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ISBN : 2266256351
Éditeur : Pocket (10/03/2016)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 148 notes)
Résumé :
La survie d’une femme, entre récit post-apocalyptique et thriller psychologique.

Anna vit avec son mari Sergueï et leur fils Micha dans une belle maison isolée près de Moscou. Un virus inconnu a commencé à décimer la population.

Dans Moscou en quarantaine, la plupart des habitants sont morts et les survivants – porteurs de la maladie ou pillards – risquent de déferler sur les alentours. Anna et les siens décident de s’enfuir vers le n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  23 mars 2017
Fuir à tout prix. La peur au ventre, aller plus vite que cette vague gigantesque qui emporte tout, qui se rapproche inexorablement de nous. Surtout, ne pas se retourner ; oublier les amis disparus, et maman qui est morte toute seule ; oublier les rêves de l'autre vie, tout ce pourquoi je me suis battue ; oublier les moments de bonheur tout simple, les petits câlins du matin, le bol de café que je buvais avec le grand garçon…
L'épidémie est partout…. Moscou, la grande ville orgueilleuse, vient de tomber. La grande vague qui emporte tout est désormais très proche. Il faut fuir avec ceux qui sont autour de moi ; les voisins même si je ne les aime pas, le beau-père ivrogne et fanfaron ; et mes deux hommes à qui je tiens comme à la prunelle de mes yeux… Prendre la voiture et se carapater pour distancer la grande vague qui nous talonne. Traverser toute la Russie engluée dans un froid hivernal, rouler sur des routes interminables dans la nuit noire, au coeur des forêts silencieuses retrouver sa peur ancestrale ; pénétrer dans une ville fantôme, ou bien prise de folie furieuse ; tuer pour un jerrycan plein d'essence, ou une caisse remplie de boites de corned beef…
Et toujours la grande vague aux trousses, menaçante, impitoyable ! Protéger mes deux hommes à tous prix ; avancer, épuisée, sur des routes couvertes de neige et de plus en plus imprécises ; se défendre contre les assassins, se méfier des braves types… Aller à Vongozero, là où la vague ne pourra jamais nous atteindre… Tenir, malgré la fatigue, la désespérance, la peur ; tenir, malgré notre monde qui s'effondre comme un château de cartes ; aller à Vongozero pour y mettre à l'abri mes deux hommes que j'aime plus que ma vie… Puis respirer un grand coup, et tout recommencer…
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diablotin0
  10 septembre 2018
Bien que l'environnement soit très hostile, neige, froid, peu de vivres, incertitudes et surtout grosse épidémie mortelle, je me suis installée auprès d'Anna la narratrice avec beaucoup de plaisir.
Si certains lecteurs ont trouvé ce roman long et lent, je n'ai pas du tout eu ce même ressenti.
Face à l'épidémie qui menace de se propager, Anna et son fils Micha ainsi que son compagnon Serguei fuient la région de Moscou. Vont se joindre à ce convoi, Irina l'ancienne femme de Serguei et son fils ainsi que deux autres couples. La tension , les rivalités, les jalousies entre tout ce petit monde se font sentir et sont alimentés par les conditions extrêmes de ce "convoi". Les incertitudes, la peur et les doutes les accompagnent jour et nuit.
Yana Vagner arrive avec beaucoup de talent à nous faire ressentir le froid, , l'angoisse et cette tension incessante. Arriveront-ils à destination ? Comment feront- t-ils pour survivre ?
Durant 540 pages, on ne cesse de s'interroger tout en s'attendant à chaque page au pire. Les comportements humains sont bien analysés ! J'ai un petit coup de coeur pour Serguei mais aussi pour Mikhalytch, homme qu'ils rencontreront sur leur chemin.
Je n'hésiterai pas à ouvrir un autre livre de Yana Vagner !
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kuroineko
  13 août 2017
Ah, les joies des voyages en groupe sur fond d'apocalypse... Une vraie sinécure!
Tout débute avec un terrible fléau mortel et inconnu qui s'abat sur la ville de Moscou, et, si l'on en croit les chaînes d'infos en continue, partout dans le monde. L'épidémie prend des allures de super-grippe qui foudroie et décime en quelques jours, après fièvres et convulsions sanguinolentes. Voilà qui ressemble assez au Fléau de Stephen King. La vodka remplace le bourbon et les territoires glacés et enneigés, les champs de maïs du Nebraska. Pourtant l'histoire de Yana Vagner prend très vite une tournure différente par rapport à son homologue américain.
