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EAN : 9782207137031
320 pages
Denoël (23/08/2018)
3.92/5   96 notes
Résumé :
Italie, années 1950. La jeune Ada Maria est la fille d'un couple sans amour. Lorsque sa mère meurt prématurément, elle s'occupe de son petit frère tout en s'efforçant d'ignorer sa belle-mère qui s'impose peu à peu dans la maison. C'est dans ce quotidien en dehors du temps, rythmé par la couleur des frondaisons, la succession des naissances et des deuils, que l'Histoire fait irruption. Un jour, Ada Maria aperçoit un homme dans le bois avoisinant le village : c'est un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
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Dans une nature aussi rugueuse que douce, accessible que mystérieuse, où hommes, animaux, végétaux luttent, face à l’incertitude de l’avenir, Ada Maria a compris qu'il faut se laisser guider par son instinct pour donner une chance à une joie future. Forte de cette compréhension indicible du monde, elle est prête pour accueillir dans son coeur un jeune Allemand, oublié au fond de la forêt.

Comme un tableau impressionniste Magnifica célèbre la nature et l’amour par touches successives dans un hymne poétique à la vie. Un conte méditatif, esthétique, un peu lent, qu'on apprécie à condition de n'opposer aucune résistance, de se laisser porter par les mots et les images qu'ils enfantent.
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Dès la prise en main de l'ouvrage, l'oeil est séduit par la douceur de la couverture illustrée par « The Soul Of The Rose » toile d'un maître incontesté du préraphaélisme : John William Waterhouse. Il y une telle osmose entre la mélancolie magique de ce courant pictural et le romantisme jaillissant de ce roman que l'on a l'impression que l'image a infusé par assemblage le texte.
Choix, particulièrement judicieux.

Par ailleurs, je n'ai aucune connaissance pour juger de la qualité d'une traduction mais je demeure subjugué par le caractère poétique des phrases qui éveille les sens au romantisme et à l'amour, véritable trame de ce merveilleux roman.

En fait, tous ces préambules ne sont qu'un prétexte à masquer mon embarras à entrer dans le vif du sujet.
Comment parler de délicatesse sans en manquer ?
Comment distiller des finesses sans en dévoiler
les secrets ?

A pas feutrés, vous découvrirez Ada Maria, son univers sauvage mais bucolique, douloureux mais apaisé.

A pas de fourmis, vous vous imprégnerez de ses peurs, de ses attentes, de ses doutes, de ses joies enfin.

A pas de loups, vous ferez la connaissance de son entourage :
Son père, égoïste et détestable.
Sa mère douce, morte tellement présente.
Son frère, ours attendrissant et attentionné.
Sa belle-mère, mésestimée et bienveillante.
Et puis il y a Benedikt, notre héroïne en deviendra totalement « addict », le verdict réellement tragique.

A pas de géants, vous prendrez grand plaisir à égrener ces pages empreintes de poésie où le souffle amoureux est toujours embusqué après un point, derrière une virgule, dans vos yeux qui se plissent en tournant juste la page.
Parfois les mots sentent bon comme le fumet d'un plat de grand-mère.

Grâce et lyrisme côtoient la rudesse d'un milieu rural reculé, de la mort qui rôde, horrible, menaçante.
L'intensité du roman n'est dans pas dans l'action mais dans l'ascension de la soif de vivre.
Laissez-vous entraîner, Magnifica, frêle, belle et pâle vous tendra les bras.
Elle ressemble à une fine marguerite débordante de pétales.
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5 étoiles et plus encore...
« Magnifica » est un roman d'une délicatesse infinie, à l'instar de sa couverture qui attire l'oeil au milieu des nouveautés de cette rentrée littéraire 2018.
« Magnifica », c'est la grande histoire d'une lignée de femmes dans un petit village d'Italie.
Nous sommes dans les années 50, la jeune Ada Maria grandit avec un père volage, une mère fragile et un petit frère.
A la mort de sa mère, elle s'enfuie, s'enfonce dans la forêt et rencontre un ancien soldat allemand qui vit caché dans une grotte.
De leur amour naît Magnifica, « Une frêle enfant à la peau transparente, une petite fille qui était venue au monde entourée de papillons.»
« En la regardant encore, encore mieux, elle la trouva magnifique et l'appela Magnifica ».

