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EAN : 9782070783571
160 pages
Gallimard (08/03/2007)
3.97/5   35 notes
Résumé :
La vie charrie des monstres. Des personnages discrets à l'existence encombrante, dont Emmanuelle Urien révèle l'histoire en quelques pages. De ces gens presque ordinaires elle dit le quotidien, dans ce qu'il a de moins glorieux et de plus sombre. Son écriture vive et mordante raconte leurs soumissions, leurs renoncements, et les étonnants sursauts qui les mènent à la démesure. " Quand je repense à nous, je vois deux grosses poupées molles et souriantes qui se tienne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Rien de moins que dix-huit nouvelles! Emmanuelle Urien, que je découvre, semble posséder à fond l'art de la "Short storie"!
Mais que c'est noir, ces histoires terrifiantes de malaise ordinaire... Ces hasards à pas de chance, ces ironies du sort, ces cruautés d'la vie.
Emmanuelle Urien sort ses bijoux d'une mine de charbon, ma parole!...
Dans une écriture irréprochable et nette, vas-y que j'instille le doute et l'effroi dans l'esprit du lecteur aventuré dans ses pages! Et que je voyage d'horreurs en pestilence et de coups de folie en méchancetés.
Un beau recueil, donc, que cette Collecte des monstres, dans le registre pas gai.... Lecture à entrecouper, éventuellement, de pages plus joyeuses.
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"Veuillez déposer les objets à évacuer devant votre domicile avant huit heures du matin".
Emmanuelle Urien cite le bulletin municipal d'une ville en avant-propos pour justifier La collecte des monstres, ses encombrants, qu'elle distille d'une plume brillante mais cynique dans nos petits univers bien proprets.Il y a du monstre en chacun de nous, se dit-on après lecture de ces 18 nouvelles corrosives ou s'il n'y en a guère je vais me laisser contaminer par le pessimisme et la violence sous-jacente aux mots et aux êtres de ces récits issus sans doute des informations médiatisées qui banalisent des faits qui devraient rester divers et en marge de notre société dite démocratique basée sur des principes de liberté,d'égalité et de fraternité.
Message capté 18 sur 18: Juliette-Bécassine, laideronnes et employés soumis:attention aux petites annonces mensongères passibles de mort physique ou psychique. Prostituées occasionnelles: le Sida et les coups vous guettent. La gloire est un leurre, une bonne thérapie ou un bon couteau dans le dos remettra vos flashs à l'heure.La violence de la cité, soumise à la loi du plus fort, est irréversible.La justice et la compassion n'existent pas.Que dire de l'amour? Filial, parental,conjugal, il y a des "arriérés" lourds de conséquences.L'honnêteté? Bienfaiteurs, méfiez-vous des dons qui disparaissent dans la nature.Serions-nous manipulés quotidiennement? Persécutés? Agressés? Serions-nous des moutons de Panurge qui gobent tout sans broncher?
J'avoue que malgré l'écriture incisive et la vérité de certains propos, ces nouvelles par trop pessimistes m'ont dérangée.
L'écrivain, libre bien sûr d'écrire ce qu'il veut, de se moquer de qui il veut, d'ironiser,peut-il tout écrire? La lectrice cancéreuse, qui,dans ce livre, lit la femme cancéreuse, en rémission, mais en grand manque affectif par perte de son mari et de tous ses amis quelles conclusions va-t-elle en tirer? Mes cheveux ont repoussé. J'ai largué mes amarres Youpi! Où est l'espoir dans toutes ces "gueules cassées" irréparables?
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Je suis partagée sur cette série de nouvelles car si le fond est original et intéressant, il laisse comme un goût de déjà lu, de déjà entendu, de déjà vécu.
Qui n'a pas rencontré au cours de sa vie des personnes se comportant comme de véritables monstres; Eric Emmanuel Schmitt dans "la part de l'autre" définissait le mal qui est en chacun de nous et c'est l'ignorer qui peut tout faire basculer.
Qu'est-ce qu'un monstre ?
