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EAN : 9782845780903
41 pages
Éditeur : Manucius (01/10/2008)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Si par livres vous entendez parler de nos innombrables cahiers de papier imprimé, ployé, cousu, broché sous une couverture annonçant le titre de l'ouvrage, je vous avouerai franchement que je ne crois point, que l'invention de Gutenberg puisse ne pas tomber plus ou moins prochainement en désuétude. Je crois que si les livres ont leur destinée, cette destinée, plus que jamais, est à la veille de s'accomplir, le livre imprimé va disparaître. Ne sentez-vous pas que déj... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Gwen21
  05 février 2020
Les lecteurs qui connaissent l'existence d'Octave Uzanne se compte sans doute sur les doigts de la main d'un manchot et pour autant, il n'est pas à négliger. Ecrivain, éditeur et journaliste très actif, il se fit surtout une réputation de brillant bibliophile, ce qui ne sera pas pour vous déplaire.
Dans cette veine, il a écrit la présente nouvelle dont le titre interpelle autant qu'il intrigue : "La fin des livres". A l'heure où le monde de l'édition est, dit-on, en souffrance - alors qu'on n'aura sans doute jamais autant écrit avec plus ou moins de talent et de bonheur - cette nouvelle est un véritable récit "à la Jules Verne", oui, de la science-fiction, mes amis. C'est-à-dire qu'Octave Uzanne expose sa théorie à ses confrères : le livre papier va bientôt disparaître !
Nous sommes en 1894 et déjà, il y a un petit quelque chose de "1984" dans l'anticipation qui annonce cartes sur table l'arrivée du walkman, puis du lecteur numérique et d'internet, enfin le triomphe du livre audio sur tout autre support car "je crois au succès de tout ce qui flattera et entretiendra la paresse et l'égoïsme de l'homme ; l'ascenseur a tué les ascensions dans les maisons ; le phonographe détruira probablement l'imprimerie."
Avec une minutie logistique impressionnante, l'auteur expose comment, techniquement, romans, essais et même la presse, bref comme l'écrit va redevenir oral. Derrière les lignes se dessine également un pamphlet dénonçant le trop grand nombre de publications au détriment de la qualité, je m'abstiendrai de tout autre commentaire.
Étonnant texte plein de verve et d'imagination et qui fascine le lecteur d'aujourd'hui, celui-là même qui a trouvé naturel il y a trente ans de se promener avec, sur les oreilles, un casque à coussinets oranges relié à un baladeur de poche aussi encombrant qu'une brique de lait, celui-là même qu'on voit aujourd'hui dans le métro avec un casque d'opérateur du son sur la tête ou des substituts de coton-tiges lui sortant des oreilles, celui-là même qui, peut-être, écoute avec plaisir un livre audio.
En tout cas, avis à tous les lecteurs, et particulièrement à ceux qui cherchent désespérément à compléter la lettre U de leur challenge ABC, cette nouvelle d'Octave Uzanne est disponible gratuitement sur wikisource.org, et en version audio sur litteratureaudio.com.

Challenge XIXème siècle 2020
Challenge ABC 2019 - 2020
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Emnia
  21 décembre 2017
1894. Mettant en scène un jeu de spéculations entre intellectuels, Uzanne, en une quarantaine de pages, prédit longtemps avant les liseuses la fin du livre papier. Il anticipe ainsi, parfois avec une étonnante justesse, ses remplaçants : le livre audio, la radio et le cinéma. L'exercice pourrait être plus creusé, plus développé, il n'en reste pas moins une très agréable lecture. La plume est vivante, fine et précise, et cette vision fantasmée du futur, bien que technologiquement très approximative, n'est pas si éloignée de notre réalité et de son agaçante logique du moindre effort.
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DonaSwann
  28 octobre 2019
A Londres, aux vendredis scientifiques d'une institution royale, des messieurs de qualités sont surpris d'apprendre que le Soleil - donc la planète - n'en a guère que pour une vingtaine de millions d'années. Sortis et dans l'ambiance détendue de leur Club, ils vont, chacun selon ses idées et ses compétences, avancer leurs pronostics sur l'avenir de la culture, de l'art, de la littérature et, pour finir, des livres.
Comme j'ignorais le nom de l'auteur, je me suis imaginé avoir affaire à un pastiche de Jules Verne, à du steampunk, mais un coup d'oeil à la quatrième de couverture m'apprit que la nouvelle reliée que j'avais en main était une réédition contemporaine. Ce n'est pas déplaisant à lire, il est piquant de voir combien de conjectures étaient exactes, la plupart s'appuyant sur des observations tout à fait exactes... mais pas tout à fait sur les livres ! En réalité, Octave Uzanne est prophète mais très indirectement... C'est tout l'intérêt de ce texte court.
Lien : http://aufildesimages.canalb..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
gloubikgloubik   26 mars 2016
Julius Pollok, un doux végétarien et savant natura­liste, se plut à imaginer ce qu’il adviendrait des mœurs humaines, quand, grâce à la chimie et à la réalisation des recherches actuelles, l’état de notre vie sociale sera trans­formé et que notre nourriture, dosée sous forme de poudres, de sirops, d’opiats, de biscuits, tiendra en un pe­tit volume. Alors plus de boulangers, de bouchers, de marchands de vin, plus de restaurants, plus d’épiciers, quelques droguistes, et chacun libre, heureux, susceptible de subvenir à ses besoins pour quelques sous ; la faim biffée du registre de nos misères, la nature rendue à elle-même, toute la surface de notre planète verdoyante ainsi qu’un immense jardin rempli d’ombrages, de fleurs et de gazons, au milieu duquel les océans seront comparables à de vastes pièces d’eau d’agrément que d’énormes stea­mers hérissés de roues et d’hélices parcourront à des vitesses de cinquante et soixante nœuds, sans crainte de tangage ou de roulis.

Le cher rêveur, poète en sa manière, nous annonçait ce retour à l’âge d’or et aux mœurs primitives, cette uni­verselle résurrection de l’antique vallée de Tempé pour la fin du XXe siècle ou le début du XXIe. Selon lui, les idées chères à lady Tennyson triompheraient à brève échéance, le monde cesserait d’être un immonde abattoir de bêtes paisibles, un affreux charnier dressé pour notre gloutonnerie et deviendrait un jardin délicieux consacré à l’hygiène et aux plaisirs des yeux. La vie serait respectée dans les êtres et dans les plantes, et dans ce nouveau paradis retrouvé ainsi qu’en un Musée des Créations de Dieu, on pourrait inscrire partout cet avis au promeneur : Prière de ne pas toucher.
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gloubikgloubik   08 février 2020
Ce que nous appelons l’Art moderne est-il vraiment un art, et le nombre d’artistes sans vocation qui l’exercent médiocrement avec apparence de talent ne dé­montre-t-il pas suffisamment qu’il est plutôt un métier où l’âme créatrice fait défaut ainsi que la vision ? — Peut-on donner le nom d’œuvres d’art aux cinq-sixièmes des ta­bleaux et statues qui encombrent nos salons annuels, et compte-t-on vraiment beaucoup de peintres ou de statuaires qui soient des créateurs originaux ?
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Gwen21Gwen21   04 février 2020
Je crois donc au succès de tout ce qui flattera et entretiendra la paresse et l’égoïsme de l’homme; l’ascenseur a tué les ascensions dans les maisons; le phonographe détruira probablement l’imprimerie.
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