On suit ainsi Anna, la narratrice, Sergueï son mari, son fils de seize ans, l'ex-femme de son époux et leur gamin de cinq ans, des voisins bourgeois jusqu'au bout des ongles et leur fillette si silencieuse, le père de Sergueï, etc, dans un long périple routier qui doit les conduire de leur hameau rurbanisé des alentours de Moscou à une île au milieu du lac de Vongozero, dans les régions septentrionales de la Russie, pas très très loin de la frontière finnoise.
Yana Vagner a pris le parti de raconter cette histoire à travers son héroïne Anna, trente-six ans. le récit se déroule entre les faits qu'elle décrit et ses monologues intérieurs en italique. On assiste au fil des jours à une évolution de ce personnage comme des autres rescapés du virus. Au bout de quelque temps, les masques sociaux craquellent, les façades s'effondrent et le véritable fond de personnalité ressort.
C'est d'ailleurs cet aspect, ainsi que la psychologie des personnages bien fouillée, qui m'a le plus intéressée durant ma lecture. Une fois le vernis des conventions écaillés, qu'y a-t-il derrière? Comment s'arranger avec la promiscuité rendue obligatoire, la gestion de l'intendance (a-t-on assez à manger, ai-je bien pris tout ce qui fallait, comment faire pour le carburant...) les dangers de la route. Et ils sont nombreux, ces dangers, entre la neige, les obstacles naturels et les pillards et autres désespérés cherchant à s'emparer de ce qui leur manque. Quand tout s'effondre, les principes moraux d'honnêteté cèdent vite la place à l'obligation de survie. Et même la solidarité devient un risque qu'il vaut mieux éviter.
Ce roman montre assez bien combien les autres - ceux du cercle intérieur et encore plus ceux qui n'en font pas partie - posent problème. Difficile de ne pas penser à la formule de Sartre, dans sa pièce Huis-clos: "L'enfer, c'est les autres" en lisant ce livre.
Quant à l'aspect thriller et suspense, j'avoue avoir sans doute eu trop d'attente. Sans m'être véritablement ennuyée, j'ai trouvé que certains passages traînaient un peu en longueur. Il se passe des choses certes, mais sans réelle surprise. Il m'a manqué le côté palpitant pour adhérer complètement à cette histoire.
Je lirai la suite, le Lac, histoire d'obtenir des réponses à mes questions et clore le dyptique. Pas dans la foulée cependant.
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tynn
  09 mars 2015
Un virus inconnu décime la planète et les villes sont en train de mourir...
Conscient de l'urgence à s'éloigner des agglomérations en état d'insurrection et de mort par contamination, un petit groupe de moscovites entame un périple routier vers le nord, cherchant à se réfugier dans les terres isolées en bord de la mer Blanche.
"C'est le début d' un monde nouveau aux lois impitoyables"...
Depuis mes lointaines lectures de Malevil de Robert Merle et du Fléau de Stephen King, j'ai rarement été aussi accrochée par un roman en scénario catastrophe. le road trip post apocalypse de ces Robinson ordinaires est suffisant crédible pour permettre la projection du lecteur. Pas de surcharge dans la narration, pas d'excès dans les événements, la réalité factuelle se suffit à elle même dans la dramaturgie: quitter un quotidien confortable pour une cabane de chasse, faire des bagages pour la survie dans un pays isolé et glacial de taïga et de lacs, prévoir des armes à feu quand on n'a jamais tiré une cartouche, s'adapter à l'inconfort, au manque d'hygiène, à l'ennui de la vacuité, trouver à se chauffer, à se nourrir, et affronter la violence d'une société sans repères.
Des situations surréalistes et la peur de mourir, omniprésente...
En utilisant la voix d'une des femmes de l'expédition, Yana Vagner construit son livre comme un carnet de voyage, dans une succession de paragraphes sans chapitres distincts, accentuant cette sensation de stress et d'étouffement due aux dangers et à l'urgence.
Par cette voix off introspective, l'auteur met ainsi l'accent sur la psychologie des individus, la tension due à la promiscuité, la perte des valeurs sociales que l'instinct de survie impose.
Le groupe devient le clan, les "autres" sont forcément hostiles et l'entraide disparait au bénéfice exclusif du groupe, quand il arrive lui même à se maintenir constitué.
Car les animosités internes surgissent fatalement, exacerbant les rancoeurs et l'agressivité latente dues aux égos et aux relations passées.
