrouvailles, pouvoir partager aussi la vie quotidienne dans des tâches que je n'effectuerai jamais (filer le lin, brasser la bière, traverser les montagnes à cheval...) et aussi pouvoir voyager en Norvège, écouter la rivière, frémir devant la tempête, remonter le temps: c'est peut-être la meilleure réponse à ceux qui trouvent que la lecture est une perte de temps...

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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Elle avait accepté comme sa destinée – destinée qu’elle devait supporter patiemment et sans fléchir – que cela reposât sur elle. De même, elle s’était efforcée d’être patiente et d’accepter sans faiblir les conditions de sa vie chaque fois qu’elle avait senti qu’elle portait un nouvel enfant dans ses entrailles – toujours et toujours. À chaque fils qui augmentait la petite bande, elle avait senti qu’elle était de plus en plus responsable de l’aisance et de la sécurité de la famille. Elle se rendit compte ce soir que sa faculté de tout surveiller, sa vigilance avaient aussi augmenté à chaque nouvel enfant qu’elle avait à élever. Jamais elle n’avait vu aussi clairement que ce soir ce que le destin avait exigé d’elle et ce qu’il lui avait offert avec ses sept fils. Sans cesse la joie qu’ils lui donnaient avait revivifié les pulsations de son cœur, comme les angoisses à leur sujet l’avaient déchirée. Ils étaient ses enfants, ces grands garçons aux corps maigres et anguleux, comme ils l’avaient été lorsqu’ils étaient si petits et potelés qu’ils pouvaient difficilement se faire mal en culbutant dans leurs voyages entre le banc et ses genoux. Ils étaient à elle comme à l’époque où elle les prenait dans leur berceau pour leur donner le sein et où elle devait soutenir leur tête qui pendant à leur cou frêle comme une campanule bleue pend à sa tige. Que deviendraient-ils en ce monde, où s’en iraient-ils, oublieux de leur mère ? Il lui semblait que leur vie serait pour elle un mouvement de sa propre vie ; ils ne feraient qu’un avec elle comme cela avait été lorsque, seule sur terre, elle avait conscience de la vie nouvelle dissimulée en elle, qui buvait son sang et à qui elle devait la pâleur de ses joues. Toujours elle avait éprouvé l’angoisse qui consume et qui baigne de sueur, lorsqu’elle avait senti que de nouveau l’heure était proche où elle allait être engloutie par la lame de fond de l’enfantement… jusqu’au moment où elle remonterait à la surface avec un nouvel enfant dans les bras, combien plus riche, plus forte et plus courageuse après chaque naissance, cela, elle le comprenait ce soir pour la première fois.
(p. 655-656, Chapitre 4, Partie 3, “Erlend Nikulaussoen” Tome 2, “La maîtresse de Husaby”).
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Pour aucune autre il n'avait éprouvé de l'amour. Ingunn, la femme de Karl de Bru ? Laurent rougit dans les ténèbres de la grange. Il avait toujours habité chez eux quand il descendait dans la vallée. Pas une seule fois il n'avait parlé dans une chambre à part avec la maîtresse de maison. Mais quand il la voyait, quand il pensait simplement à elle, il respirait quelque chose comme la première odeur des terres au printemps, dès que la neige s'en est allée. Il le savait maintenant : cela aurait pu lui arriver, à lui aussi - lui aussi aurait pu aimer.
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C’était le cinquième jour après la Saint-Halvard. Une pluie douce tombait sans arrêt. Lorsque Kristin sortit dans la cour, elle sentit, apportée par le souffle doux du vent de sud, l’odeur de terre des champs fraîchement labourés et fumés. Le pays était brun sous la pluie de printemps ; l’air bleuissait entre les hautes montagnes et le brouillard montait à mi-hauteur sur les pentes. De petites clochettes tintaient dans les bosquets le long du fleuve gris qui coulait à pleins bords : dehors le troupeau de chèvres broutait les rameaux bourgeonnants. Ce temps qui avait toujours réjoui le cœur de son père, c’était la fin de l’hiver et du froid pour les gens et pour les bêtes ; on délivrait les troupeaux de leurs étroites et sombres étables et de leur trop frugale alimentation.
(p. 589, Chapitre 8, Partie 2, “Husaby”, Tome 2, “La maîtresse de Husaby”).
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Pourquoi ris-tu?
– C’est que je me rappelle une chose que dame Aashild a dite un jour, répondit Kristin. Je n’étais alors qu’une enfant, mais c’était à peu près ceci : que les bons jours échoient aux gens raisonnables, mais que les meilleurs jours sont la récompense de celui qui a le courage d’être fou.
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Il se souvenait qu’adolescent il éprouvait par moment une telle tendresse pour sa petite sœur qu’il était comme forcé de la lui témoigner. Il se mettait alors à la taquiner, lui tirait les nattes, lui pinçait les bras! Il ne savait pas, eût-on dit, montrer son affection autrement que par une attitude odieuse.
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