FAMILIEREMENT:
Énorme, formidable.
NOM MASCULIN SINGULIER
Être vivant gravement mal formé.
Individu d'une grande cruauté, d'une perversion inhumaine.
Être fantastique et effrayant.
Emmanuelle Urien va utiliser chacun de ces traits et de ces caractéristiques , dans des temps, des périodes et des lieux différents pour nous conter des histoires de gens ordinaires qui ont rencontré ou qui sont eux même des monstres.
Un récit sombre et pessimiste sur la nature de l'Homme.
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Revendiquée, consentie ou subie la solitude peut se conjuguer sur de multiples partitions mais elle reste avant tout une affaire de capacité à composer avec la rencontre, à supporter l'épreuve du désir, à tisser un lien vivant avec les autres et à soutenir la division. Si le désir de l'autre se joue d'abord dans la pensée, le fantasme, il prend corps dans l'absence, dans cet espace laissé vacant par la séparation, cet interstice peuplé d'images, de résonances, d'affects. C'est l'inadéquation du désir à son objet qui rend à la fois douloureux et enchanteur la relation d'amour. le sujet pris dans la seule subjectivité connaît bien ce temps de l'amour ou tout paraît singulier et unique, où l'on entrevoit le vrai de l'autre, où l'on est mis hors de soi et où l'on éprouve dans cette sorte d'absence au monde le sentiment de sa propre disparition. Ce temps volé à la mort qu'est le temps de la jouissance résonne comme un retour aux sources, comme un lieu en deçà de la perte, un lieu qui se tait, qui n'a rien à voir avec l'autre. Alors quand ce temps extatique vient à refluer, qu'il n'est plus du côté d'une évidence aveuglante, le regard se prépare à un retour orgueilleux sur soi, à une reconquête qui ne peut se faire que sur le dos des autres. La relation à l'autre, sa présence même en vient du coup à être ressentie comme une menace, un empiètement douloureux, insupportable.
Les personnages mis en scène par Emmanuelle Urien sont à la recherche de cette fiction idéale où l'autre, ce double de soi toujours imparfait, serait à reconstituer, à remodeler dans l'espoir de venir à bout de cette angoisse d'abandon qui les taraude. Aux prises avec cette blessure originelle, cette douleur jamais assouvie, ils vont et viennent, chargés de ces éternels fantasmes de retrouvailles avec l'objet perdu. Tous ambitionnent d'être pris dans le mouvement de l'humanité ; pendant que les uns tentent d'affronter le pire pour trouver le meilleur, les autres se contentent de résister à la détresse en multipliant les passages à l'acte ignominieux. Est-ce que vous m'aimez ? ou plutôt y a-t-il quelqu'un pour m'aimer ? hurlent tour à tour les interprètes de cette foire aux monstres. La question envahit l'espace psychique, efface les repères. Les récits sont peuplés de mendiants en quête d'affection, d'attention, de reconnaissance, de laissés-pour-compte avides de vengeance, de rédemption, d'expiation, de naufragés hélant des fantômes et happant le vide,
Dans un style épuré et incisif, Emmanuelle Urien nous donne à sonder sa collection d'êtres à la dérive, à toucher au plus près ces gens pris par la détresse, qui ne savent plus marcher droit, les yeux perdus dans la nuit et qui pressentent que la grâce ne viendra pas.
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Il faut dire tout d'abord que ces nouvelles sont sombres, très sombres ! Je déconseille de les lire un jour de cafard, à moins que le malheur des autres n'ait la particularité de vos requinquer ! L'écriture en est remarquable, concise, elle n'a pas un gramme de trop, ajoutant encore du noir à ces situations impitoyables.
Comme toujours en lisant des nouvelles, certaines ont nettement ma préférence, elles me parlent davantage sans que je trouve pour autant des défauts aux autres.
L'homme qu'il me faut : Juliette, 25 ans, physique de rêve, intelligente et drôle, enfin, presque, trouvera-t-elle celui qu'elle cherche ?