Humanité et survie sont elles compatibles? Grande question...
Onze jours de voyage en enfer blanc vers le mythique lac Vongozero...

Premier roman impressionnant, à la traduction remarquable.
Une suite est déjà prévue. Je ne la raterai pas.
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nadiouchka
  29 octobre 2016
Pour me changer du thriller avec des meurtres sanglants, cette fois j'ai choisi un thriller psychologique sur fonds d'épidémie mondiale, en allant à VONGOZERO avec Yana Vagner, en Russie.
L'histoire est racontée par Anna qui habite près de Moscou, dans une magnifique maison, avec son mari Sergueï et son fils Micha. Mais un virus de souche inconnue a décimé plusieurs pays et Moscou est mise en quarantaine. Plus personne ne peut y entrer ni en sortir. D'ailleurs, Anna n'aura pas la joie de voir sa mère une dernière fois car celle-ci est atteinte par la maladie et meurt.
C'est une pandémie mondiale. Evidemment, cela m'a rappelé le thriller de Franck Thilliez : PANDEMIA.
Anna et ses proches, avec des voisins, décident de s'évader au plus tôt et ainsi commence un long périple d'une dizaine de jours, car ils ont l'intention de rejoindre Vongozero, un lac à la frontière finlandaise où ils veulent se réfugier dans une maison forestière en attendant que la situation s'améliore et que l'on trouve un vaccin.
Comme le dit Madame Figaro : Entre huis-clos et road-movie, un thriller psychologique glaçant où l'homme sauve sa peau au prix de son humanité.
En effet, les personnages, après avoir fait provision de tout ce qui pourra leur être utile en remplissant les véhicules à ras bord, vont rencontrer le problème du ravitaillement en carburant et ils auront parfois des moments de soulagement (quand ils en trouveront) et d'autres d'angoisse (quand ils ne rencontrent que des stations-service fermées). D'autres problèmes se poseront également quant à la nourriture, au chauffage et à un abri pour la nuit (quand le besoin se fait ressentir de s'arrêter de rouler).
Ils cohabitent tant bien que mal, surtout que Sergueï a emmené sa première femme, Irina et leur fils Anton, ainsi que son père Boris. Mais Anna se fait un devoir de toujours se montrer serviable sans que cela soit toujours apprécié.
L'équipe se relaie donc au volant des véhicules en roulant le plus vite possible dans un froid glacial et le voyage se révèle long, semble interminable et très pénible.
Ils vont rencontrer maintes difficultés, certaines matérielles, d'autres psychologiques car, vivre ainsi, dans cette sorte de huis-clos, est très angoissant. Certains craquent parfois mais arrivent finalement à surmonter leur stress ou leur peur, ainsi que leur découragement.
En effet, plus vite ils arriveront à Vongozero, plus vite ils auront enfin l'esprit apaisé après avoir vaincu l'enfer blanc que représentent non seulement les paysages mais aussi certaines rencontres pas forcément bienvenues.
C'est un livre plus que passionnant et malgré les 540 pages (Edition Pocket), il se lit très vite car le lecteur est plongé dans cette lutte pour la survie et ressent lui aussi l'anxiété de cette épopée.
De plus, les relations entre les personnages sont très bien décrites : on ressent toutes les rancoeurs, toutes les émotions bonnes et mauvaises ainsi que la forte tension psychologique.
Pour ce premier roman, Yana Vagner a écrit un véritable page-turner, d'un rythme puissant et tout laisse à penser que cette écrivaine continuera sur sa belle lancée.
En tout cas, c'est ce que je lui souhaite.
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critiques presse (1)
Liberation   24 novembre 2014
Sans doute la lecture est-elle en soi un transport : on ne descendra pas avant d’être arrivé. Cela tient au personnage d’Anna, son peu de goût pour la promiscuité, sa susceptibilité, son cœur. C’est elle qui raconte, avec des moments de monologue intérieur, autant de mauvaises pensées en italiques. Et cela tient à l’auteur, Yana Vagner, née en 1973, dont Vongozero est le premier roman.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   12 mars 2017
- Odintsovo se trouve à dix kilomètres de Moscou, Anna. Comment ça pourrait être calme là-bas ? Réfléchis. Et puis, tu sais quoi ? Nous, on surfe sur une vague qui emporte tout le monde, alors ne donne aucune info sur qui on est, où on est, avec quelle voiture on voyage, pigé ? Si ce type dit la vérité, alors même la petite réserve de gasoil qu'on a pourrait pousser n'importe quel citoyen bien sous tous rapports à nous faire la peau, et je ne te parle pas de la collection de dingues qui pullulait sur cette voie rapide, même quand les temps étaient plus cléments.
