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ISBN : 2070361101
Éditeur : Gallimard (31/05/1972)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture :
— Couche-toi, dit-il.
Elle ne bougea pas, ne répondit pas. Elle fixait sur lui son regard dur. Aucune peur. Il aima cela.
Il fit encore deux pas et la gifla à toute volée. une fois sur chaque joue. C'est ainsi qu'il procède. On ne peut rien sur une vierge récalcitrante si d'abord on ne l'assomme pas. Elle ne bougea pas, sauf d'osciller sous chaque gifle, ne baissa pas les yeux. Il répéta :
— Couche-toi !
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
andras
  26 mars 2019
"C'est moi qui fait la loi, ici" est une expression que j'ai souvent entendue dans ma jeunesse mais qui me semble aujourd'hui moins usitée, preuve, peut-être, que la démocratie a progressé (bien que d'aucuns prétendent le contraire). Dans les années 1950, dans le Sud de l'Italie, au Nord des Pouilles plus exactement, l'expression "faire la loi" pouvait s'appliquer aussi bien à une famille, un village, une région qu'à un individu : quelqu'un pouvait faire la loi à un autre, un homme à un autre autre homme, ou à toute une maisonnée, mais aussi, plus rarement, une femme à un homme. Et pour que cette "loi" s'applique dans toute sa rigueur il fallait que cela soit public, que des faits attestent publiquement que telle "loi" avait cours. Ce mode de fonctionnement était si prégnant que les adultes (mâles uniquement, cette fois) en avaient fait un jeu de bistrot, où celui qui faisait la Loi prenait un malin plaisir à humilier publiquement son esclave.
Ce roman (prix Goncourt 1957) décrit la vie d'une petite cité balnéaire de cette région, en s'attachant à quelques personnages représentatifs : le grand propriétaire terrien et ses trois filles, un juge, un commissaire, un ancien militaire reconverti en mafioso, le chef d'une bande de voyous, et quelques autres. Roger Vaillant qui semble parfaitement connaître les moeurs de ce milieu, nous concocte une histoire somme toute assez banale mais dont tout l'intérêt est de disséquer les comportements de ces personnages et de révéler les "lois" sans pitié qui régissent tout ce petit monde. On est quelque part entre Georges Simenon et Alberto Moravia. Un très bon roman réaliste, sociologique, non dépourvu de poésie et de finesse psychologique. Et qui ne nous fait pas regretter cette vie d'autrefois...
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majolo
  10 septembre 2013
Encore un livre découvert par hasard, sans en avoir entendu parler avant, en fouillant dans les livres de poches qu'achetait mon père lorsqu'il était étudiant. Je connaissais le nom de Roger Vaillant, mais pas son oeuvre. Je suis très heureuse d'avoir comblé cette lacune car c'est un très beau roman: une galerie de portraits extrêmement vivants, une histoire formidable et un style exceptionnel.
L'auteur nous raconte la vie de la société de Porto Manacore, ville des Pouilles sur la côte adriatique. C'est une société patriarcale aux traditions ancestrales, où chacun tente "de faire la loi" à l'autre, les riches, les pauvres, les hommes et les femmes, par jeu ou pour survivre.
Quel hasard merveilleux...quel livre ! Un vrai régal.
Cela réconcilie avec l'académie Goncourt, sauf que c'était en 1957.
À lire, et à partager, car moi, je trouve qu'un tel roman, ça ne peut pas vieillir.
Commenter  J’apprécie          74
frandj
  07 septembre 2015
Roger Vailland a obtenu le prix Goncourt 1957 avec "La loi". Il s’agit donc d’un roman fort ancien, mais qui est original et qui a bien vieilli, me semble-t-il. Il évoque une Italie archaïque, où la hiérarchie sociale obéit à des codes précis et implacables.
"La loi" est une sorte de jeu qui se joue réellement dans les tripots du Mezzogiorno, départageant cruellement le gagnant et le perdant. Mais la loi, c’est aussi le pouvoir que certains exercent en permanence sur d’autres, à Porto Manacore, une petite ville située dans les Pouilles. Petits et grands, riches et (très) pauvres, tous cherchent à se faire leur place au soleil ou à la garder. C’est une micro-société étonnant (à nos yeux), qui affronte une vie dure et apparemment immuable. Les réputations se font et se défont, le qu’en-dira-t’on joue un rôle essentiel, le "machisme" est omniprésent... Tout est dans le rapport de forces. En haut de l’échelle sociale, il y a don Cesare qui s’est arrogé beaucoup de droits, notamment le droit de cuissage sur les belles filles de la ville. Mais le jeune Marietta ose lui résister...