Zone de silence : La petite Aminata, sourde et muette, joue à tracer inlassablement un trait dans la terre devant son immeuble.
Mergitur : Un soir, dans une voiture, un couple se dispute et se lance de ces vérités qui font mal.
Zoologique : Nettoyer les cages au zoo est peut-être l'occasion de réfléchir sur les comportements humains.
Conduite accompagnée : Une conductrice se rend au travail comme chaque jour, mais une voix lui ordonne de suivre une autre voiture.
En toutes lettres : Recevoir une lettre qui parle de divorce peut vous brouiller les idées.
Alice attend : Une petite femme effacée fait entrer chez elle depuis quelques temps un SDF.
Au final, c'est une belle découverte et je retournerai sûrement vers un livre d'Emmanuelle Urien un de ces jours, probablement vers d'autres de ces nouvelles qui savent vous prendre à la gorge d'une manière que j'ai l'impression de rarement avoir rencontrée avant.

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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Quand on demande à Alice ce qu'elle fait dans la vie,elle répond toujours qu'elle attend.Si on insiste pour savoir qui,quoi ou comment,elle se prétend femme de marin,et débrouillez-vous avec ça.Femme de marin à Orléans?En réalité,son mari est routier,mais finalement,qu'un homme parte en mer ou sur les routes,qu'est-ce que ça change,comme elle dit avant de vous tourner le dos.
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Elle les attend sur le canapé défoncé, affaissé au milieu, à l'endroit précis où elle s'assoit, le centre mou de son monde. Elle n'a qu'eux dans sa vie, ces types navrants qui, à demi-mot, se reconnaissent comme tels ; eux seuls pour avoir quelque chose à attendre le soir.
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Ses ultimes paroles on été pour le prêtre venu l'assister dans ses derniers instants à l'hôpital, quelques mois après que cette renommée inattendue l'avait submergée
"Dites, un petit rôle au paradis, ce serait pas de refus. Mais je vous préviens: cette fois, je ne couche pas. "
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...quand on supporte c'est qu'on résiste, qu'on est fort, ou les autres moins qu'il y paraît ; alors on peut laisser dire, laisser faire. Ça n'empêche pas d'être quelqu'un à l'intérieur.
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J'avais un truc, c'est sûr,en dehors de mes fesses,soupire-t-elle.Dommage que personne n'y ait fait attention.
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Videos de Emmanuelle Urien (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuelle Urien
Dans cette dernière vidéo consacrée aux sélections de fin d'année 2020, les libraires de Point Virgule partagent leurs coups de cœur concernant la littérature à destination des adolescents. Rassurez-vous, il n'y pas d'âge limite après lequel il serait interdit de piocher dans ces recommandations...
Adèle - #Bleue, Florence Hinckel, Pocket Jeunesse, 7,60€ - L'Année de Grâce, Kim Liggett, Casterman, 19,90€ - Collectif Black bone, Tome 1 - Coltan Song, Maylis Jean-Préau, Manu Causse, Marie Mazas, Emmanuelle Urien, Nathan, 14,95€ - Akata witch, Nnedi Okorafor, L'école des loisirs, 18€ - Les Chroniques de l'érable et du cerisier, Camille Monceaux, Gallimard Jeunesse, 20,50€
Alexia - Ma Story, Julien Dufresne-Lamy, Magnard Jeunesse, collection Presto, 5,90€ - Espérance résistance, Juliette Keating, Magnard Jeunesse, collection Presto, 5,90€ - Hôtel Castellana, Ruta Sepetys, Gallimard Jeunesse, 19€ - Des œillets pour Antigone, Charlotte Bousquet, Scrineo, 17,90€ - Des yeux de loup, Alice Parriat, L'école des loisirs, 14€ - À quoi rêvent les étoiles, Manon Fargetton, Gallimard Jeunesse, 17€ - #Murder, Gretchen McNeil, Milan, 16,90€
Musique du générique d'intro par Timo Vollbrecht.
+ Lire la suite
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