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ISBN : 2882501692
Éditeur : Noir sur blanc (09/04/2009)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
En jetant ses personnages dans la Roumanie de 1916, occupée par les Puissances centrales, Eugen Uricaru nous les montre faibles et nus sous l'orage, plus dignes de compassion que d'être jugés, trop hâtivement partagés en héros et en lâches. Point ici de "mal absolu", mais la forme ancienne, et récurrente, de l'arbitraire qui s'abat sur les peuples. On souffre, on est écrasé, mais jamais la vie quotidienne ne s'arrête: on grandit, on s'aime, on travaille pour son pai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Tandarica
  12 avril 2015
Tsepeneag étant devenu postmoderne, il restait à trouver quelqu'un qui écrive des romans oniriques : c'est cet adjectif qui qualifie le mieux pour moi celui d'Eugen Uricaru. Pour parler « Weltliteratur », c'est comme s'il prenait la suite (longtemps après) du Heinrich von Ofterdingen de Novalis, ironie majeure en parlant d'occupation allemande.
Ermil est un adolescent du village de Râmnic. Il est amoureux de sa cousine Sophie Vasiliu, avec laquelle il se baigne nu. Mais il a aussi un oncle, le comédien Leonidas Soroceanu, spécialiste des seconds rôles, qui des années plus tôt a suivi le cirque de Carlo Merlin et y a connu Grazia, dont il était amoureux, une apprentie cartmancienne. La Roumanie est en guerre contre l'Allemagne et se fait laminer, comme l'unité de cavalerie du lieutenant Luca Demian, à la mitrailleurse. Le vice-préfet de police Tanase Berzea organise la collaboration à Bucarest avec le colonel Hentsch. En vacances, il a rencontré Sophie Vasiliu et remarqué sa ressemblance avec Grazia, dont il a, lui aussi, été amoureux. Leonidas Soroceanu le connaît et essaye d'user de son appui pour placer Ermil dans le journal de Constantin Stere. Mais l'occupation des forces de Mackensen change tout : en essayant de lui rendre visite, ils tombent sur Vergil, ex du cirque Merlin et un peu fêlé, qui les égare et prédit la mort et le typhus. Pendant ce temps, Sophie est sauvée des vaches en furie par Rolf Timmermann, vétérinaire et militaire allemand. Elle sauve Luca Demian, blessé, et le fait soigner par Rolf, le faisant passer pour son cousin. Les Allemands la démasquent et incendient sa maison. Demian organise un groupuscule résistant, tue des Allemands à chaque fois qu'il peut et prend possession du village de Gherani. Malgré l'opposition du maire, Niculai Branea, il « provoque » l'attaque allemande. Mais celle-ci consiste simplement à démolir entièrement le village au canon. Berzea confie à Soroceanu la mission de ramener Sophie à Bucarest, pour connaître l'avenir. Mais Soroceanu est capturé à Gherani avec Branea, qui s'échappe. Il est tué en représailles, pour compléter le nombre d'otages à exécuter. Il semblerait qu'il ait le typhus. Ermil séduit Raïssa, qui habite dans la maison de l'oncle mais est amoureuse de sa colocataire Myriam. Ils passent à l'acte. À la fin, Myriam meurt du typhus, Raïssa est malade, Ermil est mis en quarantaine.
Le roman est postmoderne, dans la mesure où l'auteur intervient fréquemment. Mais c'est aussi un roman historique un peu comme Le Nom de la rose d'Umberto Eco. Dans l'ensemble, c'est solide, ancré certainement dans un travail de recherche, qu'agrémente une part de fantastique. Le thème de base, c'est la dénonciation de l'horreur sans partage de la guerre, à tel point qu'on ne sait plus trop qui sont les barbares exactement et qui devient barbare ou pas. L'autre thème, c'est la manière que nous avons de créer des fictions pour nous rendre la vie supportable.
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Francharb3
  19 septembre 2014
Commençons par le titre : en roumain, littéralement "En attendant les barbares", ce qui nuance tout de même singulièrement sa traduction. Dans la guerre, ici la seconde guerre mondiale en Roumanie, qui sont les barbares, qui sont ceux qui le deviennent ? En dehors de la certitude de l'horreur, et de la naïveté initiale des combattants, peu de certitudes percent. Berzea, le haut fonctionnaire, n'a guère le choix qu'entre la collaboration et le chaos. L'ensemble se tient, comporte même quelques scènes profondément marquantes, comme le massacre d'une division de cavalerie à la mitrailleuse. L'usage du fantastique conforte efficacement cette impression d'irréalité que l'on peut avoir devant l'horreur, l'écroulement, disons devant un événement que l'on savait possible mais dont on n'osait contempler l'éventualité. Au début, sa réalisation est insoutenable, alors on s'évade, on l'élude par tous les moyens possibles. Puis le quotidien reprend son cours : on a tous des enfants à nourrir, une guerre à terminer, que sais-je ? Dans l'intervalle, même des moments de beauté, de révélation, essentiellement dans l'inconscience...
Dans une construction polyphonique, Uricaru montre efficacement la vanité de l'horreur, au point que l'on saisit l'objet du titre : écrire c'est juste la dénoncer en attendant son prochain avatar. Vanité des vanités, tout est vanité.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
TandaricaTandarica   19 avril 2015
Le vrombissement du moteur l'assourdit, il fut noyé dans les gaz d'échappement bleuâtres et suffocants. L'automobile s'éloigna dans la seule rue déneigée de Bucarest, et ce uniquement parce qu'elle servait de chemin à la promenade quotidienne du général Mackensen et de sa suite, qui adoraient entendre le martèlement des sabots sur les pavés.
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Francharb3Francharb3   19 septembre 2014
Les souvenirs sont comme les rêves, ils ont leur logique, leur vérité, leur raison d'être, si ce n'est que tout y est caché sous une apparence convaincante et pourtant fallacieuse.
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