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ISBN : 207078357X
Éditeur : Gallimard (08/03/2007)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 32 notes)
Résumé :
La vie charrie des monstres. Des personnages discrets à l'existence encombrante, dont Emmanuelle Urien révèle l'histoire en quelques pages. De ces gens presque ordinaires elle dit le quotidien, dans ce qu'il a de moins glorieux et de plus sombre. Son écriture vive et mordante raconte leurs soumissions, leurs renoncements, et les étonnants sursauts qui les mènent à la démesure. " Quand je repense à nous, je vois deux grosses poupées molles et souriantes qui se tienne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
  21 décembre 2012
"Veuillez déposer les objets à évacuer devant votre domicile avant huit heures du matin".
Emmanuelle Urien cite le bulletin municipal d'une ville en avant-propos pour justifier La collecte des monstres, ses encombrants, qu'elle distille d'une plume brillante mais cynique dans nos petits univers bien proprets.Il y a du monstre en chacun de nous, se dit-on après lecture de ces 18 nouvelles corrosives ou s'il n'y en a guère je vais me laisser contaminer par le pessimisme et la violence sous-jacente aux mots et aux êtres de ces récits issus sans doute des informations médiatisées qui banalisent des faits qui devraient rester divers et en marge de notre société dite démocratique basée sur des principes de liberté,d'égalité et de fraternité.
Message capté 18 sur 18: Juliette-Bécassine, laideronnes et employés soumis:attention aux petites annonces mensongères passibles de mort physique ou psychique. Prostituées occasionnelles: le Sida et les coups vous guettent. La gloire est un leurre, une bonne thérapie ou un bon couteau dans le dos remettra vos flashs à l'heure.La violence de la cité, soumise à la loi du plus fort, est irréversible.La justice et la compassion n'existent pas.Que dire de l'amour? Filial, parental,conjugal, il y a des "arriérés" lourds de conséquences.L'honnêteté? Bienfaiteurs, méfiez-vous des dons qui disparaissent dans la nature.Serions-nous manipulés quotidiennement? Persécutés? Agressés? Serions-nous des moutons de Panurge qui gobent tout sans broncher?
J'avoue que malgré l'écriture incisive et la vérité de certains propos, ces nouvelles par trop pessimistes m'ont dérangée.
L'écrivain, libre bien sûr d'écrire ce qu'il veut, de se moquer de qui il veut, d'ironiser,peut-il tout écrire? La lectrice cancéreuse, qui,dans ce livre, lit la femme cancéreuse, en rémission, mais en grand manque affectif par perte de son mari et de tous ses amis quelles conclusions va-t-elle en tirer? Mes cheveux ont repoussé. J'ai largué mes amarres Youpi! Où est l'espoir dans toutes ces "gueules cassées" irréparables?
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Zonaires
  01 septembre 2017
Revendiquée, consentie ou subie la solitude peut se conjuguer sur de multiples partitions mais elle reste avant tout une affaire de capacité à composer avec la rencontre, à supporter l'épreuve du désir, à tisser un lien vivant avec les autres et à soutenir la division. Si le désir de l'autre se joue d'abord dans la pensée, le fantasme, il prend corps dans l'absence, dans cet espace laissé vacant par la séparation, cet interstice peuplé d'images, de résonances, d'affects. C'est l'inadéquation du désir à son objet qui rend à la fois douloureux et enchanteur la relation d'amour. le sujet pris dans la seule subjectivité connaît bien ce temps de l'amour ou tout paraît singulier et unique, où l'on entrevoit le vrai de l'autre, où l'on est mis hors de soi et où l'on éprouve dans cette sorte d'absence au monde le sentiment de sa propre disparition. Ce temps volé à la mort qu'est le temps de la jouissance résonne comme un retour aux sources, comme un lieu en deçà de la perte, un lieu qui se tait, qui n'a rien à voir avec l'autre. Alors quand ce temps extatique vient à refluer, qu'il n'est plus du côté d'une évidence aveuglante, le regard se prépare à un retour orgueilleux sur soi, à une reconquête qui ne peut se faire que sur le dos des autres. La relation à l'autre, sa présence même en vient du coup à être ressentie comme une menace, un empiètement douloureux, insupportable.
Les personnages mis en scène par Emmanuelle Urien sont à la recherche de cette fiction idéale où l'autre, ce double de soi toujours imparfait, serait à reconstituer, à remodeler dans l'espoir de venir à bout de cette angoisse d'abandon qui les taraude. Aux prises avec cette blessure originelle, cette douleur jamais assouvie, ils vont et viennent, chargés de ces éternels fantasmes de retrouvailles avec l'objet perdu. Tous ambitionnent d'être pris dans le mouvement de l'humanité ; pendant que les uns tentent d'affronter le pire pour trouver le meilleur, les autres se contentent de résister à la détresse en multipliant les passages à l'acte ignominieux. Est-ce que vous m'aimez ? ou plutôt y a-t-il quelqu'un pour m'aimer ? hurlent tour à tour les interprètes de cette foire aux monstres. La question envahit l'espace psychique, efface les repères. Les récits sont peuplés de mendiants en quête d'affection, d'attention, de reconnaissance, de laissés-pour-compte avides de vengeance, de rédemption, d'expiation, de naufragés hélant des fantômes et happant le vide,
Dans un style épuré et incisif, Emmanuelle Urien nous donne à sonder sa collection d'êtres à la dérive, à toucher au plus près ces gens pris par la détresse, qui ne savent plus marcher droit, les yeux perdus dans la nuit et qui pressentent que la grâce ne viendra pas.
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kathel
  15 septembre 2010
Il faut dire tout d'abord que ces nouvelles sont sombres, très sombres ! Je déconseille de les lire un jour de cafard, à moins que le malheur des autres n'ait la particularité de vos requinquer ! L'écriture en est remarquable, concise, elle n'a pas un gramme de trop, ajoutant encore du noir à ces situations impitoyables.
Comme toujours en lisant des nouvelles, certaines ont nettement ma préférence, elles me parlent davantage sans que je trouve pour autant des défauts aux autres.
L'homme qu'il me faut : Juliette, 25 ans, physique de rêve, intelligente et drôle, enfin, presque, trouvera-t-elle celui qu'elle cherche ?
Zone de silence : La petite Aminata, sourde et muette, joue à tracer inlassablement un trait dans la terre devant son immeuble.
Mergitur : Un soir, dans une voiture, un couple se dispute et se lance de ces vérités qui font mal.
Zoologique : Nettoyer les cages au zoo est peut-être l'occasion de réfléchir sur les comportements humains.
Conduite accompagnée : Une conductrice se rend au travail comme chaque jour, mais une voix lui ordonne de suivre une autre voiture.
En toutes lettres : Recevoir une lettre qui parle de divorce peut vous brouiller les idées.
Alice attend : Une petite femme effacée fait entrer chez elle depuis quelques temps un SDF.
Au final, c'est une belle découverte et je retournerai sûrement vers un livre d'Emmanuelle Urien un de ces jours, probablement vers d'autres de ces nouvelles qui savent vous prendre à la gorge d'une manière que j'ai l'impression de rarement avoir rencontrée avant.

Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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claraetlesmots
  19 mai 2010
Après Zweig, je développe une addiction profonde aux nouvelles d'Emmanuelle Urien. Vous verriez ma tête alors que j'ai terminé « la collecte des monstres », vous seriez surpris ! Yeux comme des soucoupes volantes et la bouche ouverte, bloquée en mode « ébahi » , prête à gober les mouches.
La collecte des monstres comme le camion poubelle qui sillonne les rues pour enlever les vieux canapés ou les vieux frigos dont personne dont personne ne veut plus. Emmnuelle Urien nous ferait-elle des nouvelles où la vielle télé s'épanche après ses nombreuses années de bons et loyaux services ? Non !
Ici les monstres sont bien pires… il s'agit du quidam, de votre voisine ou d'une ancienne connaissance.
Une fois de plus, les âmes sont décryptées sous l'oeil aiguisé de l'auteure.
Et ça bouscule, ça grince ! Emmanuelle Urien manie l'humour noir, le corrosif , l'ironie comme une chimiste .
Le résultat? 18 nouvelles qui m'ont scotchée et dont les chutes sont de vraies perles… Elles sont un poil plus cynique que « court, noir, sans sucre »… vous voilà prévenus !
Un très gros coup de coeur et c'est officiel, je suis devenue accro à cette auteure !

Lien : http://fibromaman.blogspot.c..
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Alhice
  07 juillet 2014
Côté sombre, au vu de cette série de nouvelles, E. Urien vise l'excellence !
Ces histoires courtes sont autant d'intrigues que d'horreurs. Les unes comme les autres sont extraordinaires bien que le contexte soit tout à fait banal, voire anonyme au départ.
Le talent de romancière de Mme Urien est indéniablement fabuleux. Elle nous mène tant avec finesse que grandiloquence vers des chutes vertigineuses.
L'écriture est parfaitement maîtrisée, l'imagination, noire, est débordante.
Ce recueil de nouvelles m'a littéralement grisée et enthousiasmée par sa qualité. J'ai vécu de vrais bons moments de lecture.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
brigittelascombebrigittelascombe   21 décembre 2012
Quand on demande à Alice ce qu'elle fait dans la vie,elle répond toujours qu'elle attend.Si on insiste pour savoir qui,quoi ou comment,elle se prétend femme de marin,et débrouillez-vous avec ça.Femme de marin à Orléans?En réalité,son mari est routier,mais finalement,qu'un homme parte en mer ou sur les routes,qu'est-ce que ça change,comme elle dit avant de vous tourner le dos.
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AmorinaAmorina   14 janvier 2015
Elle les attend sur le canapé défoncé, affaissé au milieu, à l'endroit précis où elle s'assoit, le centre mou de son monde. Elle n'a qu'eux dans sa vie, ces types navrants qui, à demi-mot, se reconnaissent comme tels ; eux seuls pour avoir quelque chose à attendre le soir.
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ValleerieValleerie   17 avril 2017
...quand on supporte c'est qu'on résiste, qu'on est fort, ou les autres moins qu'il y paraît ; alors on peut laisser dire, laisser faire. Ça n'empêche pas d'être quelqu'un à l'intérieur.
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brigittelascombebrigittelascombe   21 décembre 2012
J'avais un truc, c'est sûr,en dehors de mes fesses,soupire-t-elle.Dommage que personne n'y ait fait attention.
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brigittelascombebrigittelascombe   21 décembre 2012
L'innocence,dans mon milieu,personne n'y croit;c'est comme les contes de fées:réservés aux enfants,aux rentiers, ou aux débiles légers.Après cinq ans de taule,on ne croit plus à rien.
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Video de Emmanuelle Urien (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuelle Urien

L'ART DIFFICILE DE RESTER ASSISE SUR UNE BALANÇOIRE. EMMANUELLE URIEN
Emmanuelle Urien s'entretient avec Frédéric Aceituno au sujet de son dernier livre L'ART DIFFICILE DE RESTER ASSISE SUR UNE BALANÇOIRE publié aux Éditions De...
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