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Critique de Tachan


Tachan
  25 septembre 2018
En bonne fan de Naoki Urasawa, je reviens vous parler de sa dernière oeuvre en date parue en France en collaboration avec le musée du Louvre : Mujirushi : le signe des rêves. Dans la lignée de ce qu'on fait d'autres de ses confrères (Jirô Taniguchi , Hirohiko Araki, Taiyou Matsumoto), Naoki Urasawa signe un titre qui lui ressemble et qui en même temps est avant tout là pour faire l'apologie d'un lieu emblématique de notre pays : le musée du Louvre, et ça se ressent…

En effet, nous ne sommes pas en présence d'un titre majeur du mangaka mais plutôt d'un exercice de style où il cherche comment mêler les thèmes qu'il aime tant à l'exigence de ce projet de commande. On se retrouve ainsi avec un titre un peu bâtard où l'on a bien le style Urasawa mais en version ultra rapide, concise et superficielle, le tout dans un cadre rempli de clichés sur la France, Paris et le Louvre encore une fois.

Si je comprends le dernier point car il est question de donner envie au potentiel touriste japonais, je suis un peu plus déçue par le premier. Urasawa ne fait preuve d'aucune originalité. Il fait ce qu'il sait faire, certes il le fait bien, mais on est en droit d'attendre un peu plus. Les dessins et la narration sont soignés, normal pour un auteur avec une telle carrière, mais l'histoire est bateau et bien trop facile.

Nous suivons une nouvelle fois une enfant dont le père l'amène d'une galère à une autre à cause des mauvais choix qu'il fait. Vous avez une impression de déjà-vu ? Allez relire Happy ! ^^ En effet, Naoki Urasawa recycle la figure du père peu fiable voire carrément looser et magouilleur, pour le confronter au regard perspicace d'une fillette bien trop mature pour son âge. Si le duo fonctionne au final assez bien, il n'a rien d'original et on en vient très vite à plaindre cette pauvre gamine balloté des conséquences d'une mauvaise idée à l'autre.

Ce duo-père fille va vivre des aventures on ne peut plus rocambolesques complètement surréalistes, mais en soi ça ne m'a pas gênée, c'est aussi ce qui fait le sel des dernières séries de l'auteur. Au contraire, j'ai trouvé original dans un manga de voir des héros en passe de réaliser une belle escroquerie, ça change. La seule chose qui me dérange, c'est que vu le principe de l'oeuvre, il est impossible pour le mangaka de vraiment développer son oeuvre et son propos et qu'on s'en tient ainsi à des lieux communs et une intrigue développée beaucoup trop rapidement pour être creusée. Il manque clairement des pages pour un auteur comme Urasawa qui aime s'étaler sur des tomes et des tomes. On ne retient ainsi qu'une impression de vacuité et de facilité excessive, dommage.

Dernier point noir que je ne peux pas m'empêcher de soulever, c'est la mauvaise idée d'utiliser un personnage humoristique créé par le dessinateur d'humour Akatsuka Fujio dans les années 1960. Il est juste insupportable par ses tics de langage qui ont vraiment pourri ma lecture sur un bon tiers du tome, au point que j'essayais de les sauter sans y parvenir… Horrible !

Bilan, le signe des rêves est bel et bien une oeuvre de commande où Urasawa ne se foule pas trop. Il réutilise ce qu'il sait faire vite fait bien fait sans apporter ce qui pourrait en faire une oeuvre originale à retenir. On a donc un titre bien fait mais sans âme pour le moment. Dommage vu le prix et la qualité de l'objet livre, dont au passage j'ai fait le choix d'acquérir la première édition et non le coffret regroupant les 2 tomes qui doit sortir après car celui-ci est honteusement cher au vu du contenu…
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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