- Je sais, répétai-je, toujours aussi irritée.
Et nous restâmes silencieux. Sergueï se taisait lui aussi : dans le silence le plus complet, nos trois véhicules tournèrent en même temps vers la station qui se trouvait sur la droite et s'engagèrent aussitôt sous le panneau portant l'inscription : "Novopétrovskoïe", au delà duquel s'étendaient des quartiers résidentiels. Je vis bientôt la station-service de l'autre côté de la route, puis près de la sortie, au beau milieu de l'autoroute, deux longs camions bâchés qui stationnaient tous phares éteints ; la station elle-même était éclairée, bien que absolument fermée : aucun doute là-dessus, il n'y avait personne ni près des pompes ni à la caisse. Sans ralentir, nous la dépassâmes ; il me sembla que la vitre de la caisse était brisée et que des éclats de verre luisaient sur l'asphalte propre et sec, mais avant que j'ai pu me faire une idée exacte de la situation, la route décrivit une légère courbe et la station-service disparut de mon champ de vision.
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Eric76Eric76   07 mars 2017
Je regagnai ma chambre, jetai un pull de Sergueï sur mes épaules - il traînait par terre, parmi les affaires chaudes que j'avais préparé la veille -, et approchai un fauteuil en rotin de la fenêtre : comme il me parut trop bas, je dus m'accouder au rebord et appuyer mon menton sur mes mains afin d'apercevoir la rue. Au bout de quelques minutes, le carré de lumière en provenance du salon s'éteignit sur la neige, signe que Boris essayait de s'endormir sur le canapé du bas et que Micha avait pris son tour de garde pour deux heures ; tout s'apaisa, les chiens n'aboyaient plus, et j'entendais même la montre de Sergueï - mon cadeau d'anniversaire - égrener son tic-tac sur la table de chevet. J'étais assise dans uns position inconfortable - le siège était dur et froid -, fouillant la rue obscure du regard, et je pensais : il n'a pas emporté sa montre.
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kuroinekokuroineko   11 août 2017
(...)il était parti petit à petit, pad d'un seul coup, mais quand même très rapidement, trop vite pour elle comme pour moi, sans nous laisser la possibilité, ni à l'une ni à l'autre, de nous accommoder d'une situation nouvelle pour toutes les deux, comme le font souvent les hommes en prenant des décisions dont les conséquences se dressent, telles des arêtes de poisson acérées, jusqu'à ce que les femmes trouvent enfin le moyen de les atténuer et de les dissimuler au prix de petits efforts certes insignifiants mais qui, répétés chaque jour, permettent à la vie de redevenir compréhensible et fournissent aux événements non seulement une explication, mais aussi une justification.
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nadiouchkanadiouchka   28 octobre 2016
- Attends, Anna, j’en ai pas pour longtemps. Ça fait deux semaines qu’ils ont fermé la ville. Depuis le jour où les premiers cas se sont déclarés, il s’est écoulé un peu plus de deux mois, si on suppose qu’ils ne nous ont pas menti. Je ne sais pas combien il leur faut de morts avant qu’ils se décident à fermer une ville, mais vu qu’ils ont déjà coupé le téléphone, ça veut dire que les choses empirent plus vite que prévu. (…) Ne me dites pas que vous avez jamais entendu parler de la modélisation mathématique des épidémies ?
P.42
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nadiouchkanadiouchka   29 octobre 2016
Aussitôt, la voix basse et rauque de Nina s’éleva dans l’habitacle – Ne me quitte pas, il faut oublier, tout peut s’oublier, qui s’enfuit déjà – et le silence qui tambourinait dans mes oreilles reflua sur-le-champ grâce à cette voix – à tel point que j’en oubliai pour quelques instants ce que nous faisions ici, trois voitures en file indienne sur une longue route déserte, comme si nous nous rendions simplement quelque part ensemble, au lieu de fuir le plus vite possible, sans avoir même le droit de regarder autour de nous.
- Beurk, Anna ! s’exclama Boris avec dépit. C’est quoi, cette musique ? Une marche funèbre ? Tu n’aurais pas quelque chose de plus joyeux ?
P.119
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Yana Vagner pour "VONGOZERO".
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