J'ai tout aimé dans ce roman.
L'écriture subtile et romanesque de Maria Rosaria Valentini rappelle celle des grandes romancières anglaises. Elle a l'art de nous entraîner dans la psychologie et les pensées intimes de ses personnages, nous faisant partager les émotions qui les assaillent.

« Magnifica » est un livre à savourer lentement pour en découvrir toutes les subtilités.
Lire « Magnifica » et se laisser glisser dans un monde de douceur, d'amour et de poésie !
Et si c'était ça le bonheur ?
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Nomen omen peut-on lire dès les premières lignes de Magnifica, roman de Maria Rosaria Valentini paru en toute discrétion dans la chaleur du mois d'août. C'est une référence au doux prénom de l'une des héroïnes, mais c'est également le roman dans son intégralité qui se fait l'écho de la locution latine.
Magnifica possède un stylo doré qui est devenu pour elle une véritable obsession et sans lequel « elle se sent nue ». Avant d'être un stylo, c'était une petite boîte en bois enveloppé dans du lin blanc, et cette petite boîte, avant d'être dans sa main, se trouvait dans celle de son fils, Andrea. Avec ce stylo, des dizaines de petits billets laissant apparaître le fil d'une écriture familière. « Ton histoire, la mienne ». Et Andrea est parti, laissant sa mère en proie à de nombreuses interrogations. Parce que l'espérance comble l'attente, il devient urgent de se souvenir, de reconstituer le passé et de guérir, par cet acte, la mélancolie. Réécrire l'histoire et dénouer le fil. L'anecdote du stylo prend dès lors une valeur symbolique. Le lecteur est invité à remonter le temps pour découvrir l'histoire de trois femmes – Eufrasia, la grand-mère, Ada Maria, la mère, et Magnifica, la fille – histoire dont le coeur est constitué par l'éveil sensuel et amoureux d'Ada Maria. Trois destins qui s'entremêlent, avec leur cortège de disparus et de papillons…
Laissez-moi vous dire ce que je pense de ce roman : c'est une petite merveille. La première de couverture l'annonce – quel choix intelligent, le tableau de Waterhouse est sublime – et la quatrième de couverture n'est pas mensongère, le résumé du moins est conforme au contenu, il tait juste la délicatesse du style qui, de fait, est une vraie belle surprise. Car c'est le véritable point fort de ce roman : une écriture poétique qui exalte les sensations et transforme l'anecdotique en oeuvre d'art. C'est un texte profondément sensible qui déroule une histoire somme toute assez simple, où l'émotion transcende l'action, et où l'événement ne se situe pas en dehors mais à l'intérieur des êtres. Chaque thème – l'amour, la mort, la fraternité, la guerre – est traité avec beaucoup d'élégance. A découvrir !

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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«  On éprouve de la honte—— trop souvent ——- à parler d'amour.
De la peur aussi , sans doute.
De la culpabilité » .

Extrait de ce roman dégusté lentement , emprunté à la médiathèque grâce à sa première de couverture bucolique et délicate ….
Nous sommes dans les années 50.

Lorsqu'on entre dans ce roman élégant , Andrea , le fils de l'héroïne écrit un billet qui dit «  Dans cette encre il y a tout.
.Ton histoire et la mienne. Celle de ceux qui viendront , de ceux qui existent et de ceux qui n'ont jamais existé » …

Un long pèlerinage, dans l'attente et l'espérance .

Le jeune homme vivait dans la maison de sa mère et de sa grand- mère Ada Maria.
Il désire vivre ses rêves , dérouler sa propre vie à l'écart de ces femmes et de leurs histoires .
Le lecteur entrera dans le passé où se tissèrent et se dénoueront des histoires , celle d'Ada Maria, fille d'un couple sans amour, son père Aniceto, égoïste, aigri par la guerre, bourru, taiseux, occupé à la taxidermie dans son atelier ,amant de Teresina , sa maîtresse , dEufrasia, sa mère ,fragile femme au foyer morte prématurément , celle de Pietrino , frère d' Ada Maria ,de Benedikt, soldat allemand réfugié dans sa grotte .