Je trouve l’histoire très intéressante, originale et agréable à lire. Il faut noter que l’auteur, qui fut un compagnon de route des communistes mais avait aussi un tempérament de dilettante indépendant, nous présente ici un tableau social surprenant, étranger aux normes étriquées d’alors. C’est tout à l’honneur de Roger Vailland. Il a signé là un roman qui sort de l’ordinaire.
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Chixoo
  17 mai 2015
Non, il n'a pas vieilli depuis 1957. Le temps est comme figé dans cette Italie qu'on croit reconnaître. Le soleil nous chatouille, l'ambiance de ce village pèse sur nous, les personnages nous entourent et nous semblent si familiers. Et pourtant le récit se situe dans un autre univers, dans un autre temps, à une époque où les relations hommes femmes étaient autres et le charisme de certains ne pourrait plus se concevoir aujourd'hui.
Au final, on éprouve beaucoup de plaisir à tourner les pages de ce petit livre.
Mais que nous réserve donc Marietta?
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moravia
  02 mars 2013
Pour moi, le meilleur de R.Vailland.
Prix Goncourt 1957 quand même...
A t'il bien vieilli ? à voir.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   25 mai 2014
Les arbres finissent par mourir quand ils ont poussé toutes leurs branches, même les oliviers qui vivent plus longtemps que tous les autres ; quatre hommes réunis n’encerclaient pas de leurs bras le tronc de certains oliviers de ses olivaies et leurs nœuds perpétuaient le souvenir des tempêtes qui les avaient tordus, aux derniers siècles de l’Empire romain ; mais il arrivait qu’il en mourût un ; les feuilles se flétrissaient soudain, sans raison apparente ; quand on sciait le tronc, on ne trouvait jusqu’au cœur que du bois mort.
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rkhettaouirkhettaoui   25 mai 2014
Il y a des humains qui en possèdent d’autres ; les possédants deviennent à leur tour possédés ; les possessions l’une l’autre s’enchaînent ; on n’y échappe pas. Il a possédé beaucoup de femmes, des femmes mariées surtout ; son métier lui offre des facilités que d’autres n’ont pas ; il prenait toujours l’initiative de la rupture, mais le plus souvent la femme restait possédée de lui ; elle quémandait une dernière aventure ; c’était perpétuellement la dernière entrevue ; il en tirait quelque gloire.
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rkhettaouirkhettaoui   25 mai 2014
Se servir du vent pour aller contre le vent ne définit pas seulement la navigation à voile mais aussi ce pouvoir que l’intelligence donne à l’homme de plier à son service les lois naturelles et sociales, la mesure de sa liberté. Bien qu’il soit souvent aussi pauvre que l’ouvrier agricole, le pêcheur n’est pas comme lui dans un état de mal-être absolu. Le pêcheur vend son poisson, qu’on lui achète ; dès qu’il y a commerce la servitude n’est plus absolue. La relative liberté du patron pêcheur se reflète sur le matelot et même sur le mousse, prix de leur complicité dans la lutte contre la nature et les hommes.
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rkhettaouirkhettaoui   25 mai 2014
Le monde est fait à l’image de la flotte royale, du temps que Matteo Brigante y était quartier-maître. Les matelots : le peuple. Les sous-officiers : lui, les hommes d’affaires de Foggia. Les officiers subalternes : les notables de Porto Manacore ou de Foggia, les hommes d’affaires quand ils sont inscrits au barreau. Les officiers supérieurs : don Cesare, don Ruggero. L’état-major suprême : la Montecatini, la société de bauxite. Et au-dessus le roi dont on ne sait plus le nom depuis qu’on est en République, la Société anonyme du pouvoir d’État. Tout en haut : Dieu.
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rkhettaouirkhettaoui   25 mai 2014
Le rapport des filles et des amateurs de filles est en effet complexe ; en payant la fille, on lui fait la loi ; en exigeant d’être payée, elle fait la loi ; elle peut donc procurer le double plaisir de faire et de subir la loi dans le même instant ; c’est le comble de la liberté dans l’amour. La réussite dépend de l’habileté de la fille à mettre en évidence, dans chaque geste, cette double dépendance-liberté des deux partenaires à l’égard de la loi qu’ils s’imposent l’un à l’autre.
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