L'auteure nous emmène sur des sentiers de montagne , à travers les courses répétées d'Ada Maria, sur les sentiers, un cabanon, une grotte, une forêt de hêtres ,des papillons , le cycle des saisons ,la ronde des mois, un univers bucolique et douloureux ,sauvage , pétri de chaleur et d'ombre , de soleil éclatant où la rudesse côtoie la grâce et la splendeur de cette nature, les lumières et les parfums , les deuils et les mariages ,, la tristesse et la mélancolie , la profonde lassitude d'Eufrasia ,la tendresse d'un frère , Pietrino ,une petite fille aux yeux clairs…

C'est un ouvrage beau , doux ,mélancolique.

Il remonte le temps ,fait revivre les morts ,pour se délivrer du poids du temps ,rythmé par le cycle lent des saisons , sous les frondaisons , ravive les amours et les douleurs à travers l'Histoire , les moments heureux et malheureux.

L'auteure a l'art de conter l'histoire d'une fratrie : amour filial , amour fraternel, amour charnel , douleur du deuil ,retour dans le petit village des Abruzzes , souvenirs chers au coeur , à l'aide d'une écriture infiniment poétique , subtile ,romanesque ,décrivant à merveille la psychologie , les sentiments et les émotions des personnages .
Une oeuvre lente , lumineuse , ciselée , débordante de mélancolie et d'espoir .

«  Elle s'est laissé aller.
Le stylo sous son oreiller , ce miel dans sa tête .
Dans le sommeil , l'espérance. »





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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
Ce père, combien de fois l'avait-elle détesté ? Ada Maria essaya d'y penser, de faire un calcul. Elle atteignit un chiffre déconcertant. Combien de fois avait-elle souhaité ne plus jamais le voir ? Plein de fois. Elle aurait voulu le tenir à distance, peut-être même l'oublier. Elle aurait voulu lui dire ses quatre vérités, un jour.
Mais en le découvrant ainsi - fil de fer sans défense, avec d'autres pieds, d'autres mains - elle se surprit à effacer immédiatement tous ses torts.
Elle effaça les blessures, les imprudences, les absences.
Entre eux subsistait à présent - unique, solide - une ribambelle de papillons, d'ailes, d'envols.
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Les jours pour Benedikt étaient des coquilles brisées, des lambeaux de tissu, des sacs troués. Les dates inexistantes, vaines, ridicules. Le temps pour lui s'allumait et s'éteignait facilement, comme avec l'interrupteur de la torche ; et il n'avait de sens, de corps et de souffle que quand Ada Maria venait à la Faggeta.
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«  Ses yeux couraient pendant ce temps sur les maisons, qui, adossées les unes aux autres, trahissaient les signes évidents d’une reconstruction laborieuse , négligée .
Néanmoins les balcons débordaient de pétunias , de géraniums , de fuchsias, de jasmins et de rosiers qui étreignaient les murs décrépits .
Toutes ces fleurs la remplissaient d’espérance.Elle souriait alors—— sereine
——- devant gentianes , crocus, anémones , campanules et des îlots hirsutes de fers à cheval, sans oublier les papillons .
Elle suivait leurs vols , les capturait avec ruse » ….
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«  Résille de chenille noire. Il pensa alors à sa maison . À son père déjà mort. À sa mère , depuis trop longtemps veuve et seule. Tout remontait en surface brutalement.
La chair et les os.
Les dettes et les créances . Les illusions et les mensonges . La réalité .

Bénédikt eut l’impression. d’avoir le crâne rempli d’épingles , d’explosions . de grondements répétés et incessants . Lui revint à l’esprit son premier jour de combat et le moment où on lui avait mis une mitraillette dans les mains . Il n’avait pas assez de force » ,…
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Dans sa tête elle se sentait mère et grand-mère, même si en réalité elle n'était ni l'une ni l'autre. Parfois il suffit d'aimer pour devenir quelqu'un ou quelque chose.
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Vidéo de Maria Rosaria Valentini
Entretien avec Maria Rosaria Valentini à propos de Magnifica
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